Les boissons alimentaires servies dans les Hospices et les Hôpitaux de Rouen, jusqu'à l'arrivée de l'eau minérale dès 1955.
Peu de Bois-Guillaumais connaissent ce chapitre et cette histoire reliant les Hospices et les Hôpitaux de Rouen (Hôtel-Dieu) à jadis la paroisse de Boisguillaume qui séparée de son hameau de Bihorel devint en 1892 la commune de Bois-Guillaume.
Peu de Bois-Guillaumais et de d'habitants de Bihorel (jadis attaché au Boisguillaume), savent qu'on y cultivait la pomme depuis le 14e siècle et même peut-être encore avant sous la tutelle de l'abbaye de Saint-Ouen.
Peu de Bois-Guillaumais savent qu'un verger actuel à Bois-Guillaume appartient au CHU et nommé ainsi, que Corot découvrit en arpentant la commune. C'est Corot qui a peint pour la première fois dans la peinture dite "moderne", pré-impressionniste un verger et de surcroit au Boisguillaume.
Peu de Bois-Guillaumais savent que 7 autres personnages ont fait la célébrité internationale de Bois-Guillaume et de son hameau Bihorel au 19e siècle dont Prévost, Godard, Boisbunel et Vilaire : tous quatre illustres maîtres semeurs, pépiniers et arboriculteurs attachés au Boisguillaume et/ou Bihorel...et quatre autres dont Ponchy (le beurre), Ternisien à la fin du 19e siècle, Godard Pierre, le frère de François Godard au 19e siècle pour les fraises qui étaient exportées en Angleterre chez la reine Victoria [...] au temps de M. Ternisien.
Ce n'est par hasard que la cité de l'Agriculture de Bois-Guillaume s'est insatallée sur les anciens vergers de Bois-Guillaume comme les archives de l'IGN le démontrent.
Ce n'est pas par hasard que Fernand Bazerque a été sollicité par la ville de Bois-Guillaume pour créer le verger conservatoire de la rue de la Haie, que je vous invite à venir visiter prochainement à Bois-Guillaume le dimanche 5 octobre en ma compagnie.
(s'inscrire auprès de la mairie de Bois-Guillaume).
C'est cette histoire que je vais commencer à vous raconter loin de toute la littérature de la fin du 20e siècle ou du début du 21e siècle connue à ce jour.
Remerciements à Mme Marie Mabille, Maire-adjointe de Bois-Guillaume, à la ville de Bois-Guillaume et aux Espaces Verts de Bois-Guillaume, à Mme Mirjol du CHU de Bois-Guillaume, au Groupe d'Histoire des Hôpitaux de Rouen représentés par Mme Guyard et M. Parenty qui m'ont nourri de leurs archives du GHHR ... aux auteurs du 19e et 20e siècles dont Eugène Noël ; Jean Labèche (1892) ; Alfred Robaut ; Étienne Moreau-Nélaton ; Georges Dubosc ;
à la ville de Bihorel, à la Bibliohèque de Bihorel, au Groupe d’Histoire et d’Études de Bihorel (GHEB) représenté par Philippe Le Compte, groupequi "s’est créé en 1968 sous l’impulsion d’une enseignante, Madame Sueur, d’un artisan maître-verrier, Monsieur Legrand et de l’Abbé Denhez, vicaire de la Paroisse. L’Abbé Denhez avait reçu du Comte de Beaunay des baux de fermage sur des terres bihorellaises ayant appartenues aux moines de Saint-Ouen, ainsi qu’un plan terrier datant de 1792. L’envie d’exploiter ces documents fut à l’origine de la création du Groupe. Après quelques années d’existence informelle, des statuts ont été déposés en 1974 avec pour objet la recherche de coutumes écrites et parlées, de documents historiques et la conservation du patrimoine naturel et artistique.d'Histoire de Bihorel"
et enfin les auteurs de Bois-Guillaume en images, ouvrage qui fut édité par la ville de Bois-Guillaume en 2003.
Le premier épisode est dédié aux vergers du CHU et au peintre camille Corot et à son guide M. Sennegon. Cet article va s'enrichir au fur et à mesure grâce aux nombreuses archives glanées à Bois-Guillaume, à Bihorel (ancien hameau de Bois-Guillaume) aux archives nationales, régionales, départementales et locales...
Au début du 17e siècle, le cidre rentre comme nouvelle boisson alimentaire à l'Hôpital et aux Hospices de Rouen parmi les autres boissons : ( vin et cervoise et eau de source si celle-ci est accessible ! )
Le rôle du cidre dans les Hospices de Rouen - Histoire de l'alimentation dans les Hôpitaux de Rouen - Du Moyen-Âge à aujourd’hui.
"Entre bienfaits, santé et alcoolisme", le cidre fut pendant des siècles une des boissons potables et hygiéniques servies dans la chambre des malades ou au réfectoire.
Le cidre fut donc une des boissons alimentaires des hôpitaux et des Hospices en Seine-Inférieure.
Jadis les hôpitaux vivaient le plus possible en autarcie. Le patrimoine foncier lié à l’alimentation occupait une place importante car les 28 fermes et les 1430 hectares de biens ruraux en Seine-Maritime représentaient un important revenu. Ces fermes étaient notamment situées à : le Grand et Petit Aulnay ; à Héricourt-en-Caux ; à Yémanville, à Amfreville-les-Champs ; à Beaumont ; à Criquetot-sur-Ouville ; à Colmare ; à Saint-Paër ; à Montville ; à Mesnil-Esnard ; à Houppeville ; à Bois-Guillaume/Bihorel (la Grande et la Petite Madeleine depuis le 16e siècle) ; à Bois-Guillaume (manoir du Colombier ou ferme du Colombier depuis le 17e siècle) et d’autres terres à Vernon (ferme de la Madeleine).
L’Hôtel-Dieu et l’Hospice Général bénéficiaient notamment d’un pressoir mais aussi d’une brasserie, d’une cave pour les boissons. Un plan de 1624 localise notamment l’abri réservé au « Marchand de cidre ».
« Le vin, la bière, le cidre, et l'eau-de- vie sont distribués selon les besoins des malades. Il sera donné à chaque malade convalescent, du petit cidre ou de la bière pour la boisson ordinaire et à la fin de chaque repas, un bon verre de vin pour lui rétablir les forces, d'après l'ordre du médecin, le quel verre de vin ne sera donné par une des Religieuses de chaque salle qu'au moment de le boire. On peut s'étonner de trouver dans les prescriptions aux malades de l'alcool. Le vin agit sur les humeurs malsaines, il fait partie des substances « régénérantes ». Il faudra attendre la lutte contre l'alcoolisme pour transformer les comportements et ce n'est qu'en 1955 que l'eau minérale remplacera le vin lors des repas. » [Liliane Régent, 2007]
En effet, après la Guerre de Cent-Ans et la paix retrouvée, les pommiers sont plantés massivement à l'abri des fossés dans les masures du pays de Caux. Charles Brioux délimitera l’aire géographique du cidre du pays de Caux entre 1909 et 1913 dont Bois-Guillaume fera partie.
Ainsi pendant plusieurs siècles les pommes et le cidre furent acheminés des 28 fermes de ce vaste patrimoine foncier ce qui contribuera à fournir régulièrement une boisson potable et hygiénique aux usagers des Hôpitaux.
Le verger actuel longeant la rue Girot à Bois-Guillaume a été planté entre le mitan du 19e siècle et 1937 car les cartes IGN et les vues aériennes d'IGN attestent que la moitié de cette parcelle de plusieurs hectares était déjà plantée et qu'au fil du temps le verger était à renouveler à la fin des années 1990 puis penser puis grâce à un partenariat avec une association locale il a été replanté en grande partie en 2000 comme les vues aériennes IGN Remonter le Temps l’attestent.
Lui faisant face, celui de la ferme du Colombier a quasiment disparu en 1976.
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Ce vaste espace de biodiversité témoigne encore aujourd’hui de ce volet alimentaire et de l’activité cidricole des Hôpitaux de Rouen d’hier au Boisguillaume comprenant le hameau de Bihorel (ferme de la Petite et Grande Madeleine) et le Colombier à aujourd’hui à Bois-Guillaume le Colombier et le verger du CHU.
Texte conçu en août 2025 par Pascal Levaillant, artiste botaniste d’après les archives du Groupe d’Histoire du CHU et les textes de Liliane Régent. (CTHS - Groupe d'Histoire des Hôpitaux de Rouen (GHHR))
Le verger du CHU nommé - la Grande Route <1971
A suivre ... Qu'en était-il dans les établissements Havrais et Dieppois ?
L'enquête se poursuit.
Le lien entre l'Hotel-Dieu et la Madeleine de Boisguillaume
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Vis à vis des anciennes fermes de la Grande et Petite Madeleine et du Colombier
De l’Hôtel-Dieu de la Madeleine à la Madeleine des Champs à Boisguillaume, hameau de Bihorel
Le Paris-Normandie dans la Liberté normande le 22 mars 1946 informe ses lecteurs qu’il existait jadis un hôtel-Dieu près de la cathédrale : « Avant son transfèrement au Lieu-de-Santé en 1758, l’Hôtel-Dieu se trouvait dans le quartier de la cathédrale. Il se tenait du côté de l’ancienne place de la Calende et sur cette petite rue de la Madeleine qui nous avons connu jusqu’au 9 juin 1940… C’était l’Hôtel-Dieu de la Madeleine. »
« L’Hôtel-Dieu fut le grand établissement hospitalier rouennais du moyen-âge. Il prit ce nom d’Hôtel-Dieu de la Madeleine du 12e siècle. Il acquit, bien entendu, d’importantes propriétés et l’une des plus anciennes lui fut offerte par Roger de Beaumont en 1185. C’était « la terre du Boisguillaume appelée vulgairement la Madeleine des Champs ». Cette terre, Roger de Beaumont l’avait reçue, en récompense d’un service, de Briance du Boisguillaume. Et Henry, comte d’Eu, lui en avait confirmé le privilège. La Madeleine des Champs modifiait un peu sa dénomination et devint la Grande et la Petite Madeleine, fermes qui furent toujours d’un grand rapport pour l’Hôtel-Dieu de Rouen. (Notons en passant qu’à Petit-Quevilly, par exemple, l’Hôtel-Dieu possédait aussi les fermes du Petit et du Grand Aulnay, où plus tard, au 16e siècle, furent ouverts des lieux d’évent pour les pestiférés.)
Cette vieille ferme est exploitée depuis 1933 par un sujet belge, le comte Dumonceau de Bergendal. […] [Roger Parment, 1946]
Le manoir au Bois-Guillaume dit le Colombier
« Un manoir de 80 acres, situé au Bois guillaume fut acquis à Bihorel (avant 1 ?98 par l’abbaye de Sainte-Catherine et payé avec le prix des biens que cette abbaye venait de vendre en Angleterre à la fin du 16e siècle. Ce manoir devint par échange la propriété de l’Hôtel-Dieu de Rouen, qui en jouit depuis. Ce manoir est sur la route un peu avant le chemin conduisant à l’église on le nomme le Colombier, il est bien conservé se trouve sur la route de Rouen à Neufchâtel, n°8, au 4e kilomètre. L’ensemble de cette construction de pierre, devenue une ferme, semble avoir été une habitation du 13e siècle, remaniée depuis le 17e siècle. Le pignon, les cheminées, les deux portes d’entrée e=ont encore beaucoup de caractère. [Bibl. Rouen Coll. P Baudry, Don 1926 in : Bibliothèque Patrimoniale Villon, Rouen]
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Ailleurs que dans les Hospices
Un ancien pressoir et grenier à pommes de l'ancienne ferme de la Vielle à Bois-Guillaume au carrefour du chemin de la Bretèque avec l'avenue des Canadiens quasiment à l'endroit de L'Ecole de Commerce Rouen - ESG
Ce pressoir a été démonté et remonté ailleurs
Batiment à usage de pressoir à cidre encore debout en 1971, ancienne ferme de la Vielle - Bois-Guillaume - Paris Normandie du 17-01-1971
Plan de situation de l'ancienne ferme la Vielle : source Bibliothèque Patrimoniale Villon de Rouen d'après un plan ancien de Bois-Guillaume
Le pressoir de la ferme de la Vielle ( Au niveau de l'alignement simple de 4 arbres et son aire dégagée devant son pignon) - numéro 29 le 28 08 1961 mission 1810-0071 Bois-Guillaume
Plantons le décor d'hier
à aujourd'hui
Bois-Guillaume et son hameau de Bihorel
Théâtre d'Agriculture
On plantait des pommiers déjà au 14e siècle au Boisguillaume et bien avant le Théâtre d'Agriculture d'Olivier de Serres, bien avant les conseils de Julien le Paulmier pour la vigne et la pomme à cidre ou l'abbé LeGendre d'Hénouville, pour la culture de la vigne et la taille des fruitiers (pommiers, poiriers et cognassiers)
Le Clergé et les abbayes prélevaient déjà la dîme sur les pommiers et la boisson de pomme (cidre : vin de pomme)
Localement en Seine-Maritime (jadis Seine-Inféroeure) on peut retenir la pomme : De Richard (1000) découverte par Richard 1er duc de Normandie deux générations avant Guillaume le Conquérant ; la pomme De Bosc et de Bosquet (1200) ; De Montigny (1300) ; De Charles Estienne, 1540 ; ainsi que la pomme Cœur de Bœuf, 1200.
"On plantait sur le plateau de Caux des pommes de table à Pissy (Pissy-Pôville) en 1371), au Boisguillaume en 1372." [Leroy, 1867-1879].
Leroy s'est servi des travaux et des cahiers de pomologie de Nicolas Joseph Prévost de BoisGuillaume, pour éditer son dictionnaire de pomologie française à la fin du 19e siècle.
Montigny, Canteleu, Pissy, Boisguillaume étaient des centres de production depuis au moins le 14e siècle sous la tutelle des grandes abbayes comme celle de Saint-Georges de Boscherville ou de l'abbaye Saint-Ouen.
Une coutume très curieuse au 15e siècle – et qui s’est encore maintenue en Normandie, - témoignant elle aussi du prix fort cher des pommiers, était le bail à louage d’arbres déterminés dans les vergers. Cette pratique avait lieu principalement auprès de Rouen, à Boisguillaume, au Mont-Saint-Aignan, à Duclair, à Saint-Jean-du-Cardonnay et surtout au Val-de-la-Haye. »» [Dubosc, 1932]
Avant de découvrir comment se présentait ce fameux village de Bois-Guillaume, nommé jadis Boisguillaume où poussait la vigne et surtout les pommes ?
Les vergers du CHU, rue Girot à Bois-Guillaume
Bois-Guillaume haut lieu d'Agriculture
des moines de Saint-Ouen aux semeurs et horticulteurs
Bois-Guillaumais
La ferme du Colombier aurait été crées en 1040 par Arlette de Falaise pour son fils Guillaume( le bâtard) devenu le Conquérant. Plusieurs fois remaniée, elle devint la propriété des hospices de Rouen en 1698.
Eugène Noël nous apporte ue autre dimension qui nous laisse penser qu'il pourrait s'agir d'une légende. C'est Gabrielle Sueur et Alfred Morel qui le citent : " C'est dans le village de Bois-Guillaume que se plaisit Guillaume de Normandie, bien plus qu'à son château de Rouen, il y livrait aux plaisirs de la chasse... mais ce rendez-vous de chasse ne doit pas être confondu avec le Manoir devenu Ferme du Colombier."
in : Du Bois-Guillaume d'hier au Bihorel d'aujourd'hui du Groupe d'Histoire et d'2tudes de Bihorel
Gabriel Sueur et Alfred Morel rapportent que d'après l'abbé Cochet ce domaine daterait du 13e siècle et qu'il entra dans le domaine de l'Hôtel-Dieu le 5 août 1698. Il est toujours la propriété des Hospices.
Tout ceci nous laisse penser qu'il subsiste un doute ou une confusion entre un fameux Guillaume le Conquérant et un des seigneurs de Bois-Guillaume!!!
il ne reste du manoir du Colombier qu'une partie du mur, route de Neufchâtel qui fut conservée comme témoin de la ferme du Colombier figurant sur l'archive de 1820 que vous pouvez consulter ci-dessous.
Nombreuses étaient les mares dans les vergers et les prairies.
La ferme de la Grande Madeleine et la Petite Madeleine au hameau de Bihorel ont appartenues aussi aux Hospices de Rouen. une des fermes possédaient un pressoir et s'y trouvaient des vergers.
Dans le hameau de Bihorel qui était jusqu'au 18 avril 1892 dans la paroisse puis la commune de Bois-Guillaume, après la Révolution, des terres importantes s'y trouvaient qui avait appartenues aux moines de Saint-Ouen. Parlant de la ferme de la Grande Madeleine, ce fut Robert de Bois-Guillaume avant de partir aux Croisades. qui la céda le 9 décembre 1269 aux Hospices de Rouen ce qui est écrit sur un des piliers de l'entrée de la Grande Madelein, ce qui est rapporté par Gabriel Sueur et Alfred Morel.
Ce n'est qu'à partir de 1929 qu'elle fut achetée et cédée à une société Immmobilaière et Agricole comme le rappelle Gabriel Lesueur et Alfred Morel dans leur ouvrage en 1991.
Le pressoir de la ferme de la Petite Madeleine, jadis situé au du hameau de Bihorel de Boisguillaume, aujourd'hui démonté
Cidrerie de la Grande Madeleine, hameau de Bihorel au temps de Boisguillaume
Camille Corot arpentait souvent la campagne de Bois-Guillaume et de Chez M. Sennegon, avec la perspective de l'église, il a croqué en 1807 et peint en 1822 très certainement le premier paysage de la peinture moderne française : un verger du pays de Caux à Bois-Guillaume, dans la commune de Bois-Guillaume dans la perspective de l'église du porche d'une ferme de Bois-Guillaume. C'était à l'époque où le père de Camille Corot avait envoyé son fils en pension étudier à Rouen au Lycée Corneille. Manifestement peu enclin aux études comme le souhaitait son père il pris le goût de la peinture en arpentant la nature de Bois-Guillaume.
voici trois tableaux de Camille Corot aux alentours de la rue de la Haie et de la rue Herbeuse, vers l'église ; dans la ferme de M. Sennegon ; la plaine vers la forêt verte, vue de l'actuelle rue Dair.
Bois-Guillaume, jadis un paysage agricole exceptionnel qu'a su observer et admirer Camille Corot.
La plaine de Bois-Guillaume par Camille Corot, au loin la Forêt Verte et en premier plan des herbages avec des pommiers
Ces mêmes herbages aujourd'hui, vus de la rue Dair, sans les fruitiers disparus.
Autre tableau de Camille Corot
Tableau de la ferme de M. Sennegon qui aujourd"hui possède encore son chaume comme celle de la rue de la Haie, non loin de la rue du Hamel.
Ce tableau de 1822, croqué en 1807, fut rétrospectivement la "madeleine de Proust" ou la "pervence de Rousseau" lui rappelant des jours heureux au côté de M. Sennegon car il conserva toute sa vie ce tableau dans sa chambre.
Le troisème tableau figurant Bois-Guillaume est ce dernier :
Porche d'entrée d'une ferme de Bois-Guillaume soit du côté de la rue Hamel, en direction de l'église du village ou de la rue Herbeuse en direction de l'église. Tableau de Camille Corot du premier quart du 19e siècle vu du porche d'une ferme dont le porche orienté vers l'église correspond à l'orientation de la rue Hamel vers l'église. Coror aimait arpenter la campagne avec M. Sennegon qui préférait s'adonner à la promenade en campagne à Boisguillaume qu'à la ville.
Le premier plan derrière la prairie figure un verger au Bois-Guillaume.
Camille Corot, Bois-Guillaume
Dans le "Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts (Rouen)" en 1922 il était noté ceci : " Il faut bien dire que Corot dépaysé, déraciné, Coror Parisien de la rue du Bac, s'ennuyait fort dans cet austère lycée de Rouen qui tenait alors de la caserne et du couvent. Il avait la nostalgie de sa famille, de ses soeurs, de Paris, du pavé des quais de la Seine qui n'est pas la même à Rouen qu'à Paris, de l'aspect du Louvre qui déployait sa noble architecture devant ses yeux d'enfant. Ses études durent se ressentir alors un peu de son esprit... Il avait cependfant un brave corresponadnt à Rouen, un M. Sennegon, que nos vieux annauaires qualifient, vers 1830, de rentier et dont la femme avait été une des modistes les plus connues de Rouen. Lors du séjour de Corot à Rouen, le ménage Sennegon habitait au n° 90 de la rue Beauvoisine, à peu près en face du débouché de la rue Beffroi...."
[...]
"Il y avait encore des coins sauvages et délicieux, dans le vallon de Bihorel, dans le chemin des Cottes, vers les coteaux du Val de la Jatte ou sur la côte de Beaurepaire et, plus loin, dans les sentes herbeuses et les rues bordées de haies de Boisguillaume, qui menaient jusqu'à la Forêt Verte. Le père Sennegon le plus souvent prenait le jeune Camille Corot comme compagnon de ses promenades solitaires. Quand on était fatigué, on s'asseyait silencieusement sur l'herbe. On assistait au déclin de la lumière, au lent coucher de soleil, reflété dans le miroir de la Seine et aux premières heures crépusculaires.
Ce charme des endroits déserts, ce mystère de la lumière quand elle s'éveille chassant les brumes matinales, ou quand elle s'évanouit dans les pourpres du couchant, c'est ce qui a imprégné de poésie exquise l'âme enfantine de Corot.
Tous son génie est né de ces promenades avec le père Sennegon dans la banlieue rouennaise !
A d'autres heures, Corot se rendait dans une propriété que la famille Sennegon possédait à Boisguillaume, et qui devait se trouver à l'extrémité de la rue herbeuse. C'était une petite ferme normande, donnant sur la campagne, coiffée d'un haut toit de chaume, surmonté lui-meê de deux cheminées de briques. Sur le pignon, sous le "cul de geai", comme on dit en patois normand, se dressait l'escalier extérieur menant aux greniers à foin. Autour, s'étendait le verger ; les pommiers en fleurs y abritaient une mare où venait barboter les canards...[...] Si je vous décris aussi clairement le petit domaine des Sennegon, où le collégien passa souvent de forts bons dimanches, c'est que Corot en a fait, dans sa jeunesse, deux petites toiles charmantes. C'est aussi parce qu'il a reproduit l'entrée campagnarde, avec ses deux courts piliers de briques, s'encadrant entre des haies d'épines. C'est parce qu'il a peint là, toute la grande Plaine de Boisguillaume, jalonnée par des rangées de pommiers et où pointe, à l'horizon, le clocher de l'église de la Trinité. Ce sera même sa plus ancienne toile, qu'il conservera par devers lui, au-dessus de son lit, comme un souvenir précieux." [Dubosc, 1922]
in : Discours de réception de M. Georges Dubosc: Corot à Rouen - Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, Académie des sciences, belles-lettres et arts (Rouen). Auteur du texte, Éditeur : Impr. de P. Periaux (Rouen), Date d'édition : 1922, Notice du catalogue http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437660f
Voici le descriptif de quatre tableaux de Camille Corot :
N° 1 Août 1822. — LA PLAINE A BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN.
0,24 X 0,32 Cachet vente Corot.
C'est une des première études de Corot, qui a tracé de sa main la mention : « Août 1822, d'après nature ».
Vente posthume Corot (N° 227), 200 fr., a M. Durand-Ruel. — Collection Doria. — Vente 11 mars 1892 (N° Il), 400 fr. - Photographie Ch. Desavary (1).
N° 2 1822. - BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN - UNE PORTE FLANQUÉE DE DEUX PILIERS.
0,24 X 0,32 Cachet vente Corot.
C'est l'entrée (vue prise de l'intérieur) de la propriété de M. Sennegon, le correspondant de Corot quand il était élève au lycée de Rouen. C'est une des études auxquelles Corot tenait le plus, comme souvenir de ses années de début.
Vente posthume Corot (N° 230), 210 fr., à M. Lebas. - Photographie Ch. Desavary.
N° 12
1823-24. - CHAUMIÈRES A BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN.
0,32X0,43 Cachet vente Corot.
A gauche les grands arbres qui accompagnent les toits de chaume laissent apercevoir
l'entrée de la propriété de M. Sennegon, l'ancien correspondant de Corot quand il
était au lycée de Rouen. C'est là que, écolier, il passait ses vacances.
Vente posthume Corot (N° 244) 500 fr., à M. Jules Chamouillet. Photographie Ch. Desavary.
N° 13
Vers 1822-24. — CHAUMIÈRES A BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN.
0,24X0,32
C'est le même motif, un peu plus développé, que le N° 12.
Vente 1er avril 1889 (N° 20) 140 fr., à M. Michel.
Dessin par M. Alfred Robaut.
In : Titre : L'oeuvre de Corot : catalogue raisonné et illustré. Précédé de L'histoire de Corot et de ses oeuvres. Tome 2 / par Alfred Robaut ; par Étienne Moreau-Nélaton, Éditeur : H. Floury (Paris), Date d'édition : 1905
Contributeur : Corot, Camille (1796-1875). Illustrateur, Sujet : Corot, Camille (1796-1875), Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31224164r
Le verger du CHU (Des hospices et de l'Hôtel Dieu) en 1820 : un seul verger, celui de la ferme du Colombier. Le Mont Fortin appartenait à l'Hôtel Dieu comme une archive le montre.
200 ans nous séparent d'aujourd'hui
à la pointe et carrefour de la rue de la Haie avec la rue Girot, seul le verger de la ferme du Colombier est planté.
Archive 12Fi035/2 - Plan de la ferme du colombier située à Bois-Guillaume et appartenant aux hospices de Rouen - 1820 - Auteur(s) : Pochon F.C., arpenteur ADSM 76
Le verger du CHU en 1832 : un seul verger, celui du Colombier
A noter que depuis 1944, une partie de la parcelle non plantée a accueilli des jardins ouvriers qui subsistent depuis le seconde guerre mondiale, à la pointe du carrefour de la rue Girot
Le verger de la ferme du Colombier se clairsseme, celui de la rue Girot est encore bien dense et on peut constater la fin des jardins ouvriers au niveau de la pointe et du carrefour.
C'est à cette période que par manque d'informations plus précises il est difficile d'expliquer la mue de ce verger. Toutefois un témoin de cette époque me rapporte en quelques mots ce contexte : "une association de riverains du Mont Fortin, s'ést créée, appuyée par une autre association des plateaux nord et de riverains du verger pour défendre l'idée que ce verger puisse renaître d'où un partenariat avec le CHU qui a permis la replantation quasi complète du verger du CHU" à partir de l'année 2000 comme en témoignent ces vues aériennes."
et quelques années plus tard le verger conservatoire de la rue de la Haie, crée par la municipalité de l'époque, a été une nouvelle initiative en faveur des pommiers de Bois-Guillaume jadis tapissant la commune.
La croissance est disparate et la vigueur des arbres fruitiers varie.
Voyons de plus près avec les archives de Pascal Levaillant au 12 mai 2025
Le verger du CHU, un des deux poumons verts de Bois-Guillaume.
Georges Dubosc rapporte enfin ce propos de Corot (à la fin de sa vie) à propos de Bois-Guillaume :
Jusqu'à ses derniers jours à Ville-d'Avray, où il habitait avec sa soeur Mme Sennegon, qui devait mourir avant lui, il garda le souvenir de ses années de jeunesse.«Il y a certaines odeurs, disait-il, qui me remettent toujours en mémoire tel ou tel paysage. Ainsi, au printemps, je sens le parfum des noisetiers, mon imagination me porte à Boisguillaume près de Rouen, où j'ai passé mon enfance et s'enfonce dans les forêts embaumées où j'allais, le dimanche, ramasser les morilles ! »
Corot est comme Rousseau, Chateubriand et Flaubert qui avant Proust ont témoigné par l'émotion des sens le souvenir mémoriel et heureux.
et si c'était Homère le premier de tous :
extrait de l'Iliade et l'Odyssée
L'Odyssée – Scène 17 : L'arc d'Ulysse
« Écoutez-moi, hommes qui m'avez fait la cour –
prétexte pour tenir des festins sans arrêt, d'un bout de
l'année à l'autre dans cette maison. Voici le grand arc
d'Ulysse. Quiconque pourra le tendre et faire passer une
flèche à travers les trous de ces douze haches, avec lui
j'irai, et je quitterai cette maison qui renferme pour moi tant
de souvenirs heureux. »
En littérature française...
Rousseau en premier avec la pervenche : la vue
Chateaubriand avec le chant de la grive : l'ouie
Emma Bovary par la plume de Flaubert, la tabatière (odeur) dans son écrin de soie (le toucher)
Corot : le parfum des noisetiers : l'odeur
Proust et la madeleine : le geste et goût
Comme quoi Proust n'a rien inventé sauf à évoquer le souvenir heureux par le goût.
C'est important de rendre à César ce qui est à César, comme il est de rappeller le passé agricole et pictural exceptionnel de Bois-Guillaume et de son jadis hameau Bihorel
Chronique des Secrets du plateau de Caux de l'année 2025 par Pascal Levaillant, 12 juillet, épisode 3, Anvéville
L'image évoquant les verrines provient d'une maison d'Anvéville, avec l'aimable autorisation de son propriétaire
Des bourgs et des villages...et jadis des maisons de tisserands
Pascal Levaillant invité par le Plateau de Caux Tourisme raconte les secrets du Plateau par le prisme des talus et fossés de la masure cauchoise décrite par Frémond et Vigarié ...
depuis l'âge des calètes qui ont préfigué ce théâtre d'agricuture en pays de Caux ...
que l'on nomme aujourd'hui clos-masure
et que je pourrai à mon tour intituler
"la Caux-masure"
Voici les rendez-vous d'avril à octobre 2025
De Saint-Martin-Aux-Arbres à Carville-Pot-de-Fer ; d'Anvéville à Ouville-l'Abbaye ; de Gonzeville à Carville-Pot-de-Fer (La Mare aux Pommes)
Le troisième épisode va se tenir à Anvéville, le samedi 12 juillet 2025.
En préparation j'ai rencontré le maire et son adjointe afin d'enrichir le contenu de cette balade patrimoniale. (avec tous mes remerciements)
Je vous emmenerai dans le bourg, à la ferme du Colombier et par ailleurs vers les Fonds d'Anvéville tout en parcourant le pourtour du village.
Je vous indiquerai quelques secrets du village qui tiennent bon depuis les calètes, depuis les invasions anglo-vikings, depuis Graville, depuis la possesion des familles Mallet, Sandouville et Houdetot depuis Henri IV et la Réforme, depuis la main mise des Bourbons, depuis les campagnes militaires des ligueurs contre le roi Henri IV, depuis la Révolution française et depuis les temps de tisserands qui ont fait l'importance de ce village ayant compté plus de 1000 habitants.
Vous y verrez des trésors méconnus et insolites.
Beau programme en perspective et belle randonnée dans ce beau village méconnu.
Rendez-vous au parking de la rue du cimetière (face au verger à l'arrière de la mairie) pour au plus tard 14h30
Durée environ 1h30 de 14h30 à 16h00 samedi 12 juillet à Anvéville.
Inscrivez-vous via le Plateau Caux Tourisme : c'est gratuit
Contact. 76560 Anveville . 06 82 37 51 33 · Réserver · Plateau de Caux Tourisme 2 place du Général de Gaulle BP35 - 76560
Pascal Levaillant, artiste-auteur, botaniste, mosaïste et plasticien présente ses installations de Cairns "in situ" à la Jaÿsinia au jardin botanique alpin de Samoëns du 6 au 8 juin 2025 dans le cadre des Rendez-vous aux Jardins 2025
Je tiens à dédier cette installation " In situ" à Raphaël Larrère, né en 1942 et décédé le 4 janvier 2025, ingénieur agronome et émérite chercheur en éthique environnementale et plus largement au couple Larrère connu sous ce nom Catherine & Raphaël Larrère.
2012 - Larrère Raphaël -Le land art : une esthétique de la nature (article) : "ce que l’on qualifie de Land Art, c’est-à-dire à des œuvres qui se font in situ, conçues et installées dans des paysages sauvages, en pleine campagne, ou bien dans des friches industrielles."
In : Imagination(s) environnementale(s), Raison publique, 2012, n°17 Presse Universitaires de Rennes
et à Alexandre Chollier, géographe, enseignant, chercheur et écrivain suisse ;
à Anne Cauquelin, Philosophe française, artiste plasticienne, romancière, historienne de l'art contemportain et des jardins, essayiste du 20e et du début du 21e siècle
et
à Siméon Levaillant, photographe français d'architecture, d'industrie, du patrimoine historique et de reportage corporate avec qui j'ai coproduit entre 2014 et 2017, la série de 24 photographies [Plus vraie que nature] La Seine normande 2017
Du vendredi 6 au
dimanche 8 juin 2025
Cairns "in-situ" à la Jaÿsinia
par Pascal Levaillant, Artiste botaniste plasticien
Ces sculptures de pierre, mosaïques verticales et éphémères invitent le spectateur à délaisser l’horizon et le panorama, en cela elles transforment notre perception du paysage nous permettant de nous l’approprier plus intimement. P.L.
A propos d'une installation en Seine normande coproduite avec Siméon Levaillant, travail artistique mené entre 2013 et 2017 et qui a trouvé un espace d'exposition à Rouen en 2017:
"Le caractère précaire, éphémère, de ces empilements de pierres fait contraste avec la placidité de la nature qui s’étend autour. À moins que ce ne soit justement l’inverse? On pourrait certainement voir dans ces constructions humaines "l'axe sur lequel tourne le monde", une métaphore de la manière avec laquelle l'homme juge ce qui l'entoure, d'après la logique et la vérité de sa seule nature : la logique de l'espèce humaine. Cette série photographique propose de s’interroger sur la notion de vérité, en particulier sur la capacité de la nature à nous apporter des réponses sibyllines, sur son existence et sur notre propre existence. Sommes-nous prêts à accepter que l'homme est bien un animal et que sa pensée est donc déterminée en conséquence : par les pulsions et les instincts, par sa volonté primitive et par une capacité de connaissance limitée? La Seine a peut-être quelque chose à nous offrir, au-delà de toutes ses vertus pratiques, ludiques, esthétiques: une réflexion sur nous-mêmes." Siméon Levaillant, 2017, [Plus vraie que nature] la seine normande, coproduction avec Pascal Levaillant, artiste Land art.
Siméon Levaillant - Photographe professionnel depuis 2005, installé à Strasbourg, spécialisé en immobilier, hôtellerie, industrie, patrimoine historique et reportage corporate.
Faits d’éléments naturels, de simples pierres, ils sont pourtant une construction de l’Homme, construction érigée depuis au moins le néolithique qui produisent aujourd’hui un effet d’incongruité. Ces constructions davantage un prétexte pour proposer au spectateur une réflexion profonde sur le jardin botanique de la Jaÿsinia et une invitation au dialogue de sa nature en équilibre entre sauvage et ordonnancement.
La proposition est d'offrir au visiteur un instant déconnecté à ne plus subir l’accélération du monde, et réfléchir au sentiment de vérité que peut nous apporter la vision d’une nature sauvage, ou ordonnancée, mais pourtant si loin de notre quotidien frénétique."
P.L.
Pour les scolaires :
- leVendredi 6 Juin2025,
Pour tout public :
- lesamedi 7 juin2025 et ledimanche 8 juin2025,
de 9h à 13h (réalisations des cairnsen présence du public), et de 15h à 19h (visitecommentée), le tout en présence de l'artistePascal Levaillant.
- Visites guidéespar leresponsable du jardin botanique alpinlesamediet ledimanche. Départs à 9h et à 14h30.
Une expérience immersive et une performance artistique au jardin botanique alpin de la Jaÿsinia à Samoëns - Haute-Savoie
Gratuit : entrées, animations, visites guidées
Jardin botanique alpin dit La Jaysinia40 rue du parc, 74340 Samoëns 74340 Samoëns
Du vendredi 6 au dimanche 8 juin 2025
LISTE DES JARDINS LABELLISÉS « Jardin remarquable » au 28 avril 2025
HAUTE-SAVOIE 74
74 : Samoens – La Jaÿsinia
74 : Vaulx – Jardins secrets
74 : Yvoire – Jardin des Cinq Sens
DGPA/SDMHSP/BCMHI/MHB/28/04/2025/474 jardins
Description
"Aménagé sur une pente calcaire de 3,5 hectares, à 800 mètres d'altitude, la Jaÿsinia regroupe une riche collection de plantes de montagne. Plus de 8 000 plantes représentant 5 000 espèces provenant des zones montagneuses des cinq continents y sont répertoriées. Alliant découverte et plaisir, la Jaÿsinia invite le visiteur dans un décor naturel inspiré des jardins romantiques anglais. Petit ruisseau, cascades et sentiers en lacet traversent différents milieux naturels. Organisée en huit secteurs géographiques, la flore de l'Himalaya, de Chine, du Japon et de la chaîne alpine fait l'objet d'une attention particulière.
Historique
Le jardin doit son nom à sa créatrice Marie-Louise Cognac-Jaÿ, fondatrice avec son mari des grands magasins de la Samaritaine à Paris. Originaire de Samoëns, elle décide de bâtir, sur la colline où dit-on elle menait les chèvres étant enfant, un prestigieux jardin botanique alpin. En 1903 elle achète le terrain, consulte savants et botanistes dont Albert Kahn, et confie la direction des travaux à l'architecte paysagiste genevois Louis-Jules Allemand. En 1906, après trois années d'effort, le jardin est inauguré et offert au village de Samoëns.
Aujourd'hui le jardin est sous la direction du Muséum d'histoire naturelle de Paris."
In : https://www.parcsetjardins.fr/jardins/1235-jardin-botanique-alpin-de-la-jaysinia
Jardin sous la direction scientifique du Muséum National d'Histoire Naturelle
Le jardin de la Jaÿsinia a ses débuts, il y a près de 100 ans
(archive du centenaire du jardin botanique - 1906-2006 - Samoëns)
Avant que la végétation soit luxuriante
les Alpes granitiques du parc de la Jaÿsinia
l'église de Samoëns vu les premiers lacets du jardin
La chapelle du jardin de la Jaÿsinia
l'Entrée du jardin alpin La Jaÿsinia, 40 rue du parc
Ruines du château au sommet du jardin alpin
"On voudrait savoir marcher comme Richard Long, dressant à l’occasion des cairns comme lui. On aimerait perdre son temps, immergés dans un paysage, à composer pour soi des assemblages aussi délicats que ceux de Goldsworthy.
Toute la difficulté que ces artistes rencontrent, est d’inviter à partager leur expérience et leur amour de la nature, dans ce qu’elle a de banal et d’évanescent.
La nature, depuis des siècles, est vue avec les yeux de l’art.
Mais l’artiste qui veut initier à son respect, comme à sa beauté propre, doit faire en sorte que son artifice s’efface. Son art doit être visible, mais pas trop, et d’autant plus visible qu’il est moins évident, qu’il est plus naturel. Simple artifice de mise en scène, cet art est fait pour s’estomper.
Il n’invite plus à contempler le spectacle de la nature, mais à y pénétrer, à y participer. Pour y parvenir, il faut justement découvrir ce dont ne témoignent pas les photographies des œuvres du Land Art : l’expérience d’une immersion dans un environnement naturel que l’on met à distance en mobilisant toutes ses facultés de perception, tant pour s’y situer que pour parvenir à l’émouvante découverte de ce qui est « déjà là ». "
2012 - Larrère Raphael -Le land art : une esthétique de la nature (article) : in : Imagination(s) environnementale(s), Raison publique, 2012, n°17 Presse Universitaires de Rennes
Quelques repères
L'artiste française Marinette Cueco est une pionnière du land art car depuis les années 1960 elle construit des oeuvres éphémères avec des matériaux trouvés dans la nature tout en privilégiant le végétal.
L'anglais Richard Paul Long étudie la sculpture à la Saint Martin's School of Arts jusqu'en 1965. Il travaille déjà à l'échelle du paysage. Il fait ses premières œuvres en extérieur en 1967 et 1978, et voyage systématiquement depuis 1968 sur tous les continents, arpentant des sites naturels choisis.
Source in : Wikipédia
À partir de 1979, l'anglais Andy Goldsworthy commence à réaliser des sculptures naturelles éphémères, composées de sable, de neige, de pierres, de feuilles ou de glace.
Source in : Wikipédia et https://www.musee-gassendi.org/fr/accueil/art-contemporain-nature-pays-dignois/les-oeuvres/andy-goldsworthy-cairns-deau-water-cairns/
Dominique Bailly, l'artiste française du Land art depuis les années 1990 a créée : Spirale sonora, 2009, pierres sèches, longueur 50m, Hauteur 45cm, Parc de sculpture d’Arte Sella, Borgo Valsugana, Trento, Italie
L'artiste français Marc Pouyet créé avec et dans la nature depuis 2007, ses ouvrages témoignent notamment des ressources minérales qu'il deploie par le prisme des mandalas minéraux ...
L'anglais Richard Shilling s'exprime depuis la fin des années 2000 avec notamment des pierres, mineraux https ://www.richardshilling.co.uk/
La pratique artistique du cairn
Une invitation au dialogue sensoriel avec la nature, l'environnement, la biodiversité et le paysage
Extraits de récits et d'observations notamment de
Jules Michelet, 1832 ;
Charles Flahault, botaniste en 1893 ;
Jack Kérouac, écrivain , un ou le premier à avoir perçu en 1963, à propos du cairn, une dimension esthétique, décorative voire artistique comme vous le découvrirez plus loin...
Anne Cauquelin, historienne de l'art en 2000 et 2003
avec son aimable autorisation ;
Alexandre Chollier, géographe en 2010,
avec son aimable autorisation ;
Pascal Levaillant en 2010
en plus d'un siècle...
les premiers...
Un des premiers récits de Petermann où figure la référence à l'usage du cairn.
Je suis au sommet du Puigmal, sommet frontalier avec l'Espagne, deuxième sommet après celui du Carlit (2921 m) étudié en cours de géographie au collège ; en compagnie de mon fils Siméon et d'Hervé A.
Depuis 1972, j'ai découvert l'oeuvre de Michel Butor grâce à "La Modification" et plus tard en 2010, la belle collaboration de Catherine Ernst avec Michel Butot (Epîtres florales, Michel Butor, Catherine Ernst, Editions Slatkine, Genève, 2005, p. 71) d'après la vue : Le Buet, vue prise du Glacier du Tour où l'on discerne nettement un cairn, empilement de pierres, construction vernaculaire universelle.
Catherine Ernst, peintre au talent exceptionnel a construit sa peinture autour de cette construction vernaculaire comme une toile de fond authentique et singulière, atypique sur lequel sa peinture, son motif botanique s'est
appuyé.
In : https://catherine-ernst.art
En Grêce, en Islande, en France :
En Grèce antique, les hermès
(Source Haudry (2016) et Ropars (2016)
La forme la plus ancienne de son culte s'adressait à ses représentations dites hermai, en Arcadie ou en Attique, sous la forme de colonnes de pierre quadrangulaires surmontées d'une tête barbue, pourvue éventuellement d'un phallus et souvent accompagnées d'une inscription. Ces hermès se trouvaient au bord des routes, sur les frontières, aux croisements, aux portes des villes et des maisons, mais également sur les places, dans les gymnases, les bibliothèques, les sanctuaires. Ils constituent la base de son culte. Il était de coutume de placer des empilements de pierres en son honneur aux carrefours : chaque voyageur ajoutait une pierre à l'édifice. Ces tas de pierres ont été peu à peu supplantés par des bornes en pierre de forme phallique placées le long des routes, pour aboutir à la forme équarrie et quadrangulaire des hermès, surmontés de la tête du dieu et portant, en leur centre et en relief, ses attributs virils (voir le scandale de la mutilation des Hermès, Hermocopides, auquel fut mêlé Alcibiade).
In : Wikipédia - Jean Haudry, 2016, p. 465-466.
Hermès est aussi le « serviteur » qui se soumet à la volonté de Zeus, s’assimile à la « bouche de Zeus qui ne sait pas mentir 21 ». Devant cette avalanche de descriptifs, difficiles apparemment à regrouper logiquement, on a été tenté de privilégier tel aspect 22, et de faire d’Hermès, par exemple un dieu du cairn ou tas de pierres en bordure des chemins (herma) ; ou un dieu de la fécondité (le pilier hermaïque, ou hermès, est en effet orné d’un phallus) ; un dieu des voyageurs ; ou un dieu pastoral, gardien des troupeaux ; ou un dieu de la chance (l’hermaîon en grec, c’est la « trouvaille » ) ; ou un dieu de l’éloquence et de la raison ; ou un dieu « fripon » patron des voleurs, etc. ! […] Signalons le culte d’Hermès à Tégée en Arcadie 49 : Pausanias (VIII, 47, 4) y a vu un temple d’Hermès Aipytos, tandis que sur le mont Parnon (II, 38, 7) des hermès de pierre marquaient la frontière entre Lacédémone, Argos et Tégée. Or, selon Hérodote (I, 67-68), la Pythie aurait répondu aux Spartiates venus chercher les ossements du fils d’Agamemnon, Oreste.[…]
In : Le dieu Hermès et l’union des contraires [article] Jean-Michel Ropars, GAIA. Revue interdisciplinaire sur la Grèce ancienne. Année 2016, 19 pp. 57-117
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Au 9 et 10e sièles en Islande : les steinvarða
La construction de cairns est une activité importante en Islande depuis des siècles. Les cairns sont des aides à la navigation, des piles de pierres qui semblent aléatoires mais qui sont en réalité soigneusement placées. Rappelez-vous, même si nous nous fions aujourd'hui au GPS, cela n'a pas toujours été le cas. Pensez aux cairns d'Islande comme une forme ancienne de GPS pour les voyageurs solitaires et vous commencerez à comprendre pourquoi ils sont si importants.
Les premiers colons islandais ont placé ces steinvarða aux 9e et 10e siècles lorsqu'ils se sont lancés dans des expéditions d'exploration. Avec le temps, même certains noms de lieux en Islande les reflètent. Entre les glaciers Eyjafjallajökull et Mýrdalsjökull dans le sud de l'Islande, vous traversez Fimmvörðuháls, par exemple, qui se traduit par "Passage des cinq cairns".
In : https://www.reykjavikcars.com/fr/blog/culture-islandaise/construction-cairns-islande
La France du Haut Moyen-Âge, le "Montjoie"
MONTJOIEPrononciation : (t ne se fait pas entendre) nom féminin et interjection Étymologie :12e siècle. Probablement issu du latin Mons Gaudii, « mont de joie », nom donné par les pèlerins au mont de Rama, au nord-ouest de Jérusalem. Parce que les pèlerins criaient « Montjoie » quand ils apercevaient la ville sainte, ce terme devint un cri de joie, puis un cri de guerre.
1. N. f. Anciennement. Monceau de pierres, parfois surmonté d’une croix, qu’on élevait au bord des chemins pour rappeler une victoire, un évènement important.
2. Interj. Cri de guerre usité autrefois parmi les Français dans les batailles. Montjoie Saint-Denis ! se disait par référence à la Mont-Joie-Saint-Denis, c’est-à-dire à la colline où saint Denis subit le martyre.
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Origine du Montjoie : « Camille Jullian et M. Albert Grenier ont déjà signalé l'importance et l'origine inexpliquée des montjoies. La forme la¬ tine mons gaudiï n'est qu'une mauvaise latinisation, en contradiction avec les textes qui offrent toujours des exemples féminins : la montjoie. L'étymologie germanique, mundgawi, proposée par M. Gamillscheg et adoptée avec quelques réserves par M. René Louis1, ne satisfait pas davantage. Qu'il s'agisse du germanique ancien ou de l'allemand moderne, Gau a toujours un sens très large, s'appliquant à de vastes terri » toires, et non pas à des districts restreints, dans des buts de surveillance stratégique ou commerciale ; il est, d'ailleurs, du masculin. On est également frappé par l'absence, en pays tudesque, de formes issues d'un hypothétique mundgawi ; le toponyme Mundschaü, près d'Aix-la-Chapelle, n'est qu'une germanisation du terme wallon. Les montjoies ne sont nulle¬ ment cantonnées aux frontières des provinces ; dans la région parisienne, on en trouve un peu partout en toponymie, à Bures, à Saint-Denis.
« L'examen des nombreux, noms de lieux révèle une assez grande uniformité, la faible fréquence des formes typiques picardes et provençales, une extension dans la France entière d'un toponyme qui semble avoir pris naissance entre Seine et Loire. « Montjoie apparaît fréquemment dans les chansons de geste, notamment dans la Chanson de Roland, sous la forme Monjou, comme cri de guerre des chevaliers français. [...]
Le nom commun est cité dans les textes du Moyen âge, montjoye, monjoye, mongoye, avec le sens initial de tas, de butte, de motte, en plein accord avec la plus ancienne définition du terme : quaedam congeries lapidum quae vocatur mons gaudii Dei. Il semble, d'ailleurs, que .la montjoye puisse être faite de différents matériaux, puisqu'on spécifie en général sa composition : une grosse mongoye de terre appellée la tumbelle, et qu'elle soit de dimensions très restreintes, puisqu'une tombelle est une grosse montjoie. Nous avons, en effet, de fréquents exemples de montjoies pour servir de limites aux champs, de repères aux voyageurs, aux pèlerins principalement ; les montjoies signalées par la toponymie aux abords des grands sanctuaires comme Vézelay, Compostelle, Rome et Jérusalem n'ont pas une autre origine. Un sens figuré, de profusion, de richesse, d'abondance, dont la langue du Moyen âge nous donne des exemples nombreux, explique peut-être le cri de guerre des chevaliers français.
« Parmi toutes les significations de montjoie, celle de tertre artificiel surmonté d'une croix pour indiquer la route ou commémorer une fête religieuse a fini par l'emporter ; elle s'est répandue dans le Midi sous une forme mount-joio qui ne saurait être régionale. Il nous reste à choisir, pour expliquer l'ori¬ gine du terme, entre des radicaux indiquant soit la forme et la nature de la montjoie (congeries terrae, lapidum, etc.), soit, au contraire, sa fonction (borne champêtre, routière, etc.). Manica, manche, présente des formes anciennes ou dialectales meinche, mainche, mance, menge, mange, monge qui pourraient éventuellement convenir. Un vieux glossaire donne à manica le sens de capulus, locus in quo mortui efferuntur ; il s'agit ici du tertre funéraire sous lequel est déposé le cercueil. Ce dérivé de manus, avant de se cristalliser dans les deux sensque nous lui connaissons aujourd'hui, n'aurait-il pas signifié, comme le classique manuciolum, une poignée de terre ou de cailloux ? L'ensemble des manicae aurait ainsi constitué une mongeoie. Dans ce cas, cependant, certaines formes qui ont conservé la gutturale excluent l'hypothèse d'un suffixe -eta, oie.
« L'utilisation routière des montjoies peut également orienter les recherches autour du verbe manere, avertir, qui n'a pas survécu à la domination romaine. La terminaison représente¬ rait dans ce cas, par suite de la fusion de la consonne initiale, les noms communs via, route, ou vice, succession, fois, étape. Pour trancher ce débat, il faudrait découvrir des textes beaucoup plus anciens, explorer les montjoies les plus célèbres. Alors seulement l'une de ces hypothèses peut devenir une réalité. »
M. René Louis, membre résidant, présente diverses observations et estime, d'accord avec M, Roblin, que l'on peut hésiter entre plusieurs étymologies, mais l'hypothèse de M. Gamillscheg lui paraît, jusqu'à nouvel ordre, plus vraisemblable que l'étymologie traditionnelle par montent gaudii.
M. Louis Chatelain, membre résidant, ajoute que le rite de jeter une pierre à l'endroit d'où l'on découvre un lieu de pèlerinage est encore en usage chez les Musulmans.
In : L'origine du mot montjoie, M.Roblin, Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France Année 1950 1945-1947 pp. 45-47
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Citations dans la littérature
Moyen-Âge - Roblin - « Le nom commun est cité dans les textes du Moyen âge, montjoye, monjoye, mongoye, avec le sens initial de tas, de butte, de motte.
In : L'origine du mot montjoie, M.Roblin, Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France Année 1950 1945-1947 pp. 45-47
1535- 1600 - CNRL - Carn -Terme écossais, attesté au sens 1 sous la forme carne depuis le 16e siècle. (1535 ds NED), devenu cairne, cairn en écossais mod. (1600 ibid.), issu du gaélique carn « tas de pierre », auquel correspondent l'a. Irl., le kymr. Et le bret. Carn « id. », qui sont peut-être à rattacher à la racine i.-e. kar- « dur », v. caillou. In : www.cnrtl.fr/etymologie/cairn
1595-1597 – Petermann, 1872 -« Sur le rivage gisaient les débris de la charpente d’un navire ; ce qui conduisait à supposer que le navire en question avait fait naufrage sur ce point de la côte ; que ceux qui le montaient avaient construit la cabane, y avaient passé l‘hiver et étaient partis plus tard sur les embarcations. Le capitaine Carlsen fit élever un varde (cairn, pyramide) de pierre et de bois, placer à l’intérieur une bouteille de fer blanc renfermant le récit de la trouvaille, et dresser sur le tout une perche de 20 pieds de haut. L’observation donnait 76° 7’ lat. N.Cette latitude et l’examen des objets trouvés révélaient immédiatement l’origine de ces ruines. C’était là que les fameux navigateurs hollandais, Heemskerke et Barents avaient passé l’hiver 1596-97 dans leur voyage à la recherche du passage du Nord-Est. Ces ruines sont dignes de tout notre intérêt .
In : Extrait de Mittheitungen de Petermann, n°5, 1872)In : Découverte de la cabane d'hivernage de Barents et de ses compagnons [article]Le Globe. Revue genevoise de géographie Année 1872 Volume 11 Numéro 1 pp. 195-204.
1535- 1600 - Carn -Terme écossais, attesté au sens 1 sous la forme carne depuis le 16e siècle. (1535 ds NED), devenu cairne, cairn en écossais mod. (1600 ibid.), issu du gaélique carn « tas de pierre », auquel correspondent l'a. Irl., le kymr. Et le bret. Carn « id. », qui sont peut-être à rattacher à la racine i.-e. kar- « dur », v. caillou. In : www.cnrtl.fr/etymologie/cairn
1797 - Saint-Fond (de) - Carn « construction préhistorique, peut-être à usage funéraire. » in : (Faujas de Saint-Fond, Voyage en Angleterre, en Écosse et aux Iles Hébrides, t. 1, p. 343 ds Mack. t. 1, p. 189b)
1818 - Montémont Albert - « le 18, nous fîmes halte au second cairn (amas de pierres) du détachement, et nous y trouvâmes un billet qui nous annonçait qu’ils avaient été retardés par les maux d’yeux et de pieds. Le 20 juin nous campâmes près du troisième cairn, sur une pointe où il y avait quelques vestiges d’anciennes stations des naturels. Le lendemain nous trouvâmes le quatrième cairn, mais renversé et sans billet : nous pûmes cependant suivre leur route au moyen de pierres qu’ils avaient placées de distance en distance »
In: Bibliothèque universelle des voyages effectués par mer ou par terre dans les diverses parties du monde, depuis les premières découvertes jusqu’à nos jours - Albert Montémont, 1833, Armand-Aubrée, Editeurs, 222-223. Voyages en Amérique, XXème siècle, Ross, Voyages aux régions arctiques, (1818-1833) premier voyage (1818-1819). Cap Dudley-Digges Iles Browne, Région du Groenland. In https://books.google.fr/books ?
1832 – Michelet - « Les montagnards révèrent encore la pierre d’Ossian (Clachan Ossian) ; Ce fut un grand scandale quand le major Wade déplaça ce monument sacré, qui se trouvait dans la ligne d’une route militaire. Les montagnards indignés vinrent en grand nombre recueillir quelques ossemens et douze fers de flèches qu’on avait trouvés sous la pierre, Ils les emportèrent au son du piobrach, et les placèrent dans un cercle de larges pierres au sommet d’un roc, dans les déserts du Glen Ammon occidental. Au centre, ils dressèrent un roc énorme, un cairn (comme ils disent), et appelèrent le tombeau du barde, « cairn na huseoig », le cairn de l’hirondelle. »
1833 cairn (Michelet, Hist. de France, 1, 200 [1879] ds Quem.); 2. p. ext. 1860 « abri de pierre construit par les explorateurs polaires » (Tour du Monde, p. 23 ds Bonn.).
1837 – Thoreau - « Henri Thoreau nous conte la coutume groenlandaise qui veut qu’un simple caillou déposé sur un tas de bois flottés vaille pour prise de possession. Personne ne s’avisera d’y toucher par la suite. » In : Thoreau H.D., journal 1837-1861, Les Presses d’aujourd’hui, 1981.In : Autour du cairn,Alexandre Chollier,Héros-limite /géographie(s), 2010.
1849 – Thoreau - « Les vestiges des routes militaires, des maisons, des cours et des thermes en mosaïque, la Nature n'a pas à rougir de ces reliques de ses enfants. Le cairn du héros, on se demande si ce sont ses proches ou la Nature elle-même qui ont élevé la colline. »
In : Une semaine sur les rivières Concord et Merrimack, 1849.
1893 - Flahault Charles « Le jour paraît à peine ; de pierre en pierre on saute le ruisseau et on commence à gravir les pentes du ravin qui nous conduit au col de Llo ou des Fenestrelles. Bientôt, on herborise, et comme voilà, là-haut, le col, avec sa petite pyramide de pierre, je laisse monter ceux qui préfèrent marcher lentement que d'avoir à s'arrêter. »
Charles Flahault, Herborisations en zigzag, journal d'un botaniste, Région méditerranéenne (1876 et 1887-1896), Perpignan, le 21 juillet 1893, p.118
1963 - Kerouac« À chaque bond, on pouvait distinguer quelque part en avant signe généralement deux pierres plates l'une sur l'autre, au sommet d'un rocher, et une pierre ronde par-dessus à titre décoratif. »
jack, Les clochards célestes, 1963, Folio, Gallimard, p.104
"Tu ne vois pas un petit tas de pierres sur ce rocher, près du pin? C'est un repère construit par d'autres alpinistes qui sont passés par ici. Peut-être même l'un de ceux que j'ai placés en 1954, mais je n'en jurerais pas. Il nous faudra progresser de rocher en rocher maintenant, en guettant attentivement ces repères qui nous indiquent la bonne voie."
Kerouac, Les clochards célestes, 1963, Folio, Gallimard, p.100
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1993 - 2012 - Tiberghien Gilles A. offre un aperçu des connaissances sur et autour du Land Art dans son ouvrage « Land Art », réédité en 2.012, il définit le Land Art comme une épure et l’ambition de se débarrasser de l’art du chevalet et des grands principes du modernisme et faire entrer l’art hors des musées et de le faire autrement que dans des expositions muséales. Travailler dans la nature devient la toile, la matière, l’opus.
Gilles A. Tiberghien, agégé de philosophie, enseigne l'esthétique à l'université de Paris 1 - Panthéon Sorbonne et intervient à l'école nationale du paysage de Versailles. Il est membre du comité de rédaction desCahiers du musée d'Art moderneet desCarnets du paysage. Il a publié entre autresNature, art, paysage(Actes Sud / ENSP, 2001) ;Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses(Le Félin, 2005) ;Dans la vallée(avec Gilles Clément, Bayard, 2009),L'art dans la nature("Photopoche", Delpire/Actes-Sud, rééd. 2010),Petite bibliothèque de l'amoureux(Champs, Flammarion, 2013).
2000 – Golworthy - « L’installation dans un « lieu » naturel, le bord de mer, la plage, le rocher, la clairière inscrit l’objet comme lieu rhétorique, comme topos il appartiendra désormais au glossaire paysager »
2000 - in Andy Golworthy, « beach cairn collected peebles », 1985, in Anne Cauquelin, L'invention du paysage, Editions Quadrige, PUF, Paris, 2000, p.153-154.
2000 – Cauquelin - « Les artistes du land art nous montrent le site qui est non site dans l'espace d'un territoire devenu œuvre »
2000 - In : Anne Cauquelin, le site et le paysage, p.16
2010-2025 – Levaillant - « Le cairn, si éphémère soit-il, posé dans son environnement est une fenêtre intime ouverte sur le monde devant lequel on peut s'arrêter momentanément le temps de le contempler et de le fixer dans un instant d'éternité pour témoigner de la présence humaine, que la photographie vient sacraliser et immortaliser. »
2010 - 2025 - Pascal Levaillant
2010 - Chollier- « L’architecture du cairn est élémentaire, si élémentaire qu’elle peut-être la toute première dans l’histoire de l’humanité qui ait été pensée et réalisée […] il suffit de se rappeler que la construction en pierre sèche s’oppose à la pérennité propre à la pierre »
In : Chollier Alexandre, Autour du cairn, 2010, p.20
2011 – Williams - « Au début des années 1870, la renommée de Thoreau avait attiré un flot régulier de pèlerins à Walden. Ils ne trouvèrent que peu de traces de la vie de Thoreau jusqu'en juin 1872, lorsque Bronson Alcott, père de Louisa May, rendit visite à son amie Mary Newbury Adams et lui montra l'emplacement de la petite cabane. Constatant qu'il était regrettable que rien ne marque l'endroit, Adams suggéra de construire un cairn et « que tous ceux qui aimaient Thoreau y ajoutent ensuite une pierre ». Alcott, ami de longue date d'Henry, accepta et ajouta une pierre à celle laissée par Adams. Il nota dans son journal des 12 et 13 juillet : « La renommée d'Henry ne manquera pas de s'accroître avec les années, et ce lieu sera visité par des lecteurs admiratifs de ses œuvres. »
2012 – Levaillant – « J’ai créé l’acronyme C.A.I.R.N. en 2012 afin de situer mon travail artistique vis à vis de toutes ses perceptions, de ses représentations, de ses significations à travers le monde et les époques … »
2012 - Larrère Raphael -Le land art : une esthétique de la nature (article) : "ce que l’on qualifie de Land Art, c’est-à-dire à des œuvres qui se font in situ, conçues et installées dans des paysages sauvages, en pleine campagne, ou bien dans des friches industrielles."
in : Imagination(s) environnementale(s), Raison publique, 2012, n°17 Presse Universitaires de Rennes
Extraits d'Anne Cauquelin,
historienne de l'art contemporain
« L’installation dans un « lieu » naturel, le bord de mer, la plage, le rocher, la clairière inscrit l’objet comme lieu rhétorique, comme topos il appartiendra désormais au glossaire paysager »
2000 - in Andy Golworthy, « beach cairn collected peebles », 1985, in Anne Cauquelin, L'invention du paysage, Editions Quadrige, PUF, Paris, 2000, p.153-154.
« Les artistes du land art nous montrent le site qui est non site dans l'espace d'un territoire devenu œuvre »
2000 - In : Anne Cauquelin, le site et le paysage, p.16
« Le cairn, si éphémère soit-il, posé dans son environnement est une fenêtre intime ouverte sur le monde devant lequel on peut s'arrêter momentanément le temps de le contempler et de le fixer dans un instant d'éternité pour témoigner de la présence humaine, que la photographie vient sacraliser et immortaliser. »
2010 - 2025 - Pascal Levaillant
Ma connexion avec la Haute Savoie s’inscrit dans mon parcours de randonneur dans les Alpes en Savoie et en Haute Savoie depuis les années 1968. Depuis mon enfance je suis attaché à la montagne comme je peux l’être pour l’estran dans ma région la Normandie.
Mes diverses ascensions à proximité de la Vanoise ; en Tarentaise ; en Maurienne ; en Chartreuse ; en Bauges ; en Bugey ; dans la vallée de l’Arve m’ont amené durant des décennies à ériger des cairns et bien au-delà.
J’ai créé l’acronyme C.A.I.R.N. en 2012,
J’ai créé cet acronyme afin de situer mon travail artistique vis à vis de toutes ses perceptions, de ses représentations, de ses significations à travers le monde et les époques …
Série de 24 photographies de cairns par Pascal Levaillant et Siméon Levaillant photographe en 2015
"Les belles rencontres, Anne Cauquelin, 2021
Extrait du texte d'Anne Cauquelin inséré au catalogue de l'exposition "Herbier contemporain délicieux" aux jardins de l'abbaye Saint-Georges de Boscherville organisée par le Conseil Départemental de la Seine-Maritime en 2021 (bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert).
"Des rencontres
Pascal Levaillant en est coutumier. Et d’abord, celle de la rivière Seine, ses bras, ses détours ses inflexions. Suivant ses rives, Levaillant lui fait l’offrande de quelques pierres ; à tel et tel lieu de son cours, il plante (car il s’agit bien de planter) ses modestes cairns. Ce sont des dons selon l’esprit des pèlerins cheminant vers Compostelle qui sur leur parcours déposaient des pierres en signe de vénération, repentance ou pour simples traces de leur passage.
Accomplissant ce geste, l’artiste reprend le chemin rituel, joint le médiéval au contemporain, et transforme les éléments naturels en ce qu’ils sont essentiellement ; l’eau vive du courant, retenue un moment par les pierres plantées, révèle sa nature rocheuse, tandis que la pierre, elle-même vibre d’une vie souterraine, frémissant sous sa carapace. Début d’une mythologie personnelle, qui s’enrichit de gestes en gestes et d’œuvres en œuvres, à mesure de la diversité des rencontres.
Changement de registre
Car il n’est plus question, pour lui, de fixer une pierre en pleine eau vive et courante, ce geste n’est plus de mise ici. C’est une action plus tranquille, quiète, respectueuse, que les prés et les vergers appellent ; la cueillette, le recueil, voisin du recueillement ; pratique lente, patiente, modulée par les saisons. Ce sont ces gestes de déposition et d’archivage que choisit Levaillant constituant ainsi un authentique reliquaire. […] pour Pascal Levaillant, la vénération le conduit au respect, et l’abondance des récoltes à la patience fertile. Son modèle serait à chercher du côté du vieillard de Tarente, décrit par Virgile dans les Géorgiques, ce paysan qui cultive calmement son lopin agreste jour après jour et dont le rythme temporel est celui du « Festina Lente ».
Festina lente (Hâte toi lentement)
Telle est la devise princeps du jardinier. Les herbiers contemporains de Pascal Levaillant répondent parfaitement à cette injonction. Car la vie cachée des herbes, sous forme de minuscules graines, est signe de naissances à venir, forme végétale du « festina lente » qu’elles incarnent. Tout vient en son temps, semblent-elles dire, et notre patience les accompagne. Accrochées à la voûte de la chapelle Saint Georges, logées dans des boîtes transparentes, dites de Petri, elles sont traversées par la lumière, tels des vitraux vivants ; car la vie habite ces graines dont l’éclosion pourra nourrir hommes et bêtes. Le sens spirituel de cet accrochage ne peut échapper : la Providence veille du haut des cieux, à nourrir à la fois les corps et les âmes, tandis que les boites de Petri, translucides, sont l’image de la conservation et de la culture des organismes vivants, ce qui les absout de tout péché de scientisme. Au dehors, tout le long du chemin qui traverse potager et verger, et comme produits d‘un Arte povera, des fumeroles aromatiques pendent à un fil dans leurs bouteilles tronquées. Cet accompagnement odoriférant prend la place de l’encensoir rituel, ajoutant sa touche à la célébration.
Du peu de choses, de la vie
Les célébrations et offrandes de Pascal Levaillant sont des odes à la « nature naturelle ». Une nature telle que la décrivait Mikel Dufrenne, sous le nom de nature naturante, la distinguant ainsi de la naturenaturée, celle qui, passée par des traitements de plus en plus industriels, se trouve transformée jusqu’en son capital génétique. Le jardinier, le paysagiste, le poète ou le peintre sont proches de cette nature naturante ; ils captent la vie, de ce qui croît s’épanouit et meurt, en bref la phusis des anciens, bonne ménagère, économe et donnant à chacun selon le besoin. A tel ou tel moment et en tel ou tel lieu suivant le cas, « Ici et là » disait Flaubert qui faisait la part belle aux hasards. Cependant cette nature naturante aime à se tenir cachée, tout du moins ne se montre pas avec évidence. Elle se donne à percevoir peu à peu et sans assurance de réussite. L’approcher exige patience, savoir-faire et obstination. Les artistes contemporains sont nombreux actuellement à tenter une approche biosensible, soit en dénonçant l’exploitation des produits naturels par les industries agroalimentaires, sorte de transgénisme planétaire comme le fait Pat Badani avec son projet « Al grano », soit par une purification ou épuration du processus artistique lui-même, visant alors le peu, le presque rien, ou, à l’extrême, le vide. Sans le dire, il semble que ce soit cette tendance que suit Pascal Levaillant. La vie sous forme de graines assemblées, des fumerolles s’évaporant dans l’air, des cailloux dans une rivière, choses de peu, sans ostentation."
in : www.art-culture-france.com, extrait critique André Ruellan, critique d’art, 2014
« Au cours de ses cheminements, il en ponctue le parcours avec imagination et singularité par la grâce de ses fameux et fugaces C.A.I.R.Ns, œuvres d'équilibre et constructions artistiques incorporant des roches naturelles qui intriguent tant les promeneurs, sculptures spontanées et hélas éphémères […] issus de la nature et du "Land Art" que l'artiste déploie tout autant aux bords de mer qu'en montagne. »
Voici un texte soumis et publié sur le site de Miletune.over-blog.com
Sujet semaine 24/2016 - clic
Je me souviens du mois d'août 2014
Quelque part en Normandie,
Arrivés sur site à la mi-journée
Nous envisagions d'ériger un CAIRN
En cette fin d'après-midi au bord du fleuve
À la confluence de l’Epte et de la Seine.
Nous avions choisi cette destination
Aux confins de l'Ile de France et des Yvelines
À la porte du département de l'Eure
Très exactement à Giverny en Normandie
Attendant nonchalamment l'instant photographique,
De la prise de vue de cette construction éphémère
Dans le lit du fleuve
Nous décidons de visiter la Maison de Monet
Affublés de nos chapeaux de paille
Nous flânons dans les jardins ensoleillés,
Autour du bassin d’eau
Recouvert de nénuphars.
Pascal Levaillant, 2016
Ce fameux cairn de Giverny fut érigé dans le fleuve Seine en 2014 et fit l'objet d'un tirage pour notre exposition (mon fils Siméon Levaillant et moi) [Plus vraie que nature] la Seine normande dont les tirages furent exposés en intégralité dans la galerie de l'Hôtel de Ville de Rouen, puis à l'ESPE de Mont-Saint-Aignan et à la galerie de l'abbaye du Valasse.
à cette occasion le mot du maire de Rouen, Yvon Robert, 2017
In : https://levaillant-pascal.over-blog.com/2017/06/pascal-et-simeon-levaillant-exposition-plus-vraie-que-nature-la-seine-normande-land-art-et-photographies-hotel-de-ville-de-rouen-gal
PS: il s'est produit une interruption entre 2018 et 2020 du fait de perte de fichiers images due à un problème infomatique.
Critique de Céline Allais, janvier 2019.
« La mosaïque, les cairns qu’il érige, l’amènent à entreprendre un vaste périple à pied dans la vallée de la Seine. Il écume tous les milieux naturels. »
Céline Allais, site du château de la Roche-Guyon : à l’occasion de laa résidence d’artiste de Pascal Levaillant au château de la Roche-Guyon entre 2017 et 2020, année de l’exposition de son herbier contemporain dans le cabinet de curiosités du 18e siècle du château de La Roche-Guyon du 7 mars au 30 août 2020.
Forts de mes précédentes expositions menées depuis 2011, j’ai pu concevoir et intégrer l’art du cairn dans le paysage, comme art éphémère et inscrit dans le Land Art.
Ma démarche minimaliste, à contrario de certains land artistes, a été encouragée en 2014 par l’historienne de l’art contemporain, Anne Cauquelin.
Ma connexion avec la Haute Savoie s’inscrit dans mon parcours de randonneur dans les Alpes en Savoie et en Haute Savoie depuis les années 1968 : j'ai ainsi croisé des cairns au sommet de cols comme le massif cairn du col frontalier franco-italien Le Carro en Savoie.
Depuis mon enfance je suis attaché à la montagne comme je peux l’être aussi pour l’estran dans ma région normande.
Mes diverses ascensions à proximité de la Vanoise ; en Tarentaise ; en Maurienne ; en Chartreuse ; en Bauges ; en Bugey ; dans la vallée de l’Arve m’ont amené durant des décennies à ériger des cairns et bien au-delà.
Pascal Levaillant, sculpteur de cairns
Mes principales expositions de cairns
Cairns à Sotteville-sur-Mer (exposition collective) en 2012
Sentier d’art à la Trinité de Réville dans L’Eure (exposition collective) en 2013
A l’abbaye du Valasse en Seine-Maritime (exposition personnelle) en 2015
A Rouen, Plus vraie que nature, la Seine normande en 2017 en coproduction avec Siméon Levaillant photographe professionnel en paysage, architecture et patrimoine
Depuis 2018, j’ai réalisé des cairns en pleine nature à Lyon, dans l’Ain, en Savoie, en Isère, dans le Béarn, dans la Gironde, dans la Charente Maritime, en Bretagne, en Espagne, au Portugal, dans les Hauts-de-France, en Alsace, dans la Creuse, dans le Lot et le Quercy, en Allemagne dans les Montagnes Noires, dans les Vosges, dans les Alpes Maritimes…
Soit plus de 1200 cairns depuis mes premiers cairns érigés dans le Finistère.
Les deniers que j’ai érigés se trouvent dans l’Esterel, dans l’arrière-pays de Grasse en Alpes Maritimes, près de Gap et dans le Golfe du Morbihan au Roaliguen.
en 2010
en 2010
en 2011
en 2011
en 2012
en 2013
en 2014
en 2015
Puis c'est devenu difficile et délicat d'en ériger de-ci de-là ... à cause des interdictions compréhensibles à certains endroits en raison de trop d'insouciance.
Si trop de cairns nuisait au cairn.
Mais toutefois j'ai continué ici et là mais en faisant attention de remettre les pierres à leur place ou en prenant le soin d'obtenir une autorisation spéciale et circonstancielle en quelques endroits.
Remerciements à Roselyne qui a toujours supporté mes élévations de cairns depuis mes débuts en 2010, à mes fils Siméon et Billal, à Alexandre Chollier et Anne Cauquelin, contributeurs textuels dans l'histoire de cet art ; à la Ville de Rouen et à Yvon Robert, à K. Divernet ; à l'ESPE ( J.F. Brochec) ; à Caux Vallée de Seine (Mme Demunck et Mme Lopes) ; à Intercom Bernay, Terres de Normandie ; à Miletune (Overblog) ; à ma tante Georgette, la chambérienne, qui m'a montré la voie de la montagne, des Alpes et de la Vanoise et c'est ainsi que j'ai pris goût aux carins et aux empilements de pierres depuis les années 1965.
Remerciements appuyés à Anne Cauquelin, l'historienne de l'art contemporain qui aura 100 ans en janvier 2026, et à Alexandre Chollier, spécialiste de l'histoire des cairns.
Remerciements enfin à Paris-Normandie et au Courrier Cauchois qui ont relayé mon activité et tous les autres anonymes ; à tous les endroits de-ci de-là qui ont accueilli depuis 2010 mes cairns en exposition ou en catimini que seule la photographie ou la vidéo est venue conserver l'authenticité et la véracité des faits.
Dans le cadre des Rendez-vous aux Jardins 2025, organisés par le Ministère de la Culture du 6 au 8 juin 2025, le Jardin botanique alpin La Jaÿsinia accueillera Pascal Levaillant, artiste-botaniste plasticien.
Crédit : Rendez-vous aux jardins 2025 - Samoëns - Mairie de Samoëns
Cairns "in-situ à la Jaÿsinia, par Pascal Levaillant, Artiste auteur
Ces sculptures de pierre, mosaïques verticales et éphémères invitent le spectateur à délaisser l’horizon et le panorama, en cela elles transforment notre perception du paysage nous permettant de nous l’approprier plus intimement.
Le caractère précaire, éphémère, de ces empilements de pierres fait contraste avec la placidité de la nature qui s’étend autour. Faits d’éléments naturels, de simples pierres, ils sont pourtant une construction de l’Homme, construction érigée depuis au moins le néolithique qui produisent aujourd’hui un effet d’incongruité. Ces constructions davantage un prétexte pour proposer au spectateur une réflexion profonde sur le jardin botanique de la Jaÿsinia et une invitation au dialogue de sa nature en équilibre entre sauvage et ordonnancement.
La proposition est d'offrir au visiteur un instant déconnecté à ne plus subir l’accélération du monde, et réfléchir au sentiment de vérité que peut nous apporter la vision d’une nature sauvage, ou ordonnancée, mais pourtant si loin de notre quotidien frénétique.
Informations pratiques
Date :samedi 07 juin
Lieu :Jardin botanique alpin "la Jaÿsinia" - Samoëns
Du samedi 7 au dimanche 8 juin 2025, tous les samedis et dimanches.
Présence de Pascal Levaillant, artiste-botaniste plasticien :
> de 9h à 13h (réalisations des cairns en présence du public)
> de 15h à 19h (visite commentée)
Visites guidées par le responsable du jardin botanique alpin :
> 9h
> 14h30
Visite libre tout au long des journées.
Chronique des Secrets du Plateau de Caux de l'année 2025 par Pascal Levaillant, 10 mai épisode 2 - Carville-Pot-deFer
Des bourgs et des villages...
Pascal Levaillant invité par le Plateau de Caux Tourisme raconte les secrets du Plateau par le prisme des talus et fossés de lamasure cauchoisedepuis l'âge des calètes qui ont préfigué ce théâtre d'agricuture en pays de Caux ...
que l'on nomme aujourd'hui clos-masure
Voici les rendez-vous d'avril à octobre 2025
DeSaint-Martin-Aux-Arbres àCarville-Pot-de-Fer; d'Anvéville àOuville-l'Abbaye ; deGonzevilleàCarville-Pot-de-Fer(La Mare aux Pommes)
Le second épisode va se tenir à Carville-Pot-de-Fer le samedi 10 mai 2025
je vous emmenerai dans le bourg à la recherche des secrets du village qui tiennent bon depuis les calètes, depuis les ivasionsn anglo-vikings, depuis la Réforme, depuis la main mise des Bourbons, depuis les campagnes militaires des ligueurs contre le roi Henri IV, depuis la Révoultion française et depuis l'unification avec Attemesnil au temps de l'activité tinctoriale sur les communes de Routes, Robertot et de Carville-Pot-de-Fer.
Beau programme en perspective et belle randonnée dans ce beau village méconnu.
Inscrivez-vous via le Plateau Caux Tourisme
Contact. 76560 CARVILLE-POT-DE-FER. 06 82 37 51 33 · Réserver · Plateau de Caux Normandie Tourisme. 2 place du Général de Gaulle BP35 - 76560
à voir sur ce lien du Youtube de Michel Gilbert avec son aimable contribution et de aimable autorisation : https://www.youtube.com/watch?v=BHeSM0FIElM
« Animation offerte par le Département de la Seine-Maritime dans le cadre des sorties nature
sur les espaces naturels sensibles (ENS),
les forêts départementales,
le littoral de la Côte d’Albâtre
et les rivières ».
CD76 et ENS76
Pascal Levaillant, artiste plasticien botaniste, historien du patrimoine végétal vous invite dans le cadre de l'ENS 76, sur les pas de Dambourney, à découvrir les plantes tinctoriales des Coteaux d'Orival dont la Garance voyageuse installée sous les arbres et près des ifs.
Balade à partir du Grand-Couronne vers la crête sommitale de la Roche Pignon afin de découvrir des plantes tinctoriales normandes qui ont été inventoriées par L.A, Dambourney avant le Révolution Française sur les coteaux d'Orival à Oissel avant de teinter le fil de lin à Oissel et à Bapeaume.
Pour réserver aller obligatoirement sur le site de l'ENS :
Sur les pas de Dambourney, un historien botaniste vous emmène découvrir les plantes tinctoriales des coteaux d'Orival, dont la Garance voyageuse installée sous les arbres et près des ifs. RDV parking au bout de la rue du Champ du Bois (entrée forêt) à Grand-Couronne. Prévoir appareil photo et jumelles.
Pascal Levaillant invité par le Plateau de Caux Tourisme raconte les secrets du Plateau par le prisme des talus et fossés de la masure cauchoise depuis l'âge des calètes qui ont préfigué ce théâtre d'agricuture en pays de Caux ...
que l'on nomme aujourd'hui clos-masure
Voici les rendez-vous d'avril à octobre 2025
De Saint-Martin-Aux-Arbres à Carville-Pot-de-Fer ; d'Anvéville à Ouville-l'Abbaye ; de Gonzeville à Carville-Pot-de-Fer (La Mare aux Pommes)
Le premier fut à Saint-Martin aux Arbres le 12 avril 2025
retour en images grâce au reportage de Paris Normandie sous la plume et le regard de Mireille Loubet-Anquetil.
Extrait de son article publié le 12 avril à 18h02 :
Article signalé en page 8 selon la couverture du journal du dimanche 13 avril 2025
Suivre Pascal Levaillant dans une visite insolite du patrimoine et du paysage de la campagne cauchoise, c’est accepter de prendre les chemins de traverse.L’artiste plasticien botaniste, féru d’histoire locale cauchoise, véritable enquêteur hors du temps lancé sur les origines du cidre cauchois est maître dans l’art de la disgression. Mais, il tient en haleine le public par son érudition et sa connaissance du pays de Caux.
visite guidée du village de Saint-Martin-aux-Arbres
En chemins de traverse du bourg au hameau du Bout de Bas
Remerciement spécial à la météo très clémente et lumineuse et à Mireille Loubet-Anquetil : vous pourrez retrouver sa vidéo en intégralité dans le PN du 12 avril 2025.
https://www.paris-normandie.fr/id623154/article/2025-04-12/une-visite-inedite-travers-les-secrets-de-saint-martin-aux-arbres-un-village-du PAYS de CAUX
"Ceux qui ont vraiment résisté aux Romains, ce n’est ni Vercingétorix, ni Astérix, mais ce sont bien les Calètes"
Pascal Levaillant, guide et conteur
"L'insurrection desCaletes, desVeliocasseset desAulerci Eburovices(51 av. J.-C.)
La défaite de Vercingétorix (52) ne mit pas un terme aux soulèvements de la Gaule. Certains peuples n'avaient pris aucune part à la grande guerre de 52, et leurs forces restaient intactes. Parmi ceux-ci, les Aulerci Eburovices, les Veliocasses et les Caletes. Or, de même que les peuples de l'actuelle Basse-Normandie subissaient l'attrait de la Confédération armoricaine, ceux-là gravitaient dans l'orbite du puissant peuple des Bellovaques (Beauvais).
L'hiver de 52-51 vit une vaste rébellion de tous les peuples compris, entre Evreux et l'actuelle frontière Belge ; les chefs en étaient le Bellovaque Correos et l'Atrebate (Arras) La conquête de la future Normandie par les Romains
Annales de Normandie, 1953 3-3-4 pp. 43-49 Persée https://www.persee.fr › doc › annor_0000-0002_1953_n..."
à lire aussi :
"Il y a deux mille ans vivaient sur le sol de la future Normandie plusieurs peuplades gauloises: sur le plateau cauchois, les Calètes ; à Rouen et ses environs, les Véliocasses; dans le Cotentin, les Unelli et les Abrincatui; en Basse-Normandie, les Bajocasses, les Viducasses, les Lexovii, les Aulerci Eburovices et les Sagii.
Lorsque leur sol national fut foulé par les bottes des légionnaires romains, les Celtes résistèrent farouchement : Calètes et Véliocasses s’allièrent aux Bellovaques de la région de Beauvais et aux Atrébates d’Arras. Ils opposèrent ainsi 10.000 combattants à César. Leur chef fut un certain Carréus. Il se battit jusqu’au bout, même après la soumission de Vercingétorix, et mourut héroïquement sur le champ de bataille en 52 avant Jésus-Christ."
in : La Normandie avant les normands - René Streiff - Études Normandes Année 1952 10 pp. 133-144
Remerciement au Plateau Caux Tourisme pour la création de son nouveau format "Secrets du Plaleau de Caux"
Ces visites guidées feront l'objet à terme de publications sur l'histoire de ces communes, en lien avec l'objet de ces "secrets du Plateau de Caux"
Pascal Levaillant invité par le Plateau de Caux Tourisme à conter les secrets du Plateau de Caux Tourisme et à revisiter un clos-masure avec le prisme du pommier, des talus et fossés de la masure cauchoise du 15e siècle.
Programme et rendez-vous pour vous inscrire sur la plateforme du Plateau de Caux Tourisme.
Voici les rendez-vous d'avril à octobre 2025
De Saint-Martin-Aux-Arbres, à Carville-Pot-de-Fer ; d'Anvéville à Ouville-l'Abbaye ; de Gonzeville à Carville-Pot-de-Fer (La Mare aux Pommes)
En premier : Les secrets du Plateau de Caux
sur 5 rendez-vous
Premier rendez-vous le samedi 12 avril à 14h30
De 14h30 à 16h00
Lieu de rendez-vous : parking de la mairie
Pascal Levaillant le 18 octobre 2025 est aussi dans la programmation de Clos-Masure Ouvre-toi!
Un véritable tour d'horizons de la nature des sols dits fertiles du pays de Caux.
Coupe chromatique des Terres de Caux, on Cliffs of cliffs of the Pays de Caux on the Alabaster Coast
Le "pays" du ruissellement où le sous-sol se dévoile... par le prisme de ses falaises.
Le sol a ses couleurs que nous ignorons car dissimulés sous la litière forestière, sous l'herbe des herbages et des prairies, sous l'herbe des vergers, sous les jeunes pousses des cultures céréalieres, sous les plantes techniques ... sous nos pieds comme nous le rappelle souvent Marc-André Selosse du MNHN suivant les pas de l'émerite Bernard Boullard, botaniste et pédobiologue de Bois-Guillaume, né en 1927 en Normandie à Annebault.
Le sous-sol en possède tout autant des couleurs, tant le minéral est représenté par sa biodiversité et selon le type de sol en présence : calcaire, schiste, granite, argile, sable, grés ...
Et l'humus, substrat si long à se génerer par l'effet de décomposition végétale biomécanique et organique et par l'effet des micro organismes, champignons et radicelles en action sous l'effet de la chaleur, de la pluie, du froid...
Ce flux permanet de haut en bas est necessaire et traverse de haut en bas du sol et sous-sol constituant ainsi les différents "horizons".
La dimension artistique vient souligner notre exploration et nos prélèvements en tous lieux représentatifs et repérés à l'œil nu.
Proposer une gamme chromatique et un extrait de la substance déshydratée sont au cœur de ce voyage non pas au centre de la Terre mais tout au plus en surface de la terre, qui est si proche de nous que nous la percevons plastiquement sous nos pas sans trop y faire attention sauf quand la consistance change d'un milieu à un autre (d'un sol dur et sec à un sol spongieux, d'un sol mou sablonneux à un sol dur et caillouteux ; d'une terre compacte à une terre fraichement retournée ; d'une terre sèche à une terre humide voire détrempée ou collante argileuse...)
Le pays de Caux est un millefeuille exceptionnel de strates, visible à l'oeil nu et la meilleure façon de percevoir ce sol, ce sous sol est d'observer la hauteur des falaises du pays de Caux du Tréport au Cap de la Hève.
C'est au pied de la muraille que le sous sol du pays de Caux nous est dévoilé.
Il suffira d'aller le rechercher à l'intérieur du pays de Caux du Havre à Dieppe, de Dieppe vers Cailly et redescendant vers le Caux-Rouen pour revenir vers Le Havre en suivant les coteaux calcicoles de la Seine.
Les couches superficielles énoncent les humus, les limons, les argiles, le loess, l'argile à silex et ce qui coloré les pans de falaises comme sur la pointe de Caux comme ailleurs au Cap d'Ailly.
C'est un herbier végétal et minéral que nous allons vous proposer avec ces mélanges de terres vivantes, minérales enrichissant humus, tous horizons confondus en Terres de Caux.
Cette recherche a démarré en 1996 à Mormoiron dans le Vaucluse non loin des ocres-pigments de Roussillon puis en 2015 pour la phase de conception de l'expostion "Nature au crible" qui a été présentée à l'ESPE de Mont-Saint-Aignan et à l'abbaye du Valasse en pays de Caux : minéraux, échantillons de terre du pays de Caux, de sable en France, de coquillages...
Cet élan s'est prolongé au fil du temps avec les couleurs des sables jusqu'en 2023 lors de la conception de l'installation sur "Humus Miraculum" à Cahors lors de l'édition Cahors Juin Jardins 2024.
De retour en pays de Caux, c'est la nature du sol et du sous-sol du pays de Caux que nous voulons (le collectif Corblin-Levaillant) mettre en lumière aujourd'hui celui du côté de Canteleu, Maromme, Cideville, Saint-Martin-aux-Arbres, Carville-Pot-de-fer, Yvetot et prochainement sur l'ensemble du pays de Caux au fur et à mesure.
Sans oublier d'autres terroirs de France : Morvan, Dombes, Bugey, Bretagne, Marne, Lorraine, Brie, Aisne, Oise, Alsace, Vosges, Bourgogne, Alpes Varoises et Maritimes, Val-d'Oise ... voire de l'étranger : Portugal du côté de Peniché et Sintra ...
Qui sait si nous recueillerons un jour de la Terre de Caux (Hérault) car là-bas ce n'est pas du cidre qui coule des tonneaux mais du vin, en attendant nous avons déjà la terre du Salagou.
Seule la chromatique des couleurs des terres du sol nous anime pour peindre avec les "pigments naturels de l'humus et de la terre.
Inven [terre] sols du pays de Caux
Canteleu, ferme des deux Lions - AMAP ;
Canteleu, AMAP, taupinière ;
Canteleu, forêt ;
Saint-Pierre-de-Varengeville, la ferme de Simone ;
Saint-Martin-aux-Arbres, le Bout de Bas ;
Saint-Martin-aux-Arbres, le Bout de Bas ;
Saint-Martin-aux-Arbres - plaine ;
Saint-Martin-aux-Arbres - Caillebourg - les Mares ;
Hénouville - coteau ;
Maromme - coteau ;
Maromme - sous A15 ;
Maromme - coteau Clairette ;
Martainville - sortie bourg plaine ;
Franqueville-Saint-Pierre - Val aux daims ;
Heurteauville - tourbière ;
Cideville - plaine ;
Cideville - fossé ;
Cideville - argilo-silex ;
Yvetot - rocade ;
Carville-pot-de-Fer - talus ;
Baons-le-Comte - plaine ;
Veauville-les-Baons - plaine ;
Hautot-Saint-Sulpice - Plaine le Tot ;
Hautot-Saint-Sulpice - Le Nouveau Monde, plaine ;
Anvéville - plaine ;
Mont-Cauvaire - bourg ;
Fresne-le-Plan, plaine ;
Servaville, plaine ;
Saint-Aubin-Epinay, côteau ;
Quincampoix, les Meslins, coteau ;
Bois-d'Ennebourg, Coquereaumont, plaine ;
Flamanville, calvaire, plaine ;
Ectot-les-Baons, plaine vers Vallevile ;
Etoutteville, Plein-Bosc, plaine ;
Doudeville, Bosc Malterre, plaine ;
Doudeville, Galleville ;
Bouville, Bourg-plaine ;
Croix-Mare, plaine ;
Ecalles-Alix, plaine ;
Carville-la-Folletière, Hameau-plaine ;
Duclair, Hameau-Plaine Les Monts ;
Hénouville le Bas, Ancienne vigne du curé d'Hénouville ;
Saint-Paer, plaine ;
Touffreville-la-Corbeline - butte Henri IV ;
Bacqueville - talus herbage ;
Barentin, jardin - argile ;
Tôtes - plaine ;
Ambrumesnil - plaine ;
Ablemont - plaine ;
Beauval - plaine ;
Gueures - abord sous bois ;
Gonzeville, village plaine talus ;
Hermanville - talus coteau ;
Ouville L'abbaye Mont de Bourg ; Morgny la Pommeraie ;
Je l'ai découvert à Chambéry aux Charmettes en 2020 grâce à Jean-Jacques Rousseau, - moi qui croyait que seul Proust avait inventé - ce concept dû au geste ou à l'observation ... à l'écoute... qui ont fait remonter chez ces auteurs, autrices un souvenir ou une série de souvenirs déclenchant chez eux une forte charge émotionelle.
Proust fut le dernier de ces auteurs à en témoigner.
Analyse et synthèse proposée par Pascal Levaillant [2020-2025]
LA SOIE, la VERVEINE ET LE TABAC de Mme Bovary (Flaubert) en 1858
-
L'odeur des NOISETIERS de Jean-Baptiste Camille Corot peu avant 1875
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L'odeur de son pays dans la POMME de Lucie Delarue-Mardrus en 1902
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LA MADELEINE de Proust en 1913
-
On peu
On peut noter que pour se remémorer des jours heureux Jean-Jacques Rousseau a évoqué le premier une mémoire sensorielle par la seule vue de la pervenche, que Chateaubriand l’a traduite par l’ouïe - avec la grive – et que Proust l’a sublimée par le geste, le goût avec la madeleine.
Mais qu’en est-il du toucher ? Le toucher est à notre connaissance absent de la dimension mémorielle (mémoire implicite) et c’est donc peut-être à Flaubert que l’on pourrait attribuer cette dimension.
Le premier réveillant ses sens fut Rousseau avec la pervenche (vue) , le second fut Chateaubriand avec la grive (l'ouïe) , le troisième fut Flaubert avec la soie, la verveine et le tabac ( le toucher, l'odorat) et le dernier fut Proust avec sa madeleine (le geste et le goût) et enfin Delarue-Mardrus avec l'odeur de la Pomme.
Deux siècles séparent quasiment ces écrivains et cette écrivaine.
Redécouvrant Les confessions de Jean Jacques Rousseau, et deux autres de ses livres (Les rêveries du promeneur solitaire, Les lettres élémentaires sur la botanique ...), je me suis aperçu que Proust n'avait rien inventé sinon de répliquer l'idée de la "pervenche" en "madeleine", passant de la dimension sensorielle de la vue (Rousseau) au goût grâce à sa madeleine.
Le premier fut donc Rousseau qui à la vue de la pervenche, chemin faisant, il se mit à se remémorer le souvenir heureux de la présence de Mme de Warens lorsqu'il vivait à ses côtés à Chambéry, aux Charmettes.
Le livre 6ème s’ouvre sur des citations allant toutes dans le même sens, qu’il reprend dans une phrase - oh ! Combien connue :
« Ici commence le court bonheur de ma vie ».
«Le premier jour que nous allâmes coucher aux Charmettes, Maman était en chaise à porteurs et je la suivais à pied. Le chemin monte, elle était assez pesante, et craignant de trop fatiguer ses porteurs, elle voulut descendre à peu près à moitié chemin pour faire le reste à pied. En marchant elle vit quelque chose de bleu dans la haie et me dit : « voilà de la pervenche » je ne me baissai pas pour l’examiner car j’ai la vue trop courte pour distinguer à terre les plantes de ma hauteur. Je jetai seulement en passant un coup d’œil sur celle-là, et près de trente ans se sont passés sans que j’aie revu de la pervenche ou que j’y aie fait attention.
In : https://entre-semnoz-et-cheran.over-blog.com/article-la-pervenche-et-jean-jacques-rousseau-101054078.html
«En 1764 étant à Cressier avec mon ami M. Du Peyrou, nous montions une petite montagne au sommet de laquelle il a un joli salon qu’il appelle avec raison Bellevue. Je commençais à herboriser un peu. En montant et regardant parmi les buissons je pousse un cri de joie : Ah voilà de la pervenche ; et c’en était en effet. Du Peyrou s’aperçut du transport, mais il en ignorait la cause ; il l’apprendra, je l’espère, lorsqu’un jour il lira ceci. »
Les Confessions, Jean-Jacques Rousseau, 1764
« Le plus étonnant exempte, déjà proustien, du pouvoir de réminiscence contenu dans le symbolisme d'une image, est donné au Livre VI des Confessions : découvrant dans une promenade de la pervenche, Rousseau est envahi par le souvenir, vieux de trente ans, d'une promenade faite avec Mme de Warens, qui lui avait montré « de la pervenche encore en fleur ». L'herbier est une tentative pour capter ce pouvoir.»
In : Symboles de la nature dans les Rêveries de J.-J. Rousseau, Robert Osmont - Littératures Année 198411 pp. 31-42
La pervenche aux Charmettes
Chez Proust la madeleine est connue pour raviver et se remémorer également un souvenir heureux.
"Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l’appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. Il est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi. Il l’y a éveillée, mais ne la connaît pas, et ne peut que répéter indéfiniment, avec de moins en moins de force, ce même témoignage que je ne sais pas interpréter et que je veux au moins pouvoir lui redemander et retrouver intact, à ma disposition, tout à l’heure, pour un éclaircissement décisif. Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C’est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même ; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière."
Du côté de chez Swann (1913), Marcel Proust
Me rendant aux Charmettes en 2019, à l'occasion d'un si bel automne, mon heureuse surprise fut de voir au jardin un carré de pervenche.
Poussant ma curiosité plus loin, je découvre dans une autre lecture avec bonheur la "grive" de Chateaubriand qui en l'écoutant a réveillé chez Chateaubriand une émotion similaire.
« Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel. J'oubliai les catastrophes dont je venais d'être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive. Quand je l'écoutais alors, j'étais triste de même qu'aujourd'hui. Mais cette première tristesse était celle qui naît d'un désir vague de bonheur, lorsqu'on est sans expérience ; la tristesse que j'éprouve actuellement vient de la connaissance des choses appréciées et jugées. Le chant de l'oiseau dans les bois de Combourg m'entretenait d'une félicité que je croyais atteindre ; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable. Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un autre, et j'ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m'entraînent ; je n'ai pas même la certitude de pouvoir achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d'instants qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse, tandis que j'y touche encore : le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et qui va bientôt disparaître. »
Les Mémoires d'Outre-Tombe - Chateaubriand
Première partie - Livre troisième - Chapitre 1 - Promenade. - Apparition de Combourg, 1849.
En 2021, deux ans plus tard relisant Flaubert je m'aperçois que le toucher et l'odorat n'avait été interprété par un auteur : du geste à l'odeur
Le coffret à tabac en soie qui en le touchant libera chez elle un parfum et une sensation lui remémorant le souvenir de son amant.
« Souvent, lorsque Charles était sorti, elle allait prendre dans l’armoire, entre les plis du linge où elle l’avait laissé, le porte-cigares en soie verte. Elle le regardait, l’ouvrait, et même elle flairait l’odeur de sa doublure, mêlée de verveine et de tabac. »
Mme Bovary, Flaubert, 1858
Relisant dernièrement la littérature sur Corot attaché toute sa vie au Boisguillaume de M. Sennegon, je relis Dubosc qui a trouvé dans le récit et la biographie de Corot ce tépoignage émouvant, sincère et mémoriel :
Jean-Baptiste Camille Corot, l'olfactif
Georges Dubosc rapporte le propos de Corot (à la fin de sa vie) à propos de Bois-Guillaume :
Jusqu'à ses derniers jours à Ville-d'Avray, où il habitait avec sa soeur Mme Sennegon, qui devait mourir avant lui, il garda le souvenir de ses années de jeunesse. «Il y a certaines odeurs, disait-il, qui me remettent toujours en mémoire tel ou tel paysage. Ainsi, au printemps, je sens le parfum des noisetiers, mon imagination me porte à Boisguillaume près de Rouen, où j'ai passé mon enfance et s'enfonce dans les forêts embaumées où j'allais, le dimanche, ramasser les morilles ! »
et l'odorat avec Delarue-Mardrus : la pomme,
magnifique texte rendant hommage à la Normandie :
de l'odeur au patrimoine
L’Odeur de mon pays
L’odeur de mon pays était dans une pomme.
Je l’ai mordue avec les yeux fermés du somme,
Pour me croire debout dans un herbage vert.
L’herbe haute sentait le soleil et la mer,
L’ombre des peupliers y allongeaient des raies,
Et j’entendais le bruit des oiseaux, plein les haies,
Se mêler au retour des vagues de midi…
Combien de fois, ainsi, l’automne rousse et verte
Me vit-elle, au milieu du soleil et, debout,
Manger, les yeux fermés, la pomme rebondie
De tes prés, copieuse et forte Normandie ?…
Ah! je ne guérirai jamais de mon pays!
N’est-il pas la douceur des feuillages cueillis
Dans la fraîcheur, la paix et toute l’innocence?
Et qui donc a jamais guéri de son enfance ?…
Lucie Delarue-Mardrus (Ferveur, 1902]
De mon expérience la vue rarissime d'une gentiane bleue ou d'un bleuet me rappelle des souvenirs heureux comme rarement le parfum d'une rose ancienne se diffusant à ma rencontre. De même la poire de coq au jus me procure le même effet ou l'écoute d'une chanson folk de Dylan, sur les ondes de FIP, la lumière dans les masures qui au soleil rasant de la fin de l'hiver ombre les herbages plantés de pommiers ou même l'odeur des foins tout graichement coupés et couchés séchant au soleil d'été. Ces endroits et circonstances me rappelant des sensations heureuses de mon enfance ou de ma jeunesse à l'endroit du pays de Caux ou du pays de Savoie.
Ce pourquoi j'y vis et que j'arpente de mille façon le pays de Caux , ce pourquoi je retourne régulièrement dans les "Savoie" , observer les gentianes, sentir l'odeur des fruitiers, le grebon savoyard, de la fenaison et éprouver d'autres émotions sensorielles en marchant, en promeneur non pas solitaire mais bien accompagné.
Entre temps je reviens pour d'autres raisons en Alsace (myrtilles) , en Bretagne (les crêpes, les gales du chêne), en Quercy ( le genévrier, le chêne, la garance, la vigne ) ... mais pas que bien évidemment.
Grâce à mon histoire du patrimoine végétal de la ville d'Yvetot en cours,
on connait désormais Yvetot, la cité des ifs,
Yvetot, la cité des pommiers et des pépiniers
mais aussi Yvetot, grâce à L.A. Beaucousin, J. Delamare, L. Abensur, D. Clatot et L. Lapert et R. Couasnon :
la cité meurtrie par la guerre, la cité des manufactures, des imprimeurs, des rois et princes.
Il faut souligner en avant-propos qu'avant l'apparition des innombrables jardins accessibles au plus grand nombre à la fin du 19e et surtout en 1914, les jardins et potagers se dissimulaient derrières les maisons de rue comme on peut le lire dans "Yvetot au fil des patrimoines" (2013)
"Derrière les façades de briques ou de colombages, le bord des rues ou des routes, rien ne laisse présager l'existanece de cours intérieures. Néanmoins, les anciens cadastres dévoilent l'existence de "fermes de subsistance" au coeur de la ville.
Elles comportent, pour les plus grandes d'entre elles : un potager, un verger, utile à la fabrication du cidre, et les bâtiments dispersés, destinés à accueillir le bétail, la bergerie et le poulailler. Vestiges d'une époque durant laquelle la campagne imprègne la ville, on croise ça et là, quelques pommiers faisant anciennement partie d'un alignement plus conséquent, ou des murs de clôture ceignant les jardins. Ce sont les dernières traces d'une organisqation agricole de la ville. Durant les deux dernières décennies, la construction de résidences ou de lotissements a réduit le nombre de ces cours intérieures, havres de paix au coeur d'Yvetot."
C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui de vous conter
Yvetot, la cité des jardins
Yvetot Cité-Jardins
"Théâtre d'Agriculture Urbaine"
(1000 parcelles en 1947),
objet de cette recherche sur le patrimoine végétal de la ville d'Yvetot dont l'arrière des maisons vous sera conté prochainement dans un chapitre consacré à ce théâtre d'agriculture urbaine qu'a fait décrire en son temps Martin du Bellay en 1566 dans le terrier de sa principauté d'Yvetot.
Pascal Levaillant,
membre de la Société Centrale d'Agriculture depuis 2022, membre de Faire vivre le manoir du Fay depuis 2020, membre des vergers de Bremontier-Merval, du Vallon...
Localisation en 1947 des jardins privés, ouvriers et familiaux sur un fonds de carte de la ville (1898)
ADSM 76
De même la plupart des vergers se trouvaient en périphérie de la ville dans les cours, closages et masures.
quelques vergers subsistent chez les privés dont un des plus anciens de la ville qui voisinne avec le Tennis Club coté du Court couvert...
Côté jardins et potagers, c'est sans compter de tous les jardins en arrière des façades des rues (Thiers, Etang, Calvaire, Bellanger, Carnot, Chouquettes, Niatel, mare Bridelle, Briqueterie ....) où se nichaient potagers et micros-vergers
Dans ce quartier Clos des Parts en dehors de la "Pépinière" quelques lopins de terre étaient loués à deux pas, Sente des Courses, en majorité aux gendarmes d’Yvetot. Ces jardins étaient situés, côté droit en remontant la sente des Courses à peu près au trois quart avant la longère où habitaient les Fessard et Mme Jousset-Lamontagne (mes aînés, petits, appelaient cette femme « la dame aux chats » car dans son enclos, elle en possédait une bonne dizaine) non loin où j’habitais encore la sente au 2bis de 1988 à 1998.
D'autres contenus vont bien sûr venir étoffer cet article.
Remerciements à Marc Benoist, M. Hauchard, la famille Hétru et Lemonnier pour la transmission d'archives depuis 2019.
Crédit photo Siméon Levaillant, 2006
Remerciement spécial à mon fils Siméon Levaillant, photographe professionnel pour cette prise de vue dans les jardins ouvriers et familiaux à Yvetot en 2006 à Yvetot en vue d'une exposition à Yvetot en 2006-2007 : "Du théatre sans représentation" exposition montée par le Théâtre en Face dont j'ai été cofondateur en 1978 (Théâtre du Perce-Neige) et 1983 associativement Théâtre en Face.
Acteur-jardinier - Dominique Dehays, rue des Fonds Yvetot, avec son aimable autorisation.
ai"Denis Hauchard, président des Jardins Ouvriers et Familiaux, est inquiet pour l'avenir de la parcelle rue des Champs. Lui et les jardiniers craignent devoir quitter ce lieu, exploité depuis 63 ans" in : Le Courrier Cauchois du 20 12 2024
Intrigué par cette affaire relayée dans la presse locale je rencontre quelques jours après Denis Hauchard qui m'explique la situation et le contexte.
Stupéfaction !
Dans l'histoire du patrimoine végétal de la Ville d'Yvetot, j'avais prévu en temps et en heure de consacrer un grand chapitre aux jardins familiaux de la ville et des autres jardins privés qui en 1947 approchaient le millier de parcelles en périphérie de la ville.
Près de 400 parcelles par les JOF yvetotais et 600 parcelles sur des terrains privés de la rue Clos des Parts, à la route de Caudebec en passant par celles de la route de Doudeville...
C'étaient des jardins gérés et entretenus par les salariés des entreprises (entreprise Couturier, de la Gendarmerie (sente des courses), de la SNCF (le long de la voie ferrée) et d'autres loués par des privés comme ceux qui donnèrent place à la Compagnie Hangar route de Caudebec et la "pépinière" dans laquelle le père d'Annie Ernaux louait deux parcelles aux sœurs Valentin, rue Clos des Parts.
Alors à l'heure de la désartificialisation, du développement durable, de l'économie circulaire, sociale et solidaire, à l'heure de l'écologie urbaine, de l'agriculture urbaine, des circuits courts et de "la Terre à l'Assiette" : Yvetot et sa Communauté de Communes Y.N. semblent plus attirés à rogner sur des parcelles de jardiniers au profit d'un projet de rond-point...! comme le font remarquer les jardiniers dans l'article du 3 janvier 2025, dernière édition du Courrier Cauchois faisant suite à l'article du 20 décembre 2024.
ALORS sur un air de Nino Ferrer et de "la maison près de la fontaine"
"Les jardins près de la Moutardière
Couverts de légumes et de fleurs en été
Sentent bon l'compost, l''terreau et l'humus,
L'histoire d' Yvetot et de sa postérité
Dedans il y a d'la biodiversité
Les jardiniers y sont du lundi au dimanche
Arrosent les légumes de leurs potagers
Et leurs oripeaux écartent les oiseaux
Les jardins, près du château d'eau
Pourraient faire place à un rond-point
Qui ferait tache, bitume et Nature Morte
Sur l'hôtel du Progrés
C' n'est pas terrible !
C' n'est pas normal !
Est-c'la le progrès?"
P.L.2025
Moralité de la fable avec la rime :
en deux mille vingt-cinq,
qui trinque?
ant
Les premiers jardins non privés furent des jardins scolaires
1863, Fondation de la Société d’horticulture de l’Arrondissement d’Yvetot.
Naissance des jardins scolaires.
Le patrimoine s’enrichit d’une nouvelle société dédiée à l’horticulture créée le 9 décembre 1863.
« Ayant pour objet l’horticulture, prise dans son acception la plus large et la plus générale : la taille des arbres, la culture maraîchère, la floriculture, la Société propage les espèces utiles, indigènes ou exotiques, et importe dans l’arrondissement les outils et les instruments perfectionnés.
Il est délivré aux instituteurs, admis à titre gratuit, des graines potagères ou des fleurs et quelques sujets d’arbres fruitiers, à la condition toutefois qu’ils justifieront des résultats obtenus.
Des jardins scolaires sont créés. Chaque élève du pensionnat d’Yvetot a la charge d’un petit jardinet.
L’enfant cultive à sa façon, rassemblant dans cet espace restreint, un ou deux sujets des plantes les plus utiles, et les classe par famille. Tous les ans, après un concours, la Société d’horticulture décerne des récompenses aux plus méritants. Ces jardins scolaires sont déjà imités dans plusieurs écoles rurales.
Un cours public et mensuel d’arboriculture fruitière est professé par M.Vilaire, au jardin de l’école-pensionnat d’Yvetot. La Société étudie par analyse et la culture, les meilleures variétés de fruits et les propage, notamment les pommes à cidre.»
In : Bulletin de liaison du « Cercle d’Etudes du Patrimoine Cauchois », Michel Traversat, la Gazette du patrimoine cauchois, n° 3 – 2ème Semestre 1994, p.8. et 5– 2ème Semestre 1995, p.21-22.
Voici l'histoire contemporaine d'Yvetot,
la Cité-Jardins
110 ans déjà...
et voilà que dès 2025 des parcelles des JOF se voient demain menacées !!!
C'est bien dans le Nord que l'on a vu naître et se créer les jardins ouvriers qui, au fil du temps, sont devenus jardins ouvriers et familiaux et plus spécifiquement à Hazebrouck grâce à l'abbé Lemire en 1896.
L'abbé Lemire, Maire et député de sa ville Hazebrouck.
A la Chambre des députés il a cotoyé Ferdinand Lechevallier, maire et député d'Yvetot à la même époque.
Ferdinand Lechevallier a commencé à encourager la pratique du jardin et du potager dès qu'il a pu l'organiser à Yvetot, lui-même Président de la Société Pratique d'Horticulture de l'arrondissement d'Yvetot créée en 1863.
Les talentueux pépiniéristes yvetotais y contribuaient comme Legrand, Dieppois, Mail, Acher, Valentin...
De leurs idées progressistes est née une amitié qui conduira l'abbé Lemire à remettre l'extrème onction à son ami député Lechevallier à Paris en 1905 losque celui y décéda subitement.
L'abbé Lemire a fondé la « Ligue du coin de terre et du foyer ». Pour lui, « la terre est le moyen, la famille, le but ». La ligue qu’il a instituée a été reconnue d’utilité publique dès 1909.
En 1921 la « Ligue du coin de terre » devient la « Fédération nationale des jardins ouvriers de France ». La loi votée en janvier 1933 à l’initiative de Robert Thoumyre, vice-président de la ligue, favorise l’achat de terrains par l’accès aux prêts des jardins ouvriers. La loi du 7 mai 1946 constitue le véritable code des jardins ouvriers.
En 1952, le terme de « jardins ouvriers » est abandonné et la structure nationale devient la « Fédération nationale des jardins familiaux ».
En 1930, le principe d’une fédération départementale est mis en place et les statuts sont déposés.
La Seconde Guerre renforce le rôle de la fédération. Elle compte jusqu’à 200 groupements adhérents. À la fin du conflit le nombre de jardiniers diminue fortement. En 1949, la fédération départementale ne compte plus que 50 groupements. Une loi de novembre 1976 va favoriser le renouveau des jardins ouvriers.
Les jardins, une tradition ancienne des politiques d’intérêt général
La création des premiers jardins ouvriers par l’abbé Volpette à St Etienne en 1894, puis repris et très largement amplifiée par l’abbé Lemire à partir de 1896 était déjà une réponse sociale à une crise sanitaire cette fois ci, mais aussi économique. L’abbé Lemire (Cf. l’article du dossier « Un notaire et un prêtre à l’origine des jardins ouvriers et familiaux »poursuivait plusieurs objectifs au travers de ces jardins ouvriers. Ils donnaient l’accès à un air sain, au moins le dimanche, aux familles d’ouvriers vivant dans des taudis humides contaminés par la tuberculose. Ils amélioraient l’apport alimentaire. Une des intentions était «d’éduquer » les ouvriers pour qu’ils acquièrent des pratiques de « petits propriétaires », mais aussi, qu’ils évitent de fréquenter les bistrots. Il s’agissait de contribuer à la lutte contre l’alcoolisme, mais surtout d’atténuer la « contamination » des ouvriers par les idées modernes du syndicalisme ou du communisme. L’abbé Lemire, Député de la Nation, siégeait à gauche de l'assemblée certes, mais restait abbé….
Un complément de salaire
Ces jardins pouvaient voir le jour au côté des usines, non seulement grâce à la persuasion de ce personnage hors du commun, mais aussi à la contribution du patronat éclairé : c’est lui qui fournissait les terrains. Bien souvent, les « dames » patronnesses participaient à la gestion de ces jardins dans le cadre de démarche d’éducation populaire, tels des cours de tricot ou d’hygiène corporelle. Ces jardins permettaient de compléter les salaires des ouvriers sans apport numéraire supplémentaire. De plus, en maintenant les ouvriers sur place, les jardins facilitaient le regroupement familial. En ce temps, les ouvriers étaient souvent jeunes et célibataires. Ils prenaient facilement leur lundi à l’improviste pour aider leurs familles aux champs ou simplement retrouver leur dulcinée au village d’origine. Les jardins contribuaient donc à une bonne « gestion » de l’usine d’à côté.
in : https://www.jardinsdefrance.org/les-jardins-partages/
Les Jardins ouvriers
L'oeuvre des jardins ouvriers est peut-être la plus intéressante des oeuvres que peut créer la philanthropie. Elle est d'autant plus intéressante qu'elle est plus facile et moins coûteuse. Elle est, pour ainsi dire, gratuite. On loue un champ assez vaste que l'on divise en modestes fractions, dont on demande un prix de location proportionnel au prix du loyer total. Et si l'on veut aller plus loin, et donner à des malheureux la jouissance gratuite de ces lambeaux de terre, on se trouve décupler son aumône ; car cette aumône, confiée à la terre nourricière, fructifie rapidement.
In : Manuel pratique d'économie sociale : guide pour la formation et l'organisation de syndicats agricoles, associations, syndicats professionnels, sociétés coopératives (consommation, crédit, production), jardins ouvriers... / Léon de Seilhac, 1904
L'abbé Lemire - Jules Lemire fut un homme politique avant-gardiste. Il a défendu pour que les femmes ayant accouché puissent bénéficier d'une période de repos avant de reprtendre le travail ; pour qu'un ministère du travail soit créé ; pour que la durée du travail hebdomadaire soit réduite ; pour que la journée de repos hebdomadaire se généralise ; pour que l'on interdise le travail de nuit des enfants ; pour que la peine de mort soit abolie... et pour que l'ouvrier bénéficie d'un logement décent et d'un coin de terre.
In, la brochure : L'abbé Lemire (1853-1928), témoin de la Gande-Guerre raconte [Malvache, Hazebrouck, 2018]
Dans les pas de l'abbé Lemire
Ferdinand Lechevallier
Député Maire d'Yvetot entre 1871 et 1905
Présidentde la Société Pratique d'Horticulture de l'arrondissement d'Yvetot
Il fut cet ancien maire et député d'Yvetot, né à Bolbec en 1840 et qui mourut à Paris au palais-Bourbon le 26 janvier 1905. Il fut d'abord conseiller municipal le 30 avril 1871 et industriel rue du Couvent puis maire en 1876 et député en 1881 jusqu'à sa mort (1905), soit 29 ans à la mairie d'Yvetot ce qui lui permit de lier amitié avec l'abbé Lemire, député d'Hazebrouck.
Je connais bien cette ville et le Musée de l'abbé Lemire à Hazebrouck car j'ai exposé à cinq reprises à la biennale de mosaiquenenord entre 2011 et 2020.
Ferdinand Lechevallier est député de Seine-Maritime de 1881 à 1905, siégeant chez les Républicains progressistes. Il est président et rapporteur de la commission de la comptabilité de 1895 à 1898, et questeur de la Chambre en 1898-1899 et de 1903 à 1905. Il est président fondateur de la Société de prévoyance mutuelle d'Yvetot.
Ferdinand Lechevallier œuvra pour la Société Pratique d'Horticulture de l'arrondissement d'Yvetot au temps de Hauchecorne, Legrand, Valentin, Mail, Dieppois, Varin célèbres pépiniers et horticulteurs.
Les premiers jardins sont à situer sur cette période même si leur rôle a été accentué grâce à Robert Lemonnier après la mort de M. Lechevallier (1905) mais en 1914 et développés en jardins ouvriers et familiaux par R. Lemonnier et Maurice Hétru (Après la seconde guerre mondiale).
Dans son portrait dépeint par Louis Lapert, journaliste et historien dans un article du Courrier Cauchois du 18 février 1978, il raconte ce fait qui explique bien des choses à propos des jardins ouvriers et familiaux impulsés à Yvetot grâce à Ferdinand Lechevalier en lien avec l'action de M. Lemonnier père et fils en 1914
En effet je cite : Le 27 janvier 1905, pris d'un malaise qui devait l'emporter peu après dans les couloirs du Palais-Bourbon, M. Lechevallier fit appeler un de ses collègues, l'abbé Lemire, député d'Hazebrouck, dont il reçut "les suprêmes consolations"
Ce premier fait qui parait anecdotique indique une amitié entre lui et L'abbé Lemire, le créateur des jardins familiaux : "Il fonde en 1896 la ligue du Coin de Terre et du Foyer qui a pour mission la mise en place des Jardins ouvriers". in : https://www.ville-hazebrouck.fr/decouvrir-hazebrouck/patrimoine/la-maison-musee-de-labbe-lemire/."
Ainsi sur cet héritage, sur cette amitié citoyenne en faveur des ouvriers, les jardins ouvriers sont nés.
Brève biographie réalisée par Pascal Levaillant 2024
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Dans les pas de l'abbé Lemire
Robert Lemonnier, l'artisan créateur des premiers jardins ouvriers en 1914 à Yvetot
Le 16 mai 1970 a été publié au « Journal Officiel » la nomination au grade de chevalier dans l’ordre national du Mérite attribué à Robert Lemonnier pour « 55 ans d’activités sociales » par le décret du 14 mai 1970. Il l’apprit à la réception du courrier de M. Albin Chalandon, ministre de l’équipement et du logement.
Interviewé par le Courrier Cauchois, Robert Lemonnier déclara : « 55 ans c'est peut-être un peu trop long […] car je suis né en 1893 et mes services à l'âge de 21 ans étaient tout de même assez modestes ; je m'occupais pourtant de la société d'horticulture et des jardins ouvriers" Il a présidé durant 20 ans la société des H.L.M. D’Yvetot durant laquelle Yvetot lui doit une forte augmentation de sa population ; il fut secrétaire du Conseil d’administration de la société H.L.M. de la Seine Maritime. Il sera encore pendant plus d’une décennie président-fondateur du Comité du logement d’Yvetot et de sa région. Il fut également président de la Caisse d’Epargne et de Prévoyance d’Yvetot et membre du conseil d’administration de l’union des Caisses d’Epargne du Nord-Ouest. Il fut aussi membre du Conseil d’Administration de la société de crédit immobilier rural du département et président du Centre ménager des Dames-Blanches d’Yvetot.
Auparavant en avril 1958, il avait reçu la rosette du Mérite social et la médaille de Vermeil de la Croix-Rouge.
Marié, il eut 9 enfants et 22 petits-enfants ce que le journal souligna dans cet article.
Parallèlement à ses « fauteuils » il présida près de quarante ans (35 ans en 1970) le Comité de la Croix-Rouge d’Yvetot. Il a participé aux secours de 40 militaires allemands et alliés abandonnés à leur sort à Yvetot à la Libération.
in : le Courrier Cauchois du 23 mai 1970
Brève biographie réalisée par Pascal Levaillant 2024
Complément biographique :
Robert Lemonnier 1893- 1973
Robert Lemonnier amateur des arts a voué sa vie aux activités sociales, au service de sa ville. Il avait aussi le goût pour la botanique cultivé jeune, rue du Calvaire.
Robert Lemonnier est né le 19 octobre 1893 à Yvetot, rue du Calvaire. Son père était entrepreneur de travaux publics.
Le 16 mai 1970 a été publié au « Journal Officiel » la nomination au grade de chevalier dans l’ordre national du Mérite attribué à Robert Lemonnier pour « 55 ans d’activités sociales » par le décret du 14 mai 1970. Il l’apprit à la réception du courrier de M. Albin Chalandon, ministre de l’équipement et du logement.
Interviewé par le Courrier Cauchois, Robert Lemonnier déclara : « 55 ans c'est peut-être un peu trop long […] car je suis né en 1893 et mes services à l'âge de 21 ans étaient tout de même assez modestes; je m'occupais pourtant de la société d'horticulture et des jardins ouvriers"
Il est entré dans la « maison d’Yvetot » dans la classe enfantine de la « Sœur Dominique » pour n’en sortir qu’à la fermeture autoritaire d’août 1908. » « Il termina ses études secondaires à l’institution Saint-Joseph du Havre Durant sa jeunesse il habitait rue de la République en face des Lefresnes qui possédait une belle propriété avec pelouses, avec surtout cultures florales et potagères modèles. Ce voisin amateur de botanique « initia tant et si bien le jeune Robert, doué pour tous les arts, que cela se sût et valu au jeune clerc de notaire sa première Présidence à la tête de la Fondation des Jardins ouvriers, fondé à sa diligence ». Sa passion pour les rosiers reste dans les esprits de ses petits-enfants car Annick Nion, une de ses petites filles se rappelle de son talent pour greffer les rosiers. Robert Lemonnier qui avait le plaisir des arbres, des parcs et des fleurs dit un jour : « une rose d’automne est plus qu’une autre exquise »
Dans le cadre de ses études à la Faculté de Droit de Paris, il fit son stage réglementaire à l’Etude de M. Achille Legrand. Il finit ses études en 1914 après avoir obtenu brillamment sa licence. Destiné à être notaire le destin en décida autrement car il succéda a son beau-père, M. Rimbert avoué en 1921. Il transmit cette charge à son fils Jacques Lemonnier en 1949. Il a donc commencé sa carrière comme Avoué au Tribunal Civil d’Yvetot au début des années 1920.
Il fut conseiller municipal de 1935 à 1943.
Il a présidé durant 20 ans la société des H.L.M. D’Yvetot durant laquelle Yvetot lui doit une forte augmentation de sa population ; il s’occupa des mal-logés : la Cité de l’Abbé Pierre fut sa première réalisation bien modeste en 1954. Il accompagnera le projet de création des logements des Béguinages qui permirent aux personnes âgées de bénéficier du bien-être dans la sécurité . Il fut secrétaire du Conseil d’administration de la société H.L.M. de la Seine Maritime. Il sera encore pendant plus d’une décennie président-fondateur du Comité du logement d’Yvetot et de sa région. Il fut également président de la Caisse d’Epargne et de Prévoyance d’Yvetot et membre du conseil d’administration de l’union des Caisses d’Epargne du Nord-Ouest. Il fut aussi membre du Conseil d’Administration de la société de crédit immobilier rural du département et président du Centre ménager des Dames-Blanches d’Yvetot, il fut membre du Conseil d’Administration du Centre de Rééducation Arcaux de Bois-Himont.
Auparavant en avril 1958, il avait reçu la rosette du Mérite social et la médaille de Vermeil de la Croix-Rouge.
Marié, il eut 9 enfants et 31 petits-enfants.
Parallèlement à ses « fauteuils » il présida près de quarante ans (35 ans en 1970) le Comité de la Croix-Rouge d’Yvetot. Il a participé aux secours de 40 militaires allemands et alliés abandonnés à leur sort à Yvetot à la Libération.
in : le Courrier Cauchois du 23 mai 1970
Rédaction Pascal Levaillant 2019-2024
Aux Jardins Ouvriers et Familiaux d’Yvetot depuis 1944 des yvetotais s’adonnent au jardinage
Yvetot 1944 :
Naissance de M. Marc Benoist et
Création des Jardins Familiaux à Yvetot.
Les Jardins Familiaux d’Yvetot sont créés alors qu’il existait auparavant d’autres jardins privés loués à des particuliers à deux endroits d’Yvetot dont les terrains des sœurs Valentin et de M. His et sur le terrain actuel des cars Hangard, rue Ferdinand Lechevallier.
C’est à l’initiative de Maître Lemonnier, Avoué que ces jardins ont été créés, rue des Fonds sur une première bande à l’emplacement du local actuel. Puis au fil du temps d’autres parcelles ont été attribuées en prolongement de la première bande et sur d’autres terrains rue du Champ de Courses et rue Rodin sur des terres agricoles acquises par la Ville et cédée en gestion à une association des jardins familiaux que préside M. Marc Benoist depuis 1983.
Quant aux jardins de la rue des Champs, ils sont gérés par l’association toutefois ils appartiennent à l’Hôpital Local Asselin-Hédelin d’Yvetot.
L’association gère 400 parcelles sur ces quatre terrains, elle les loue aux propriétaires (Ville d’Yvetot et l’Hôpital Local d’Yvetot) et les loue aux particuliers désireux de cultiver une parcelle de 100 m2 et qui en avait la nécessité.
L’association compte aujourd’hui 190 adhérents. Quand on parle des jardins familiaux, ils sont associés à des jardins ouvriers car ils ont été créés afin d’augmenter à cette époque en 1944 leur surface de production de légumes, eux-mêmes n’ayant pas des terrains suffisants.
L’association des jardins familiaux est sous l’autorité administrative et juridique du Ministère de l’Agriculture car ils sont considérés avant tout comme des jardins agricoles, à contrario des jardins partagés relavant d’une politique d’aménagement de la ville et des quartiers « où tout le monde cultive et se sert à sa guise » limite et différence soulignée par M. Marc Benoist, trésorier de la Fédération Départementale des jardins Familiaux de Seine-Maritime.
Aux jardins familiaux depuis 1944 à l’apparition du motoculteur le travail au jardin se faisait essentiellement à la bèche, à la fourche plate, l’entretien des parcelles se faisait au croc, à la binette et à la bataille (à plusieurs dents) aidant au sarclage et contribuant au maintien de l’humidité de la terre. On dit ici qu’un bon sarclage vaut mieux qu’un arrosage. Le sarclage était effectué tous les deux jours ce qui permettait d’obtenir un jardin impeccable et propre.
La devise des Jardins Familiaux est de maintenir la propreté du jardin.
Cette époque ce fut la meilleure période pour ces jardins me confie Marc Benoist.
L’avènement du motoculteur et du brabant changea et modifia les pratiques, les usages et l’environnement et l’harmonie des jardins.
Travailler au jardin pour la plupart des jardiniers-ouvriers était exigeant et rude cependant c’est l’harmonie qui était à l’œuvre, l’échange, la solidarité entre copains et amis : le territoire des hommes. Aujourd’hui et récemment les femmes occupent des parcelles qu’elles entretiennent à la perfection.
Les ennemies du jardinier sont et restent : le liseron, la queue de rat, la poule grasse, l'ortie, le chardon, la dogue.
On y cultivait à cette époque entre 1944 et 1970 des oignons, des échalotes, des poireaux, des carottes, des endives, des épinards, de la mâche, des salades d’hiver, des salades d’été, des petit-pois, des blettes, du rutabaga, du pissenlit, des courges, des tomates, des pommes de terre (la Binche), des betteraves longues et rondes, de l’oseille, des radis gris et de saison.
La vie et l’organisation aux jardins Familiaux
Sur chaque parcelle se sont érigés des cabanes de fortune fabriquées et montées avec des matériaux de récupération. L’eau fut installée au commencement des jardins, plusieurs points d’eau (bornes) étaient à disposition des jardiniers. La seule restriction imposait le seul usage de l’arrosoir, le jet d’eau était proscrit ce qui en encore le cas aujourd’hui. Depuis plusieurs années chaque abri de jardin a donné un prolongement aux premières cabanes de fortune qui sont désormais toutes équipées d’une cuve de 100 litres adossée à l’abri de jardin.
Il existait une zone de dépôt des déchets et des fanes des légumes qui étaient enlevés une fois par mois. Les jardiniers n’avaient pas recours au compostage à cette période.
Le seul apport était l’engrais et surtout le fumier provenant d’exploitations agricoles (fumier de vache et de cheval).
La bouse de vache servait aussi à fabriquer un substrat mélangé avec de l’eau dans un seau où était déposée la porette avant d’être plantée en terre.
Dorénavant c’est le purin d’orties qui devient un engrais très utilisé.
Aujourd’hui les jardiniers n'introduisent plus ni engrais chimique ni produit phytosanitaire.
Dès le début des jardins familiaux, les fleurs ont été semées ou repiquées et le sont davantage aujourd’hui. En effet les jardinières incorporent les fleurs dans leurs parcelles.
De même, les fruitiers s'invitent de plus en plus au jardin.
Deux ruches ont été installées rue des Fonds car l’apport des fleurs et des parcelles inutilisées semées de gazon fleuri permettent l’activité des abeilles sur un des sites pour la production de miel.
Ce phénomène floral est accentué par la présence des jardinières qui intègrent au jardin leurs fleurs semées ou repiquées.
Evoquant la permaculture, elle n’est pas développée dans ces jardins pour l’instant.
Certains jardiniers avaient des fins de journée difficile, certains dormaient dans leur cabanon ce qui n'est plus courant aujourd'hui : en effet certains jardiniers dissimulaient quelques bouteilles de vin ou de cidre sous les pieds de rhubarbe. Les jardins étaient à cette époque le royaume des hommes, les femmes n'y mettaient pas les pieds. Désormais hommes et femmes partagent le jardin, c'est même devenu un espace intergénérationnel.
Marc Benoist a trouvé un successeur en 2024 : M. Hauchard
Jardins rue du Champs de Courses 2019
Jardins rue Rodin de Courses 2019
Jardins rue des Fonds 2019
Jardins rue des Champs 2019
En 1985, l'Ecole Jean Prévost avait sa parcelle, rue des Fonds
Les jardins Ouvriers et familiaux en quelques dates :
1916
Le Réveil d'Yvetot les 17-20 mai 1916, pages d'Yvetot
En juin 1917, distribution gratuite de graines, REVEIL D'YVETOT
En 1920 : communiqué de Robert Lemonnier, secrétaire de la société Cauchoise d'Horticulture à l'adresse de 120 rue du Calvaire comme l'indique l'archive ci-dessous
1920
Lors de l'assemblée générale de la société cauchoise d'encouragement de l'horticulture qui s'est tenue dans l'ancienne institution ecclesiastique d'Yvetot, M Lemonnier secrétaire de la Société relate la visite des cultures aux côtés de M. Mail, Vice-président de la Société Cauchoise et de son président Rimbert, dont l'assemnblée fut présidée par le Maire et conseiller Général M. Bocheux, le 17-20 novembre 1920 : Le Reveil d'Yvetot relate
les prix du concours remis aux jardiniers ouvriers d'Yvetot
dont le 1er prix à M. Lami rue du Champ de Courses ; 2e prix à M Parmentier, rue Clos du Manoir ; 3e prix à M. Desmoulins, rue Thiers ; 4e prix remis à M. Langlois, rue des Chouquettes, tous d'Yvetot acteurs exposants des fruits et légumes à l'exposition des jardins ouvriers de l'année 1920.
Pour les fruits à cidre le 1er prix fut remis à M. Gueroult chef de culture chez Mme Legrand à Yvetot pour sa plus belle collection de pommes, dont il exposait plus de 60 variétés. Ses légumes lui méritèrent le maximum de points de félicitations du jury.
ROBERT LEMONNIER - Concours de jardins ouvriers - Réveil d'Yvetot 8 juillet 1922
Pour se remémorer la piste du créateur des jardins, Robert Lemonnier, je la dois à l'information transmise par René Gilles en 2019, qui m'avait indiqué qu'on devait les jardins ouvriers d'Yvetot à Robert Lemonnier et par la suite à Raymond Hétru aux alentours des années 1941 : Cette information m'a encouragé à chercher les preuves dans la presse ou les annuaires pouvant restituer l'époque.
Lechevallier Ferdinand 22 février 1881- 15 mai 1904
Lhermitte Emmanuel 15 mai 1904- 16 mai 1908
Bocheux Eugène Charles 16 mai 1908-17 mai 1925
Rimbert Charles 17 mai 1925- 17 mai 1929
Richard Marcel 17 mai 1929- 29 mai 1943
Délégation spéciale sous la présidence de M. Orcel 29 mai 1943- mai 1945
Richard Marcel 19 mai 1945- 9 mai 1953
François Jean 9 mai 1953- 20 mars 1959
Bobée Pierre 20 mars 1959-1995
Décultot Philippe 1995-2008
Canu Emile 2008-2022
Francis Alabert 2022-
1943 / Les statuts sont déposée en préfecture par Robert Lemonnier
Naissance des jardins familiaux sur l'impulsion de M. Lemonnier le 17 janvier 1944.
À la fin du XIXème siècle, l'abbé Lemire crée les Jardins Familiaux afin de permettre aux familles de subvenir à leurs besoins pour leur permettre de cultiver des légumes et fleurs, pour y passer du bon temps, pour y fréquenter des copains non loin de chez eux, non loin de leur maison, non loin de leur appartement.
Jean-Louis fut l'un des premiers jardiniers à Yvetot qui au fil du temps arriva à entretenir 3 parcelles rue des Champs. Il avait 23 ans quand il a pris un jardin en 1944. Il faisait pousser poireaux, petits pois, haricots verts et pommes de terre.
En 1944, M. Horcel, nommé représentant de la ville par Vichy en 1943.
Le Docteur Richard qui avait quitté la fonction en 43 et l’a reprise de 1945 à 1953.
Entre 1945 et 1970, Raymond Hétru reprend après Robert Lemonnier occupé à la reconstruction d'Yvetot pendant plusieurs décennies aux côté de M. Richard, M. François et M. Bobée.
1962 AUX JARDINS FAMILIAUX, Rue des Champs
CC du 10 février 1962
M. Raymond Hétru en 1965 dans son jardin, rue de l'Union
RAYMOND HETRU 28 3 1965 aux JARDINS O F
Le Député Constant Lecoeur
remettra la Croix de Chevalier du Mérite Agricole à M. Raymond Hétru,
avec l'aimable autotisation de Didier Clatot (2017)
in : «Jean Hétru, 50 ans de manifestations à Yvetot et ses environs.»
Raymond Hetru
Artisan créateur avec Robert Lemonnier des jardins familiaux
"Raymond Hétru fut une grande figure locale bien avant son fils Jean.
Il a contribué activement à la vie locale. Le père de jean avait travaillé à la Cordonnerie Delaunay à Yvetot. Durant la seconde guerre mondiale sa maison fut détruite suite aux multiples incendies qui ont frappé Yvetot.
C’est surement dans ce contexte qu’il rejoignit Robert Lemonnier pour organiser les conditions de subsistance des yvetotais par l’octroi de nouvelles parcelles de jardins à conquérir afin de leur céder un lopin de terre pour y créer leur potager.
1941 : Naissance des jardins familiaux sur l'impulsion de M. Lemonnier et de Raymond Hétru sur une première bande de terrain de la rue des Fonds.
René Gilles a très bien connu Jean et son père Raymond, il se souvient des fêtes et des fleurissements dans Yvetot :
« Raymond Hétru a été président longtemps. Il faisait de très belles décorations en légumes à la st Fiacre à la chapelle paroissiale pour la messe ».
Le 26 mai 1946, Raymond Hétru en compagnie de sa femme participait à la Kermesse du Printemps devant un stand très fleuri.
Il fut membre des Jardins ouvriers puis Vice-Président avant de prendre la présidence tenue à cette époque par Robert Lemonnier, jusqu’en 1963 date à laquelle il présenta sa démission.
Il reçut la Croix de Chevalier du Mérite Agricole par le député Constant Lecoeur en 1958 lors de la fête de la Saint-Fiacre, patron des jardiniers.
Raymond était attaché à la Saint-Fiacre. Saint-Fiacre fut un moine légendaire et modèle des jardiniers, dans le potager duquel les pauvres avaient le droit de se ravitailler. En somme son potager est l’ancêtre du « jardin partagé ».
Raymond Hétru aimait perpétuer cette tradition en offrant cette année 1958 les plus beaux légumes des jardins Ouvriers et Familiaux exposés lors de la cérémonie religieuse célébrée cette année-là par l’abbé Carron, premier vicaire aux petites orphelines de la Miséricorde. A cette occasion l’autel fut décoré et orné par un amas de légumes sur lequel reposait une reproduction d’un baromètre géant (toujours au beau fixe, souligne le journaliste réalisé par MM.Jacques et Tétrel aidés par Mme Hétru.
A l’Hôtel de Ville, après l’office, cette manifestation annuelle fut l’occasion de remettre à Raymond Hétru, en dévouement de son œuvre sociale, la Croix de Chevalier du Mérite Agricole entouré de son épouse et de ses deux petites-filles.
En l’absence de Jean François H. Cahan officia la cérémonie à laquelle assistait MM.Constant Lecoeur, député et conseiller général, le chanoine Delaune et les abbés Carron et Gaudray, les conseillers municipaux Lebrun, Hurard,, Jourdain et Caron et m. Plot, vice-président et son épouse, M. Tétrel, vice-président, M. Levitre secrétaire et son épouse, M. F.Lecoeur, secrétaire adjoint, M.Jacques, trésorier, et les membres de l’association : Varneville, Hautot, Lebourg , Caltot.
Il fut remis à Mme Hétru associée à ces mérites, de magnifiques fleurs.
M Constant Lecoeur rappela le parcours de Raymond Hétru soulignant son inlassable dévouement.
Il reçut en cadeau un véritable baromètre par ses amis jardiniers.
Un repas s’en suivit à l’Hôtel du Chemin de Fer, selon la tradition instaurée avant-guerre par la Société d’Horticulture que présida Robert Lemonnier."
Rédaction Pascal Levaillant 2019-2024
Années 1953 à 1959 : M. Jean François, minotier, maire d’Yvetot En 1963, M. Pierre Bobée, médecin est le maire d'Yvetot. M. Benoist entre aux jardins familiaux en 1963
1970
CC - 23 mai 1970 Robert Lemonnier
M. Hétru donne sa démission après 25 ans de bons et loyaux services
1976
Lors de l'épisode de la sécheresse qui sévit partout en France y compris en Normandie, Yvetot et ses jardins Familiaux ne sont pas épargnés. M. Benoist déclarait dans la presse locale : "la terre est morte"
En effet la récolte fut maigre, les rendements faibles pour les haricots, poireaux, salades, carottes. Seuls les tomates, et les mêmes ont tiré leur épingle du jeu ce que constateront rue des fonds M. Langlois et M. Benoist.
En 1976, M. Pierre Bobée, médecin est le maire d'Yvetot.
1981 cette année M Garbe est Président ; M. Benoist, secrétaire
1983
Cette année-là, M. Benoist succède à M.Garbe.
Sont effectués à cette époque des travaux d'aménagement d'un local pour recevoir du matériel.
L'association sous la nouvelle présidence de M. Benoist à pour mot d'ordre : mettre à disposition des amoureux du jardin des parcelles de terrains qu'elle gère.
M. Langlois et M. Benoist constatent les effets de la secheresse en 1986
1988
L'association des jardins familiaux par la voix de son président Benoist alerte les adhérents sur le niveau d'entretien des parcelles quelques mal entretenues, sur la dégradation de quelques abris de jardin, sur des vols de légumes lors de l'Assemblée Générale. Il invita les adhérents au respect du règlement afin que les jardins soient mieux entretenus.
En 1988, M. Pierre Bobée, médecin est le maire d'Yvetot
1994
Ce fut l'année du cinquantième anniversaire des jardins ouvriers et familiaux que préside à cette époque M. Benoist en présence de M. Pupin, président de Haute Normandie et le docteur Pierre Bobée, maire, conseiller général. L'association fut déclarée en préfecture par M. Lemonnier, avoué, fondateur de l'association en partenariat avec d’un côté la Ville d'Yvetot et d'autre part l'hôpital Local d'Yvetot.
Dans les années 90, M. Langlois déjà présent en 1976, s'occupait de la section "graines" et son action permit une augmentation de 30% d'adhérents. Faut-il le rappeler, M. Langlois fut aussi à l'initiative de la renaissance du potager du Manoir du Fay A Yvetot.
En 1994, M. Pierre Bobée, médecin est le maire d'Yvetot.
2004
Le mercredi 8 septembre 2004 est publié un article dans le Paris-Normandie titrant :
"le bonheur est dans le potager" à l'occasion de la 47eme exposition et concours des jardins ouvriers et familiaux de Normandie où treize équipes ont été en lice dont une d'Yvetot à la salle du Vieux-moulin. En 2002-2004, M. Philippe Decultot, médecin est maire d'Yvetot et Président de la CCYN
En 2008, M. Canu est maire d’Yvetot
De 2004 à 2014, M Leguay est Président de la CCYN
en 2020 il ya eu même des lectures aux jardins familiaux
"Les lectures dans le jardin ouvrier sont l’une des activités proposées dans le cadre de ce festival mais c’est la seule à être récurrente (sont également proposés des ateliers de construction d’hôtel à insectes et de nichoirs, de sauvetage d’animaux sauvages, la projection gratuite du documentaire Après Demain dans le cinéma de la ville).
Le succès ayant été au rendez-vous, et la parcelle du jardin ouvrier étant louée pour toute l’année, il a été décidé de reconduire les lectures au jardin avec un rendez-vous hebdomadaire pendant l’été."
Qu'est devenu ce projet de lectures aux jardins familiaux?
en 2022, M. Alabert remplace M. Canu, démissionnaire et M Charassier reste président de la CCYN (2014 à 2024)
M. Benoist, rue des Champs en 2019
en 2024 M. Denis Hauchard succède à M. Benoist
C'est donc sous l'ère nouvelle du successeur de M. Canu, démissionnaire en 2022, et de l'actuel président de la CCYN qu'une menace pèse sur l'avenir des jardins familiaux à propos d'un projet d'artificialisation (rond point) rue des Champs pouvant menacer à court terme un site complet avec 56 parcelles de jardins de la rue des Champs (créés en 1943-1944 par Robert Lemonnier), comme l'a indiqué le Courrier Cauchois le 20 décembre dernier.
"Denis Hauchard, président des Jardins Ouvriers et Familiaux, est inquiet pour l'avenir de la parcelle rue des Champs. Il craint de devoir quitter ce lieu, exploité depuis 63 ans" In : le Courrier Cauchois du 20 décembre 2024
Aujourd'hui M. Hauchard reprenant le flambeau d'une même voix avec tous les jardiniers insiste sur les points suivants :
Le jardinage est la pratique et l'art de semer qui croise un besoin d'esthétisme et alimentaire. Jardiner répond au but d'embellir et entretenir un lieu : un jardin, un potager.
Jardiner c'est apprendre la patience, s'adapter à l'environnement, à la météo et à ses caprices.
Jardiner c'est du lien social, c'est maintenir un exercice physique pour la santé, c'est la production de légumes afin d'obtenir fraicheur et qualité gustative tout en respectant le sol, la nature du sol ; c'est venir chercher un moment de détente pour se ressourcer.
Aujourd'hui ce sont 355 parcelles sur 4 sites, tient à souligner Denis Hauchard.
Il faut s'écouter, respecter son environnement et veiller à respecter les espaces communs.
La richesse des parcelles entretenues depuis 1943 concoure à une terre vivante, nourricière où grouillent les vers de terre, les meilleurs amis du jardinier.
Le Courrier Cauchois 2021 - Denis Hauchard
Docs transmis par M. Hauchard
M. Hauchard ajoute :
"Nous avons mis en place un achat groupé de petites graines pour les jardiniers et c'est plus de
1500 euros de graines qui ont été commandées!!
Un système de mail a été mis en place. Les jardiniers reçoivent toutes les semaines des informations conseils et préconisations
Ils posent aussi des questions de jardinage : C'est plus de 8000 mails qui ont été envoyés.
L'association fourni des amendements de la chaux et du boschovos.
Les JOF vont installer des hôtels à insectes pour favoriser la biodiversité.
Pour l'hiver l'association facilite l'installation de couvert végétal (culture piège à nitrate) avec des plantes qui ameublissent le sol et augmente le taux de matière organique
Pour les jardins en attente les JOF implantent des cultures mellifère pour favoriser la pollinisation.
Un suivi régulier des parcelles est organisé avec de l'entraide pour les jardiniers absents pour cause de maladie.
Un système d'échange de plantes et de légumes en surplus est organisé."
Les jardins familiaux ou le " réflexe de survie "
En effet le jardin apporte la nourriture donc permet de s'alimenter et vivre tout simplement
Un public devenu très hétérogène: JOF jardins ouvriers et familiaux ce sont des jardins familiaux toutes catégories socio-professionnels de l'ouvrier au cadre supérieur en passant par l'employé de banque
Un public qui se féminise : ce n'est plus forcément le couple mais des femmes seules ou divorcées ou veuves qui prennent un jardin.
Un public écolo, des citoyens qui veulent manger des produits de qualité et respecter l'environnement
Conclusion la société évolue les jardiniers aussi!!
J'ai contribué à faire diffuser à Yvetot ce film auquel Denis Hauchard a assisté
en septembre dernier
aux Arches Lumière, Yvetot
grâce à Action Citoyenne Yvetot en présence des réalisateurs Guy et Dominique Chapouillié
Pour compléter votre information, je voulais rendre hommage à Maurice Leperchey, Denis Langlois et à Bernard Boullard, ces passeurs du vivant qui ont été en leur temps des passeurs de la transition écologique, parfois en avance sur leur temps mais dont les écrits restent et resteront...
Nature au crible, Nuances d’humus, levées botaniques, Collectif Corblin-Levaillant, plasticiens-botanistes
a présenté en 2024 à Cahors
LE CHAI (auberge de jeunesse), 52, avenue André-Breton Cahors - 1er - 31 Mars 2024
" La vie était revenue. […]
Kevin s’empara de la bêche, fit quelques pas pour choisir le meilleur emplacement et se mit à creuser. La lame s’enfonça facilement dans le sol. La terre était noire et brillante.
Elle dégageait une odeur de sous-bois capiteuse. Dans une des mottes qu’il dégageait,
Kevin remarqua une belle troupe d’anéciques, grouillants et humides, en pleine forme. […]" Humus, Gaspard Kœnig, 2023
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Gaspard Kœnig, Humus, Editions de l’Observatoire / Humensis, Paris, 2023, p. 376-377.
Aux autrices, auteurs et aux experts :
Bourguignon Claude et Lydia ; Boullard Bernard ; Christophe Jean-Damien ; Cauquelin Anne ; Clément Gilles; Ernaux Annie ; Feller Christian ; Goulfier Guylaine ; Jabiol Bernard ; Koenig Gaspard ; Langlois Denis ; Leperchey et M. & D. Bazire ; Pessis Céline ; Roger Jean-Marie ; Selosse Marc-André ; Strullu-Derrien Christine ; Tassin Jacques ; Terre Vivante et la revue les quatre saisons ; Touyre Patricia; Veragrow ; Hervé Brunon et Laurent Le Bon (dir.), Jardins, cat. exp., Paris, Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2017. avec aussi la complicité de Marc Jeanson, botaniste ; Alice Freyet et Guy Chapouillé…
Pour la communication et l'information notamment :
Les Abattoirs : programmation d'art contemporain des Abattoirs, Musée - FRAC OCCITANIE TOULOUSE en région Occitanie de mars à décembre 2024, double page Cahors, Humus miraculum.
https://www.lesabattoirs.org/Expositions/humus-miraculum/
Petit lexique[1] de l’humus
Humus
Substance issue de la transformation de la matière organique, dans le sol ou dans le tas de compost. C’est l’humus qui donne à la terre du jardin sa couleur noire, sa consistance légère et grumeleuse.
Compost
C’est ce qu’obtient le jardinier lorsqu’il fait fermenter des matières organiques fraîches en les disposant en tas (ou en couche sur le sol à fertiliser). Ce sont les micro-organismes et les vers de terre qui sont les principaux agents de cette transformation en humus.
Terreau
C’est du compost très mûr, c’est-à-dire assez « vieux ». Le terreau est composé d’éléments fins de couleur noirâtre ; il ressemble à de la terre légère.
Matière organique
Pour le jardinier et l’agriculteur, c’est tout ce qui est issu des êtres vivants et qui peut retourner au sol : feuilles, paille, herbes, épluchures, fumier, compost, terreau, tourbe, humus, etc. La teneur des sols en matière organique est variable : autour de 5% dans un jardin.
Micro-organismes
Ce terme désigne tous les êtres vivants visibles seulement au microscope (bactéries, champignons microscopiques, etc.) Ceux-ci sont très nombreux dans le sol et dans les tas de composts ; ils jouent un rôle très important dans la fertilité (en fabriquant l’humus, par exemple).
Les quatre saisons :
Premier magazine à se revendiquer “0 phyto” dès 1980, les 4 saisons est aujourd’hui le magazine référent du jardinage bio.
Des experts du jardinage, des essais menés dans les jardins du Centre Terre vivante et des échanges constants avec ses lecteurs, lui permettent de donner les meilleurs conseils pratiques au potager, au verger et au jardin d’ornement.
Et parce que la quête d’autonomie ne se limite pas au potager, il s’intéresse à toute l’écologie pratique : permaculture, habitat, alimentation, santé, alternatives…
In : https://www.terrevivante.org/contenu/le-magazine-les-4-saisons/
[1] In : revue « les quatre saisons » du jardinage. Bimestriel n°1, mars-avril 1980, Editions Terre Vivante, Paris, p.63
EXTRAITS de « L’intime de l’humus » HERVÉ BRUNON
In : MAQ_RMN_CAT_JARDINS_BLOC_v70.indd 59
Ou file:///C:/Users/rosel/Downloads/essai%20HBrunon3_2017-02-02%20(1).pdf
« S’amorce un processus d’apprentissage, au cours duquel on s’aperçoit « qu’il faut donner à la terre plus qu’on ne lui prend ». Alors, poursuit Capek, « vous serez transporté d’enthousiasme devant un humus bien noir, vous triturerez avec amour le mol humus de feuilles qui tapisse les forêts, vous soupèserez la lourde terre à gazon ainsi que la tourbe légère[1]». En somme, commente l’historien de la littérature Robert Harrison, « jardiner, c’est se donner les moyens de comprendre les efforts déployés par la vie pour s’enraciner dans une argile hostile et réfractaire[2] »
« La bêche se réfère à la fonction primordiale de l’homme, faire fructifier la terre. ¶ Cependant, l’usage de cet outil se verra remis en question à la fin du XXe siècle par de nouvelles connaissances du sol. En effet, les scientifiques ont peu à peu mis en évidence sa composante vivante et l’emploi du microscope a permis d’étudier les invertébrés et micro-organismes produisant l’humus, auparavant considéré comme une matière chimique inerte. En 1875, les travaux de Jean-Jacques Théodore Schloesing et Charles Achille Müntz sur la nitrification orientent dans cette direction les recherches d’un domaine en cours de constitution autonome, la pédologie[3], et l’agronomie connaît un virage biologique. Six ans plus tard, Darwin publie son dernier ouvrage, consacré au rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale, montrant qu’ils n’ont pas un rôle nuisible, comme on le pensait antérieurement, mais bien essentiel[4]. Cependant, l’essor de l’agrochimie et de la mécanisation conduit à oublier le rôle positif de l’humus sur la fertilité ; l’emploi des engrais de synthèse se généralise après la Seconde Guerre mondiale. Le développement d’une écologie des sols aboutit à la prise de conscience, un siècle plus tard, de la nécessité de ne pas bouleverser l’équilibre fragile de ces milieux vivants[5], et donc de procéder à d’autres pratiques de préparation et d’entretien du terrain. C’est ainsi qu’André Grelin fait breveter en 1963 un nouvel outil, la grelinette, qui permet d’ameublir et d’aérer la terre, pour faciliter le développement racinaire des plantes, sans la retourner, contrairement à la bêche, afin de ne pas renverser la distribution entre micro-organismes aérobies, ayant besoin d’oxygène et se situant en surface, et les anaérobies, ne pouvant vivre qu’à l’abri de l’air et proliférant dans les couches inférieures. Apparue dans les années 1950 aux États-Unis, la technique du paillage (ou mulch) consiste à recouvrir le sol de matériaux organiques ou minéraux, pour ne pas laisser la terre à nu comme dans les environnements naturels. Aujourd’hui, tandis que certains, tels Claude et Lydia Bourguignon en France, militent pour une agriculture enfin respectueuse des sols épuisés par la surproduction[6], les manuels se multiplient pour exposer les meilleures manières de soigner ceux des jardins[7]. »
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[1] Čapek, L’Année du jardinier, op. cit., p. 114-115.
[2] Robert Harrison, Jardins. Réflexions sur la condition humaine, trad. Florence Naugrette, Paris, Le Pommier, 2007, p. 47.
[3] Voir Boulaine, Histoire des pédologues, op. cit., p. 88 sq.
[4] Voir Charles Darwin, Rôle des vers de terre dans la formation de la terre végétale (1881), trad. M. Levêque, Paris, C. Reinwald, 1882.
[5] Sur l’état actuel des connaissances, voir Jean-Michel Gobat, Michel Aragno et Willy Matthey, Le Sol vivant. Bases de pédologie. Biologie des sols (1998), Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2003.
[6] Voir Claude Bourguignon, Le Sol, la terre et les champs (1989), Paris, Sang de la terre, 2002. Parmi la bibliographie de plus en plus importante sur le sujet, voir aussi Frédéric Dhenez, Cessons de ruiner nos sols ! Paris, Flammarion, 2014.
[7] Voir par exemple Rémy Bachet et Blaise Leclerc, Une bonne terre pour un beau jardin : paillage, engrais vert, grelinette, Mens, Terre vivante, 2009.
In : Laurent Le Bon (dir.), Jardins, cat. exp., Paris, Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2017.
Humus et compost
Maurice Leperchey, yvetotais Le compost parfait et idéal de Maurice Leperchey
Il doit la réussite de son produit final (BIOTERO) à un subtil mélange de fumier de cheval d'un club hippique à Mont-Saint-Aignan avec des brisures d'écorce de pin sylvestre ou pin maritime (pin des Landes) ce qui explique le port du béret basque pour ceux qui l'ont bien connu.
Récupérant le fumier de cheval, Maurice Leperchey le préférait au fumier de vaches (fumier froid) soignées aux antibiotiques et porteuses de familles de bactéries. Il aimait dire " C'est Pasteur qui m’a aidé à découvrir l'intérêt du fumier de cheval ». Il avait fait le constat que les bactéries cassaient les molécules nécessaires à la vie des plantes. Il disait encore que "si le sol est fécond, avec un bon équilibre carbone-azote, les plantes finissent par s'immuniser contre les maladies et n'ont pas de pucerons".
Le secret d’un bon compostage de ces éléments transformés en plusieurs étapes jusqu'au « produit » prêt à l'emploi, résidait à répartir en tas linéaires de deux mètres de largeur, sur un mètre cinquante de hauteur, de manière à favoriser une bonne fermentation.
La réussite tint à l'idée d'aérer et de brasser ces tas mis en andains pour faciliter le compostage.
Effectivement, il fallait de l’oxygène (principe du compostage en aérobie) et de l'humidité, il fallait remuer les petits tas contrairement à d’autres procédés de fermentation anaérobie des résidus. Les andains étaient remués et aérés par soulèvement à l’aide d’engins de levage. En cas de sécheresse, l’arrosage des andains étaient nécessaire afin de maintenir l'humidité propice à la mise en température.
L'objectif de ce processus était la recherche d’une bonne « combustion » pouvant atteindre presque quatre-vingt degrés afin d’éliminer, parasites, bactéries. Pour ce faire, les tas étaient soulevés, aérés, humidifiés si besoin, régulièrement jusqu'à la phase finale du broyage. Cette ultime étape permettait d'affiner le produit final avant un passage éventuel au crible.
Le produit fini, le compost était friable, il avait une couleur brunâtre et dégageait la seule odeur subtile d'humus de sous-bois.
De 1973 à 1989, ses différents composts étaient destinés aux pelouses d’exception, aux greens des golfs d’Octeville, de Belgique, d’Erquy jusqu’à ceux de la Riviera comme celui de Cannes. Clients fidèles. Ces apports de qualité permettaient aussi de les employer pour couvrir le sol, après carottage de terrain de sport.
Si l’activité des greens fut un succès, celle-ci gagna en diffusion par la qualité remarquable du produit.
Le produit BIOTERO est une fumure biologique à l’ancienne, fruit d’une longue phase d’expérimentation menée par l’homme au béret basque. Il fut soutenu par sa seconde épouse Anne-Marie et efficacement ensuite par sa fille Martine et plus tard par son gendre Daniel. Son concept fut récompensé à plusieurs reprises. Entre autres, l’entreprise a reçu en 2001 l’ECO-Trophée pour son avancée dans le cadre du « développement durable » lancé par le Parc des Boucles de la Seine Normande. La société BIOTERO reçu la somme de 15000 francs.
La reconnaissance enfin !
BIOTERO devint une marque déposée mais Maurice, le « rebelle » n’a jamais voulu déposer un brevet.
La fumure biologique à base de fumier de cheval était appréciée par les jardiniers de la Ville de Paris et utilisée dans les espaces verts de plusieurs arrondissements de la capitale, entre-autre, aux pieds des rosiers des jardins de Bagatelle, des arbustes du square Georges Brassens ou de l’hôpital Henri Mondor comme dans le superbe jardin de la Fondation Claude Monet à Giverny.
A la fin de sa vie, Maurice Leperchey encore valide, n’aura de cesse d’améliorer la « grelinette » avec l’accord de son inventeur Mr Grelin. La « fourche à bêcher » qui sert à aérer la terre de son jardin sans la retourner. Retourner la terre, pour Maurice était une grave erreur. Il utilisait la « houe maraichère » pour désherber et préparer la terre avant de la cultiver.
Sa devise fut de prôner l’écologie, dispensant souvent à bon nombre de clients, des conseils judicieux pour rester en bonne santé, en se nourrissant sainement à partir de ce que la nature nous offre, sans arrière-pensée démagogique ou politique comme le décrit l’article paru dans GMD information en 1982.
Au fil de sa production il incorpora des compléments naturels aux matières premières, bases de ses composts, comme des algues marines, des déchets végétaux, du sable, de la terre de bruyère, des écorces de pin, de la corne broyée, des minéraux, pour obtenir des fumures équilibrées de qualité supérieure, but atteint dès 1989, après vingt-cinq années d’effort et de ténacité.
Je crois qu’il est certain que ses idées lui survivront ce qui est avéré à l’instar de l’Hora de Pierre Rabhi, ardéchois d’adoption, né en 1938 en Algérie, essayiste, romancier, agriculteur et fondateur du mouvement Colibris (agro écologie).
En 2003, Le rouennais pure souche s’est éteint à l’âge de 96 ans.
Extrait de l’article biographique que j'ai rédigé avec les membres de sa famille en 2020
Maurice Leperchey 1907-2003, un Yvetotais défenseur précurseur de l'écologie.
Dans la fin de sa vie, encore valide il améliora la « grelinette » qui sert à aérer la terre de son jardin sans bêcher. Il utilisait un autre engin à roue pour désherber naturellement.
Crédit photo M. & D. Bazire
Humus et compost
Maurice Leperchey, yvetotais Un artisan de l’humus[1]
Maurice Leperchey
Par-dessus la haie
« En plein cœur du pays de Caux, à Yvetot (Seine-Maritime), c’est un jardinier pas comme les autres que nous avons rencontré.
De l’école d’Horticulture de Versailles à son métier actuel de fabricant d’amendements organiques, l’itinéraire de Maurice Leperchey a été celui d’un amoureux de la terre. Il a consacré toute sa vie au jardin – le sien et celui des autres.
« Jardinier et producteur d’humus », voilà quelle pourrait être sa carte de visite.
Quand on arrive chez lui, il est impossible de se tromper : les immenses tas de terreau et de fumier se voient de loin, derrière la haie d’ifs proprement taillés.
A soixante-douze ans, Maurice Leperchey ne pense pas encore à la retraite. Pourquoi abandonnerait-il ce chantier artisanal où, visiblement, il est à l’aise comme un poisson dans l’eau ?
M. Leperchey : j’ai fait à peu près tous les métiers touchant à l’horticulture avant de trouver ma véritable vocation : la transformation des déchets organiques en humus. Vocation tardive, car c’est à soixante ans que j’ai cessé mon activité d’entrepreneur de jardins pour me consacrer au compostage !
Les Quatre saisons : Vous êtes en quelque sorte un « récupérateur » de matière organique ?
M.L : Il faut croire que l’endroit était prédestiné, car mes deux voisins sont eux aussi des récupérateurs, dans la ferraille et le chiffon.
Moi, ce qui m’intéresse, c’est tout ce qui est organique et qui finit habituellement dans les décharges ou dans les chaudières : écorces, son de moutarde, déchets de lin, de papeterie, etc. Je traite aussi de grandes quantités de fumier, de la tourbe et même des boues de lavage de betteraves.
Mon travail consiste à broyer tout cela, à faire de savants mélanges, et à aider la nature à fabriquer un produit utilisable par l’horticulteur et le jardinier.
L.Q.S. : Quels sont les mélanges qui font du bon terreau ?
M.L. : Je fais surtout des mélanges fumier + écorce de pin sylvestre et fumier (de cheval) + son de moutarde.
L.Q.S. : La moutarde n’est-elle pas un peu trop …forte pour les plantes ?
M.L. : J’ai essayé d’en répandre directement de l’herbe. Le résultat a été excellent. De toute façon, lors du compostage qui dure plusieurs semaines, les substances irritantes du son de moutarde disparaissent.
L.Q.S. : N’y a -t-il pas des risques de pollution lorsque vous utilisez des sous-produits de l’industrie ?
M.L. : Effectivement, j’ai eu un « coup dur » il y a quelques années avec des matériaux issus de l’industrie du lin. Il y avait trop de bore dedans, ce qui a provoqué des « brûlures » de la végétation. Depuis, j’ai appris à être prudent !
L.Q.S. : Quel est le secret d’un bon compostage ?
M.L. : Il faut tout d’abord choisir une matière première de composition bien équilibrée. Le broyage est très important pour rendre le produit homogène.
Ensuite, il faut faire attention à l’humidité. Dans nos régions où il pleut souvent, les tas sont fréquemment gorgés d’eau et la fermentation a du mal à démarrer. Si tout se passe bien, la température dépasse les 50°C., preuve que les micro-organismes sont actifs. J’incorpore de la chaux, de la magnésie ou des phosphates naturels à mes matériaux de base. Cela neutralise un éventuel excès d’acidité.
L.Q.S. : Et votre jardin ?
M.L. : Vous vous doutez bien qu’il est le premier servi en compost. D’ailleurs, voyez les résidus d’écorce qui couvrent le sol.
Une chose est certaine : les plantes sensibles aux pucerons, comme les artichauds, les capucines, les rosiers, ne subissent jamais une attaque chez moi. Je pense que le compost aide au sol à trouver son équilibre ; la plante est mieux nourrie donc elle résiste mieux.
Le seul problème grave que j’ai, c’est le ver de la carotte. Je vais essayer un produit naturel dérivé de la résine de pin.
J’ai essayé de cultiver des légumes directement dans le compost. Bien sûr, ce n’est pas à la portée de tous les jardiniers, mais j’ai pu constater que pendant au moins deux ans il est inutile d’apporter un engrais complémentaire.
Le tour du propriétaire étant terminé, j’accompagne Maurice Leperchey à l’intérieur de sa petite maison. En entrant, je remarque de curieux bacs pleins d’eau.
M.L. : Non, ce ne sont pas des aquariums ! ce sont mes radiateurs à moi. Ils pompent la chaleur dans le circuit d’eau qui circule sous les tas de compost. C’st économique, car la seule dépense – faible – provient de la consommation des pompes électriques. C’est une variante du chauffage « à eau froide » qu’on appelle aussi pompe à chaleur.
Ecologiste tranquille mais efficace. C’est l’impression que donne Maurice Leperchey. A une époque où l’on parle de « biomasse », de « pétrole vert », de valorisation des déchets agricoles, il est rassurant de voir quelqu’un qui depuis ans quinze est passé à la pratique. Encore trop rares sont ceux dont la mission est de remettre sur la bonne voie certains déchets organiques qui autrement seraient perdus – voire même polluants. Cette bonne voie, c’est celle du retour au sol après transformation en humus.
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[1] In : revue « les quatre saisons » du jardinage. Bimestriel n°1, mars-avril 1980, Editions Terre Vivante, Paris, p.51 et p. 63.
Crédit photo M. & D. Bazire
Denis Langlois,
"Le jardin biologique du manoir du Fay, Yvetot"
Humus, compost
Le manoir du Fay et son jardin biologique, Denis Langlois, Robert Tougard, autoédition A.N.E.T.H., Manoir du Fay à Yvetot, fin des années 1990.
les premiers instants de la vie de la renaissance du jardin clos pour devenir un jardin biologique avec l'A.N.E.T.H. au début des années 1990 ( archives de Denis Langlois)
Le jardin biologique pris en 1996 par Pascal Levaillant
Le succès de la production végétale dépend de la présence d’un sol vivant. En effet, un sol fertile est peuplé de milliards d’êtres vivants : bactéries, champignons, algues, lichens, acariens, mille-pattes, vers de terre et d’innombrables autres êtres vivants.
Tous remplissent une fonction précise dans le cycle de la nature.
Les êtres vivants dans le sol remplissent encore une importante fonction de stockage ; ils empêchent le lessivage des éléments nutritifs excédentaires libérés par la dégradation de la matière organique et l’altération des roches, en les emmagasinant dans leur corps jusqu’à leur mort et leur propre décomposition. Leurs besoins sont donc étroitement liés à ceux de la végétation, c’est un perpétuel échange. Plus ils sont prospères : plus grande est la réserve d’éléments nutritifs à la disposition des plantes et plus fertile est le sol.
On trouve parmi les plus gros habitants du sol :
Les lombrics ou vers de terre, ils digèrent les végétaux morts de la terre, ils aèrent également le sol grâce à leurs galeries. Toutes les espèces de vers de terre exigent un sol régulièrement humide et beaucoup de matière organique. Les engrais chimiques, facilement solubles leur nuisent et les chassent. Utilisez donc un bon compost, compost signifie engrais composé et désigne un fertilisant à base de fumier, feuille, paille, résidus de récolte, tonte de gazon, déchets de cuisine et d’autres matières organiques déchiquetées, mélangées et mises en tas.
Le compostage n’est au fond rien d’autre qu’un élevage de micro-organismes qui trouve dans le compost des conditions idéales de chaleur, humidité et alimentation pour une multiplication rapide.
Pour bien réussir son compost les bactéries ont absolument besoin de matières organiques riches en azote pour se multiplier et échauffer le compost à 60° C minimum.
Le fumier convient très bien à cet usage et devrait entrer pour environ un cinquième dans la composition du tas. Ce tas doit avoir un certain volume pour bien composter, au minimum 1 m2 à la base sur 1 m de hauteur environ. Vous pourrez ajouter l’activateur de compost biologique qui permet d’améliorer et d’accélérer efficacement le processus de maturation du substrat. Le produit naturel est à la base de micro-organismes spécifiques à bactéries, levures et enzymes. Il existe un autre moyen d’apporter au sol de la matière organique, c’est l’engrais vert. Il consiste à semer sur une surface hors culture une espèce produisant beaucoup de racines. Dès qu’on a de nouveau besoin du terrain, on coupe cette végétation.
Les racines restent au sol, se décomposent et nourrissent les bactéries puis les plantes.
Si votre sol est pauvre en azote la vesce (légumineuse) l’enrichira naturellement en fixant l’azote de l’atmosphère.
Votre terrain est en friche avec beaucoup de chiendent : semez du sarrasin.
Vous désirez protéger votre sol des rigueurs de l’hiver : semez en octobre de la moutarde, vous n’aurez pas à vous soucier du broyage car les basses températures des mois d’hiver feront le travail à votre place, il vous suffira de travailler votre terre au mois de mars.
La moutarde blanche est appelée ainsi à cause de la couleur de ses graines, cependant ses fleurs sont jaunes d’or. Semée au début de l’automne, elle protégera votre planche des rigueurs de l’hiver et facilitera l’aération du sol au printemps. Dose du semis : 20 grammes pour 10 m2.
La vesce produit beaucoup de matières organiques, elle fixe l’azote de l’air qu’elle restitue au sol après l’enfouissement. Elle aime les sols lourds et permet d’améliorer sensiblement leur structure, les rendant ainsi plus faciles à travailler. Dose semis : 100 grammes pour 10 m2.
Le sarrasin est idéal en terre pauvre et acide, sur des planches qui restent inoccupées pendant tout l’été. Il permet de nettoyer le sol après défrichement en étouffant les plantes indésirables. Très mellifères, cet engrais vert favorise aussi la présence de nombreux insectes utiles au jardin. Dose de semis : 70 grammes pour 10 m2.
On complètera avec des amendements naturels. On en trouve toute une série convenant à la culture biologique. Ils contiennent des composés organiques ou minéraux peu solubles :
• Le guano[2] du Pérou, engrais complet 100% naturel, récolté sur les rivages des côtes péruviennes. Il est très riche en éléments fertilisants moyens à action rapide.
• La corne broyée[3], engrais avec un effet fertilisant beaucoup plus prolongé dans le temps.
• La corne torréfiée[4], engrais azoté naturel. Son action est progressive et durable, sans risque de brûlure pour les racines.
• Le basalte[5], exceptionnellement riche en magnésium, très riche en oligo-éléments et en silice, le basalte facilite l’absorption par les plantes des éléments nutritifs présents dans le sol.
• Le lithothamnium[6] est un produit naturellement riche en calcium, magnésium et autres oligo-éléments. Il rétablit les équilibres biologiques, chimiques et physiques du sol en augmentant l’activité microbienne. Il renferme la résistance des plantes aux maladies.
En été, à l’époque de la plus forte croissance, les jus d’herbes rendent de bons services. On fait macérer dans un récipient rempli d’eau un sac plein d’herbes fertilisantes jusqu’à ce qu’on obtienne un jus brunâtre. Avant on le dilue pour lui donner la couleur d’un thé.
• Le jus d’ortie produit un précieux engrais foliaire, évite les pucerons, évite le mildiou.
• La grande consoude fournit aussi un excellent engrais ainsi que la camomille. Pour neutralise l’odeur nauséabonde, ajouter de la poudre d’os[7] ou de roche.
On peut se faire une idée sur la nature d’un sol par sa flore, voici quelques exemples :
Laiteron : terre fraîche et argilo-calcaire
Coquelicot, trèfle blanc, moutarde : sol à tendance calcaire
Plantain, prêle : terre lourde, acide et humide
Bouton d’or, liseron, oseille sauvage, pâquerette : terre lourde, acide et souvent humide
Ravenelle : terre légère, manquant de phosphore assimilable
Chiendent : terre légère et siliceuse
Chardon : terre calcaire
Ortie : terre humifère
La terre neutre, ayant un pH égal à 7, convient à la plupart des plantes potagères, mais un sol ayant un pH compris entre 6,5 et 7 (légèrement acide et neutre) se prête aussi à leur culture. Pour corriger le pH d’une terre trop acide il est conseillé d’y faire des apports de lithothamme ; lorsqu’elle est calcaire (pH basique) par des apports réguliers de compost, de poudre de roches.
[2] Guano - In : Engrais coup de fouet. Engrais organique complet en provenance des Mers du Sud (oiseaux de mer). Utilisable en Agriculture Biologique. En savoir plus Référence : CPJA1259 EAN : 3252640012593 – https://agrifournitures.fr/engrais-bio-universels-jardin/9610-guano-marin-800g.html
[3] Corne broyée – In : https://fr.jardins-animes.com/corne-broyee-25kg
[4] Corne torréfiée – in : https://www.planete-agrobio.com/produit/engrais-bio-corne-torrefiee-850g/
[5] Basalte – in : https://www.fermedesaintemarthe.com/basalte-volcanique-p-22219
[6] Lithothamnium - In : https://www.oogarden.com/prod-45583-lithothamne-algues-marines-800g.html
[7] Poudre d’os – in : https://www.graines-baumaux.fr/284016-poudre-d-os.html
Extrait "les vers de terre", article de la Revue les quatre saisons n°3, juillet-août 1980
Bernard Boullard,
« Vie intense et cachée du sol »
Essai de pédobiologie végétale, 1967
Collection la terre, Flammarion, Paris, 1967, p.7-21.
« Sous les pieds du promeneur, comme sous ceux du semeur, du vigneron, de l’arboriculteur, s’active là, jour et nuit, la foule laborieuse et grouillante des serviteurs microscopiques du monde entier. […].
Le sol dérive initialement de la roche qui en constitue la matrice. Cette partie est très stable. Mais s’il n’y avait que les phénomènes physicochimiques du monde inanimé cela ne conduirait pas loin. Fort heureusement des forces biologiques interviennent : aux matériaux inertes s’ajoutent des débris organiques, des glucides, des lipides, des protides, une foule de substances. Champignons, Bactéries, Algues, Lichens, Mousses etc., colonisent hardiment et élaborent ou dégradent. […]. »
A la surface du sol : la litière puis l’humus
« Pour beaucoup la litière n’a la valeur que d’un manteau triste et annonciateur des jours sombres et froids de l’hiver, manteau que le vent soulève et roule, tel un gigantesque mais invisible balai. Cette litière, sous-estimée par beaucoup, n’en retient pas moins l’attention de certains : collectée au râteau elle vient apporter son aide au jardinier préparant ses couches, éliminée ailleurs à la faveur des opérations d’étrépage elle libère le sol pour le culture ultérieure, réétalée à l’étable il lui arrive de reprendre du service sous les animaux. Mais c’est réellement le biologiste qui accorde leurs lettres de noblesse à ces « reliquats de frondaisons printanières et estivales ». Il y voit là le prodigieux travail de la dégradation s’amorcer et se poursuivre quelques centimètres plus bas. En effet, de la litière aux matériaux pratiquement encore intacts, on passe vers une zone où la « fermentation » active conduit au démantèlement complet, à la matière humifiée. Ces Quelques centimètres – à quelques décimètres – superficiels, reçoivent des pédologues la désignation d’horizon A0. La litière de feuilles mortes masque donc l’humus, ce « produit de la matière vivante et sa source » (cf Thaer et Waksman, 1936). Cette tache exaltante des ternes résidus se poursuit aussi bien dans l’intimité des pâtures, des marais, qu’au sein des forêts mystérieuses. Mais il est certain que, c’est là, sous la voûte de feuillage, que sa présence se manifeste avec le plus de générosité. Cette générosité n’avait pas échappé à E. Herriot (1925). A l’issue de sa description des strates végétales de la « Forêt Normande », n’écrivait-il pas : « Plus bas encore la forêt qui nous parait morte vit et travaille sous l’amoncellement des aiguilles et des fruits, des brindilles et des lambeaux d’écorce. C’est le vêtement, l’épiderme délicat et sensible qui protège le sol lui-même contre les excès de la chaleur ou du froid, amortit le choc de la pluie, retient les éléments nourrissants de l’air, abrite ce qu’il faut de vie animale pour ameublir cette terre où ne vient pas le laboureur. Ces feuilles que vous croyez inanimées travaillent pour l’arbre dont elles se sont séparées. Pa elles, par leur labeur mystérieux mais continu s’achève ce rythme qui fait de la forêt une harmonie, depuis les profondeurs du sol jusqu’à la cime de l’arbre le plus dominant. De haut en bas, de bas en haut, la vie monte et descend… »
Nous pourrions rapprocher de ces propos-là très juste sentence de Pochon et de Barjac (1958, p.21) : « La matière organique forme la différence essentielle qui sépare un sol productif proprement dit d’une simple masse de débris rocheux. »
La litière doit surtout son existence à la chute saisonnière des feuilles et des menus rameaux, en forêt, à la décomposition des pailles, chez les Céréales. Un bois de chêne peut supporter en plein été 10 tonnes de litière par hectare. L’apport automnal élève bientôt cette valeur de 3.5 tonnes environ. Mais les infatigables et discrets microorganismes entreprennent, de février en août, la destruction d’une partie de ce manteau déchiqueté et ramènent les 13,5 tonnes de la litière hivernale aux 10 tonnes de la litière estivale. Cet exemple, déjà nous incite à penser que la litière d’un sous-bois est quelque chose d’éminemment mouvant, qu’elle s’épaissit et se minimise, comme si le vent d’automne gonflait ce tapis moribond que les promeneurs printaniers plaqueraient à nouveau sur le sol. Ce « mécanisme compensateur » attribué aux germes dégradateurs de la litière se produit sous tous les climats, dans tous les bois, feuillus comme résineux, mais sa vitesse est variable. Ainsi la litière de résineux dure beaucoup plus longtemps que celle de feuillus. […] C’est à son caractère acide, aéré, riche en Champignons et, corrélativement, plus pauvre en Bactéries, que ce milieu doit la lenteur de sa dégradation. Par oppositions les litières qui se constituent sous les feuillus font figure de linceuls, épais souvent de quelques centimètres seulement. […]
Quittant un instant la forêt pour rejoindre les sols de Céréales nous devons remarquer que la décomposition des pailles (dont un aperçu de la décomposition moyenne […] est en général fort lente, freinée par la pauvreté du milieu en azote. […].
La vie dans la litière est extraordinairement intense. Selon Waksman un gramme de sol renfermerait 3 milliards de germes en surface, et 1,5 milliard à 10 cm de profondeur. […]
L’humus, matière organique complexe, résulte donc de la prodigieuse activité des microorganismes qui constituent la « microflore tellurique ». C’est grâce à eux que les constituants des Végétaux Supérieurs, ou plutôt de leurs cadavres, sont démantelés, simplifiés ou remodelés.
Mille Bactéries peuvent participer à cette œuvre d’intérêt mondial aux côtés de centaines de Champignons (Aspergillus, Pénicillium, etc.) et, très certainement, d’Actinomycètes. Il s’agit là d’un travail gigantesque dont le chimisme intense « saute aux yeux » lorsque le tas de fumier « fume » dans la cour de la ferme, lorsque la couche du maraîcher ou le compost de l’horticulteur « chauffent ».
C’est une œuvre coopérative, que marquent de leur empreinte propre des groupements successifs de germes. […] Il serait malvenu de penser que l’opération de dégradation touche à son terme dans les plus brefs délais. C’est une oeuvre de longue haleine. (…]
La diversité des matériaux de départ, l’hétérogénéité du petit monde qui les prend en charge, tout contribue à justifier l’opinion de Pochon et de Barjac, des maîtres dès que l’on parle du Sol : « Il n’y a pas « un » humus, mais « des » humus » (1958, p. 521). »
Litière forestière, sapins de l'Aigle, épines et feuilles de chêne, Beaufai en Normandie, 2018.