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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 12:58

Pascal Levaillant présente la fiche n°4 : la pomme de terre

Fiche réalisée par Pascal Levaillant, artiste botaniste, membre de FVMF depuis 2020.
Références scientifiques, littéraires, iconographiques de :  Michel Chauvet auteur de l'encyclopédie des Plantes alimentaires, Belin Editeur, 2018 ; la Ville d'Yvetot ;  les archives du Département de la Seine-Maritime, l'association Faire Vivre le Manoir du Fay ; Denis Langlois ; la ferme de M. F. Galle à Ecalles-Alix,  L'auteur et aquarelliste Yves de Saint-Jean ; M. Maignan ;  Maurice Renard et la Société Centrale d'Agriculture de Seine-Maritime ; Annie Ernaux ;  Flaubert ;  Maupassant ; Jehan le Povremoyne ;  Proust et avec les aimables autorisations et contributions textuelles et visuelles  de  Jean Denis et Geneviève.

Le 7 mai 2022 

 

Botanica, 4eme édition, 3e Ano Liceal, Manuel de Oliviera Faria, estampas A. Masclef, 1893, Livraria Cruz, Braga, 1964, p.85.

 

Introduction

La pomme de terre a dû être cultivée au 18e  siècle dans ce jardin nourricier décrit sur un plan terrier du 18e siècle, antérieurement à l’acquisition du manoir du Fay par la Ville d’Yvetot en 1988.

Au début du 20e siècle, M. Maignan qui a résidé au manoir de 1933 à 1945 confirme que le  jardin nourricier était à cette époque entre l’actuel cerisier qui a remplacé un vieux prunier et l’angle du mur ouest du jardin clos.

L’association A.N.E.T.H. a entretenu ce jardin clos de 1994 à la fin des années 2000.  1994 est la date à laquelle la Ville d’Yvetot a confié la gestion du jardin clos du manoir du Fay avant de la confier par la suite à l’association Faire Vivre le Manoir du Fay au début des années 2010.

In : BALADES EN PAYS DE CAUX, Yves de Saint-Jean, Vinarelle, 2006.

Yves de Saint Jean, né le 14 octobre 1948 à Chenu, est un peintre, dessinateur, écrivain français, spécialiste des aquarelles.

Le manoir du Fay, un édifice public remarquable, l'épure du pays de Caux

Le jardin clos du manoir du Fay (contexte)

Comme de coutume, le jardin clos du Manoir du Fay a été très certainement un jardin potager et nourricier, depuis 1612-1617 (fin de la construction du manoir), comme pour la plupart des petits manoirs décrits par Xavier Pagazini[1] c’est-à-dire un des espaces clos réservés au seigneur, comme le figure plus tard le terrier de 1780 de la Seigneurie de Baons-le-Comte.

Au début du 20e siècle, M. Bernard Maignan, ancien locataire du manoir, nous a informé qu’une partie de ce jardin clos fut réservé à un petit potager et que la pomme de terre était cultivée à son époque.

On aperçoit le jardin nourricier du manoir du Fay divisé en deux parcelles principales tel qu’il fut dessiné pour ce plan terrier.

LE MANOIR DU FAY Plan terrier de Baons le Comte 1780

ADSM FRAD076_12Fi_00

 

Histoire et origine de la plante alimentaire

 

Crédit photo © Pascal Levaillant

La pomme de terre produit et porte des baies contenant les graines sur certaines variétés comme la "César" baies grosses comme des tomates cerises. (in :  ferme de François Galle-Ecalles-Alix, ancienne paroisse de l'ancienne principauté d'Yvetot)

On peut observer les baies que très rarement car elles disparaissent à l'occasion du passage des engins agricoles venant tailler les rangs  après la floraison de la pomme de terre au milieu de l'été afin de revigorer la poursuite de la croissance des plants en terre. Dans son propre potager, certaines variétés en produisent  plus que d'autres à conditions de les laisser croître.

Ces baies sont toxiques, faut-il le souligner ici.

 

La pomme de terre

Biologie et classification et variétés selon Michel Chauvet (extraits)

Fr. pomme de terre ; patate (familier)

Biologie Solanum tuberosum fait partie de la section Petota, sous-section Potatoe du genre Solanum, qui compte plus de 200 espèces à tubercule, répandues du sud-Ouest des Etats-Unis au sud du Chili. Toutes ont un nombre chromosomique de base n = 12. Leur classification a beaucoup varié, la dernière révision datant de 2007 (Spooner et al.).

Il existe par ailleurs 3 espèces cultivées dans les Andes. […] Dans les champs andins, on trouve traditionnellement des pommes de terre de plusieurs types et niveaux ploïdiques. Si l’on s’accorde à situer son origine dans les Andes centrales, ses ancêtres sauvages sont encore controversées. Solanum brevicaule Bitter pourrait être l’un d’entre eux. Solanum tuberosum est maintenant structurée en trois groupes.

Groupe Anigenum

Ce groupe rassemble maintenant la plupart des pommes de terre cultivées dans les Andes, qu’elles soient diploïdes ou tétraploïdes. […]

Groupe Chilotanum

Ce groupe tétraploïde est adapté aux jours longs des basses terres du Chili. Il ressemble morphologiquement au Groupe Tuberonum, et on a parfois émis l’hypothèse qu’il était l’ancêtre direct, ce qui ne s’accorde ni avec les données historiques ni isozymiques.

Groupe Tuberosum

Ce groupe est constitué par les pommes de terre actuelles, qui ont évolué en Europe à partir des premières introductions du nord des Andes. Nos pommes de terre se distinguent de leurs ancêtres par des feuilles disséquées et à folioles plus larges, ainsi que par des tubercules plus gros qui se forment en jours longs.

La pomme de terre est une plantes herbacée vivace, mais cultivée comme une plante annuelle. […] les tubercules peuvent synthétiser de la chlorophylle et une substance toxique, la solanine, s’ils sont à la lumière. Pour cette raison, on butte la plante en culture et on conserve les tubercules à l’obscurité.

10 nuances de pomme de terre

Crédit photo © Pascal Levaillant

 

Variétés

La qualité de la chair est le critère le plus important pour le consommateur. De ce point de vue, les pommes de terre se classent en trois catégories :

  • Les pommes de terre d’usage courant ont une chair à grain moyen (frites et purée)
  • Les pommes de terre à chair ferme ont un grain fin (en salade, à la vapeur ou rissolées)
  • Les pommes de terre féculières sont destinées à l’industrie de la fécule. […]

[…] Les pommes de terre de conservation sont récoltées mures et peuvent se conserver […]

Les pommes de terre de primeur sont récoltées avant maturité, ont une teneur en eau élevée et sont donc périssables. Leur peau très fine peut s’éplucher facilement, et l’on peut même les manger avec la peau. […]

Les pommes de terre de conservation d’usage courant

Peau jaune, chair jaune :

  • ‘Bintje’, la plus cultivée
  • ‘Ker Pondy’

Peau rouge, chair jaune :

  • ‘Urgenta’

Pommes de terre de conservation à chair ferme

Peau jaune, chair jaune :

- ‘BF 15’

- ‘Belle de Fontenay’

- ‘Ratte’

- ‘Viola’

Peau rouge, chair jaune :

  • ‘ Roseval’
  • ‘Rosa’

Pommes de terre de primeur

Peau jaune, chair jaune :

  • ‘Sirtema’
  • ‘Ostara’
  • ‘Bea’
  • ‘Apollo’
  • ‘Spunta’
  • ’Sientje’
  • ‘Claustra’
  • ‘BF15’
  • ‘Roseval’

Pommes de terre féculières

  • ‘kaptah Vandel’

 

In : BALADES EN PAYS DE CAUX, Yves de Saint-Jean, Vinarelle, 2006.

Histoire, selon Michel Chauvet (extraits)

Michel Chauvet nous apprend beaucoup sur la pomme de terre  dans son ouvrage  : Encyclopédie des plantes alimentaires - 700 espèces du monde entier - 1700 dessins, Belin, 2018.

"La pomme de terre pourrait avoir été domestiquée entre 5000 et 2000 avant J.-C. dans les hauts plateaux du lac Titicaca (Bolivie et Pérou). Mais il faut attendre la civilisation mochica (côte nord du Pérou, 1000 ans après J.-C.) pour voir la pomme de terre représentée sur de nombreuses poteries. Elle faisait alors l’objet de commerce depuis de nombreux siècles.  Le premier contact des Européens avec la pomme de terre date de 1537 dans la vallée de Magdalena en Colombie. L’expédition de Gonzalo Jiménez de Quesada a trouvé du maïs, des haricots et des « truffes » dans le village de Sorocotà près de Velez. Les premières mentions de la patata en Europe se trouvent dans les livres de comptes d’un hôpital de Séville pour l’année 1573. […]. La date la plus plausible d'introduction en Europe est donc 1570, via les canaries. [...]

Les premières pommes de terre introduites en Europe venaient de régions  à jours courts, et tubérisaient mal. Il a fallu presque deux siècles pour qu'apparaissent au début du XVIIIe  des formes capables de tubériser en jours longs. […], dès le milieu du XVIIsiècle, la pomme de terre s'est diffusée en Europe centrale, au travers de l'Italie du Nord, comme l'atteste son nom kartoffel, qui vient de l'italien tartuffoli, petites truffes. De l'est, elle arrive dans le Dauphiné, en Alsace dès 1660, puis en Lorraine vers 1680, en Auvergne[…] suivant cette fois-ci l'exemple de l'Irlande, où elle était déjà largement cultivée la Bretagne et la Normandie l'adoptent, et Mustel lui consacre un traité en 1767. Quand Parmentier parvient en 1785 à convaincre la cour de Louis XVI et les savants des bienfaits de la pomme de terre, son rôle s'apparente plus à celui d'un publicitaire avant la lettre  qu'à celui d'un découvreur. [...]."

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François-Georges Mustel est né à Rouen le 11 août 1719. Il mourut à Rouen le 3 octobre  1803 à l'âge de 84 ans. Ce rouennais  méconnu cultiva pour la première fois en 1765-1766  en Normandie dans la plaine des Sablons,  la pomme de terre de plants importés d'Angleterre. Il en planta même, peu après dans des terres louées  rive-Gauche à Saint-Sever. Il publia un mémoire sur la culture de la pomme de terre en 1767.  : https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1953_num_3_1_4239

Petit détour  par Yvetot en Normandie dont un des derniers princes Camille d'Albon II et III (contemporain de Mustel, le Rouennais et de Parmentier, le picard) ; Camille I d'Albon était originaire du Dauphiné, contrée où  fut implantée la pomme de terre déjà en 1540 en Ardèche à Saint Alban d'Ay.

Sachant qu'elle a été introduite en France tout d'abord par le Dauphiné en 1540 venue d'Espagne et plus généralement en 1660, venue d'Italie, il se peut que Camille I d'Albon l'ait mangée en Dauphiné avant qu'il devienne prince d'Yvetot en 1685 et qu'il ne la fasse faire cultiver sur ses terres yvetotaises, telle est une hypothèse plausible puisque sur ses terres près du château reconstruit en 1702, le domaine possédait  pépinière, chopière, basse-cour et verger.

"D’abord en Espagne où elle prendra le nom de patata [...] puis l’Italie taratouffli (petite truffe), l’Irlande potato, l’Allemagne puis la France. Elle est introduite en France vers 1540 et cultivée à Saint-Alban-d’Ay (il s’agissait là de la variété dite « Truffole » ). Elle est figurée pour la première fois par Gaspard Bauhin dans Pinax Theatri Botanici de 1596. Elle est décrite en 1600 par Olivier de Serres, qui la nomme cartoufle (à relier à l’allemand Kartoffel) et déclare à son sujet :  « Cet arbuste dit cartoufle porte fruict de mesme nom », semblable a truffes. Tandis qu’en Italie, Allemagne, Pologne et Russie on mangeait déjà la pomme de terre, en France elle ne fut utilisée que pour nourrir le bétail pendant plus de deux siècles.   "

In : https://www.voyageauperou.info/histoire-de-la-pomme-de-terre/

Saint Alban d'Ay est une commune d'Ardèche.

 

De la pomme de terre au gratin dauphinois

Il est probable que l’élaboration d’un ancêtre du gratin dauphinois soit liée à la diffusion du tubercule en Europe. Sa culture apparaît en 1565 en Italie puis en 1589 pour la Suisse où il s’adapta à merveille aux conditions alpines. On peut donc imaginer les premières tentatives de plat à base de pommes de terre dans le Dauphiné voisin entre le XVIème et le XVIIème siècle. in : https://www.legratindauphinois.fr/histoire-du-gratin-dauphinois/

Le Dauphiné, terre native des princes d'Albon.

Alors que la famille Du Bellay s'éteignait en principauté d'Yvetot,  la principauté passait à la maison de Crevant, puis à la maison d’Albon en 1685, par le mariage de Françoise-Julie de Crevant, princesse souveraine d’Yvetot, avec le comte Camille d’Albon, marquis de Saint-Forgeux. 

Camille d'Albon, Camille Éléonor, marquis de Saint-Forgeux, baron d'Avauges, 
seigneur d'Yvetot, d'Ancy, d'Odieu, de Dareizé, de La Brosse, de La Grange, de La Motte, de Nuelles, de Persange, de Pontcharra, de Saint-Loup, de Saint-Romain-de-Popey, de Sarcey, de Talaru, de Varennes, de Vindry et des Olmes

La famille Camille d'Albon en quelques dates :

1685-1729                                   Camille d’Albon, prince d’Yvetot par son mariage avec Françoise, Julie de Crevant

1729-1746                                   Claude d’Albon

1746-1772                                    Camille II d’Albon

1772-1789                                    Camille III d’Albon

 

"Le dernier marquis d'Albon, prince d'Yvetot s'est éteint le 23 mars 2015 en Région Auvergne-Rhône-Alpes. André d’Albon appartenait à une des plus vieilles familles françaises nobles."

In : https://www.leprogres.fr/rhone/2015/03/26/le-marquis-d-albon-prince-d-yvetot-s-est-eteint-a-l-age-de-91-ans

 

 

La Société Centrale d'Agriculture  de Seine-Maritime

Pour compléter et enrichir les informations que nous livre Michel Chauvet dans son encyclopédie des plantes alimentaires, je suis allé consulter la Société Centrale d'Agriculture de Seine-Maritime dont je suis membre adhérent.  Cette académie est présidée par Marcel Hurard bien connu à Yvetot. Cette académie compte parmi ses membres  Patrick Monville, un de ses membres de son conseil d'administration qui par ailleurs est également un des membres du Conseil d'administration de l'association Faire Vivre le Manoir du Fay. 

La S.C.A vient de publier dans son dernier bulletin annuel 2021, page 14-15,  un article dont un chapitre est consacré à la pomme de terre.

C'est Pierre Watte Vice-président de la Commission départementale des Antiquités, ancien directeur du Muséum d'Histoire naturelle du Havre, Maurice Renard, administrateur de la SCA et Sylvain Thouret, ancien professeur au Lycée Agricole d'Yvetot qui ont rédigé ce chapitre de l'histoire de la pomme de terre qui m'apparaissait utile pour enrichir cette fiche .

Extrait  : 

" Le tsar Nicolas 1er lance la production - les disettes de 1709, de 1710, de 1769 et 1770 contribuent au développement de la production.

1771 : Parmentier obtient un 1er prix à Besançon. Parmentier est originaire de la Somme, né en 1737, il devient pharmacien. 

1785 : à la Saint-Louis, Parmentier offre à Louis XVI un plat de pomme de terre

1787 : Parmentier organise un banquet et reçoit des hommes célèbres ; Lavoisier, Vilmorin, Franklin, Buissonnet, Voltaire entre autres… Il renouvellera le banquet dans la plaine des Sablons en offrant à la dégustation  de 20 plats à base de pommes de terre.

1813 : mort de Parmentier

1813 : l'Académie d'Agriculture constitue une collection de variétés sous l'égide de Vilmorin à Verrières le Buisson

1846 : premier catalogue créé par Philippe Vilmorin contenant 177 variétés.

1881 : un autre catalogue annonce 630 variétés […]

Sylvain Thouret complète par ses annotations " Quel destin amusant que celui de Parmentier qui avait au départ l'intention d'inventer un substitut au blé pour pallier aux époques de disette en inventant un pain fait avec de l'amidon de pommes de terre , ce qu'il a loupé, par contre sans le savoir au départ, il est quand même parvenu à ses fins mais en inventant une autre culture qui a bien contribué à diminuer les famines."

 

Ethnologie, selon Michel Chauvet (extraits)

"Les poteries mochicas du Pérou […] montrent de gros yeux garnis de germes, analogues à des bouches et des dents. […] A Pérou, on révérait   à l'époque historique des papas madres (précoces et constituées de deux tubercules accolées) et des pierres, en forme de pommes de terre. Par contre, les conquistadors espagnols vouaient un profond mépris à cette nourriture d'indiens, qu'ils appelaient turmas de tierra (testicules de terre). […]"

 

Usages selon Michel Chauvet (extraits)

 "[ ...] Il semble qu'on ait cuit la pomme de terre en ragoût et sous les cendres.

Ce n'est que vers la fin du XVIIIsiècle, que se répandent la pomme de terre bouillie, puis la purée. Quand aux frites, dont la paternité est un sujet de discorde entre Belges et Français, elles apparaissent d'abord chez des marchands ambulants vers 1830, et c'est la baisse du prix de l'huile qui va les populariser. [] la pomme de terre fait l'objet de nombreuses transformations industrielles. La purée de flocons, les frites surgelées et les chips sont les plus importantes, mais les produits extrudés pour l'apéritif sont aussi en expansion. 

Enfin la pomme de terre peut se distiller. L'aquavit en Suède, et certaines vodka en Pologne sont à base de pomme de terre.

Hormis ses utilisations alimentaires, la fécule de pomme de terre a de nombreux débouchés industriels."

 

Economie, selon Michel Chauvet  (extraits)

"Avec une production mondiale de 369 millions de tonnes en 2012, d'après la FAO, la pomme de terre est la quatrième plante alimentaire après le blé, le riz et le maïs. […]

En France, il s'en produit 6 670 000 t sur 180 000 ha, tous types confondus. (En Russie , 29,5 millions de t, Ukraine 23,3) [ …] la Belgique (2,93) . […].

La pomme de terre  primeur est le plus souvent récoltée avant maturité et ne se conserve pas […] Les plus précoces  viennent de Noirmoutier, et les principales régions productives sont la Bretagne, la Provence, le Languedoc-Roussillon et l'Aquitaine. […] la pomme de terre primeur fait l'objet d'exportations du Maroc et d'Espagne vers la France, et de la France vers le Royaume-Uni."

Depuis 2014, Jean-Denis et Geneviève sont venus au Manoir du Fay, attirés par sa beauté.

Depuis, bénévolement, ils entretiennent  le jardin clos sur ses parcelles cultivées  : légumes, fleurs et rosiers. Ils achètent les graines et les plants à repiquer qu'ils préparent dans des godets dans leur propre serre dans un petit village du pays de Caux.
Ils se font aider par des jardiniers occasionnels.

Ils pensent ainsi contribuer à l'agrément du jardin clos et à son embellissement ainsi qu'à faire partager leur passion auprès des visiteurs.

Pour les premiers plants au jardin, ils repiquent les échalottes fin février, les pommes de terre vers la fin avril, les haricots en mai puis les betteraves, les blettes. En juin ils sèment les carottes nantaises, les poireaux d'été, les salades feuille de chêne et laitue, les radis fakir. En juillet c'est la période des courges, des potirons, des concombres, des courgettes et la rhubarbe.

Pour les fruits rouges  ils procèdent à la cueillette des  framboises, des cassis et des groseilles. Tous les deux ans c'est la récolte des cerises, arbre sur lequel nous reviendrons.

Pour les aromatiques ils les entretiennent là où ils se trouvaient par le passé comme également pour l'oseille qu'ils n'ont pas introduit.

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Les plants sont prêts pour le jardin clos du manoir du Fay

Crédit photo © JDG 2022

Le questionnaire proustien de Levaillant à Jean Denis et Geneviève, membres de l’association « Faire Vivre le Manoir du Fay) et jardiniers du jardin clos depuis 2014.

 

  • Quel rôle joue la pomme de terre au jardin clos ?

 L'intérêt de la pomme de terre tient au fait qu'elle est est riche en glucides : potassium, magnésium  et fibres

      -    Quel usage en avez-vous personnellement ?

 Nous la cuisinons

      - Dans quel plat le préférez-vous ?

 Le gratin dauphinois

      - Est-elle présente dans votre propre jardin ?

 Bien sur

      - En cuisine quelle sensation éveille-t-il en vous ?

 Nous pensons que son goût varié  s'équilibre bien avec d'autres légumes 
       -   Quel est votre conseil en qualité de jardiniers ?

 Nous recommandons de la planter fin avril, début mai à une profondeur de 10 cm, espacée de 40 cm dans un sol léger et drainé.
     -  Quel est votre plante alimentaire préférée au jardin ?

 Bien évidemment le haricot vert.

 

 

La pomme de terre "Charlotte" par Jean Denis et Geneviève

La pomme de terre "charlotte" est une variété française, appellation d'origine de l'Ile de Ré. Créée en Bretagne en 1981.Elle est cultivée pour ses tubercules riches en amidon et elle a  été utilisée pour l'alimentation humaine et animale.

La pomme de terre est originaire des Andes. Elle a été introduite en Europe en 1534, en Espagne, puis en 1588 en Autriche, cultivée en Angleterre en 1585.

Mais en France, on se méfiait de ce légume. On la considérait comme aliment pour le bétail.

Après la famine de 1785, avec le soutien du roi Louis XVI, la culture est lancée et adoptée par les français.

Son origine remonte à environ 8000 ans sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes où elle poussait à l'état sauvage. 

 

 

Jean-Denis travaille une des parcelles pour recevoir les prochains plants de pomme de terre au début du printemps 2022. 

Les deux carrés, en préparation, dédiés à la Charlotte, mars 2022

Crédits photo © JDG et PL - 2022

Ils en parlent...

 

Du côté d'Annie Ernaux :

"Mon père « faisait » les carottes et les poireaux, le chou-navet, l’échalote, l’ail, la ciboule et le persil, l’oseille, le radis noir, les haricots à rames, mange-tout, à écosser - qui sécheraient tout l’hiver suspendus dans le grenier- les pois gourmands, les pommes de terre, qu’on dégustait, nouvelles, avec du beurre, les fraises dont je guettais en juin sous les feuilles le rougissement. Il « ne faisait pas » la tomate, l’asperge, l’épinard, le concombre, l’artichaut, qui, affirmait-il, ne « viennent pas par ici ».

L’été, j’entendais le bruit mat et régulier de son louchet aplatissant la terre."

extrait du texte d'Annie Ernaux - in : https://yvetotpatrimoinevegetal.over-blog.com/2020/11/003-l-histoire-du-patrimoine-vegetal-d-yvetot-1021-2021-preface-d-annie-ernaux.html

 

Du côté de  Gustave Flaubert :

Ils avaient été sur les rives de l’Orne, choisir des granits, les avaient cassés, numérotés, rapportés eux-mêmes dans une charrette, puis avaient joint les morceaux avec du ciment, en les accumulant les uns pardessus les autres ; et au milieu du gazon se dressait un rocher, pareil à une gigantesque pomme de terre."

In : https://flaubert-v1.univ-rouen.fr/oeuvres/bouvard_et_pecuchet.php

 

Du côté de Maupassant

"Au bord d'un chemin, sur un tas de hardes, un tout petit enfant, assis les jambes ouvertes, jouait avec une pomme de terre qu'il laissait parfois tomber dans sa robe, tandis que cinq femmes, courbées et la croupe en l'air, piquaient des brins de colza dans la plaine voisine. "

In : http://textes.libres.free.fr/francais/guy-de-maupassant_le-pere-amable.htm

 

Du côté de Jehan le Povremoyne :

"la paysanne y jetait à poignées les légumes de saison, largement lavés dans un plein seau d'eau, choux, carottes, poireaux, navets, pommes de terre, oseille, oignons. Une main de gros sel craquant. Un morceau de beurre qui fondait en trainées d'or…"

In : Jehan le Povremoyne, contes normands, ma grand-mère paysanne, la soupe à l'oseille.

 

Du côté de Marcel Proust :

"Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l'exposition. Dès les premières marches qu'il eut à gravir, il fut pris d'étourdissements. Il passa devant plusieurs tableaux et eut l'impression de la sécheresse et de l'inutilité d'un art si factice, et qui ne valait pas les courants d'air et de soleil d'un palazzo de Venise, ou d'une simple maison au bord de la mer. "

In : https://marcel-proust.com/extrait/526

 

Ma recette préférée : le gratin dauphinois

Beurrer et ailer un plat en terre cuite.

Garnir le plat avec des lamelles de pommes de terre.

Couvrir la garniture au 3/4 avec un mélange de lait, crème fraîche, beurre.

Saler, poivrez

Mettre au four à 135° jusqu'à ce que la pomme de terre soit cuite et rissolée par le dessus.

Ma préférence est de déguster le gratin dauphinois avec un saucisson de Lyon cuit au vin rouge (beaujolais) en papillote au barbecue.

La maison Hardy de Rouen prépare d'excellents saucissons de Lyon à la pistache, à cuire.

Maison Hardy, 22 Pl. du Vieux Marché, 76000 Rouen, France

 

Lamelles

Ail

Couches

Saler, poivrer

Couvrir au 3/45 de lait et couvrir de lamelles de beurre

3 heures de cuisson au four à 135° 

Cuit à point, sorti du four

Crédit photo © Pascal Levaillant 2022

Cette fiche n°4 consacrée à la pomme de terre est susceptible d'être complétée par de nouveaux visuels et par d'autres apports textuels au fur et à mesure

à suivre...

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 13:11

Pascal Levaillant présente la fiche n°3 : le poireau

Fiche réalisée par Pascal Levaillant, artiste botaniste, membre de FVMF depuis 2020.
Références scientifiques, littéraires, iconographiques de :  Michel Chauvet auteur de l'encyclopédie des Plantes alimentaires, Belin Editeur, 2018 ; Denis Langlois ; Yves de Saint-Jean ;  MOVI NORMANDIE ;  Annie Ernaux,  avec leurs aimables autorisations et contributions textuelles de  M.et M. Lecossois.

 

Parcelle des poireaux du jardin clos du manoir du Fay, 2022

© crédit photo Pascal Levaillant 2022

 

Le manoir du Fay, un édifice remarquable

L'épure du pays de Caux

 

Crédit illustration MOVI NORMANDIE - www.movinormandie.fr

Le poireau

Le poireau a dû être cultivé dès la création de ce jardin nourricier que l’on peut observer sur le plan terrier du 18e siècle antérieurement à l’acquisition du manoir du Fay par la Ville d’Yvetot en 1988.

M. Maignan qui a résidé au manoir atteste d’un jardin nourricier situé, entre l’actuel cerisier qui a remplacé un vieux prunier et l’angle du mur ouest du jardin clos.

L’association A.N.E.T.H. a entretenu ce jardin clos de 1994 à la fin des années 2000.  1994 est la date à laquelle la Ville d’Yvetot a confié la gestion du jardin clos du manoir du Fay avant de la confier par la suite à l’association Faire Vivre le Manoir du Fay au début des années 2010.

 

Le carré en mars 2022
 

Le jardin clos du manoir du Fay (contexte)

Comme de coutume, le jardin clos du Manoir du Fay a été très certainement un jardin potager et nourricier, depuis 1612, comme pour la plupart des petits manoirs décrits par Xavier Pagazini[1] c’est-à-dire un des espaces clos réservés au seigneur, comme le figure plus tard le terrier de 1780 de la Seigneurie de Baons-le-Comte.

Au début du 20e siècle, M. Bernard Maignan, ancien locataire du manoir, nous a informé qu’une partie de ce jardin clos fut réservé à un petit potager et que le poireau était cultivé à son époque.

 

On aperçoit le jardin nourricier du manoir du Fay divisé en deux parcelles principales tel qu’il fut dessiné pour ce plan terrier.

LE MANOIR DU FAY Plan terrier de Baons le Comte 1780

ADSM FRAD076_12Fi_00

 

 

[1] La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

 

Le jardin clos au temps de la grand-mère de Bernard Maignan au début du 20e siècle peu avant la guerre 14-18, vers 1912.

Le jardin clos au temps de la grand-mère de Bernard Maignan au début du 20e siècle peu avant la guerre 14-18, vers 1912.

Le jardin clos © IGN REMONTER LE TEMPS 1961, au temps des derniers locataires du manoir du Fay : on discerne le coin potager au gauche du cerisier actuel.

Le jardin clos © IGN REMONTER LE TEMPS 1961, au temps des derniers locataires du manoir du Fay : on discerne le coin potager au gauche du cerisier actuel.

Le jardin clos en 1985 © IGN REMONTER LE TEMPS : Le cerisier a poussé en taille, le potager a disparu.

Le jardin clos en 1985 © IGN REMONTER LE TEMPS : Le cerisier a poussé en taille, le potager a disparu.

© IGN remonter le temps - cliche 124 du 08-04 -1997  [Au temps du jardin biologique de l’A.N.E.T.H.]

© IGN remonter le temps - cliche 124 du 08-04 -1997 [Au temps du jardin biologique de l’A.N.E.T.H.]

 

Trois ans après que l'association ANETH se soit installée au jardin clos depuis le 1er septembre 1994, on aperçoit le jardin biologique nouvellement crée avec ses huit parcelles triangulaires.

Rangs de poireaux au jardin clos en 1996

           © manoir du Fay – Pascal Levaillant 1996

 

 

 

Rangs de poireaux au jardin biologique de l’A.N.E.T.H.

Crédit photo © A.N.E.T.H. 1998

 

 

Histoire et origine de la plante alimentaire

Le poireau

L’Allium Porrum L. (1753)

 

                                 Poireaux du jardin clos du Manoir du Fay, 2022 © Pascal Levaillant

Biologie et classification et variétés

« Plante bisanuelle ou prenne, à bulbe et aux feuilles basales, se recouvrant les unes les autres en un fût.

Le poireau commun est le plus cultivé. Divers autres types se sont répandus du centre d’origine, d’un pays à l’autre, dans les jardins familiaux notamment. Michel Chauvet classifie plusieurs groupes dont le Groupe Oignon-perle ; le Groupe Kurrat ; le Groupe Irani ; le Groupe Perpétuel ; le Groupe Porrum, en français poireau, leek en anglais. »

Histoire : pas si simple pour s’y retrouver

Michel Chauvet nous informe que le « poireau fait partie d’un « complexe Allium ampeloprasum » qui a été très discuté. Il existe des poireaux sauvages partout de la Méditerranées à l’Afghanistan, mais le poireau proprement dit est très proche d’Allium iranicum (Wendelbo) Wendelbo et Allium atroviolaceum Boiss., espèces proche-orientales. […] Au 1er siècle de notre ère, Pline (…) est plus précis : « on sème [le porrum] …plus serré si on veut avoir du poireau à couper (sectivum)…Si on le fait pousser pour la tête, avant le moment de le couper, on le repique dans une autre planche en rognant légèrement l’extrémité sans touche au blanc (medulla). […] Au Moyen Âge, le poireau apparait sous le nom de porros dans le capitullare de Villis (812), et de porrum et Lauch chez Hilledegarde. Le poireau a ensuite mis de nombreux siècles avant de perdre ses caïeux et son renflement basal. […] »

Ethnologie : de Néron aux Gallois

Michel Chauvet nous rapporte que « Pline (…) nous a laissé le souvenir d’un « porrophage » célèbre, qui avait au demeurant d’autres vices moins recommandables : « l’empereur Néron a récemment donné la célébrité au poireau à couper : il en mangeait à l’huile pour sa voix chaque mois à jours fixes, sans rien prendre d’autre, même du pain. »

« Le poireau doit à une légende rapportée par Shakespeare d’être devenu l’emblème national des Gallois. Ces derniers auraient porté un poireau sur leur chapeau pour se reconnaître lors d’une bataille gagnée sur les envahisseurs saxons en 640. »

Usages : aux vertus diurétiques, il de mange cuit ou froid en salade et en soupe

Michel Chauvet nous renseigne sur les usages répandus du poireau :

« Le poireau est habituellement consommé cuit. Quand on l’utilise comme légume, on préfère   souvent un poireau à long fût blanc. Il peut être servi chaud en accompagnant de divers plats, ou froid, en salade.

C’est un ingrédient indispensable de nombreuses soupes.  Certains préfèrent alors la partie verte des feuilles, au goût plus prononcé. C’est pourquoi les poireaux perpétuels ont survécu jusqu’à nos jours. »

Economie : 1/3 de la production mondiale est européenne.

« Les principaux producteurs sont la Turquie, la Belgique, la France, la Pologne, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne.

La production familiale de poireau est très importante. Une proportion croissante de la production est transformée en surgelé ou en déshydraté (pour les soupes industrielles).

Le poireau est surtout une production hivernale. Il est laissé en terre jusqu’à la commercialisation. »

Denis Langlois[1] dans son traité du jardin biologique du Manoir du Fay nous dit ceci à propos du poireau :

« Nos ancêtres connaissaient déjà la « cohabitation » pour les plantes, il est bien connu que la carotte repousse la teigne du poireau, tandis que le poireau éloigne la mouche de la carotte, d’où l’avantage d’alterner rang de carotte et rang de poireau »

Par ailleurs « le voisinage du poireau est favorable avec, dit-il encore, l’asperge, le céleri, le fenouil, le fraisier, le haricot, l’oignon, la tomate. En revanche le voisinage du poireau est défavorable avec le chou, et réciproquement »

 

En 1947, Jehan le Povremoyne, Contes des jours heureux et des autres, Editions H. Defontaine, rue Eau-de-Robec, Rouen, 1947, p. 107.

Jehan le Povremoyne livre des vieux remèdes de bonnes femmes qu’il a trouvé et prévient de ne pas le tenir responsable si le lecteur pouvait les employer, ce dont je m’accorderais à nommer l’objet de mal à soigner ici même :

« Maintenant vous pouvez essayer les poireaux. Prenez six ou sept blancs de poireau et coupez-les comme le doigt. Mettez-les dans la poêle avec du vinaigre. Laissez-les cuire jusqu’à la consommation du vinaigre. Prenez alors les poireaux, étendez-les sur un linge et appliquez-vous ce cataplasme sur le côté »

 

En 1947, Raymond Queneau[2]

Botanique

« Après avoir fait le poireau sous un tournesol merveilleusement épanoui, je me greffai sur une citrouille en route vers le champ Perret. »

En 1973, Jehan le Povremoyne[3]  cite :

« Grand-mère, l’œil à la vitre, regarde le ciel.

C’est février. Le jardin, sous la fenêtre, est « triste » son plant de poireaux maigres en arabesques sur mottes, ses ravenelles sans fleurs, ses rosiers morts et ses buissons de framboisiers qui ne sont plus que des bâtons sans feuille. »

En 1977, Raymond Mensire, Le patois cauchois, Société cauchoise de Presse et de Publicité, 76190 Yvetot, 1977

« Porette ou Poette : semis de poireaux ; jeunes poireaux à repiquer »

En 1982, Gérard Lozay cite une référence lexicale dans son étude : « Maupassant aux conteurs cauchois patoisants. Le passage à l’écrit d’un parler régional, article dans Etudes Normandes, 1982, p.26.

« Porette (plan de poireau à repiquer) »

En 1994, Roger Dubos, Dictionnaire du patois normand, Charles Corlet Editions, 1994, 108.

« Porett’. Poireau. Petits poireaux à repiquer. « J’te vas réquer la porett’. » Expression menaçante au début d’une partie de dominos : Je vais te faire perdre. Egalement menace au cours d’une dispute. »

En 2002, Le poireau dans tous ses états, Guy Jacquy, Editions Vivement Dimanche, 2002.[4]

Ouvrage incontournable et indispensable

« De petites différences, des nuances de couleur - le vert grisâtre du poireau de Paris, le carrément bleuté du Solaize, le presque jaune du Poitou - des différences de calibre - le très gros de Rouen ou d’Elbeuf, le monstrueux de Carentan, le long de Mézières et son cousin de Serbie - qui rendent les photos de famille plus jolies. Et puis il faut compter aussi avec leur adaptation au climat ! Il y a les frileux qui ne sont à point qu’en été ou à l’automne, et les plus vigoureux qui résistent aux hivers les plus froids. […] »

En 2005, Yves de Saint Jean[5] nous conte le pot-au-feu de Gigot d’Yvetot

Pot-au-feu de Gigot d’Yvetot[6]

« 1 gigot, carottes, navets, poireaux, céleri, oignons, ail (2 ou 3 gousses), 1 ou 2 clous de girofle, bouquet garni, sel, poivre.

Mettre le gigot à l’eau froide dans une marmite et porter lentement à ébullition. Faire cuire un quart d’heure ; saler et poivrer après avoir écumé.

 Ajouter les légumes, les oignons, dont un piqué d’un ou deux clous de girofle, l’ail et le bouquet garni. Laisser cuire une heure et demie.

Préparer une sauce en versant quelques louches de bouillon de cuisson sur un roux blanc fait avec le beurre et la farine.

Laisser cuire quelques minutes et ajouter la crème et les câpres. Rectifier l’assaisonnement. Servir la viande garnie de légumes et accompagnée de la sauce. »

Evoquer le gigot d’Yvetot prend tout son sens à propos de cette fiche consacrée au poireau cultivé au jardin clos du manoir du Fay. En effet le poireau entre dans la liste des légumes qui accompagne le gigot d’Yvetot. Le second point relie le gigot aux os de mouton qui habille le mur d’enceinte en bauge du jardin clos du manoir du Fay.

C’est une particularité architecturale de ce jardin clos où des os dépassent de la bauge du mur d’enceinte. Rappelons que la disposition des os en lignes parallèles se trouvent sur une bonne exposition sud-est propice à des végétaux disposés en treilles tels la vigne, les poiriers ou les pommiers adossés au mur à distance grâce à ce dispositif, respectueux de la longévité du mur.  A Yvetot en pays de Caux[7] notamment au 18e et 19e siècle l’élevage[8] était à son apogée notamment pour la laine. Le coton a supplanté la production de laine ainsi l’activité de l’élevage a fortement diminué. Le mouton fut très consommé à Yvetot ce qui a donné cette recette très prisée en pays de Caux.

Pour faire tenir les fruitiers il suffisait de recycler les os de mouton dans la bauge qui servaient ensuite à tenir les fils par le bout de l’os (vis) sans blesser le mur de bauge.

L’avantage des os de mouton au vu de leur double boursouflure (tête d’os) une fois fiché dans la bauge, l’os tenait prisonnier durablement et de plus il ne rouillait pas et n’éclatait pas.

Au manoir du Fay, les plus gros os des trouvent en rangée supérieure pour descendre par d’autres alignements dont les plus bas par des os de volaille (poulet), plus petit.

Denis Langlois, président de l’A.N.E.T.H.  a signalé à son époque le rôle que tenaient : « quelques poiriers accrochés à des os de moutons et de poulets encastrés dans le torchis du mur afin de soutenir les espaliers »[9

 

 

Ossement dans la bauge ©Pascal Levaillant 2016

Ossement dans la bauge ©Pascal Levaillant 2016

Ossement dans la bauge ©Pascal Levaillant 2016


[1] In : Le Manoir du Fay et son jardin biologique, Robert Tougard et Denis Langlois., p.22-23

[2] Botanique, in : Queneau, Exercices de style, Gallimard, Folio n°1363, 1947, p.131.

[3] Jehan le Povremoyne, Ma grand-mère paysanne, contes normands, 1990.

[4] Épuisé depuis 2004, Le Poireau dans tous ses états, n’était plus disponible que chez quelques bouquinistes. On peut le consulter librement :  https://docplayer.fr/79638611-Poireau-dans-tous-ses-etats.html#show_full_text

[5] Yves de Saint-Jean, Haute Normandie, Balades en Pays de Caux, Editions Vinarelle, 2005p. 63.

[6] Nos amis anglais le servent accompagné d’une sauce à la menthe.

Guillaume le Conquérant aurait-il laissé en souvenir cette vieille recette normande dont se régalait le roi d’Yvetot ? in : https://static.fnac-static.com/multimedia/editorial/pdf/9782737377020.pdf

[7] La richesse du Pays de Caux se traduit par la concentration sur la même surface de forts rendements culturaux et de chargements en bétail élevés. Ce phénomène semble assez ancien et dès 1665 l’Intendant de la Généralité de Rouen pouvait affirmer : (le Pays de Caux) « est très fertile en grains, et il y a grands nombres de troupeaux de moutons.» 9. in :  Voysin de la Noiraye, éd. Esmonin, 119, 1913. In : https://books.openedition.org/puc/1307?lang=fr

[8] Les moutons cauchois appartenaient à la catégorie dite des « moutons de parcs », nourris jadis sur les jachères et sur les communaux. Avant les bovins, ils bénéficièrent des prairies artificielles au début du XIXe siècle alors que les croisements de Mérinos avec la vieille race cauchoise permettaient une amélioration des toisons. Mais l’orientation changea vers 1830. Pour augmenter les qualités bouchères, les éleveurs tentèrent quelques croisements avec les races anglaises (Dishley) et négligèrent de plus en plus la production de laine. La concurrence des laines et des viandes étrangères sur le marché français, la désaffection du goût moderne pour la viande de mouton in : https://books.openedition.org/puc/1307?lang=fr

[9] In : Le Manoir du Fay et son jardin biologique, Robert Tougard et Denis Langlois.

En 2019, Annie Ernaux[1] cite la culture du poireau au jardin de son père à Yvetot, rue Clos des Parts, face au café-épicerie.

« Mon père « faisait » les carottes et les poireaux, le chou-navet, l’échalote, l’ail, la ciboule et le persil, l’oseille, le radis noir, les haricots à rames, mange-tout, à écosser - qui sécheraient tout l’hiver suspendus dans le grenier- les pois gourmands, les pommes de terre, qu’on dégustait, nouvelles, avec du beurre, les fraises dont je guettais en juin sous les feuilles le rougissement. Il « ne faisait pas » la tomate, l’asperge, l’épinard, le concombre, l’artichaut, qui, affirmait-il, ne « viennent pas par ici ».

Il ne faut oublier la fameuse recette de la soupe aux poireaux de Marguerite Duras : « Ou comment l’écrivaine nous a réconcilié avec le duo poireaux-pommes de terre : hommage à une écrivaine et à son potage. »[2]

Je voulais enfin vous signaler ce lien à propos du poireau :

http://yvesdesaintjean.over-blog.com/2020/10/humble-et-fidele-le-poireau.html

 

Le questionnaire Proustien de Levaillant

 à M. et Mme Lecossois, membres de l’association « Faire Vivre le Manoir du Fay » depuis 2014.

Le couple Lecossois 

Monsieur Lecossois, membre de l'association Faire Vivre le Manoir du Fay occupe efficacement et scrupuleusement le poste de trésorier depuis 2014. Mme Lecossois apporte son aide et son soutien lors des manifestations et les évènements associatifs.
Occasionnellement le couple  participe aux travaux de jardinage, ponctuellement car ils ont aussi à gérer leur propre jardin au clos des fonds où ils entretiennent une parcelle des jardins ouvriers et familiaux.
Jean Pierre  Lecossois en accord avec le CA, alloue une somme aux jardiniers  [Jean Denis et Geneviève]  afin qu'ils se procurent graines, produits et outils nécessaires à l'entretien du jardin clos qu'ils se fournissent au marché d'Yvetot le mercredi et le samedi.

- Quel rôle joue le poireau au jardin clos ?

Remplir un carré de différents légumes dont des poireaux

- Quel usage en avez-vous personnellement ?

Pour la soupe ou accompagner des viandes.

- Dans quel plat le préférez-vous ?

Avec la cuisson de la poitrine fraîche appelé vulgairement petit salé.

- Est-il présent dans votre propre jardin ?

Oui bien sûr.

- En cuisine quelle sensation éveille-t-il en vous ?

Pour la soupe c'est l'odeur, pour le petit salé c'est le velouté du poireau.

- Quel est votre conseil en qualité de jardinier ?

Variété bleue de solaise, résiste bien au froid, quand il est attaqué par le ver du poireau il suffit de couper les feuilles, il aura un arrêt de croissance sur le coup mais grossit à nouveau un mois après. Je ne traite jamais mes légumes.

- Quel est votre plante alimentaire préférée au jardin ?

Difficile à répondre car on aime tout, mais peut-être le céleri soit en branche soit le rave.

 

[2] Lire Duras et manger sa soupe - France Culturehttps://www.franceculture.fr › ... › Les Mitonnages de Jacky : Lire Duras et manger sa soupe, le 23/02/2019, Ou comment l’écrivaine nous a réconcilié avec le duo poireaux-pommes de terre : hommage à une écrivaine et à son potage.

 

 

 

En guise de conclusion je vous propose la recette inédite et véritable du gigot d’agneau à l’os de 11 heures à la mode d’Yvetot de et par Pascal Levaillant.

Prendre 1 gigot, l’équivalent d’un bol de carotte, d’un bol de poireau, d’un bol de navet, d’un bol de céleri branche, d’un bol d’oignons, de 3 gousses d’ail, de 2 clous de girofle, d’un bouquet garni, du sel et du poivre, de 50 cl de vin blanc ou de cidre, 10 cl de fine (calva) et d’un bon filet d’huile de colza.

Pour la sauce il faut du beurre, de la farine, de la crème fermière épaisse, des câpres, du persil et de l’ail.

Faire tout d’abord rissoler le gigot dans une cocotte sur un fond d’huile en double face.

Disposer le gigot, saler poivrer et disposer en fond de plat en terre les carottes, les navets, les poireaux, les branches de céleri, les oignons et l’ail recouvert des feuilles de céleri au préalable rissolée dans le jus de rissolement du gigot.

Jeter dessus 50 cl de cidre brut ou de vin blanc sec et 10 cl de fine (calva).

Enfourner dans le four préchauffé à 120° pendant 11 heures en prenant le soin d’arroser légumes et gigot au moins toutes les heures.

Servir avec la sauce à préparer au dernier moment et servir avec des patates préalablement sautées rissolées au persil et ail.

Pour la sauce il faut préparer un roux avec le bouillon de cuisson filtré. Ajouter la crème, saler, poivrer et pour compléter il faut ajouter des câpres ou du poivre vert selon son goût.

Bonne dégustation. Servir avec du cidre brut.

 

Les produits frais pour la recette

Du gigot à l’assiette © Pascal Levaillant 2022

 

Les légumes  bio pour la recette

Du gigot à l’assiette © Pascal Levaillant 2022

 

Le plat prêt à être enfourné pendant 11h00

Du gigot à l’assiette © Pascal Levaillant 2022

 

Le plat prêt à être dégusté

Du gigot à l’assiette © Pascal Levaillant 2022

 

Du gigot d'agneau à l'os à l'assiette © Pascal Levaillant 2022,

servi avec des petites pommes de terre sautées

Remerciements à l'association Faire Vivre le Manoir du Fay pour la publication sur son site, à la Ville d'Yvetot propriétaire des lieux, à Denis Langlois pour la mémoire de l’association ANETH, à Michel Chauvet, à Bernard Maignan, ancien locataire du manoir du Fay ainsi qu’à Xavier Pagazini, auteur, à Annie Ernaux, à M et Mme Lecossois, à Yves de Saint-Jean, à Queneau, à Le Povremoyne, à Mensire, à Gerard Lozay, à Roger Dubos, à Guy Jacquy, à IGN Remonter le temps, à France Culture, à l’ADSM et à MOVI NORMANDIE.

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6 janvier 2022 4 06 /01 /janvier /2022 17:06

 

Fiche bimestrielle n°2 de Levaillant

"Des plantes alimentaires au jardin clos du manoir du Fay d'Yvetot", édition de la mi-janvier 2022.

Fiche réalisée par Pascal Levaillant, artiste botaniste, membre de FVMF depuis 2020.
Réf. scientifiques de la Société de Pomologie de la Région Normandie ;  de Michel Chauvet auteur de l'encyclopédie des Plantes alimentaires, Belin Editeur, 2018, p. 623-624. ; de Pascal Bouchard, Didier Le Scour, auteurs de Pays de Caux, Des mots et des gens, Editions Garnier, 1981, chapitre le parler cauchois, p.172. ;  de Lebourgeois (P.), Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015 ; d'Annie Ernaux pour sa citation,  avec leurs aimables autorisations.


Le poirier de coq
et son fruit la PE de COC (ou CO)[1]

 

[1] Pascal Bouchard, Didier Le Scour, Pays de Caux, Des mots et des gens, Editions Garnier, 1981, chapitre le parler cauchois, p.172.

Le poirier de coq et ses poires de coq  au jardin clos du manoir du Fay à Yvetot.

Le poirier de coq et ses poires de coq au jardin clos du manoir du Fay à Yvetot.

Poirier de coq du pays de Caux, Normanville, poirier séculaire d’une masure cauchoise / Source document de Patrick Lebourgeois,  in : Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015

Poirier de coq du pays de Caux, Normanville, poirier séculaire d’une masure cauchoise / Source document de Patrick Lebourgeois, in : Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015

Le poirier de coq du jardin clos du manoir du Fay d’Yvetot.

 

Le poirier de coq est antérieur à l’acquisition du manoir du Fay par la Ville d’Yvetot en 1988 c’est-à-dire entre 1976 et 1988 car  ce n'est pas l’association A.N.E.T.H. qui l'a planté  en revanche elle a entretenu cet arbre fruitier dès 1994 date à laquelle la Ville d’Yvetot a confié la gestion du jardin clos du manoir du Fay.
 

Perspective sur la silhouette du poirier de coq, vu de la diagonale des arbres fruitiers (pommiers)

Le poirier de coq à l'automne portant ses fruits avant qu'elles soient lochées à partir de la Toussaint selon la maturité du fruit.

Le jardin clos du manoir du Fay (contexte)

Comme de coutume, le jardin clos du Manoir du Fay a été très certainement un jardin potager et nourricier, depuis 1612, comme pour la plupart des petits manoirs décrits par Xavier Pagazini[1] c’est-à-dire un des espaces clos réservés au seigneur, comme le figure plus tard un terrier de 1780 de la Seigneurie de Baons-le-Comte.

 

Au début du 20e siècle, M. Bernard Maignan, ancien locataire du manoir, nous a informé qu’une partie de ce jardin clos fut réservé à un petit potager et que le poirier de coq n’existait pas à son époque. Seul le cerisier avait remplacé un prunier au même endroit.

 

C’est entre 1976 et 1994 que le poirier de coq a été planté. On ignore par qui mais il se peut que ce soit la Ville d’Yvetot qui l’ait fait planter après 1988 ou avant par les anciens locataires : la famille Neveu.

Grâce à l’action de l’association A.N.E.T.H.[2] à qui la Ville a confié ce jardin clos en 1994 pour en faire en premier lieu notamment un jardin biologique, Denis Langlois se souvient avoir procédé à l’entretien et à la taille de ce poirier de coq. 

 

[1] La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

[2] ANIMATIONS NATURE, ENVIRONNEMENT, TECHNIQUES HORTICOLES (ANETH) Association dirigée et animée par  Denis Langlois de 1994 à la fin des années 2000.

© IGN remonter le temps - cliche 176 du 08-04 -1997

© IGN remonter le temps - cliche 176 du 08-04 -1997

 

Trois ans après que l'association A.N.E.T.H. se soit installée au jardin clos depuis le 1er septembre 1994, on aperçoit le poirier de coq dans le même alignement que le laurier-sauce au bout de l’allée centrale coupant le jardin biologique en deux, partageant les huit parcelles triangulaires.

 

 

Histoire et origine de la plante alimentaire

Le poirier de coq est une variété de poirier à poiré.

Pyrus nivalis Jacq. (1774) - poirier à poiré

« Le « poirier des neiges » ou « poirier saugé » est répandu à l’état sauvage dans les bois clairs et ensoleillés du sud et du sud-est de l’Europe. Il a dû contribuer génétiquement à la formation de certains cultivars de poirier commun, comme le groupe des « Bergamotes ». Mais depuis de Candolle (1883), les botanistes considèrent que c’est lui qui a été domestiqué pour donner des poiriers à poiré. Les poiriers à poiré sont essentiellement cultivés en France (Normandie, Mayenne, Sarthe) et en Angleterre, où ils ont été introduits par les normands. Leur culture pourrait être plus ancienne que celle du pommier à cidre. On en trouve aussi ça et là en Allemagne, dans le nord de l’Italie… »[1]



Biologie et classification et variétés

Biologie et classification et variétés

Le poirier de coq est avant tout un poirier à poiré.

Michel Chauvet nous informe que le poirier à poiré est un « arbre atteignant 20 m de haut, inerme, à rameaux ascendants, tomenteux à l’état jeune puis noirâtres. Feuilles ovales et elliptiques, caduques, de 5-9 cm de long, à bord entier ou légèrement crénelé à l’apex, apex aigu et bas en coin. […] Pétales blancs et ovales.

 

La forme sauvage a des fruits globuleux, jaune verdâtre avec des taches pourpres. Le fruit ne s’adoucit que quand il blettit.

 

Les poiriers sont des arbres de plein vent, cultivés seuls ou en association avec les pommiers à cidre. Suivant les cultivars, ils ont des fruits piriformes, jaune verdâtre ou roux, et de taille petite à moyenne. »

 

Comme on peut souvent le constater en pays de Caux, battu par les vents d’ouest dominant, le poirier se trouve souvent dans les masures cauchoises comme, par exemple, dans la cour plantée du manoir du Fay où subsistent deux poiriers de coq multi séculaires (fin du 18e siècle)

 

Un des deux poiriers survivants a perdu définitivement son feuillage et s’est quasiment desséché.

 

Un jeune poirier de coq a été replanté dans la cour du manoir du Fay à proximité d’un poirier Fisé, non loin de la mare. Le poirier Fisé, donnant la poire de fisée, est fort appréciée dans le pays de Bray.

 

Usages

Michel Chauvet nous renseigne sur les usages du poirier à poiré : " Les poires sont trop acerbes et pierreuses pour être consommées crues. Elles sont transformées en poiré, qui est un vin de poire. Pour cela, les poires sont écrasées puis pressées, et le jus est mis à fermenter. Columelle mentionne déjà un vin de poire. En France, le poiré est produit en Normandie, comme le cidre, mais il est maintenant moins répandu que ce dernier. Il n’en a pas toujours été ainsi. Au XVIIIe siècle, il était la boisson habituelle de la vallée de la Seine, et est resté celle du Domfrontais, dans le bocage normand. Le poiré a peu à peu cédé la place devant le cidre et surtout le vin. Comme le cidre, le poiré peut se distiller en alcool. L’espèce est également utilisée comme porte-greffe du poirier commun "[2]

Dans le Calvados on nomme le fruit de ce poirier : « la poire caillou »

Aujourd’hui dans le pays de Caux on l’utilise pour réaliser de délicieux dessert aux poires comme les poires de coq au sirop nature ou cuite dans du vin ou du cidre, les poires de coq en douillon, la confiture de poire de coq.

Cuite dans du vin sa couleur après cuisson prend une teinte rouge.

Cuite au sirop de sucre recouvertes d’eau leur teinte reste rosée.

 

Quant à la poire de fisée ( poire à cuire du pays de Bray) le pâté de poire fisée est traditionnellement le gâteau de la Toussaint puisqu'il est encore servi à la table des brayons. Ce gâteau fameux est réalisé à base de poire de fisée cuite au jus plusieurs heures (eau et sucre) recouvrant les quartiers de poire.

Sur une base de pâte feuilletée étalée au fond d'un grand plat rectangulaire, les poires sont étalées une à une puis recouvertes d'une autre pâte feuilletée avant que la préparation soit enfournée au four environ trente-cinq minutes.

A partir de cette recette on peut envisager de réaliser cette recette avec des poires de coq.

 

En 1981, Pascal Bouchard[3] et Didier Le Scour décrivent ce fruit ainsi :

La poire de coq[4]

La PE

n.f.  Prononciation de poires. Les principales variétés sont la PE de COC (ou CO) ( à cuire), de BOUQUE ( pour faire des BOULOCHES), de Fise ( ou fusée) , de QUESI (pour faire du poiré), de Monsieur, de Margot, de DOI, et de BEDOI, de TORQUETTE (voir ce mot) …

 

En 2012, la société de pomologie a édité un ouvrage intitulé :  Le verger des terroirs de France, Fruits de Haute Normandie, Comité Régional de l’Union Pomologique de France[1] en partenariat notamment avec l’APHN.

Le président de la société de Pomologie de Haute Normandie, présidée par Jean Marc BEREPION m’a autorisé à communiquer cette fiche qui explique le poirier de coq.

La fiche précise ceci :

De Coq, Poire originaire de Haute-Normandie. Elle est répandue dans la région du Marais Vernier. Son nom viendrait du fait que les fermiers plantaient ces poiriers près du fumier pour lui apporter de l’ombre. Les poules et coqs venant picorer sur le fumier ne manquaient pas d’apprécier les fruits tombés au sol. Il existe un autre type de « De Coq », dont les fruits deviennent rouges à la cuisson.

Synonyme : « De sabot ». Elle ne doit pas être confondue avec la « De Coq » décrite par A.Leroy (1869).

Fruit : de moyen calibre, de petite hauteur, présentant un plus grand diamètre à mi-hauteur, sphérique et légèrement dissymétrique.

Epiderme : vert-jaune. Russeting partiel, réticulé.

Œil : situé dans une cuvette non côtelée, peu profonde et moyennement large.

Pédoncule : Long et moyennement fin, dans l’axe du fruit et non arqué, dans une cavité moyennement profonde.

Chair : crème, ferme, à la texture intermédiaire (entre fine et grossière) ; moyennement sucrée et acide.

Qualité : fruit peu juteux, sans parfum et peu gouteux.

Maturité de cueillette : tardive.

Durée de conservation : faible.

Période de floraison : Intermédiaire (entre précoce et tardive).

Caractère particulier : fruit parfois lavé de rouge à l’insolation.

 

Usages : fruit à cuire (pâtisserie et confiture), il est très utilisé pour confectionner des douillons. Il est aussi apprécié pour la fabrication de jus et de poiré.

 

 


[1] Éditeur : UPF, Diffuseur : Naturalia Publications, Date de parution : 2012.

En 2015, Lebourgeois (P.)[5], Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015).

Le poirier de coq ; élément identitaire du clos-masure cauchois. Le plus souvent planté près de la toise à fumier pour son apport en azote. Reconnaissable à son écorce et à sa greffe en tête protubérante.   La poire de coq (du latin Coquere : cuire) : Fuit à peine piriforme, presque rond de 5 à 8 cm, épiderme bronzé. Chair blanche devenant rouge à la cuisson. Fruit à consommer cuit. Maturité : octobre.

 

[1] Michel Chauvet auteur de l'encyclopédie des Plantes alimentaires, Belin Editeur, 2018, p. 623.

[2] In : Michel Chauvet auteur de l'encyclopédie des Plantes alimentaires, Belin Editeur, 2018, p. 623-624.

[3] In : Pascal Bouchard, Didier Le Scour, Pays de Caux, Des mots et des gens, Editions Garnier, 1981, chapitre le parler cauchois, p.172.

[4] In : Pays de Caux - Résultats Google Recherche de Livreshttps://books.google.fr › books

Pascal Bouchard, ‎Didier Le Scour · 1981 · ‎History

[5] Cerlanguais, Patrick Lebourgeois est un passionné d´histoire. Il est l´auteur de nombreux articles et de l´ouvrage "Le Pays de Caux, vie et patrimoine" publié aux Editions des Falaises.

Document de Patrick Lebourgeois,  in : Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015

Document de Patrick Lebourgeois, in : Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015

Poirier de coq de Gommerville, La Vallée - document de Patrick Lebourgeois,  in : Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015

Poirier de coq de Gommerville, La Vallée - document de Patrick Lebourgeois, in : Pays de Caux, vie et patrimoine, Editions des Falaises, Rouen, 2015

Le questionnaire Proustien de Levaillant à moi-même, membre de l’association « Faire Vivre le Manoir du Fay) depuis 2020.

 

  • Quel rôle joue le poirier de coq au jardin clos ?

 

« La poire de coq est un arbre fruitier incomparable pour la saveur de son fruit à la cuisson. Durant deux siècles ce dessert populaire fut servi sur de nombreuses tables cauchoises. Cependant le poirier de coq tend à disparaître, un à un, dans les cours des masures cauchoises.

Il trône dans la cour plantée plutôt qu’au jardin sauf au jardin clos du Manoir du Fay d’Yvetot. Après la Toussaint l'association  Faire Vivre le Manoir du Fay  vend  durant une bonne quinzaine de jours  les poires pour les amateurs, chaque jeudi après-midi. »

 

      -    Quel usage en avez-vous personnellement ?

 

« Personnellement, je connais ce fruit depuis ma tendre enfance.  j’utilise ce fruit presque à maturité c’est à dire à partir de la mi-octobre  jusqu'au 15 novembre pour le cuisiner au sirop ou au vin rouge.  Il n’est pas interdit de le cuisiner au cidre comme l’ont fait beaucoup de cauchois.

Bernard Maignan m’a raconté que sa grand-mère faisait cuire les poires de coq au cidre, c’était de 1930 à 1942 m'a-t-il  confié récemment. Quant à mon oncle Jean Levaillant, il aimait manger ce fruit en morceau cuit quelques heures dans le jus  (eau et sucre) que ma grand-mère Leonie Levaillant faisait cuire. Elle trouvait les poires de coq  dans les cours de la ferme de la Sécheresse entre le Nouveau Monde et le Bois Lambert pres d'Hericourt. Léonie Levaillant qui habitait le Nouveau Monde, hameau d'Hautot Saint Sulpice  cuisinait aussi  ces poires de coq en tarte avec un fond de tarte qu'elle confectionnait et pétrissait elle-même. »

Aujourd'hui, dès je mange la poire de coq, c'est en quelque sorte ma "madeleine de Proust". 

En effet la célèbre "madeleine" de Proust n'est qu'une formule inspirée du "chant de la grive" de Chateaubriand au 18e siècle dans le parc de Montboissier et/ou de "la pervenche" de Rousseau au 17e siècle à Chambéry comme quoi  finalement Proust n'a rien "inventé" : Rousseau lors de ses promenades  voyant sous ses pas la pervenche, à chaque fois il se souvenait des jours heureux passés avec Mme de Warens à Chambéry  aux Charmettes.

 

      - Dans quel plat le préférez-vous ?

 

« Personnellement, j’aime manger le fruit avec sa peau, cuit dans du vin rouge ou alors cuit en douillon.

Ma mère, Anne Marie Levaillant, nous préparait ce fruit au jus, au vin et en douillon mais très exceptionnellement. Tout le mois de novembre nous mangions ainsi le hareng mariné avec des pommes de terre vapeur et en dessert, la poire de coq au jus. Jusqu'à ses 83 ans Anne Marie a cuisiné la poire de coq. »

 

      - Est-il présent dans votre propre jardin ?

 

« Je n’ai pas de poirier de coq dans mon jardin cependant je sais où les trouver à Yvetot et alentours. »

 

      - En cuisine quelle sensation éveille-t-il en vous ?

 

«J’aime le fondant légèrement granuleux incomparable du fruit contenu dans sa peau cotie et la saveur du jus de cuisson qui parfume par ailleurs les yogourts ou que j’ajoute à une compote de pomme : c’est d'ailleurs ma version préférée de la compote à la poire. »


       -   Quel est votre conseil en qualité de jardinier ?

 

« Je conseille de le planter si vous avez une cour car cet arbre peut vivre centenaire et sa production est abondante. »


     -  Quel est votre plante alimentaire préférée au jardin ?

 

« J'adore le pissenlit pour le déguster à la vinaigrette avec des œufs durs. »
 

 

Bocal stérilisé de poires de coq au jus, cuites dans du vin rouge avec du sucre et servies pour être prêtes à déguster en les prenant par leur pédoncule, comme il se doit, selon la tradition.

La poire de coq se croque ainsi en la tenant par son pédoncule.

 

J’aurai pu vous citer Maupassant qui aimait les douillons sauf que dans sa nouvelle

« Le Vieux » du 6 janvier 1884,  il n’évoque que les douillons aux pommes contrairement à une légende erronée qu’on peut trouver sur le Net.

 

J’ai donc relu les auteurs normands, Guy de Maupassant, Raymond Mensire, Jehan le Povremoyne … en vain. Il faudrait que j'examine les textes de l’abbé Alexandre pour compléter on ne sait jamais. Pascal Bouchard et Patrick Lebourgeois citent l’usage de ce fruit.

 

En relisant « la femme gelée » d’Annie Ernaux,  j’ai déduit, d'après sa description, que le fruit qu'elle mangeait  chez sa tante Elise me faisait fait penser à la poire de coq, ce qu’elle me confirma en me répondant ainsi :

 

« Aucun doute, il s'agit d'une poire de coq (pé dé co, en patois cauchois), j'en mangeais aussi chez mes parents. »[1]

Lors de notre dernière rencontre en décembre 2021, elle se souvint de les nommer aussi « poires coties » selon un terme souvent utilisé au pays de Caux pour l’avoir entendu à la maison chez mes parents.

Voici donc une citation de choix car confiée par une cauchoise de cœur, née à Lillebonne et ayant vécu à Yvetot de 1945 à 1963 : Annie Ernaux.

" [...] Pas plus que la tante Elise, tanguante de graisse mais vive, un peu cracra, chez elle je sortais de dessous le lit avec des dentelles de moutons accrochées à ma robe, je tournais et retournais une cuiller mal décrottée avant d’oser fendre la peau plissée de ma poire au jus."

In : La femme gelée, Annie Ernaux, Gallimard 1981, Folio, p. 11.

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Remerciements à l'association Faire Vivre le Manoir du Fay pour la publication sur son site, à la Ville d'Yvetot propriétaire des lieux, à Denis Langlois pour la mémoire de l’association ANETH, à Michel Chauvet,  à Jean Levaillant, à Annie Ernaux, à Pascal Bouchard, à l'association de Pomologie, à Bernard Maignan, un ancien locataire du manoir du Fay ainsi qu’à Xavier Pagazini, auteur.

 

[1] Pascal Levaillant : Extrait de ma correspondance avec Annie Ernaux, Novembre 2021.

Le poirier de coq historique de la cour plantée du Manoir du Fay, un des deux poiriers de coq  multiséculaires, le mieux conservé.

Le poirier de coq historique de la cour plantée du Manoir du Fay, un des deux poiriers de coq multiséculaires, le mieux conservé.

La fiche 3 sera consacrée à un légume du potager : le poireau -  à paraitre vers la mi-mars 2022'

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 18:29
Pascal Levaillant présente deux mosaïques à la 5e Biennale de Mosaïquesennord 2021 à Hazebrouck  du 11 novembre 2021 au 9 janvier 2022
Un prochain rendez-vous avec l'art de la mosaïque

Un prochain rendez-vous avec l'art de la mosaïque

Je vais présenter deux mosaïques créées spécialement pour Mosaiques en Nord

Elle seront visibles dans deux des quatre sites dédiés à cette 5e biennale de mosaïque.

C'est la cinquième fois consécutive que j'ai été sélectionné pour cette biennale de mosaïque. 

 

Mon projet avec la pierre de Pernes 2021
 
[Le mur du développement durable circulaire] carré de mosaïque et assemblage © Pascal Levaillant 2021
Une œuvre faite de pierre et de bouse : une première mondiale

 
La visée du projet et une représentation d’un fragment du mur du développement durable et circulaire, un mur imaginaire incarnant la solidarité, le clos protecteur, l’anti mur frontière.
 
Ce mur est érigé avec des fragments de pierre de Pernes aux tonalités grises et ocres et des mini briques de matières végétales et animales assemblées dans un format carré de 50X50 cm encadré de bois flotté.

Plutôt que construire entre les hommes des murs, construisons des murs de résistance à l’inhumanité.
 
Fait de pierre, de matières végétales et animales, ce mur au carré incarne la biodiversité du monde présente dans les règnes, minéral (pierre), végétal (lichen, chanvre…) et animal (grebon savoyard, (charbon de brebis et/ou de chèvre et/ou boulette et paille séchée), daté de 1970 provenant de Bonneval-sur-Arc en octobre 2019)).

 

Mon projet "Matières et Variations" 2021

Channel n°65 carré bleu - Les maux bleus de l'estran 2021

Ce format évoque l'estran devenu une décharge à ciel ouvert, jonché des rebuts de l'homme moderne peu soucieux de l'impact de ces plastiques, de ces déchets sur l'environnement terrestre et marin que représente l'estran, "territoire du vide" selon Alain Corbin.
A la fin de l'hiver, certaines communes du littoral tentent de tout racler sur certaines plages avant la venue des estivants pour enlever les déchets gisant dans la laisse de mer mais elles emportent tout y compris la biodiversité présente depuis la nuit des temps.
En fait ce sont que les polluants (briquets, cartouches maillage de filets, bouteilles, jouets etc. ) qu'il faut prélever et non les bois flottés, les capsules, les coquillages, les algues... qui servent de refuge naturel à la faune et à sa reproduction.
Le titre des maux bleus incarne cette problématique suite à mes ramassages sélectifs de matières polluantes sur l'estran, ce que je fais depuis 2008.
Ici ce sont des cartouches de chasse et des briquets.
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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 07:25
Le laurier-sauce a été planté  par l'association de l'ANETH au début des années 90, premiers locataires du jardin clos.

Le laurier-sauce a été planté par l'association de l'ANETH au début des années 90, premiers locataires du jardin clos.

"Des plantes alimentaires au jardin clos du manoir du Fay d'Yvetot", édition du 15 novembre 2021.

Fiche bimestrielle n°1 de Levaillant créé pour l'association Faire Vivre le Manoir du Fay. 

Fiche réalisée par Pascal Levaillant, artiste botaniste, membre de l'association Faire Vivre Manoir Fay depuis 2020.
Références scientifiques de Michel Combornac, créateur du jardin botanique d'Yves Rocher, auteur des plantes du Moyen Âge, Edition EDISPO, 1996, p. 83.
et de Michel Chauvet auteur de l'encyclopédie des Plantes alimentaires, Belin Editeur, 2018, p. 367-368., avec leurs aimables et exceptionnelles autorisations.


le Laurier-Sauce
Laurus L. (1753)
Laurus nobilis L.
ou "Lauros" de Charlemagne

crédit photo Pascal Levaillant 2021



 

Le jardin clos du manoir du Fay

 

Comme de coutume, le jardin clos du Manoir du Fay  a été très certainement un jardin potager et nourricier, depuis 1612, comme pour la plupart des petits manoirs décrits par Xavier Pagazini[1] c’est-à-dire un des espaces clos réservés au seigneur, comme le figure plus tard un terrier de 1780 de la Seigneurie de Baons-le-Comte.

Au début du 20e siècle, M. Bernard Maignan, ancien locataire du manoir, nous a informé qu’une partie de ce jardin clos fut réservé à un petit potager et que le laurier n'existait pas avant que le manoir soit vendu à la Ville d'Yvetot.  

Ce n’est qu’après l’acquisition de cette propriété par la Ville d’Yvetot, à la fin des années 1980, que ce laurier fut planté un peu plus tard  grâce à l’action de l’association ANETH à qui la Ville a confié ce jardin clos en 1994 pour en faire notamment un jardin biologique.

En 1997, le laurier-sauce apparait déjà clairement sur les vues aériennes d’IGN.

 

[1] La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014.

Extrait du Plan terrier de Baons-le-Comte, ADSM 1780 FRAD076_12Fi_00

Extrait du Plan terrier de Baons-le-Comte, ADSM 1780 FRAD076_12Fi_00

Trois ans après que l'association ANETH se soit installée au jardin clos depuis le 1er septembre 1994, le laurier a trouvé sa place à droite du potager biologique dessiné en huit parcelles triangulaires à cette époque.

Trois ans après que l'association ANETH se soit installée au jardin clos depuis le 1er septembre 1994, le laurier a trouvé sa place à droite du potager biologique dessiné en huit parcelles triangulaires à cette époque.

Histoire et origine du lauros de Charlemagne


Michel Combornac indique l'origine de cet arbuste en Asie mineure et plus largement de la Méditerranée précise également Michel Chauvet plus récemment.
De l'actuelle Turquie il a été introduit en Grèce avant le 8e siècle avant J.-C.…
Son rôle mineur au Proche-Orient va être bouleversé grâce à la mythologie grecque par l'intermédiaire de Daphnée et d'Apollon s'en faisant une couronne a contribué à sa renommée. Plus tard "chez les Romains", "le laurier est spécialement consacré aux triomphes. [...] Pline mentionne 2 variétés, de Delphes et de Chypre."

Michel Combornac ajoute qu'il est "répandu par la culture dans toutes les zones tempérées et qu'il se vit attribuer des propriétés magiques et fut le symbole de la gloire et de la paix."

Biologie et classification


Famille : Lauracées
Michel Chauvet nous informe que "le genre Laurus ne comprend que 2 espèces, L. nobilis, et une macaroésienne, L. Azorica (Seub. Franco). Ce sont des arbres et des arbustes dioïques de 2 à 15 m de haut. Baie noire ou pourpre-noir de 1-2 cm de long. Le laurier ne donne de fruits que dans la région méditerranéenne " 

- Usages


Michel Combornac indique qu'il se vit attribuer des propriétés magiques et fut le symbole de la gloire et de la paix.

Michel Chauvet nous renseigne sur ses usages nombreux : "Le laurier est pacifique, puisque brandi même entre les ennemis armés, il est signe de trêve. Messager surtout de joie et de victoires pour les Romains, il est joint aux lettres, aux lances et aux javelots des soldats[...] Le bâton de laurier a aussi la réputation de protéger de la foudre et des maladies, ainsi que de purifier l'air et l'eau"

 

- Economie


Michel Chauvet note que "Le laurier   est présent dans la plupart des jardins méditerranéens. On le trouve aussi dans une bonne partie de l'Europe, où il est parfois détruit par les fortes gelées, mais où il rejette de souche. Facile à obtenir, le laurier fait l'objet d'un commerce limité. Ce commerce est estimé à 2000 t au niveau mondial. La Turquie est de loin le principal fournisseur, suivie par le Maroc, l'Albanie et Israël." 

Le questionnaire Proustien de Levaillant à l’un des jardiniers du jardin clos du manoir du Fay de l’époque actuelle depuis près d’une décennie :

Aujourd’hui c’est François Martot, Président de l’association Faire Vivre le Manoir du Fay qui y répond.

 

Les jardiniers se retrouvent chaque jeudi après-midi pour jardiner. Ces dernières années, ils ont redessiné le jardin potager pour lui laisser des espaces dédiés à des actions culturelles, patrimoniales et pédagogiques.

 

 

  • Quel rôle joue le laurier-sauce au jardin ?

 

« Le laurier "sauce" -même si ce n'est pa son nom officiel- est avec le cerisier un des arbres les plus emblématiques du jardin-clos :

 

- il a une envergure très supérieure à beaucoup des lauriers sauces de jardins privés

 

- il se plaît très bien là où il est situé à l'abri des vents et aussi des froids venant de l'est car il est protégé par le mur d'enceinte en bauge ce qui fait de lui un des plus beaux lauriers de notre région

 

- il ne gêne pas l'aménagement du jardin -clos, est à une distance raisonnable du mur d'enceinte qu'il ne menace pas, contrairement à certains arbres poussés spontanément et dont nous demandons la disparition

 

- il est le seul arbre du jardin-clos producteur de feuilles aromatiques utilisables en cuisine.

 Dans le jardin-clos du manoir il est surtout décoratif et il nous arrive d'en donner de petites branches à des visiteurs, notamment celles qui poussent assez bas et qui peuvent être dangereuses pour le public. »


      -    Quel usage en avez-vous personnellement ?

 

« Personnellement, je ne l'utilise qu'en assaisonnement dans des plats en sauce ; je sais que ses feuilles et ses baies peuvent être utilisées en pharmacie mais ne suis pas assez compétent. »

 

  • Dans quel plat le préférez-vous ?

 

« Personnellement, nous ne manquons jamais de placer des feuilles de laurier sauce dans une blanquette de veau. »

 

 

  • Est-il présent dans votre propre jardin ?

 

« Nous avons un laurier sauce dans notre jardin mais sa croissance est très lente, probablement parce qu'il est mal situé, victime des vents dominants et des froids »

 

 

  • En cuisine quelle sensation éveille-t-il en vous ?

 

« Dans ces plats en sauce, il apporte un arôme qu'on ne trouve pas ailleurs ; on peut aussi dire qu'il anoblit un plat compte tenue de la symbolique ancienne qui existe autour du laurier »

 


       -    Quel est votre conseil en qualité de jardinier ?

 

« Je ne suis pas un professionnel mais je conseillerais de planter un laurier sauce dans un endroit protégé du vent et de l'est car c'est plutôt un arbre de régions au climat plus doux. Dans le jardin-clos du manoir il est surtout décoratif et il nous arrive d'en donner de petites branches à des visiteurs, notamment celles qui poussent assez bas et qui peuvent être dangereuses pour le public. »


7- Quel est votre plante alimentaire préférée au jardin ?

 

« J'adore les légumes frais consommés juste après avoir été cueillis et notamment les haricots verts ; notre ambition et toutefois de diversifier les légumes produits dans le jardin-clos et de redécouvrir des légumes traditionnels oubliés ; nous avons par exemple produit des topinambours »
 


 

 

En conclusion voici quelques citations à propos du laurier.

 

"Les lauriers se trouvent beaucoup mieux à leur place dans un civet de lièvre que sur la tête d'un glorieux"
Frédéric Dard, artiste, dialoguiste, écrivain, romancier, scénariste (1921-2000)



« Je vais où le vent me mène
Sans me plaindre et m'effrayer
où va toute chose,
Où va la feuille de rose
Et la feuille de laurier. »


 Antoine-Vincent Arnault, La feuille, Fables, tome second (1827) 

 

"Quand le vase était plein, l’eau devait couler dans la rainure interne de la feuille, et se suspendre en gouttes à la pointe des feuilles avant de tomber à terre. Ce sont de grandes feuilles longues, de laurier ?" 

In : Gustave Flaubert, Notes de voyages, II, Louis Conard, 1910 (Œuvres complètes de Gustave Flaubert, Paris, L. Conard, 1910, tome V, p. 179-287).

 

Remerciements

à l'association Faire Vivre le Manoir du Fay pour la publication sur son site ;

à François Martot pour ses réponses au questionnaire ; 

à la Ville d'Yvetot, propriétaire des lieux,

à Denis Langlois pour la mémoire de l’association ANETH ;  à Michel Combornac ;

à Michel Chauvet ; à Bernard Maignan, un ancien locataire du manoir du Fay ; 

à Xavier Pagazini, auteur ; 

à IGN remonter le temps - vues aériennes ; 

aux Archives Départementales de Seine-Maritime.

 

La fiche 2 sera consacrée à un fruitier : Le Poirier de coq et sa "pé de cô",  à paraitre vers la mi-janvier 2022'huile

Le laurier-sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2021

Le laurier-sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2021

Le laurier sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2021

Le laurier sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2021

Les baies du laurier-sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2021

Les baies du laurier-sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2021

A droite du manoir du Fay apparait la silhouette du laurier-sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2020

A droite du manoir du Fay apparait la silhouette du laurier-sauce, crédit photo Pascal Levaillant 2020

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 06:25
mandala du cerisier qui s'était réincarné en pommier aux jardins de l'abbaye Saint-Georges

mandala du cerisier qui s'était réincarné en pommier aux jardins de l'abbaye Saint-Georges

à l'heure des récoltes

à l'heure des récoltes

Dans le cadre de l'évènement “À L’heure Des Récoltes !” Une Fête Des Plantes Festive À L’Abbaye :


Pascal Levaillant vous a donné rendez-vous lsamedi 2 Octobre de 14h3O à 17h3O |et le dimanche 3 octobre de 15h30 à 17h30 avec une météo bien meilleure

Collecte et création en pleine nature avec Pascal Levaillant.  

Réalisation d’une œuvre collective dans les jardins. 


et durant ce Week end 

EXPOSITIONS DANS LE CADRE DE « FLAUBERT 21 »
HERBIER CONTEMPORAIN DÉLICIEUX
Pascal LEVAILLANT, artiste botaniste et plasticien

FLAUBERT, ENTRE ICI ET AILLEURS
Michel RACINE, architecte urbaniste et paysagiste
et Béatrice SAUREL, artiste, paysagiste et graphiste
FLAUBERT, LE VOYAGE EN ORIENT PAR LES PLANTES


Découvrez tout le programme d’ A l’heure des Récoltes, Samedi 2 et dimanche 3 octobre
http://www.abbayesaintgeorges.fr/events/categorie/evenement/

 

 

aux jardins de l'abbaye Saint Georges Pascal Levaillant participe à la fête des plantes " à l'heure des récoltes" 2021  - 2 et 3 octobre 2021
aux jardins de l'abbaye Saint Georges Pascal Levaillant participe à la fête des plantes " à l'heure des récoltes" 2021  - 2 et 3 octobre 2021
avancement au 2 octobre à 17h30

avancement au 2 octobre à 17h30

aux jardins de l'abbaye Saint Georges Pascal Levaillant participe à la fête des plantes " à l'heure des récoltes" 2021  - 2 et 3 octobre 2021
atelier coloriage avec des pommes : j'apprends à ne pas dépasser

atelier coloriage avec des pommes : j'apprends à ne pas dépasser

atelier coloriage avec des pommes : j'apprends à colorier avec des pommes

atelier coloriage avec des pommes : j'apprends à colorier avec des pommes

fin de l'installation "in situ" à 17h45

fin de l'installation "in situ" à 17h45

sous le soleil excatement

sous le soleil excatement

une semaine après le 11 octobre 2021

une semaine après le 11 octobre 2021

zoom sur la nature qui reprend ses droits

zoom sur la nature qui reprend ses droits

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27 mai 2021 4 27 /05 /mai /2021 06:20
Portrait de JF Millet en pixel artmosaic par Pascal Levaillant, Coll. CD50, num. A. Poirier / AD50

Portrait de JF Millet en pixel artmosaic par Pascal Levaillant, Coll. CD50, num. A. Poirier / AD50

Bientôt à la Maison natale Jean-François Millet le samedi 3 juillet 2021 de 20h00 à 22h00

dans le cadre de  Jean-François Millet, le peintre des réalités paysannes

Atelier "Exercice contemporain de pixel artmosaic"

Visite-atelier

Le 03/07/2021

Avec l’artiste Pascal Levaillant, réalisez un petit format en pixel-artmosaic.

 

« Le pixel-artmosaic est un nouvel âge de la mosaïque. Ma technique contemporaine consiste à assembler ici des tesselles de verre de 1 x 1 cm, collées et non jointoyées pour former l’image ».

La composition évoque les pixels informatiques.

Gratuit

Atelier créatif pour adultes et ados à partir de 15 ans.

De 20h à 22h - Sur réservation uniquement

Chacun repart avec ses réalisations.

 

INFO STOP COVID-19 : pour le respect des gestes barrières et la sécurité de tous, le nombre de participants est limité.

 

https://www.manche.fr/patrimoine/maison-natale-jean-francois-millet-N.aspx

 

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15 mai 2021 6 15 /05 /mai /2021 06:45
Herbier contemporain délicieux, Pascal Levaillant en dialogue avec Flaubert : ouverture du 19 mai au 14 novembre 2021

Avec le concours du Département de la Seine-Maritime et de Marie-Laure Sucré, commissaire de l'exposition - dans et avec les jardins de l'abbaye Saint-Georges en toile de fond - ce dialogue entre Flaubert et mon installation herbier contemporain délicieux a pour objet de cultiver et de combiner "in situ"  le goût et l'esthétisme par le prisme de l'œuvre posthume de Flaubert :  Bouvard et Pécuchet.

Nourri par cet univers flaubertien depuis mon adolescence,  j'ai trouvé dans ce lieu patrimonial - que Flaubert a fréquenté - une quatrième occasion pour dialoguer avec lui autour d'une passion commune : la botanique,  après Croisset à Canteleu (ECFM 2015) et dans le jardin de son enfance du Musée Flaubert, rue Lecat à Rouen d'avril à octobre 2019 et Domfront en septembre 2019 sur les pas de Flaubert et de Bouvard et Pécuchet.

Ainsi en 2015, parallèlement à mon herborisation au jardin du pavillon de Croisset, construisant ma première exposition en dialogue avec Flaubert pour l'ECFM de Canteleu j'ai pris la mesure de l'intérêt que portait Flaubert à la botanique, à Rousseau. Découvrant l'herbier de son grand-père conservé à la bibliothèque patrimoniale Villon à Rouen, découvrant que Flaubert avait dans sa bibliothèque les "Lettres élémentaires..."  et que Gorge Sand correspondait avec Flaubert sur leur passion commune, la botanique, je me suis nourri de de ces ressources littéraires pour affiner ma conception.  Les publications du botaniste rouennais Bernard Boullard m'ont également servi de guide et de repère tout comme les voyages de Flaubert relatés par Gilles Henry publiés à l'occasion de l'année Flaubert en 1980.

En effet la bibliothèque personnelle de Gustave Flaubert conservée à Canteleu comprenant notamment " les Lettres élémentaires sur la botanique"  a servi à Gustave d'élaborer un travail préliminaire pour la rédaction d'une séquence du chapitre X  de Bouvard et Pécuchet comme me l'avait  déjà signalé en 2015 Joël Dupressoir, bibliothécaire à Canteleu, que rappelle Yvan Leclerc  in : https://flaubert.univ-rouen.fr/bibliotheque/feuilletoir/rousseau_ocV_notice.php

J'ai tenté de sublimer le discours et les travaux de jardinage du jardin "délectable" de Bouvard et Pécuchet par l'installation de plusieurs dispositifs que j'ai voulu audacieux et poétiques grâce à ma palette de plasticien : la flore, le végétal, les fruits et légumes. 

Le catalogue d'exposition qu'a préfacé Anne Cauquelin, pour ce qui me concerne mon installation, évoquera ma démarche et la nature de mes dispositifs  élaborés avec les équipes de ce lieu emblématique.

Anne Cauquelin suit mes chantiers depuis 2013, depuis [Plus vraie que nature] la Seine normande, exposition conçue en 2014 et réalisée avec Siméon Levaillant, photographe en 2017 à l'Hôtel de Ville de Rouen.

Anne Cauquelin est une philosophe, romancière, essayiste et artiste plasticienne, professeur émérite de philosophie esthétique à Paris 10 et Université de Picardie. Ses ouvrages empruntent une démarche buissonnière, outre leur qualité d'écriture et leur érudition, sont qualifiés par la critique de « fête pour l'esprit ». Elle a publié notamment  le Site et le paysage ;  l'invention du paysage ;  petit traité du jardin ordinaire ; l'art contemporain ;  les théories de l'art...

Je viens de découvrir le  chemin qu'ont emprunté Flaubert et George Sand de Croisset à l'église de Canteleu ainsi que celui qui menait de Canteleu à Saint-Martin-de-Boscherville à travers la forêt de Roumare et descendant du coteau vers l'abbaye Saint-Georges en 1866 et 1868,  comme j'ai retrouvé aussi le chemin décrit par  Maupassant dans "un normand". 

Leur évocation de la nature et du paysage est si précise que leurs descriptions m'ont permis cela.

Alors d'où que vous veniez, prenez votre propre chemin pour rejoindre les jardins de l'abbaye pour découvrir la voute délicieuse, l'autel du pain et du vin ainsi que le tabernacle revisité dans la chapelle, le couloir des aromatiques au potager et les îlots de "faire pousser des tas de choses".

Je vous invite à cette rencontre insolite, inédite dans un décor végétal et minéral  qui nourrit l'œuvre  aux côtés d'une autre œuvre qu'ont préparé dans ce même endroit Michel Racine architecte urbaniste et paysagiste et Béatrice Saurel artiste, paysagiste... intitulée : ”Flaubert, entre ici et ailleurs” 

« Car tout existe dans la nature, donc tout est légitime, tout est plastique » Flaubert,  L’éducation sentimentale, 1869

 

L'abbaye Saint-Georges de Boscherville est prête à ouvrir à nouveau ses portes dès le 19 mais !
Pour préparer votre visite, c'est ici 
http://www.abbayesaintgeorges.fr

 

En accord avec les annonces gouvernementales et préfectorales, les sites et musées du département de Seine-Maritime seront ouverts à partir du 19 mai 2021, dans le respect des conditions sanitaires en vigueur

Dans le souci de respecter les jauges et de préserver la santé de nos visiteurs, l’Abbaye est accessible sur réservation préalable au 02 35 32 10 82, en semaine et week-end

 

https://www.paris-normandie.fr/id206791/article/2021-06-26/video-partez-sur-les-traces-de-flaubert-dans-les-jardins-de-labbaye-de-saint

1) Herbier contemporain délicieux Et si l'une des façons les plus fidèles de présenter l'œuvre de Flaubert passait par… les plantes ? À l'ombre.​​​​​​​
26 juin 2021 — Herbier contemporain délicieux », le lien entre Flaubert et les jardins est proposé par le Yvetotais, Pascal Levaillant. L'artiste-paysagiste ...

 

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 18:01
Mon herbier contemporain délicieux prochainement aux jardins de l'abbaye Saint-Georges

Mon herbier contemporain délicieux prochainement aux jardins de l'abbaye Saint-Georges

J'ai une passion pour l'œuvre de Flaubert, pour ses endroits en Normandie, tout comme Gérard Pouchain à l'occasion de ses Promenades en Normandie avec un guide nommé Gustave Flaubert.

Adolescent, j'ai découvert Flaubert grâce au Lagarde & Michard en 1973.

40 ans plus tard, arpentant moultes fois la Normandie, j'ai fait la route de Lisieux, de Caen, de Domfront, sur les pas de Flaubert lors de ses enquêtes préparatoires à Bouvard et Pécuchet.

A Croisset, j'ai herborisé ainsi qu'au  51 rue Lecat à l'endroit de sa naissance et de sa jeunesse rouennaise.

Ces parcours flaubertiens m'ont permis de suivre le chemin qu'il empruntait pour se rendre aux jardins de  l'abbaye Saint-Georges, le chemin de Croisset à Canteleu village par le coteau lorsqu'il se rendait avec George Sand au marché de Canteleu, au Bosmelet, à l'endroit d'Ordemare où l'écrivain passe son enfance  car son père chirurgien en chef à l'hôpital de Rouen y avait acheté une ferme.

Grâce à cette immersion botanique flaubertienne depuis 2015, j'ai pu prendre la mesure de sa passion pour la botanique qu'il aimait notamment partager avec George Sand.

L'endroit de Croisset  est émouvant et tout autant les arbres vénérables que Flaubert a connu de son vivant aux abords du pavillon de Croisset

Ce si petit endroit à Croisset témoigne encore de son attachement à la Seine souvent dépeinte en toile de fond de ses nombreuses correspondances ...Ayant relu son œuvre, j'ai découvert son goût pour la description botanique,  l'exactitude du vocabulaire qu'il soit vernaculaire ou scientifique.

L'emploi de ce vocabulaire, à l'instar de ses contemporains,  démontre sa  passion pour le végétal tant le nom de la  plante ou de l'arbre est précisé,  alors que la plupart de ses contemporains évoquent le végétal par des locutions  de ce genre  : arbre, forêt, feuillage, herbe, vallon verdoyant, prairies ...

Flaubert par  sa contribution "en amateur" à la connaissance scientifique, a  illustré ses récits et  ses correspondances par des descriptions ciselées des paysages traversés, des jardins, des lieux de ses romans ou qu'il fréquentait lui-même.

Pour conclure ce premier propos, j'emprunte à Bernard Boullard[1], le botaniste normand sa formule avec laquelle il conclura son étude  :

« Indiscutablement, Flaubert vouait un vif attachement à la nature et se plaisait à l’étudier avec sérieux.[…] Les particularités du milieu végétal, à tout moment de l’action, provoquent et expliquent le comportement des personnages, sinon celui de l'auteur qui se « projette » dans un paysage donné, puis nous y entraîne à sa suite, pour y accueillir les acteurs qu’il entend y faire évoluer. »

 

[1] In :  Présence de la flore française dans l’œuvre de Gustave Flaubert, Bernard Boullard, PURH, p. 39-52.

Bernard Boullard m'a fait l'honneur d'être présent au vernissage de mon installation en 2019 au jardin du musée Flaubert et de l'Histoire de la Médecine à Rouen. Bernard Boullard, botaniste normand de renom, fasciné par la nature m'a encouragé à poursuivre mon herbier contemporain et a remarqué avec bonheur sa singularité et son originalité, lui qui a visité les jardins de plus d'une centaine de pays de la planète Terre. Il est l'auteur de : Les arbres ; dictionnaire de botanique ; plantes médicinales du monde ; plantes et arbres remarquables  de Rouen ;   Guerre et paix dans le règne végétal ; dictionnaire des plantes et des champignons...

Lire cette excellente recherche commise par Bernard Boullard.

... ne s'est pas seulement manifestée à l'égard de ses contemporains (et peut-être ... Son grand-père, Nicolas Flobert Le Cadet, avait réalisé un Herbier (ou ... du foin coupé… du foin chaud et fermenté, m'a toujours semblé délicieuse » (26).
 

 

 

L'art rupestre m'a inspiré puis plusieurs courants m’ont influencé : le « Ready-made » de Duchamp, le dadaïsme de Arp, la pensée de Hannah Arendt, celle de Michel de Certeau et puis celle d'Anne Cauquelin.

« L'art a le pouvoir singulier de nous apprendre à connaître le monde dans lequel nous vivons, un monde si proche de nous, que nous ne le voyons pas »[1]

Je suis un artiste plasticien.  Ma palette est la nature, je la détourne en la maintenant éphémère ce qui est son statut.

L’artiste agit par anticonformisme le plus souvent car s’il n’ose pas repousser les limites, l’art ne peut évoluer.

« La raison technicienne croit savoir comment organiser au mieux les choses et les gens, assignant à chacun une place, un rôle, des produits à consommer. Mais l’homme ordinaire se soustrait en silence à cette conformation. Il invente le quotidien grâce aux arts de faire, ruses subtiles, tactiques de résistance par lesquelles il détourne les objets et les codes, se réapproprie l’espace et l’usage à sa façon »[2]


Ma direction affichée est de fusionner l’art, la nature tout en respectant l’environnement dont je tire les ressources.

Ma démarche s'appuie sur une attitude artistique combinant de nombreux domaines comme l'écologie, la botanique, la nature, l'environnement, le patrimoine naturel, les sciences naturelles, la littérature, l'agriculture, la pomologie, l'art... Si pour mon herbier contemporain la  ressource provient du règne végétal, d'autres ressources  proviennent du règne minéral et /ou animal; cela intensément depuis le milieu des années 2000.
Ma visée distend des univers et des techniques proches voire antinomiques. Mon implication privilégie l’artefact, c’est-à-dire une transformation la plus minime soit-elle de l’objet à contrario du mouvement de l'art du gigantisme dans la nature, une des dimensions du Land Art.
 
"En opposant le monde humain à la nature et en associant l'art exclusivement au monde humain, Hannah Arendt rend au moins justice à la vocation de l'art, qui est d'abord, comme l'a fortement souligné Gilson, de « faire ». Cela exclut-il la possibilité qu'une chose naturelle puisse être esthétiquement évaluable ? Non.
Mais le bois flotté, la pierre, le coquillage, promus au rang d'œuvres d'art supposent au moins cette intervention humaine minimale par laquelle l'objet sélectionné est en quelque sorte arraché à la nature et introduit dans le monde humain où il est présenté à l'évaluation esthétique.
Les œuvres d'art, dit Arendt, sont « les plus mondaines des choses ». « Mondaine » ne veut pas dire ici « relatif à la bonne société » (« people », futile) ; « mondaine » ne veut pas dire non plus « qui appartient au monde entier » (« mondial » au sens de la mondialisation). L'œuvre d'art est « mondaine » parce qu'elle est faite pour le « monde » au sens défini plus haut : l'environnement culturel et matériel durable, façonné de main d'homme et qui crée le lien humain de génération en génération."
[3]

 

[1] In : Anne Cauquelin, Le site et le paysage, Anne Cauquelin, QUADRIGE / PUF, Paris, 2002.

[2] Michel de Certeau – L’invention du quotidien 1. Arts de faire, nouvelle édition établie et présentée par Luce Giard. Editions Gallimard, Paris, 1990.
 

[3] in : Hannah Arendt. L'art, le temps et l'utilité www.acgrenoble.fr/PhiloSophie/logphil/.../temextx1.htm]

300 000 bulbes aux jardins de l'abbaye, fin mars 2021

l'installation récente des premiers tamis "faire pousser des tas de choses" en référence à Flaubert.

"tombées de givre"  sur les ressources végétales aux jardins,  le 6 avril 2021

 

Herbier contemporain délicieux

aux jardins de l'abbaye Saint-Georges 

Pascal Levaillant - bicentenaire Flaubert 2021

 

On en parle déjà...

https://www.observatoire.fr/herbier-contemporain-delicieux-de-pascal-levaillant/

Flaubert21


Jardins de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville

– Du 1er avril au 14 novembre 2021

Ce projet artistique dans les jardins de l’abbaye Saint-Georges rend hommage aux jardiniers et à tous ceux qui prennent du plaisir au jardinage, à la récolte, au glanage… Cette matière, récoltée par Pascal Levaillant dans des lieux patrimoniaux, est transformée et magnifiée pour devenir une œuvre artistique à part entière.
Ce travail artistique permet de faire connaître le lien particulier que Flaubert avait avec les jardins et la palette de sentiments et de réflexions sur son époque. Bouvard et Pécuchet est apparue comme l’œuvre la plus emblématique pour accompagner le travail de Pascal Levaillant. L’œuvre de Bouvard et Pécuchet est mise en valeur à travers des extraits présentés au contact des installations.

file:///C:/Users/rosel/Downloads/DossierdepresseFlaubert2021.pdf
œuvres dans le monde entier font de Gustave Flaubert un artiste hors ... Du 1er avril au 31 octobre 2021 – Herbier contemporain délicieux.
 
1) Herbier contemporain délicieux Et si l'une des façons les plus fidèles de présenter l'œuvre de Flaubert passait par… les plantes ? À l'ombre.
 

https://www.paris-normandie.fr/id206791/article/2021-06-26/video-partez-sur-les-traces-de-flaubert-dans-les-jardins-de-labbaye-de-saint

 

26 juin 2021 — Herbier contemporain délicieux », le lien entre Flaubert et les jardins est proposé par le Yvetotais, Pascal Levaillant. L'artiste-paysagiste ...
 
 
 
 
... Pascal Levaillant, artiste-plasticien-botaniste-mosaïste en résidence depuis deux ans au château, présente un herbier contemporain dans le Cabinet de ...
 

 

Herbier contemporain délicieux, Pascal Levaillant en dialogue ...

www.observatoire.fr › herbier-contemporain-delicieux-...

 Ce travail artistique permet de faire connaître le lien particulier que Flaubert avait avec les jardins et la palette de sentiments et de réflexions sur ...

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Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le ...

www.seine-maritime-tourisme.com › fete-manifestation

Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le jardin ... pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste.

1 avr. - 31 oct.

Herbier contemporain ...


 

Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le ...

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Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le jardin à retrouver sur le ... l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste.

 

Herbier contemporain ...


 

Herbier contemporain délicieux. - Du côté de Flaubert et le ...

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Herbier contemporain délicieux. - Du côté de Flaubert et le jardin ... pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste.


 

Exposition ”Herbier contemporain délicieux” de Pascal ...

www.jardinez.com › agenda-Exposition-Herbier-conte...

01/04/2021 au 14/11/2021 - Exposition ”Herbier contemporain délicieux” de Pascal LEVAILLANT, Jardins de l'Abbaye Saint-Georges de Boscherville, ...

 

Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le ...

www.tousvoisins.fr › agenda › 2847600-herbier-conte...

Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le jardin à ... pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant ...

Herbier contemporain ...


 

Flaubert encré en Seine-Maritime - Département de la Seine ...

www.seinemaritime.fr › tourisme › animations › flaube...

Herbier contemporain délicieux ... Installations botaniques de Pascal Levaillant, dans les jardins de l'abbaye, faisant écho aux goûts et intérêts ...


 

Seine-Maritime. Année Flaubert : le pays de Caux au coeur de ...

www.lecourriercauchois.fr › actualite-274179-seine-mariti...

Gustave Flaubert a vu le jour le 12 décembre 1821 à Rouen. ... Du 1er avril au 14 novembre, l'Yvetotais Pascal Levaillant montrera son projet artistique d'herbier contemporain délicieux "en dialogue avec Flaubert". Enfin, des ...


 

2021 : bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert en ...

www.fykmag.com › 2021-bicentenaire-de-la-naissance-...

Flaubert passa une grande partie de son enfance à Rouen. ... entraîne le visiteur dans une interprétation contemporaine de l'œuvre de Gustave Flaubert. ... au stade final des graines, présentées dans l'Herbier Délicieux de Pascal Levaillant.


 

Dossier de presse bicentenaire de la mort de Gustave Flaubert

www.culture.gouv.fr › Media › Dossier-de-presse-bicen...

27 janv. 2021 — Du 1er avril au 31 octobre 2021 – Herbier contemporain délicieux. ... découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-.

 

 

Véronique Janneau on Twitter: "Herbier contemporain ...

Herbier contemporain délicieux de Pascal Levaillanthttps://www.observatoire.fr/herbier-contemporain-delicieux-de-pascal-levaillant/ …


 

Herbier contemporain délicieux – Du côté de Flaubert et le ...

www.unidivers.fr › event › herbier-contemporain-delici...

Saint-Martin-de-Boscherville Herbier contemporain délicieux - Du côté ... l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste.

 

 

Seine-Maritime - Exposition Nature - Environnement ...

www.eterritoire.fr › detail › exposition-il-y-a-un-loup

Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le jardin ... pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste.

 

 

En 2021, la Seine-Maritime célèbre l'année Flaubert

https://www.tourhebdo.com/tourismedegroupe/actualites/evenements/en-2021-la-seine-maritime-celebre-lannee-flaubert-631030.php

 

 

Herbier Contemporain Délicieux - Du Côté De ... - ProxiDoo

www.proxidoo.com › atom › event › Herbier-Contemp...

... Saint-Georges de Boscherville pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste. Ses installations sont en lien avec le.


 

Herbier Contemporain Délicieux - Du Côté De ... - Gralon

www.gralon.net › evenements › evenement-herbier-con...

Herbier contemporain délicieux - du côté de flaubert et le jardin à ... de Boscherville pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant ar.
 

Clés de détermination de la flore du Centre-Val de Loire ...

www.floraphile45.org › blog

Herbier contemporain délicieuxPascal Levaillant en dialogue avec Flaubert 26 février 2021; Vu sur la toile #99 25 février 2021; [Rapport] ...

 

 

 

 

 
Abbaye Saint-Georges de Boscherville, Saint-Martin-de-Boscherville. 529 J'aime · 3 en parlent · 80 ...

https://fr-fr.facebook.com/saintgeorgesdeboscherville/

 
... les jardins potagers de l'abbaye de Saint-Georges de Boscherville pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions de Pascal Levaillant artiste-botaniste.
 
Le Département de la Seine-Maritime vous invite dans les jardins potagers de l'abbaye de Saint-Georges de Boscherville pour découvrir l'herbier artistique à 3 ...
 
Le Département de la Seine-Maritime vous invite dans les jardins potagers de l'abbaye de Saint-Georges de Boscherville pour découvrir l'herbier artistique à 3 ...
 
31 mars 2021 — Des extraits de Bouvard et Pécuchet viennent ponctuer ces poétiques installations. « Herbier contemporain délicieux. Pascal Levaillant en ...
Herbier Contemporain Délicieux - Du Côté De Flaubert Et Le Jardin. Le Département de la Seine-Maritime vous invite dans les jardins potagers de l'abbaye de ...
 
Herbier contemporain délicieux - Du côté de Flaubert et le jardin ... l'abbaye de Saint-Georges de Boscherville pour découvrir l'herbier artistique à 3 dimensions ...
 
7 juil. 2021 — Herbier contemporain délicieux », installations de l'artiste botaniste Pascal Levaillant, et « Flaubert, entre ici et ailleurs », exposition ...

 

14h visite de l'Abbaye St Georges, durée 1h30, son magnifique jardin potager, l'herbier contemporain délicieux, le pavillon « Nez au vent » et l'exposition ...
"L'herbier contemporain délicieux" : découvrez les nouvelles installations botaniques de l' · Destination Gerberoy, le village qui voit la vie en roses avec ...
 

Série Flaubert (3/12) : ses souvenirs forts laissés à Trouville ...

www.paris-normandie.fr › article › serie-flaubert-312-s...

Sous l'intitulé « Herbier contemporain délicieux », le botaniste Pascal Levaillant dialogue avec Flaubert. Un projet artistique à suivre du 1er ...

 

 

Land art | JARDINS DE PAN

jardinsdepan.fr › blog › tag › land-art

Tendance de l'art contemporain, le Landart est un mouvement ou une pratique ... Herbier contemporain délicieuxPascal Levaillant en dialogue avec Flaubert ...
 

En 2021, la Seine-Maritime célèbre l'année Flaubert

www.tourhebdo.com › actualites › evenements › en-20...

Auparavant en dialogue avec Flaubert  en 2015 à l'ECFM  de Canteleu et en 2019 avec mon herbier chromatique au 51 rue Lecat à Rouen, à l'endroit où est né Flaubert.


 

Herbier chromatique de Levaillant au jardin du musée ...

www.tela-botanica.org › Évènements › Expositions

7Mai15OctHerbier chromatique Musée Flaubert 2019. programme ... le vendredi 7 juin de 14h30 à 16h30 (rendez-vous aux jardins).

 

Herbier chromatique - Réseau des musées de Normandie

www.musees-normandie.fr › evenement › exposition-h...

L'artiste botaniste Pascal Levaillant a installé les tamis de son herbier contemporain sur la pelouse du jardin du musée. Des bâtons ... English · Accueil > musées > Musée Flaubert et d'Histoire de la médecine > Herbier chromatique ... Du 14 mai 2019 au 16 octobre 2019Herbier chromatiqueExposition.

 

Herbier chromatique - Réseau des musées de Normandie

www.musees-normandie.fr › evenement › exposition-h...

L'artiste botaniste Pascal Levaillant a installé les tamis de son herbier contemporain sur la pelouse du jardin du musée. Des bâtons de ...

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 10:11
Pixel-Artmosaic de Pascal Levaillant à Gréville-Hague dans le cadre de "Millet...tout en portraits !" d'avril 2020 à novembre 2021

Exposition « Millet… tout en portraits ! »  Le pixel-art mosaic de Pascal Levaillant y tient une place de choix  dans cette exposition  afin de pouvoir faire le lien entre Millet et l’art contemporain.

Concernant la fin programmée à novembre 2021, cela permettra de la faire découvrir a un plus grand nombre de visiteurs mais aussi aux scolaires.

Crédit photo A.R - Manche 50

Récemment depuis le reconfinement le site de la Maison natale de Jean-François Millet communique ces informations à destination des visiteurs:

"De son vivant, Jean-François Millet s’est dessiné ou peint dans plusieurs autoportraits. Il a été photographié par des professionnels ou des amis, et des gravures à son effigie ont été publiées dans des revues d’art. Par la suite, des artistes se sont approprié ces représentations pour proposer à leur tour leur « portrait » du peintre.

Dans le cabinet d’art graphique, à travers une sélection de gravures, dessins, objets, publications, hommages, caricatures et créations contemporaines, découvrez comment la figure de Millet inspire les artistes depuis la fin du XIXe siècle.

Exposition à découvrir durant la visite de la Maison natale, tous les jours sauf le lundi :
- de 14h à 18h , en juin, septembre, vacances d'automne,
- de 11h à 18h, en juillet et août.


 

 

Crédit photo Pascal Levaillant - 11 juillet 2020

A propos de l'oeuvre :

Ce pixel-artmosaic fait partie des collections du Conseil Départemental de la Manche.

Interprétation pixel-artmosaic de Jean-François Millet - Portrait de l'artiste par lui-même© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Michèle Bellot

Interprétation pixel-artmosaic du portrait de Jean-François Millet, ‘Self Portrait’, Musée du Louvre, Paris (fonds Orsay)©RMN, Paris (Musée d’Orsay) / Michèle Bellot

par Pascal Levaillant, 55x55cm, Yvetot, 2015

À l’aube de l’impressionnisme, Jean-François Millet s’intéresse à la société rurale délaissée au profit de l’intérêt porté à la société industrielle. Par le prisme du labeur dans les champs et de la paysannerie, Millet (1814-1875) interprète le mouvement avec esthétisme, grâce, le figeant pour l’éternité en dépit de la souffrance qui se lit sur les corps.

J’ai compris le réalisme de Jean-François Millet en foulant moult fois les terres rurales de son enfance à la Hague en Cotentin notamment à Gréville-Hague, sur le sentier des douaniers en passant par la sublime baie de Quervière, gravissant le Castel Vendon…

Le pixel-artmosaic est "un nouvel âge de la mosaïque" source Paris Normandie 2010. Cette approche binaire combine l’opus régulatum romain et la vocation première de la mosaïque byzantine : l’image qui surgit. Ma technique contemporaine consiste à assembler ici des tesselles de verre de 1x1cm, collées et non jointoyées pour former l’image.

Cet opus est présenté pour la première fois à

http://www.normandie-impressionniste.fr/figurez-vous à quoi ça-ressemble

Tous les médiums seront représentés : photographie, peinture, dessins, sculpture. Avec : Eduardo Arroyo (Galerie Louis Carré-Paris), Saïd Atek, Éric Bénard, Herman Braun-Vega, Frédéric Brigaud, Pol Bury, John Christoforou, Bernard Clarisse, Jacques Corti , Gérard Crépel, Hervé di Rosa (Galerie Louis Carré Paris), Erró (Galerie Louis Carré Paris), Jean-Luc Goupil, JG Gwezenneg, Braïma Injaï Vesslin Kostadinov, Stéphane L’Hôte, Marie-Hélène Labat, Isabelle Lebon, Jean-Pierre Lemaire, Pascal Levaillant, Ricardo Licata, Bengt Lindström, Galya Litvin, Daniel Mayar, Sabine Meier, Karl Moro, Armelle Normand, Pierre Olingue, Dominique Penloup, Thomas Petit, Ernest Pignon-Ernest, Amanda Pinto da Silva, Jane Planson, Christophe Ronel, Joe Scanlan (FRAC Haute-Normandie), Olivier Terral, Louis Thomas d’Hoste, Jacques Villon (Galerie Louis Carré Paris) et Christian Zeimert.

Jean-François Brochec, Pascale Clermont et Bernard Clarisse

En partenariat avec : Galerie Louis Carré Paris et FRAC Haute-Normandie

 

 

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  • : ce blog a vocation de compléter par des articles et documents visuels mes pratiques artistiques (elles sont multiples)l
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