Comprendre l'histoire à travers les cartes, c'est percevoir comment l'espace et le temps se mélangent. Une carte montre bien plus q'un récit car en son temps elle est à l'instar d'une photographie d'une objectivité absolue que le récit rend subjective . Elle montre les choix, et le pouvoir des hommes qui ont paysagé leur territoire à une époque pour témoigner de leur empreinte.
Inédit
Les plans anciens de Sainte-Marie-des Champs sont rares hormis le plan nopoléonien de 1809 qui fractionne le cadastre en section A, B et C. Ce plan napoléonien indique seulement les contours de la nouvelle commune, le numéro et la taille des parcelles. Il existe aussi le plan seigneurial de la Seigneurie de Baons-le-Comte (1780) mais malheureusement il ne montre pas les terres vers le Mont-Asselin, Loumare, Vaudetot.
L'Atlas Trudaine quant à lui montre le paysage agraire et urbain d'une partie de la paroisse de Sainte Marie des Champs entre 1745 et 1864 comme l'atteste l'absence de l'église d'Yvetot qui à cette période était en cours de reconstruction. Ce plan est exceptionnel car il est peint à l'aquarelle, en couleur et très précis. Il manque les quartiers du Grand Fay et une partie du petit Fay. A cette époque sous l'Ancien Régime, la paroisse de Sainte Marie des Champs appartenait à la principauté d'Yvetot. Sur cet atlas on voit les vergers, les masures cauchoises avec leurs talus-fossés, mares et chemins les reliant ainsi que certains chemins bordés d'arbres (alignements).
Ci-dessous, l'Atlas Orienté comme il faut vis à vis des autres vues suivantes.
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La Carte Etat-Major de 1820-1866 montre l'ensemble du territoire de la commune de Sainte Marie des Champs, cependant le motif est moins précis que celui de l'Atlas Trudaine. En revanche, les contours de la commune sont perceptibles. On perçoit quelques aspects de l'agriculture façonnant le paysage.
Les vues aériennes à partir de 1947 montrent l'évolution du paysage que peu de gens connaissent aujourd'hui. La vue aérienne de 2025 indique les grands bouleversements que la commune a connu en terme d'urbanisme (lotissements, Zone d'Activiés, Centre commercial, percée de la rocade et de l'autoroute avec l'aménagement de rond-point...)
Cette évolution a impacté le paysage agraie au profit d'u paysage urbain.
Cette vue aérienne n'indique pas les contours de la commune. L'avantage de cette carte E.M., le hameau du Menillet est indiqué mais pas Vaudetot et le Bout de Bien, l'ancien hameau Carclif qui est passé en 1809 à la commune voisine d'Yvetot. L'ancienne paroisse a perdu en 1809 près de 100 hectares dans ce rédécoupage napoléonien.
Entre toutes ces vues, force est de constater qu'en 1745, les deux tiers du territoire étaient agricoles et qu'en 2025.
Ce rapport s'est inversé au profit d'un territoire dit "rurbain" entre 1995 et 2025.
Telle est l'évolution de cette ancienne paroisse de la principauté d'Yvetot qui a vu le jour au début du 13e siècle.
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Document préparé par Pascal Levaillant, 2026
Reproduction interdite sans l'autorisation des auteurs
Auteurs : Trudaine, Daniel-Charles (1703-1769) Cote ENSA : CARTO : CD 36 Atlas des routes de France, réunissant plus de 3000 planches manuscrites et aquarellées classées en 62 volumes. - Conservé aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, conservées (sous la cote CP/14/8443 0 8507)
Avertissement : Nul extrait ne peut être exploité sans l'accord des auteurs sinon à transmettre le lien de ce document
"Sainte-Marie-des-Champs est le faubourg d’Yvetot, comme jadis elle fut l’une des trois communes qui composaient tout le royaume ! Rien ne la désignerait à l’attention, si le lettré la traversant ne se souvenait que de 1597 à 1648 un curé l’habita, qui fut oncle de Pierre Corneille. Mais, déjà les grands arbres, plantés sur des trottoirs, annoncent la cité qui se respecte, flère de sa coquette prestance, de ses rues propres et claires, où l’aisance circule, avec les lourds camions, les charrettes vernies et les nombreux autos. Dans cette capitale du pays de Caux, depuis le XVIe siècle, ne réside plus, et c’est dommage, le gentil roy d’Yvetot."
[Spalikowski, 1921] Autour d'Yvetot
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A l'ombre des ifs - balade patrimoniale
à Sainte-Marie-des-Champs organisée par la CCYN Tourisme
sous l'oeil de la caméra de
Gilbert Michel
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Le Mesniltat semble être le premier hameau de Sainte-Marie-des-Champs dès l'antiquité car les archéologues on trouvé des vestiges et des pièces gallo-romaines.
avant l'invasion des Normans on sait peu de choses.
Les invasions des vikings ayant fait avant escale en Angleterre ont remonté la Seine et se sont installés sur le plateau de Caux après que Rollon et ses seigneurs ait reparti les terres pour y conduire une agriculture opulante et pour y trouver suffisamment d'ifs pour en fabriquer localement des arcs de des flèches.
Une fois installés sous Richard 1er Duc de Normandie, la société s'est organisée sous l'influence des abbayes et des seigneurs.
Les masures ont prospéré pour organiser la vie et l'agriculture dans un mode précurseur de développement durable comme l'a écrit bien plus tard Bouillon, Frémond, Sion, Vigarié et bien d'autres définissant la masure cauchoise comme structure exemplaire comme l'a affirme Pitte.
Extrait :
« André Vigarié - dans ses études sur la masure cauchoise. On sait qu'elle représente le plus beau type de maison à cour ouverte, c'est à dire constituée de bâtiments dispersés au sein d'une pâture complantée de pommiers et close d'un fossé doublé d'un talus planté de hêtres. [...] La structure dissociée la rend bien adaptée à l'économie rurale variée Pays de Caux : céréaliculture, élevage bovin et porcin, pommiers à cidre. […] ce type de maison se rencontre tout au long des littoraux qui vont des Pays Baltes et du Jutland à la Normandie et au Devonshire […] cette aire d’extension est celle de la civilisation noroise des 10e et 11e siècles. » [Vigarié, 1969, Pitte, 1983]
André Vigarié en 1969, au moment où la locutionclos-masure est apparue en 1970, a remis la masure cauchoise au centre du pays de Caux.
Apparaissent Carclif et Mesniltate au 11e siècle à Sainte Marie des Champs
C'est sous Guillaume le Conquérant que la principauté a pris des lettres de noblesse car le sire d'Yvetot est parti avec plusieurs de ses comparses de la Principauté embarquer dans l'armada de Guillaume le Bâtard pour detrôner Harold à Hastings.
C'est Beaucousin qui rapporte de le nom d'Yvetot (Ivetoht) n'apparait pas avant le commencement du 11e siècle dans les actes publics parvenus jusqu'à nous. Ivetoht n'est pas à confrondre avec Ivetot, fief voisin de Beaumont-le Roger, comme le signale Dico-Topo Cths.fr.
On le voit mentionné pour la première fois dans une charte de Richard III, duc de Normandie, délivrée vers l'an 1021 en faveur de l'abbaye de Saint-Wandrille, dont ce prince cofirme et augmente les possessions... les moines de Saint-Wandrille y possèdaient donc alors un domaine d'une certaine étendue [...] Beaucousin raporte également q'il existe une chartes de Guillaume-le-Conquérant, datée de 1051, par laquelle il approuve certaines donation faites à l'abbaye de Saint-Wandrille à trois chevaliers dont Toustain, fils d'Elvise (auprès d'Yvetot, un manoir avec le territoire de Carclif et la terre libre de Corbérie... [BNF Nouvelles acquisitions, Fonds latin].
Depuis le 20e siècle on sait par Dico Topo que la Corbérie est une terre correspondant à une ancienne derme des Sept-Meules.
in : Corberie (La) Prob. In vicu qui dicitur Corborius in pago Tellau… à Corborio… à Curborio (751) ; Guil. de Corbéri de Septmuelez (1338) ; La Corberie (10-3-1652) ; Corbéry (1757) ; La Corberie (1877) ; La Corberie (1902) ; La Corberie et Terres de la Corberie (1957) 76 UE Sept-Meules - Dico Tpo CTHS.fr
[...] Beaucousin raconte que des localités que cite la charte dont il s'agit, une seule est connue ; c'est le fief de Carclif, aujourd'hui Carquelay, sur la paroisse de Sainte-Marie-des-Champs.
Guillaume le Conquérant, duc de Normandie - avant de devenir duc de Normandie et roi d'Angleterre en 1066 - traversa le Menisltate en 1053 comme nous le verrons plus loin à propos du hameau de Mesniltat.
Au début du 13e siècle, les sires se sont fait appeler Roy d'Yvetot.
Les terres de la paroisse de Sainte Marye des Champs appartenaient soit au Roi d'Yvetot où au Seigneur de BAONS LE COMTE comme l'indique de la Seigneurie de Baons le Comte daté de 1780 voire même du seigneur d'Ectot-les-Baons (Houel) pour ce qui concerne certaines terres du Fay.
Certaines terres de Sainte Marie des Champs comme l'actuel clos-St-Joseph du Mesniltat étaient rattachées à Baons le Comte au temps de l'ancien Régime.
Dans les premiers documents relatifs à la commune, on remarque cependant qu’Yvetot au début du XIe siècle, était un franc fief, c'est à dire les terres du royaume d'Yvetot étaient exemptées de toute vassalité, à ce titre il était permis au seigneur de porter le titre de roi : c’est ce que fit Richard 1er en 1203 au moment où la Normandie devenait française. En effet à ce moment-là, en 1205, la terre d'Yvetot au temps de Philippe-Auguste ne figure nulle part dans ces rôles après que le duché de Normandie fut définitivement réuni à la France et la terre d'Yvetot conserva sa franchise et ses privilèges dont les origines restent sujettes à discussion comme le rapporte l..A. Beaucousin dans l'histoire de la principauté d'Yvetot.
A cette longue période du Duché de Normandie on peut citer
Le sire Hellin d'Yvetot (1024 - †1079) au temps de la bataille d’Hastings
et au temps du rattachement du Duché de Normandie après la défiate de la bataille de Château-Gaillard :
Richard d'Yvetot (1175 - †1234), seigneur d'Yvetot et de Touffreville.Il fut du petit nombre des seigneurs normands qui restèrent fidèles jusqu'à la fin à Jean-sans-Terre, le dernier Duc de Normandie.
Gautier II.
Richard II d'Yvetot (1218 - †1276), seigneur d'Yvetot et de Touffreville celui qui fit ériger l’église de Sainte Marie des Champs consacrée en 1264.
Beaucousin raporte qu'en ce temps-là : "Il est fait mention vers ce temps-là d'une Alice d'Yvetot, qui présente Robert Maschefer à l'une des trois portions de la curée d'Avremesnil ; mais ce prêtre étant mort, son successeur fut présenté par Nicolas de Lieutot. On voit aussi Guillaume Bernenguel, chevalier, seigneur d'Osouville, présenter à la curé de Sainte-Marie, au droit de sa femme. Alice et la dame d'Osouville n'auraient-elles pas été toutes deux filles de Gautier et sœurs de Richard ?".
Sous Jehan III, Beaucousin signale que : "Cette même année, les moines de Saint-Wandrille tentèrent àJehandu Mesniltate (1) un procès, dans lequel JehanTI, devenu seigneur d'Yvetot, fut appelé à intervenir. On n'a pas oublié qu'en 1051 le domaine de Carclif avait été donné à Saint-Wandrille. Plus tard, le monastère le fieffa aux seigneurs d'Yvetot, et ceux-ci, à leur tour, le sous-fieffèrent aux sires du Mesniltate. Cette terre, qui formait un membre de haubert, était soumise au ban et À l''arrière-ban ; c'est-à-dire qu'elle devait au souverain le service d'un chevalier, chaque fois que réquisition en était régulièrement faite pour une guerre contre les ennemis du roi."
Beaucousin rapporte des faits tenus à propos de Carclif et du Mesniltate : "Jehan III d'Yvetot, alors majeur, quoiqu'il n'eût que le titre d'écuyer, reconnut qu'il tenait bien le fief de Carclif des religieux de Saint-Wandrille, mais il déclarait en même temps que le sire du Mesniltate l'avait reçu de lui en arrière-fief. Il s'obligea donc, vis-à-vis de l'abbaye, à fournir le service d'un chevalier lorsqu'il serait régulièrement demandé, et Jehan du Mesniltate prit, de son côté, envers le seigneur d'Yvetot, l'engagement de le décharger de ce service et de le faire à sa place." [...]
"Il est à supposer que le sire du Mesniltate donna de bonnes excuses aux arbitres, ou que les religieux, satisfaits d'avoir obtenu gain de cause, se montrèrent accommodants pour le passé ; car l'indemnité fut fixée à la simple offrande : d'une lamproie, que dut faire le seigneur d'Yvetot. AussieJehanvint-il, en 1310, faire hommage à la noble abbaye et présenter la lamproie qui était due. A cet acte assistait, comme témoin, Richard d'Yvetot, de la branche cadette de Taillanville, cousin de Jehan."
à Propos du cidre, au 18e siècle en 1725 en rappaort au hameau du Meniltate, Beaucousin cite : " Le Conseil reconnu la justicedeces observations. En conséquence, revenant sur sa décision précédente, il rendit, le 19 juin 1725, un autre arrêt qui, tout en confirmant le marquis d'Albon dans le droit, qu'il lui reconnaissait, de lever l'impôt du quatrième, déclarait, qu'après s'être rendu compte du nombre des habitants d'Yvetot et de la quantité d'eau-de-vienécessaire à leurs besoins, le Conseil fixait à soixante muids,dedeux cent quatre-vingt-huit pots, ce qui pourrait entrer en franchise, tant pour la consommation des gens du bourg, que pour le commerce qu'ils faisaient dans l'étendue de la principauté. Un bureau serait ouvert au hameau duMéniltate, à l'effet de recevoir la déclaration des cidres, poirés ou : autres boissons qu'ils voudraient exporter, et sur lesquelles ils seraient tenus d'acquitter les droits. "
Le premier fief des terres d 'Ivetoht : Carclif (1051); Kaclif (1198) ; Carclif (début xiii e siècle) ; Carclif (1410) ; Fief franc de Carclif (1419) ; Fief franc de h. nommé le fief de Carquelis (1679) ; Bosc de Carclif (19-11-1420) ; À la hauteur. de Sainte-Marie-des Champs, un fief nommé le fief Carquelif (1503) ; Carclif (1566) ; Fief de Carkelif ( XVIII e siècle) ; Carquelif (29-4-1779) ; Le Carquelay (1876) ; Le Carquelay (1953)
Aujourd'hui le quartier dit le Carquelay a été nommé entre l'ancien bourg de Sainte Marie des Champs et le Mesnilat car l'ancien Carclif a été rattaché à la commune d'Yvetot en 1808-1810 suite au redécoupage des communes et paroisses sous Napoléon Bonaparte.
Le second fief connu fut le Mont Asselin: Ad montem Asselini (fin 12e siècle) […]
1221 : la paroisse de Sainte-Marie-des-Champs: Volonté. presbytero de Campis , sans date (Arch. S.-M. 16 H cart. f. 184) ; Sanctam Mariam de Campis , 1221 (charrette Arch. S.-M. 16 H. F. 186) ; Sancta Maria de Campis , 1240 (S. Fr. XXIII, 281) ; Dedicavimus ecc. Beate Marie de Campis , 1264 (Bonnin, 498) ; Sancte Marie des Camps , 1319 (Arch. S.-M. G 3267) ; Sancta Maria à Campis , 1337 ; Sainte Marie des Camps , 1431 (Longnon 27, 85) Eglise de Saincte Marie des Champs, 1401 […]
1224 : Mesniltat ou Meniltate (le): W. de Mesnil Tate. (Concerne peut-être le Mesnil Tade, 1224 (Arch. S.-M. 18 H)Le Mesnil (Tate, 1393Présentation à la léproserie des Baons-le-Comte par G. du Mesnil Tate à cause de de son fief du Mesn…, 1469-1470 (Arch. S.-M. G. 7470, 9457)Le Mesnil Tata, 1397-98 (Arch. S.-M. Tab. Rouen reg. 8 f. 307 v.) […]
Source in : Dicotopo - https://dicotopo.cths.fr/ recherche Sainte Marie des Champs
Beaucousin décrit la paroisse de Sainte Marie à plusieurs reprises en évoquant les liens entre Carkif, le Mesniltat en rapport avec la terre d'Yvetot, Franc fief ... et l'abbaye de Saint-Wandrille.
Sous Gautier, les sources sont plus faibles pour en extraire des renseignements qui évoquent Sainte Marie des Champs : A milieu du 12e siècle le chef de la famille se nommait alors Gautier. Une transaction conclue avec Gautier, deuxième du nom, nouveau sire d'Yvetot, figure en 1221 comme témoin d'une donation faite par Gautier de Carclif à son petit-fils Jehan de Manteville. Ce Gautier de Carclif devint plus tard le chevalier Gautier de Carclif en la présence de Gautier d'Yvetot présent à la cure de Sainte Marie en 1226.
Sous Richard II, la paroisse de Sainte Marie des Champs comprenait, soixante paroissiens et valait cinquante livres, quoique moins importante qu'Yvetot, rapporte presque le double. Cela tient principalement à ce que les religieux de Saint-Wandrille percevant, comme il a été dit , les deux tiers des dîmes d'Yvetot, ne laissaient au curé qu'un revenu bien amoindri et peu en proportion avec le nombre des habitants de la paroisse.
Sous Jehan II, son successeur, on ne connait qu'une qu'une trasaction, par laquelle il cédait aux religieux de Saint-Wandrille un excraissement de terre autour de leur grange d'Yvetot.
Beaucousin situe l'ancienne dîmière d'Yvetot sur un terrain sis au bourg d'Yveto Les moines de l'abbaye de Saint-Wandrille percevaient les deux tiers des dîmes de la paroisse avec l'espace nécessaire pour les mettre à l'abri dans la grange construite non loin de l'ancien Marché (à l'emplacement actuel compreenant en partie la place Victor Hugo), c'est à dire à l'emplacement de l'ancien tribunal civil d'Yvetot, rue du Couvent, là où fut construit le couvent des Bernardines dont un bail des grosses dîmes d'Yvetot fut passé le 11 février 1782 par les religieux de Saint-Wandrille qui percevaient depuis 600 ans les deux tiers des dîmes par une convention avec le seigneur d'Yvetot. Il était dû à Richard, à titre de redevance seigneuriale, pour l'emplacement de cette grange, une somme d'orge sur les dîmes d'Yvetot, tant pour les grains que pour les fourrages.
En 1566 les premiers propriétaires des terres de Sainte Marie des Champs sont connus et consignés dans la terrier de la Principauté d'Yvetot traduite en vieux français par L.A. Beaucousin à la fin du 19e siècle. Cette archive se trouve au Archives Départementales de la Seine-Maritime à Grammont.
Guillaume Mallet, chevalier Seigneur d’Ivetot terres en la paroisse de Sainte Marie
Valeran Mallet, excuyer, Seigneur de Taillanville terres labourables et prairies à Ste Marie des Champs
Jehan Caumontpièce en closage à La Bricqueterie à Sate Marie des Champs - Une réséantise avec terres ham du Mesniltate (fief du Saulvaig)
Jehan Caumontla Breme et hamel du Mensiltat
Guillaume Gombault et Jehan GombaultFief du Mont Asselin en 1494 seigneur du Mont Asselin
Nicolas Chapperon au quartier du Fay
Guillaume Lelièvre, avocat du Roi en la vicomté de Caudebec
Jehan Houel au Fay
Loys Greffier de retimare à Ste Marie
Pierre Vastynel masure close plantée et édyfiée de maisons
Wandrille Daupmalle vers Mezerville
Pierre Tourmente, rue de Vaudemare une resenatise vers Mezerville
Marin Leherichver quartier de l’eglise
Nicolas Dubosc au Fay
Robin des Vaulx vers Mazerville
Raoullin Letellier de retimare à Ste Marie des Champs
Regné Dicquebeuf vers Rétimare
Charles Legrand escuyer terres de rethymare à Ste Marie
Ayant également des terres à la paroisse de Sainte Marie des Champs
Guillaume Nepveu
Guillaume Pochon
Pierre Lebrasseur vers Mesniltate
Raoul Lecourt
Estienne Letellier vers le Mont Asselin
François Leroy vers Asselin
Jehan Dubreuil
Jehan Cavesne
Pierre Houel
Collin Lesage
Guillaume Allain
Robert et Jehan Chenu
In : plan terrier de 1566 transcrit en calligraphie manuscrite à la main par Beaucousin - Archives départementales de la Seine-Maritime, Cote IER , 2196, ADSM 76.
Comme nous le constatons au Fay, la famille Corneille est reliée à la Famille Houel (Jehan et Pierre ) déjà propriétaires en 1566.
"Jehanne Houel. Du reste, il venait souvent rendre visite à son frère, le curé de Sainte-Marie, et à ses autres parents qui résidaient dans la principauté. Plus d'une fois, sans doute, le grand Corneille, encore jeune, accompagna son père dans ces voyages, et qui sait si le presbytère de Sainte-Marie n'ent pas ainsi les prémices de quelques-uns de ses essais ? Un autre membre de cette famille, Pierre Houel, sieur de Valleville, conseiller du roi et lieutenant général à l'élection de Caudebec, fit construire en 1613, dans sa propriété duFay, hameau d'Yvetot, un manoir qui subsiste encore, et, le 3 avril 1621, il obtint de Martin du Bellay l'autorisation d'élever un colombier dans la masure de ce domaine, qui a demeuré entre les mains de ses descendants jusqu'en 1879, époque à laquelle il fut divisé et vendu par parties à plusieurs des habitants d'Yvetot."
Depuis Beaucousin, on sait aujourd'hui que Valleville était attaché à Ectot-les-Baons comme le cite Dico-Topo Cths.fr
[...]
"Jehan Houell'aisné, du Fay des Bans, âgié de 40 ans ( iïij**x et ij ans), ou environ, démeurant en la paroisse du Fay des Bans le Conte, juré à rapporter vérité sur ce que dit est ; dist et deppose qu'il est assez enregistré qu'il vit monsieur Martin, seigneur, en son vivant chevalier, et estoit nommé prince et seigneur d'Yvetot et qu'il en jouissoit et possé-doit paisiblement et avoit haulte justice, moienne et basse et aussi en avoient ses précurseurs tousiours jouy. — Enquis se conduit. seigneur d'Yvetot et ses antérieurs estoient francs d'ommage et autres servitudes envers le Roy, ou non; dist que riens n'en scait, mais à tousiours ouy dire qu'il tenoit sa terre franchement et que les sergents du Roy n'y devoient faire nulz exploitiz ; et si a ouy dire que conduit. seigneur, et ses précédents seigneurs d'Yvetot, avoient droit et povoient faire monnoie sur leur terres. "
Beaucousin poursuit en résumant et en associant Antoine Corneille à la famille Houel :
"La cure de Sainte-Marie étant devenue vacante, René du Bellay présenta et fit nommer à cette cure, qui était alors l'une des plus lucratives du pays, Antoine Corneille.
Cet ecclésiastique et son frère Pierre, le père du grand Corneille, appartenaient par leur mère, Barbe Houel, dans une famille très ancienne et très considérée d'Yvetot.
Dès le début du XVe siècle, les Houel figuraient parmi les bourgeois les plus riches et les plus influents, et plusieurs d'entre eux furent appelés à exercer les fonctions d'élus à Caudebec.
Le 28 septembre 1603, noble homme Pierre Corneille, maître des Eaux et Forêts, assistait à Yvetot, en qualité de parrain, au baptême de Jehanne Asselin, fille de noble homme Loys Asselin, laquelle eut pour marraine Jehanne Houel.
Du reste, il venait souvent rendre visite à son frère, le curé de Sainte-Marie, et à ses autres parents qui résidaient dans la principauté. Plus d'une fois, sans doute, le grand Corneille, encore jeune, accompagna son père dans ces voyages, et qui sait si le presbytère de Sainte-Marie n'ent pas ainsi les prémices de quelques-uns de ses essais ?
Un autre membre de cette famille, Pierre Houel, sieur de Valleville, conseiller du roi et lieutenant général à l'élection de Caudebec, fit construire en 1613, dans sa propriété du Fay, hameau d'Yvetot, un manoir qui subsiste encore, et, le 3 avril 1621, il obtint de Martin du Bellay l'autorisation d'élever un colombier dans la masure de ce domaine, qui a demeuré entre les mains de descendant sess jusqu'en 1879, époque à laquelle il fut divisé et vendu par parties à plusieurs des habitants d'Yvetot.
In : Histoire de la principauté d'Yvetot, Beaucousin, p. 177 et 178.
Jeh
Article publié par le Courrier Cauchois en 2025
"Le manoir du Fay n'est pas une demeure comme les autres", assure François Martot. Le président de l'association Faire vivre le manoir du Fay, tiendra à le démontrer lors d'une conférence qu'il consacre à ce monument, jeudi 13 mars, à 18h30 salle Saint Cyr, à Sainte-Marie-des-Champs. "Sa première particularité est d'avoir appartenu à deux communes : 200 ans à Sainte-Marie-des-Champs, 200 ans à Yvetot", indique le conférencier. Celui qui préside également aux destinées du Cercle d'études du patrimoine cauchois (CEPC) a prévu de construire son propos en 14 tableaux : "Sept quand le manoir était à Sainte-Marie et sept quand il est devenu yvetotais."
Deux liens avec la famille Corneille
C'est Pierre Houel de Valleville, très riche propriétaire, qui installe le manoir du Fay, à Sainte-Marie-des-Champs dans la principauté d'Yvetot, dont il n'est pas originaire. "Sans doute en raison du régime fiscal avantageux de la principauté confirmée par plusieurs rois de France", souligne l'intervenant. Barbe Houel, sœur du créateur de la bâtisse, se marie avec Pierre Corneille, grand-père de l'écrivain. Elle apporte en dot la maison Corneille de Rouen. "Son fils Antoine est nommé curé de Sainte-Marie-des-Champs, ce qui fait deux liens entre la commune et cette illustre famille", remarque François Martot.
C'est la faute de Napoléon
Pendant la Révolution française, le bâtiment est sauvé de la destruction. Mais il est réquisitionné. Il sert alors de prison. Il change de commune d'implantation sous Napoléon. Souhaitant imposer une fusion de communes, l'Empereur veut supprimer celle de Sainte-Marie-des-Champs. Les habitants refusent l'absorption par la commune d'Yvetot. Un compromis est imposé. Sainte-Marie perd le quartier du Fay. C'est ainsi que le Manoir devient yvetotais. "C'est sans doute le seul Monument Historique ayant changé de commune pendant son histoire", estime François Martot.
L'arrondissement d'Yvetot traverse, entre 1865 et 1880, une très grave crise économique avec la disparition du tissage à domicile. Le manoir du Fay est alors une exploitation agricole. La famille propriétaire doit le vendre en 1879. Le lieu n'est plus rentable pour elle. "Sans cette crise, le manoir n'aurait certainement pas été vendu puis racheté plus d'un siècle plus tard par la Ville d'Yvetot. Il ne serait pas devenu un Monument Historique", conclut le conférencier.
In : https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-379629-yvetot-manoir-du-fay-deux-communes-pour-un-edifice
Copie de l'acte de vente du Manoir du Fay le 27 janvier 1989.
Construit de 1613 à 1617, le manoir fut édifié dans la paroisse de Sainte-Marie-des-Champs avant d'être intégré à la commune d'Yvetot en 1807-1810
Au début des années 1990, une première plantation dans la jardin clos du manoir.
Les élus Yvetot en 1994 lors de de la première plantation d'un poirier en espalier en 1994 au Manoir du Fay en présence notamment de Pierre Bobée, maire et Joël Tanguy, M. Lecoeur, René Gilles, Pierre Varin, et Melle Gilles de l'Office de Tourisme.
Le Manoir du Fay avec ses hêtres qui furent remplacés par des peupliers avant d'être remplacés ces dernières années par de nouveaux plants de hêtres.
A l'endroit de la petite fenêtre au 1er étage de l'ajout droit du manoir fut celle jadis de la chambre occupée par Bernard Maignan dans les années 30.
Maquette du manoir du Fay au Musée de Graville, Maisons Gosselin, une collection unique en son genre au Havre
In : https://www.musees-mah-lehavre.fr/agenda/maisons-gosselin-une-collection-unique-en-son-genre
Ces deux rapports civils éclairent par ces actes le contexte de succesionnen entre les Houel et les Corneille.
Peu avant les débuts de la construction du manoir du Fay achevé en 1612.
Rapports civils, janvier 1607.
Antoine Corneille, oncle du poète, curé de Sainte-Marie des Champs, avait été présenté par Pierre Feron, chanoine de l'église Notre-Dame de Rouen, à la chapelle Sainte-Anne, fondée à Notre-Dame, et en avait pris possession le 6 mai 1602. Mais précédemment, et dès l'année 1583, le 17 janvier, Nicolas de Brenetot y avait été pourvu par Marian de Martinbost, grand vicaire de l'archevêché. Son droit se trouvant contesté par Corneille, de Brenetot se pourvut de lettres de maintenue audit bénéfice, le 31 octobre 1602. Corneille contesta, et l'on vint au Parlement, lequel décida que de Brenetot serait maintenu à la chapelle Sainte-Anne, du consentement de Corneille, affranchit ce dernier des réparations qui pourraient être nécessaires à la maison dépendante de lad. chapelle.
De la maison néanmoins il conlinuera de jouir jusqu'à Pâques prochain, à la condition qu'il desservira jusque-là lad. chapelle.
Rapports civils, 30 mars 1607. Pierre Houel, sieur de Valleville (2) ancien élu de Caudebec,
Nicolas Houel, sieur des Parcs, fils de Jean Houel, sieur de Valleville, leur père. Ce sont, par conséquent, les frères de Barbe Houel, qui épousa Pierre Corneille, grand-père du poète.
On y voit que Pierre Houel, sieur de Vaudutot (2), leur oncle, était greffier criminel du Parlement, notaire et secrétaire de la maison et couronne de France. (Ce qui exlique comment Pierre Corneille était devenu commis au greffe criminel, puis référendaire.)
Ce Pierre Houel avait hypothéqué certains biens et, entre autres rentes, il avait constitué, deux cents livres de rente en dot à sa nièce Barbe Houel, et; après la mort de celle-ci, Pierre et Antoine Corneille, ses deux fils les recueillirent.
Tout ce .procès porte sur le partage de la succession de Pierre Houel, sieur de Vaudutot.
1. Hameau de la commune d'Ectot-tes-Baons, commune d'Yerville, arrondissement d'Yvetot, et Vatteville près de Caudebec.
2. Plus haut, Vaudetot (Vaudetot fut jadis Val-de-Tot à Sainte Marie des Champs. voir Dico-Topo Cths.fr : Val-du-Tot - Mare de Tot (1221) ; Val du Tot (1566) ; Vaudetot ( XVII e siècle) ; Le Vaudetot (1639) ; Campagne du Val de Tot ( XVIII e siècle) 76 Yvetot Sainte-Marie-des-Champs
Au début du 17e siècle, le manoir appartenait à Pierre Houel de Valleville, grand-oncle de Pierre Corneille. Le logis, achevé en 1612 (date portée sur la façade) , est construit en brique et calcaire, avec tourelle d'escalier hors-oeuvre. A la fin du 17e siècle, on a accolé à l'est un bâtiment de plan en L. L'édifice a été utilisé comme prison à la Révolution, puis comme exploitation agricole au 19e siècle (extensions de chaque côté du logis). L'ensemble est inscrit dans un enclos de type clos-masure. Il a été acquis par la commune en 1989.
in : https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00132697
Du Fief Vaudetot (Val de Tot –1566) et de la mare du Val (1566) à aujourd’hui près de l’ancienne bascule de l’ancienne RN 13 bis devenue RN 15 puis D 6015. Peu avant la construction en 1607, on y voit que Pierre Houel, sieur de Vaudutot (1), et sieur de Valleville à Ectot-lès-Baons, était greffier criminel du Parlement, notaire et secrétaire de la maison et couronne de France. (Ce qui explique comment Pierre Corneille était devenu commis au greffe criminel, puis référendaire.)
Ce Pierre Houel avait hypothéqué certains biens et, entre autres rentes, il avait constitué, deux cents livres de rente en dot à sa nièce Barbe Houel, et; après la mort de celle-ci, Pierre et Antoine Corneille, ses deux fils les recueillirent. Tout ce .procès porte sur le partage de la succession de Pierre Houel, sieur de Vaudutot (Vaudetot, 1639))
(1). Plus haut, Vaudetot (Vaudetot fut jadis Val-de-Tot à Sainte Marie des Champs. voir Dico-Topo Cths.fr : Val-du-Tot - Mare de Tot (1221) ; Val du Tot (1566) ; Vaudetot ( XVII e siècle) ; Le Vaudetot (1639) ; Campagne du Val de Tot ( XVIII e siècle) 76 Yvetot Sainte-Marie-des-Champs . In : Points obscurs et nouveaux de la vie de Pierre Corneille : étude historique et critique, avec pièces justificatives / par F. Bouquet,... 1888 - in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205029v/f336.item.r=Houel%20Yvetot
En 1566 , selon le terrier de 1566, Pierre Houel bourgeois de Rouen tient les héritages & pièces de terre ci-après une masure en la place du marché ; près Niatel , une petite masure ; de Valleville notamment une pièce de terre, une autre pièce des chanoines de l’église collégiale de SR Jehan d’Yvetot ; du fief Cretot : trois vergées à Yvetot ; une autre pièce (toutes vers les Forières, Mézerville, Loumare, Rétimare…) ; une autre pièce derrière la maison de Jehan Houel, une autre pièce vers le moulin et la léproserie des Bans (Baons)… C’est suite à cet héritage qu’il du faire l’acquisition entre 1566 et 1607 des terres où il fit édifier le manoir du Fay achvé en 1612.
Le plan terrier de 1566, Cote 1 ER 2196 - A.D.S.M 76, commandité sous Martin du Bellay, roi devenu prince au mitan du 16e siècle fut achevé en 1566 sous la règne de son épouse Isabeau Chenu. Ce terrier qui n’est plus rattaché à un plan qui reste introuvable selon Beaucousin et Gaury, indique toutefois des descriptions très précises qui m’ont permis de me familiarisé avec ce document de plus de 300 pages conservé aux Archives départementales de la Seine-Maritime.
En voici quelques extraits de cet ancien fief tenu par Pierre Houel, bourgeois de Rouen détenant des terres en la principauté d’Yvetot mais qui ne possédait pas encore en 1566, le Val au Tot (Vaudutot en 1607 et Vaudetot en 1639 - source Dico-Topo CTHS.fr)
Jehan Caumont, noble de la principauté d’Yvetot tenait « une autre piece de terre contenant neuf vengées ou envyron assises au d. Yvetot près le val du Tot bournée […] D.B. le chemyn tendant de Ste Marye des champs au Mont Asselin, auquel bout il y a un escachon. (une pierre)».
Jacques Foloppe, de Ste Marye des Champs – Pierre Fouterel de Maulévrier tiennent » Item une autre piece de terre contenant troys vergées assise au torrent du val du Tot (…).
Raoullin Letellier, tient une « autre piece labourable, assise en la d. paroisse d’Yvetot contenant sept vergées ou envyron, près le val du Tot (…).
Les enfants du défunt Charles Legrand écuyer et seigneur de la Haye résidant à Réfigny, tiennent une « troisième piece bournée D.C. la terre St Pierre d’Yvetot (…) D.B. la chemyn tendant à Ste Marie Des champs et sise aux terres du val du Tot.
Estienne Letellier de Ste Maye des Champs tient « une acre de terre assise en la dite paroisse d’Yvetot près le terrain Du val Du Tot, jouxte (…) près le chemyn tendant du Mont Asselin 0 Ste Marye des champs (…)
Item une autre piece de terre contenant une acre assise en la dite paroisse d’Yvetot au terrain du Val du Tot (…).
Jehan Dubreuil, tient des terres non loin de celles « D.C. Jehan Gombault Sr du Mont Asselin & D.B M Pierre Houel Sr du Val du Tot greffier criminel en la cour du parlement de Rouen et lesquelles trois vergées de terre (...).
Nicollas Deniscourt, tient « une pièce contenant troys vergées ou envyron assise en la paroisse di dit Yvetot, bornée D.C& D.B le dit tenant – D.B. la sente tendant du Bec à Yvetot et passe a travers la dite pièce la sente tendant de la mare du val a tot a Yvetot (…) ».
Ci-dessus l'emplacement approximatif (en bleu) de l'ancienne mare du Tot, Val de Tot du fait que le futur tracé ait gommé ladite mare du Val au Tot sacrifiée provisoirement au temps de la voie royale, sous Louis XV.
On aperçoit ladite mare (cercle beuâtre) sous le hameau de Bout de Bien.
La nouvelle mare de 1985 correspondant à l'emplacement de l'ancienne mare du Tot., à côté de l'actuel restaurant Le Grill à Sainte-Marie-des-Champs. Avec intelliogence la mairie de Sainte-Marie-des Champs a reconstitué une nouvelle mare à l'endroit de l'ancienne identifée en 1745 et 1780 sur les plans anciens.
La nouvelle mare à l'emplacement de l'ancienne mare du Val du tot, entre le restaurant Le Grill et la socité de logistique de transport par camion. Source Géoportail 2025
Corneille à Sainte-Marie-des-Champs
"Le village de Sainte-Marie-des-Champs forme le véritable faubourg de la capitale cauchoise. Un groupe de ses maisons s’échelonne le long de la route nationale de Rouen au Havre, tandis que les autres, ennemies de la foule et du bruit des grands chemins, prudemment, se dispersent au hasard du terrain, de chaque côté de la voie ferrée qui traverse le village de part en part.
Le centre est d’ailleurs plus agréable que la façade. [...] En été, la chaleur est, accablante, les moissonneurs, fondus de sueur, semblent des esclaves échappés des berges ensoleillées du Nil. En hiver, cingle la bise qui couvre d’un même manteau rigide la route et les guérets, les arbres et les bornes.
C’est là que fut curé, pendant 51 ans, et non pendant 44 ans, ainsi que l’écrivaient les abbés Bunel et Tougard, Anthoine Corneille, l’oncle du tragique, dont j’ai déjà précédemment cité le nom. Il fut nommé, en effet, le 16 septembre 1597, sur présentation de René du Bellay, prince d’Yvetot, et y ferma les yeux pour le grand voyage de l’au-delà, en janvier 1648.
L’église, qui s’offre à droite du visiteur se rendant à la cité, modeste temple campagnard remanié, restauré, égale, de son aiguille, le village, dépourvu d’autre monument. Le chœur est le seul vestige de la chapelle ogivale, consacrée en 1264, par l’archevéque Eude Rigaud, et dans sa tour, chantait une cloche dont la robe de bronze portait cette inscription : « L’an 1629, j’ay esté bénite par M" Anthoine Corneille, prestre curé de ceste paroisse, et nommée par M. de Houdetot, escuyer, sieur du Verger, et par Charlotte de Sarcilly, épouse de M. Pierre Houel, escuyer, sieur de Valleville, conseiller du roi et lieutenant des Elus de Caudebec, lequel m’a nommée Charlotte. » Ainsi, comme on le voit, les familles Houel et Corneille se retrouvaient au Fay et à Sainte-Marie. D’ailleurs, un acte, de 1648, provenant des registres de la paroisse, signé de Pierre Corneille et de ses deux frères, Thomas et Anthoine, est conservé aux Archives départementales.
Dès 1611, les comptes de la fabrique sont vérifiés le 5 juin, en présence de Ciariadus de Houdetot, sieur du Verger, et de maître Pierre Houel, écuyer, sieur de Valleville. Pierre Corneille entretenait les meilleures relations avec cet oncle curé, défendant même les intérêts de ce dernier, lorsqu’il fallut prouver, par exemple, l’existence de la constitution d’une rente sur une part des quatrièmes de Conches, droit sur le vin, le cidre et les boissons que levait le Roi. Il est facile de se représenter ce qu’était la vie du poète, lors de son séjour dans la banlieue d’Yvetot. Il se rendait du Fay à Sainte-Marie, dont le site était certes plus pittoresque qu’aujourd’hui. Délaissant la minuscule capitale des rois légendaires, il gagnait, par les sentiers creux et noirs, grâce aux rangs pressés des fayards sur les fossés, le derrière du village de Sainte- Marie, dont les dernières maisons cachent leurs bonnets de paille dans la pénombre des pommiers et des hêtres alors nombreux, comme les arbres des forêts.
La plaine commençait plus loin avec sa nudité désespérante et ses moissons d’or au roulis perpétuel, dont la brise, jamais lassée, caresse les lourds épis. La distance du Grand Fay où se trouve le manoir, au presbytère de Sainte-Marie, est d’environ deux kilomètres et demi. C’était donc simple promenade et douce joie pour le poète aux regards tout remplis d’héroïques visions, d’aller suivre la Muse aux creux des verts buissons, chercher un vers sonore au bruit sourd du fléau, tandis que devant lui, sous la voûte où filtrait une obscure clarté qui tombait des ramures, couraient les ombres de Chimène ou de Pauline.
Il y avait, à celte époque, au petit Fay et au lieu dit le Ménillet, de pittoresques maisons « manantes », qui n’intéressaient guère notre compatriote, il faut l’avouer, mais dont la disparition cause plus d’un regret à ceux qui tentent de reconstituer le décor au milieu duquel s’agitent les princes de l’histoire.
Yvetot a conservé quelques-unes de ces maisonnettes échappées, par leur éloignement, à l’incendie de 1688. A quelques mètres en arrière du manoir du Fay, se voit même une ferme de la double cheminée du XVI e siècle, dont j’ai parlé ailleurs. Peut-être, Pierre Corneille est-il entré en voisin dans cette humble demeure, et s’est-il réchauffé au feu joyeux des flambées automnales, tandis que l’œil fixé sur les sculptures du bandeau historié, il méditait sans doute sur la mort et son œuvre, ou songeait aux strophes de « l’Imitation » dont sa lyre essayait déjà les timides accords."
A contrario de L.A.Beaucousin, Spalikowski a omis de citer les titres de son fief de Vaudutot (1639) entre les hameaux de Loumare, Mont-Asselin, Bout de Bien et Mesniltat.
Corneille au Manoir du Fay - au temps où le manoir du Fay se trouvait dans la paroisse de Sainte Marie des Champs.
"Dans un grand et doux herbage où s’étale, paresseuse, l’opulence des pommiers, à un kilomètre environ du centre d’Yvetot, se détachant sur un beau fond de verdure que déploie une futaie protectrice, le manoir du Fay dresse sa haute toiture, chaperon recouvrant un corps de logis du commencement du XVIIe siècle, sur lequel le style Renaissance a épuisé ses ultimes caresses. En effet, une gracieuse bretèche, toute de pierre, percée d’une fenêtre à petits carreaux, terminée en encorbellement, aux moulures d’une coupe à Jamais démodée, prêterait lieu à confusion, si une date gravée sur le claveau de la porte cintrée, flanquée de ses pierres blanches et d’un fronton dissimulé, ne renseignait le visiteur sur l’année de sa construction — 1617. Une large ouverture longitudinale servait à protéger le seuil, tandis qu’une plaque vierge était destinée à recevoir des armoiries. Tout l’appareil est de briques à chaînage et harpes de pierre. La porte se treillisse de ces losanges de l’époque Louis XIII, toujours d’un si charmant effet. Six fenêtres, en façade, avec volets rustiques, qui sentent la gentilhommière campagnarde, deux modestes lucarnes et c’est tout. En arrière, une tour quadrangulaire, élégante et trapue à la fois, protège l’escalier comme celle du logis villageois de Petit-Couronne. Sur un des flancs, un petit bâtiment carré, en ressaut, à base de maçonnerie, à l’étage en colombage, surmonté d’un toit pyramidal, dissimule une aile construite avec les mêmes sortes de matériaux. Une simple élégance a présidé à la construction. Encore est-il qu’autrefois un toit de chaume précéda celui d’ardoises que l’on voit aujourd’hui, couronné de deux souches trapues qui ne parvenaient pas toujours à dégager une simple élégance a présidé à la construction.
Encore est-il qu’autrefois un toit de chaume précéda celui d’ardoises que l’on voit aujourd’hui, couronné de deux souches trapues qui ne parvenaient pas toujours à dégager la fumée qui, dans les jours humides où souille un fort vent d’ouest, rabattait sous le manteau de la cheminée de lasalle du rez-de-chaussée. Celle-ci dresse sa hotte rectangulaire imposante, avec cadre central accompagné latéralement de petits panneaux caractéristiques du Louis XIII, surmontés de frontons à volutes. Ce fut un bourgeois d’Yvetot, sieur de Valleville, ancien élu de Caudebec, dénommé Pierre Houel, fils de Jean Houel, époux de Charlotte de Sarcilly, qui fit édifier ce manoir pour attendre, en vrai sage, la vieillesse très douce à ceux qui savent l’accueillir dans le silence des jardins, dans le mystère des grands clos.
Pierre Houel vit marier sa sœur Barbe à un référendaire de la chancellerie de Rouen, dont elle eut deux fils, Pierre et Anthoine. Ce dernier occupa la cure de Sainte - Marie-des-Champs. Pierre, ayant convolé en justes noces, avec Marthe le Pesant de Boisguilbert, devint le père du poète classique. Je rappellerai que la ferme du Petit-Couronne appartenait à ce même Pierre Houel qui la céda, plus tard, à Pierre Corneille le père. Ainsi qu’on le voit, les grands parents du tragique étaient originaires d’Yvetot. Son oncle habitait la paroisse voisine, tandis que son grand-oncle possédait le manoir du Fay. C’est, du moins, ce que m’apprend l’érudit Beaucousin. Ce dernier ajoute que l’oncle et le grand-oncle ne moururent que quelques années après la première représentation du « Cid. » [...] Quoi qu’il en fût, les placides habitants du hameau du Fay, qui voyaient chevaucher le poète sur une mule, savaient-ils que passait le génie qui devait immortaliser la race dont il était issu, et apprendre à l’univers étonné qu’un Normand est toujours capable d’enfermer son cœur dans le triple airain dont parle Horace, pour résister à ceux qui voudraient mettre l’emprise sur son pays, son village ou ses idées ?"
Autour d'Yvetot, Edmond Spalikowski, 1921] ADSM 76 BHSM 250
Mesniltate, à un kilomètre du Manoir du Fay jadis sur la paroisse de Sainte Marie des Champs
Beaucousin situe Mesniltate sur la voie romaine de Caudebec-en-Caux à Arques :
« Il existe une charte de Guillaume-le-Conquérant, datée de 1051, par laquelle il approuve certaines donations faites à l’abbaye de Saint-Wandrille par trois chevaliers normands[1]. L’un d’eux, Toustain, fils d’Helvise, cède au monastère : « auprès d’Yvetot, un manoir avec le territoire de Carclif et la terre de Corbérie […] Des localités que cite la charte dont il s’agit, une seule est connue ; c’est le fief de Carclif, aujourd’hui Carqueley, sur la paroisse de Sainte-Marie-des-Champs ; et l’on verra plus tard que, lors d’un procès survenu en 1298 entre l’abbaye de Saint-Wandrille et les seigneurs du Mesniltateà l’occasion de ce même fief, Jehan d’Yvetot reconnut le tenir des moines de Saint-Wandrille.[…] Deux ans après avoir octroyé cette charte, le duc Guillaume traversa le territoire d’Yvetot. On voit dans la partie sud d’Yvetot les reste d’un vieux chemin, dont quelques tronçons se rencontrent également sur le territoire de Sainte-Marie, des Baons, d’Ectot et de Grémonville. Il porte encore le nom de chemin d’Arques. Il est naturel de penser que c’est la route que suivit Guillaume, laquelle partant de Caudebec allait aboutir à Arques. A l’appui de cette supposition, on rappellera la découverte de monnaies et de vases funéraires, faite au hameau du Mesniltate, sur le bord de cette voie antique, dont l’établissement daterait de l’occupation romaine. »
[1] L.A. Beaucousin, in : Histoire de la principauté d’Yvetot, ses rois, ses seigneurs, Beaucousin, Métairie- Delamare, Rouen-Yvetot, 1884,p 9-10-11. Biblioth.nat. Nouvelles acquisitions, Fonds latin
In : Histoire de la principauté d’Yvetot, ses rois, ses seigneurs, Beaucousin, Métairie- Delamare, Rouen-Yvetot, 1884, p.13.
Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814), né au Havre, fait partie des auteurs français qui s’opposent sans ambiguïté à l’esclavage et au racisme au nom de l’égalité de tous les hommes.
Si la rencontre entre Jean-Jacques Rousseau et Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre 1 fut celle de deux hommes sensibles aux vertus consolatrices de l'amitié, elle est aussi celle de deux œuvres où l'élaboration de la pensée rejoint le bonheur de l'écriture. Chez l'un et l'autre, la philosophie entre en connivence avec la littérature et s'ouvre sur la science. Traités théoriques et fictions romanesques se côtoient, s'interpénètrent parfois.
Natif du Havre, Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre est à la fois écrivain, botaniste et aventurier. En 1768, il s’embarque pour l’Ile de France en tant que capitaine-ingénieur. Avant de poursuivre son voyage à l’Ile Bourbon (La Réunion). Ses séjours sont pour lui l’occasion d’apprendre la botanique, d’étudier la nature et les hommes. Il s’indigne du sort des esclaves et prend fait et cause pour eux. A son retour, il mène une vie d’homme de lettres et se lie d’amitié avec Jean-Jacques Rousseau avec lequel il partage les idées sur les hommes et la nature. Il faut attendre la publication en 1784 des Etudes de la nature pour que Bernardin de Saint-Pierre soit reconnu par ses pairs. Auréolé de gloire, il meurt chez lui, à Eragny (Val-d’Oise), le 21 janvier 1814.
« Je sortis. Descente au village et château d’Ouville. Chemin très mauvais. Obligé d’enjamber les fossés. Gens obligeants qui sortaient pour me montrer le chemin. On fabrique des siamoises (1) à Ouville. Sortant du carrefour de quatre cheJe m’égarai un peu avant d’arriver à Yvetot, tout étant coupé de chemins de traverse. Près de là, deux femmes cueillaient des feuilles de rabette(4). Hommes qui les gardent. Feuilles bonnes à manger. Graine pour l’huile sert à un drap, envoyée ensuite au foulon. Beaucoup de rabette dans le pays de Caux.mins. Embarras. Dirigé sur le soleil. Passe par Criquetot, son château, belle avenue de sapins. Chemin où les pieds s’alluchent(2) Beaux chevaux de labour à croupe rebondie. Depuis huit jusqu’à neuf louis, poules et coqs acrêtés. Fossés où je grimpai, couverts de pomerolles(3)de primevères. Oiseaux chantant.
Yvetot a l’air d’une petite ville bâtie dans un bois. Beaucoup d’auberges, bâtiments neufs, grandes fabriques de siamoise. [?] très jolie. Mon pied me faisait beaucoup de mal. J’envoyai acheter un canif pour en couper la peau. Auberge et vin fort chers. Route neuve à Caudebec. »
1-« Étoffe de coton fort commune, imitée des toiles de coton fabriquées à Siam » (Académie 1762).
2- S’allucher ou s’alloucher : s’enflammer (Jean-Baptiste-Bonaventure de Roquefort-Flaméricourt, Glossaire de la langue romane, Paris, B. Varée, 1808).
La première voie qui traversa Sainte-Marie des Champs fut donc la voie romaine d'Arques à l'abbaye de la Trappe dans l'orne et qui se prologeait vers la Bretagne.
Cette voie romaine traversait la plaine de Baons le Comte et ce qui fut le hameau du Mensiltat avant de traverser Yvetot dans l'axe de l'ancien mail d'Yvetot qui fut tracé sous le règne de Martin du Bellay en 1548 (qui correspand à l'axe Mesniltat-Rue Carnot jusqu'à l'actuelle place des Belges où se situait le chateau du roi et puis des princes d'Yvetot.
La seconde voie qui traversa Yvetot fut donc l'actuelle D6015 qui à partir de 1765 traversa la plaine de la Brême et de son quartier reliant le centre bourg d'Yvetot en empruntant l'actuelle rue du Calvaire.
Cette voie fut conçue sous Louis XV et devint comme beaucoup d'autres les nouvelles voies royales dessinnées par Trudaine père et fils entre 1745 et 1780.
Pour notre cas d'espèce celle menant de Paris-Saint-Denis relaint le Havre emprunta l'axe Cegry-Pontoise par Magny-en-Vexin, Fleury-sur-Andelle puis Bonsecours et se poursuivant de Rouen vers Barentin, Bouville, Croixmare, Ecalles-Alix avant de bifurquer à ladite "fourche" vers la plaine et le quertier de la Brême avant d'emprunter la rue du Calvaire pour traverser le bourg d'Yvetot.
La voie royale Paris-Le Havre fut achevée en 1780 sur les plans de Trudaine fils sous le reègne de Louis XVI.
Un détail atteste de la période où la voie fut tracée au niveau de Sainte Marie des Champs et Yvetot est l'endroit dessiné de l'ancienne église d'Yvetot détruite en vue de l'edification sous Camille III d'Albon de la nouvelle église d'Yvetot (la troisième) qui fut achevée vers 1765. Cette dernière fut détruite durant la Seconde Guerre mondiale et remplacée par l'actuelle église ronde devenue célèbre pour sa verrière.
Cette voie royale donna l'idée de déplacer le bourg situé entre le quartier du Fay et le Mesniltat et la Brême vers cette nouvelle voie.
La quatrième percée de Sainte Marie fut la ligne de chemin de fer Paris-Le Havre scindant une fois de plus la commune, parrallèlement à l'axe de l'ancienne voie royale devenue plus tardivement Nationale 13 Bis. La route nationale 13 bis (RN 13bis) est une ancienne route française créée en 1949. Elle reliait Bonnières-sur-Seine (Yvelines) au Havre (Seine-Maritime) en passant par Rouen, en reprenant des portions des nationales 182 et 14. Renommée N15 en 1978, elle est aujourd'hui déclassée en route départementale (D 6015) ou gérée localement.
Cette voie ferrée fut tracée entre Loumare, et le Mesniltat et au nord-ouest de la ville d'Yvetot.
Extrait de l'Atlas des routes de France - atlas de Trudaine : Généralité de Rouen Cotes : CP/F/14/8502, planche 33
Portion de route proche du hameau de "La-Marche" jusqu'à "Yvetot" et au-delà.
Auteurs : Trudaine, Daniel-Charles (1703-1769) Cote ENSA : CARTO : CD 36 Atlas des routes de France, réunissant plus de 3000 planches manuscrites et aquarellées classées en 62 volumes. - Conservé aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, conservées (sous la cote CP/14/8443 0 8507)
Nous apercevons en bas et à gauche de l'image le tracé de l'ancienne voie romaine traversant le Mesniltat passant devant le Clos-St Joseph dont la maison actuelle est dessinée rejoignanat par l'actuelle route de Grémonville le mail d'Yvetot (rue carnot actuelle).
Nous apercevons au dessus au deux tiers de l'image la voie royale qui de la Fourche se dirige traversant le hameau de la Brême à cheval entre l'actuelle Sainte Marie des Champs et Yvetot, vers le Haut de la rue du Calvaire au nouveau du prologmenent avec l'actuelle rue de la Croix-Rouge.
A l'endroit indiqué Marie c'est l'endroit de l'ancien bourg dont il reste le presbytère et la chapelle du Fay qui n'est autre que l'ancien choeur de la première église de Sainte Marie des Champs.
Nous n'apercevons pas l'actuelle voie ferrée qui viendra bouleverser le paysage de Sainte Marie des Champs au mitan du 19e siècle.
Le premier train est arrivé en gare d'Yvetot le 22 mars 1847, lors de la mise en service officielle de la station par la Compagnie du Chemin de Fer de Rouen au Havre. Conçue par l'architecte anglais William Tite, cette infrastructure a profondément transformé l'économie et les transports du pays de Caux et le paysage de Sainte-Marie-des-Champs.
Zoom sur l'Atlas Trudaine traversant de la Fourche (Loumare-Ecalles Alix) vers la limite actuelle d'Yvetot au niveau de la rue de la Gare.
Extrait de l'Atlas des routes de France - atlas de Trudaine : Généralité de Rouen Cotes : CP/F/14/8502, planche 33
Portion de route proche du hameau de "La-Marche" jusqu'à "Yvetot" et au-delà.
Auteurs : Trudaine, Daniel-Charles (1703-1769) Cote ENSA : CARTO : CD 36 Atlas des routes de France, réunissant plus de 3000 planches manuscrites et aquarellées classées en 62 volumes. - Conservé aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, conservées (sous la cote CP/14/8443 0 8507)
Ce que personne, à ma connaissance, n'a vu : c'est que le nouveau centre-bourg de Sainte-Marie-des-Champs se nommait Hameau du Boutbains, décrit par Trudaine pour Louis XV, roi de France et Camille III d'Albon, le Prince d'Yvetot. Aujourd'hui on le cite comme le Bout de Bien.
La quatrième voie qui traversa la commune de Sainte-Marie-des-Champs fut la rocade de contournement est de l'agglomération d'Yvetot.
Cette dernière voie traversant à nord-est la commune de Sainte-Marie-des-Champs fut accrochée à la Nationale entre La Fourche et la Bascule au niveau du premier rond-point après celui de l'autoroute sacant que cette cinquième voie se trouve à la tangente de la commune.
C'est à partir de 1979-1980 que cette rocade fut commencée. La route départementale D131E (76), est une route départementale de la Seine-Maritime (76) qui assure la déviation d'Yvetot qui relie l'axe Amiens et l'axe venant de Rouen à la Seine par le Pont de Brotonne et permettant aux véhicules de traverser Sainte-Marie-des-Champs, Yvetot et Valliquerville.
Le document ci-dessous montre l'impact qu'il a produit dans le vallon sud d'Yvetot.
Travaux sur la rocade - informations municipales n 14 avril 1981 trimestriel
La rocade, au niveau du Mont-Asselin avant qu'elle entre à Sainte-Marie-des- Champs au niveau de la voie mitoyenne avec Yvetot nommée la rue du Mont-Asselin.
Les quatre principales voies historiques traversant Sainte-Marie-des-Champs au cours de ces derniers millénaires ;
En orange l'ancienne voie romaine d'Arques à Soligny-la-Trappe via Caudebec via leMesniltat ;
en jaune la voie ferrée Rouen-Le Havre via Loumare;
en fuschia la voie royale Paris-Le Havre via Le Bout de Bien ;
en vert la rocade contournement d'Yvetot via Le Mont-Asselin.
La route départementale D131E (76), ou D131E (76), est une route départementale de la Seine-Maritime (76) qui assure la déviation d'Yvetot.
Mise en service en 1981, elle a été financée par le CD76 afin de délester la traversée d'Yvetot de son trafic de transit. Elle comporte une succession de carrefours giratoires.
En dépit de son rôle, cet axe ne fut jamais classé dans la voirie routière nationale, la RN15 continuant de transiter par le centre-ville d'Yvetot jusqu'en son déclassement en 2006.
Sur le terrain, le jalonnement directionnel invite les automobilistes en transit à suivre l'itinéraire de leur choix : soit par la traversée d'Yvetot, soit par l'emprunt de sa déviation.
In : https://routes.fandom.com/wiki/Route_d%C3%A9partementale_fran%C3%A7aise_D131e_(76)
La Municipalité de Saine Marie des Champs rappelle qu'en 1810 les samaritains s'opposèrent à la fusion de leur nouvelle commune avec celle d'Yvetot :
"Il fallut attendre sous le Premier Empire pour envisager de mettre fin à cette situation. Le Préfet propose alors de réunir la commune de SAINTE-MARIE-des-CHAMPS à celle d’YVETOT. Le conseil municipal en délibéra et en 1810 les édiles municipaux refusèrent la fusion tout en admettant le principe de rendre les limites plus régulières, mais sans pour autant enlever à leur commune la moitié de son territoire et de ses habitants. Avant 1810 la commune avait une étendue de 500 à 550 hectares, après cette période SAINTE-MARIE-des-CHAMPS perd une partie du FAY au dépend d’YVETOT et une partie du sud-est au profit d’ ECALLES-ALIX. Actuellement la commune possède une superficie de 411 hectares."
In : https://www.saintemariedeschamps.fr/a-propos/presentation-geographique/
Et les ifs dans tout cela!
Les échanges et complicités des seigneurs d’Yvetot avec les Ducs de Normandie se sont construits sur les champs de bataille ou pendant les croisades comme en Angleterre avec Guillaume le Conquérant (1066), comme avec le duc de Normandie dit Courte Queue lors des croisades au Moyen Orient en 1096.
Les arcs et les flèches étaient en bois d'if selon la tradition gauloise, celte et scandinave.
Quant à la tapisserie de Bayeux, elle s’avère être un document implacable et onirique tout à la fois :
"Les Arcs en bois d’if furent utilisés par les archers normands lors de la bataille d’Hastings (1066) puis par les Archers anglais lors de la guerre de Cent Ans (1337-1453).
Ce conflit contribua probablement à réduire les peuplements d’ifs dans les forêts et les campagnes normandes. Tapisserie de Bayeux, XIe siècle. Avec autorisation spéciale de la ville de Bayeux." in : https://manche.observatoiredesarbres.fr/SPASSDATA/ALGEDIM/QOKQWR/D471/D47176.pdf
Grâce à ce document il est possible de relier l’histoire de la maison d’Yvetot - seigneurs et sire d’Yvetot – à celle de la Normandie quand Guillaume le Conquérant a vaincu Harold à Hastings. Harold fut tué par une flèche reçue dans un œil tirée par des archers ce qui fit de cette arme, l’arc, la force et l’arme secrète qui permit aux anglais et duc de Normandie de gagner tant de batailles contre leurs ennemis. Ces arcs et flèches étaient fabriquées avec le bois d’if dont se sont servi les gaulois, et les scandinaves (vikings). L’héritage de l’if fut déterminant pour maintenir cette invincibilité incontestée grâce à ses stratégies de combat bien plus performantes que le maniement des épées, des arbalètes et autres armes moins maniables.
Robert Bourdu précise dans un de ses articles publiés :
« Dans l'Antiquité, au Moyen-âge et tout récemment dans les provinces, on destinait le bois d'if à la confection d'objets ménagers (seaux, gobelets, sabot) d'élément de tuyauterie, conjointement au bois d'orme, et pour tailler des piquets destinés à être enfoncés dans des sols très marécageux...[Le plus vieil objet en bois connu remonte à une période interglaciaire d'il y a environ cent mille ans. Il a été exhumé des terrains marécageux proches de Clacton-on-Sea, dans l'Essex, au nord de Londres. [...] Les pointes d'if réalisées par l'homme de Cro-Magnon rivalisaient en dureté avec celles qu'il taillait dans les bois des grands cervidés. L'if fut longtemps employé dans l'équipement des navires pour la confection de petits objets d'accastillage, mais l'essentiel de ses usages militaires réside dans la confection d'arcs, d'arbalètes et de flèches.[...]
La botte secrète des armées anglaises
C'est en 1066, à la bataille de Hastings, que les fantassins de Guillaume le Conquérant armés d'arc puissant surprirent d'adversaire, les cavaliers portant des lances et de lourdes épées. A cette époque, l'armée d'Outre-Manche ne comptait que très peu d'archers dans ses rangs, mais était principalement constituée de porteurs de javelots, de haches et de cognées. Au cours du combat, le roi Harold mourut après avoir reçu une flèche dans l'œil, Guillaume le Conquérant vainqueur la dynastie normande s'implanta en Angleterre et l'arc en if devint l'arme par excellence des troupes, au pont que les mots yew (if) et bow (arc) s'avèrent synonymes. Ce ne fut qu'au XVe siècle que la poudre à canon remplaça l'adresse des archers » in http://Callac.joseph.lohou.fr : l'If, "arbre de vie, arbre de mort"
A propos des origines d’Yvetot Jean Thorel publia un article renouant avec la tradition des historiens qui au cours du 19e siècle eurent de l’audace à déjouer la critique du petit roi d’Yvetot raillé, moqué comme il le constata dans les facultés :
« J’ai eu l’occasion de constater que dans les facultés, les enseignants, sans donner dans une pareille outrance verbale, ont envoyé le royaume d’Yvetot au cimetière des vieilles lunes d’où il serait ridicule de tenter de l’exhumer »
Il ne se priva pas de poursuivre par ces mots
« Aussi tous les chercheurs ont-ils avancé, non des hypothèses qui sont des éléments de recherches, mais des suppositions gratuites « que de puériles dissertations ! » ironise le vicomte qui cependant, pas plus que son rival BEAUCOUSIN n’a proposé de solution valable. »
Concluant son article, Jean Thorel conscient des lacunes qu’il n’a pas abordé dans sa thèse invoque la nécessité poursuivre les rechercher des origines d’Yvetot :
« L’origine du royaume d’Yvetot doit être recherchée dans la période qui s’étend de l’époque des invasions vikings à la défaite de JEAN SANS TERRE en 1203/4 c’est-à-dire dans les premiers temps de notre province, ce qui m’a obligé à reconsidérer tout ce qui a été dit à ce sujet et à revenir sur bien des idées reçues et considérées depuis longtemps comme définitives. »
1997 : La vérité se cache-t-elle finalement au pied d’un arbre ?
Poursuivant les échanges à propos du nom de la ville d’Yvetot, Robert Tougard fit appel à l’expertise de Jacques Bril, Docteur-ès-lettres, docteur en physico-chimie.
Jacques Bril ne se contenta pas de commenter les diverses hypothèses relatées dans les articles précédents de la Gazette, vis-à-vis d’un supposé Yvar, Ivo et Ive.
Point par point il réfuta chaque argument notamment vis-à-vis d’Ive car d’après ses connaissances, vis-à-vis d’Yvo et de Yves, il fautattendre la vénération de l’évêque de Chartres décédé en 1116, et d’Yves, juge et prêtre en Bretagne décédé en 1303, pour célébrer des Saints hommes ce qui est bien loin de la réalité d’Ivetot du début du 11e siècle.
Concernant l’hypothèse de l’Abbé Gérard DESSOLLE, Jacques Bril expose son doute et sa réserve quant à recourir à yfir pour le dériver en Yve-.Il ajoute cependant que cette hypothèse mériterait d’être davantage explorée et étayée.
Enfin concernant Ivar, Jacques Bril se réfère à l’auteur néerlandais ayant autorité citant les noms suivants : Ivo, Iwo, If, Iftinus en néerlandais, Ivo, Iwo en anglais ; ainsi que Ivo et Ivar, prénoms scandinaves. D’après Jacques Bril cette autorité néerlandaise affirme que ces prénoms masculins renvoient à la même souche iif, néerlandaise que les botanistes désignant l’if – arbre, taxus - que l’on retrouve en germanique par Iwa, iwo et iwos (celtique), iwa (slave)
En conclusion, au regard de ses connaissances en étymologie, en toponymie et au vu de son étude onomastique Jacques Bril souscrit à la thèse d’Yvetot «la terre aux ifs » ou « lande des ifs », il est un des premiers à l’affirmer.
Jacques Bril insiste sur le fait que l’if avait une importance capitale à l’époque romaine et gauloise notamment cruciale pour la confection des arcs et des machines balistiques.
Jacques Bril connait bien le pays de Caux, Il insiste sur l’origine d’Yvetot qui pour lui tient autant à l’homme qu’à l’arbre (if) puisqu’ils portent la même signification : ivo
Robert Bourdu établit un lien étroit entre les normands et les ifs, entre les Gaulois, Guillaume le Conquérant et les ifs car le sire d'Yverto et quelques autres seigneurs d'Yvetot combattirent aux côtés de Guaillaume-le Conquérant.
« L’arc en bois d’if fut une arme mythique et légendaire[1] depuis l’Antiquité […] Ce fut surtout l’arme décisive de bien des combats où les armées des rois d’Angleterre furent engagées. C’est en 1066, à la bataille de Hastings, que les fantassins de Guillaume le Conquérant armés d’arcs puissants surprirent l’adversaire, les cavaliers portant des lances et de lourdes épées. […] Au cours du combat, le roi Harold mourut après avoir reçu une flèche dans l’œil. Guillaume le Conquérant vainqueur, la dynastie normande s’implanta en Angleterre et l’arc en if devint l’arme par excellence des troupes, au point que les mots yew (if) et bow (arc) s’avèrent synonymes. »
En France, si les ifs foisonnent en Normandie et en Bretagne - en haie, en bosquet -ivaie-, en sauvage, en pépinière, en topiaire, en sujet isolé, en buisson, en if millénaire, multi centenaire, couvrant de son ombre l'éternel repos de nos aïeux – ils prospèrent en pays de Caux, sur les hauteurs du plateau de Caux comme à Yvetot et Croix-Mare, sur la nouvelle commune de Saint-Martin- de l’if mais on trouve d'autres sujets à Allouville-Bellefosse, à Valliquerville et à Ecalles-Alix sur l'ensemble du territoire de la C.C.Yvetot Normandie.
Des ifs à Sainte Marie des Champs (arbre, haie, topiaire...)
A la Bascule près de la Nationale 16 m linéaire
Les deux ifs entre le Mesmilat et le Bout de Bien, sur un terre-plein
ils se mirent dans la flaque.
Longue haie à la dite Fourche
If au 450 rue du Vieux Sainte Marie
If du cimetière de Sainte Marie
Longue haie d'if au carrefour du Bois Ouf vers le quartier Mézerville d'Yvetot et 34 rue des Perdreaux
If fastigié du 343 de la rue Pasteur : Le Taxus Baccata Fastigiata, If d'Irlande, If fastigié est un arbuste au port érigé persistant.
9 ifs au 1031 rue de Mesniltat en face de la Paysagerie
If dans une haie, 103 avenue Coty
Une vingtaine d'ifs en pépinère à l'ancienne pépinière Neveu entre la Bascule et la Fourche
L'If
L’if est symbole d'immortalité, de mort - ses fruits sont toxiques, on faisait du bois d'if des arcs et des flèches - mais aussi d'espoir puisque l'on crée désormais des pépinières d'if pour satisfaire les besoins de l'industrie pharmaceutique.
A propos de l’if, il nous précise que cet arbre possède deux noms, l’un d’influence latine, l’autre d’influence antique ou germanique.
La fécondation de l'if dans la nature
Le taxus, appelé plus communément if, est un conifère dioïque. Il y a les arbres mâles qui fournissent le pollen et les arbres femelles, qui portent des pseudo-baies appelées arilles rouges.
L’if mâle, porteur de pollen
Commençons par les ifs mâles, ils sont faciles à reconnaître en février-mars lorsqu'ils portent leurs fleurs jaunes recouvertes de pollen. Cette floraison peut provoquer une véritable nuée de poussière blanche, comme si les aiguilles s’enflammaient.
Le taxus est dioïque : le pollen doit voyager
Les oiseaux, le vent, les mammifères et les Hommes propagent le pollen des conifères mâles pour féconder les conifères femelles. Très discrètes, les fleurs verdâtres des femelles sont à peine visibles, et difficiles à remarquer.
Sans mâle, les fleurs femelles ne sont pas fécondées, elles ne créent donc pas d'arilles rouges en automne.
Précisions sur l’étymologie :
« l’If se dit Eibe en allemand, yew en anglais et ibar en irlandais, mais taxis en hollandais, taxtae en danois et cis en polonais. On dit tizafa en hongrois, tisovina en croate, tisà en roumain. En Espagne, l’if a deux noms, tejo ou iva, en portugais teixo et en italien tisso. »[2]
Pour ce qui nous intéresse à propos de ses recherches sur l’if, Pierre Bourdu distingue deux étymologies.
« … […] le celte ibos ou ibor – l’ivos gaulois d’où nous vient le mot if – et le latin taxus … […] Les Eburons, peuple de la Gaule qui occupait les territoires de l’Escaut au Rhin, tiraient leur nom de l’if. L’étymologie celte et gauloise se retrouve dans un nombre considérable de noms de nos villes actuelles : Evreux et Evres dans l’Eure, Evricourt dans l’Oise, Evrecy en Calvados, Ivry ou Evry dans l’Essonne. A Iwuy dans le Nord répond Ivoy dans le Cher et Ivory dans le Jura, à Yvetot en Seine-Maritime, Yvignac dans les Côtes d’Armor. »[3]
Robert Bourdu nous confirme que cet arbre, peu fréquent à l’état sauvage, a donné son nom en France à de nombreuses villes insistant ainsi sur les multiples raisons qui ont poussé les hommes à marquer leur attachement à son incarnation toponymique autant d’origine mystique qu’utilitaire.
« L’if aime par-dessus tout la tranquillité. Il est adaptable et indifférent à la nature du sol, bien que d’aucuns lui attribuent un penchant intime pour les sols calcaires. Il ne rechigne cependant pas à s’adapter à un sol argileux ou acide, sinon que ferait-il en Bretagne et en Normandie ? Pour avoir la paix et jouir d’un peu de sérénité, il accepte des habitats qui répugneraient à beaucoup. C’est ainsi qu’on peut le rencontrer en des endroits escarpés et peu accessibles. »
« Les ifs plantés au Xe et au XIe siècles abondent. Celui de Lalacelle dans l’Orne dépasse peut-être mille ans, mais de peu, comme ceux de Saint-Ursin et de Tessy-sur-Vire dans la Manche, de Pommerit-le-Vicomte et d’Yvignac dans les Côtes-d’Armor, d’Offranville en Seine-Maritime, de Boiney et de Foulbec dans l’Eure… »
« L’if est un petit arbre qui atteint rarement quinze mètres de hauteur et encore plus exceptionnellement vingt mètres. Il peut se réduire à un buisson à la suite de tailles répétées ou selon les variétés ; ses branches tortueuses, alors entremêlées, naissent de la souche. Son nom reconnu par les botanistes du monde entier est Taxus baccata L. - Le L. qui suit le nom signifie que sa description complète – ou diagnose – fut donnée par le célèbre naturaliste suédois Linné. L’if fait partie d’une famille modeste et menacée, les Taxacées. »
Moins connue du grand public et plus rare est l’ivaie.
L’ivaie - définie aussi comme une iveraie - on peut citer celle de Pédordel dans la commune de Moustéru en côtes d’Armor :
L’Allée d'ifs de Pédordel à Moustéru est classée « Arbres remarquables »
Le site de la commune qui en fait la promotion la présente ainsi : « Cet ensemble de 90 ifs tout à fait original, plantés de manière géométrique en forme de nef. Il fait penser à une chapelle de verdure avec une longue nef étroite, une croisée de transept et un chœur. »
Ces arbres remarquables sont considérés comme une ivaie plantée sur un plateau sommital surplombant Caadout, Ploumagaar, les bois de l’Isle et Krec’h Kan.
Ce site peuplé de 120 sujets a perdu, lors de l’ouragan de 1987, 30 spécimens.
Dans le pays de Caux cinq sites près d’Yvetot dont deux sur la commune abrite deux ivaies - bosquets d’ifs - dont un à l’endroit de l’ancien manoir du Bailly (15 ifs) et un autre à l’endroit de l’ancien couvent des Bernardines (8 ifs) et trois autres ivaies non loin d’Yvetot comme deux ivaies de 90 sujets chacune à Croix-Mare et au Mesniltate où se trouvent deux bosquets de 7 ifs à 10 ifs.
Ailleurs on trouve une petite ivaie aujourd'hui constituée de 10 ifs, celle du Clos-Saint-Joseph au Mesniltat au bord de l'ancienne voie romaine nommée aujourd'hui la route de Grémonville àYvetot.
Les terres de cette propriété nommée Clos-Saint-Joseph appartenait au Seigneur de Baons le Comte toute en se situant sous l'ancien régime et sous la Principauté d'Yvetot dans la paroisse de Sainte Marie des Champs de la principauté d'Yvetot avec ses voisines d'Ecalles-Alix et Saint-Clair sur les Monts.
Cerclé de rouge le Clos Saint Joseph nommé ainsi par les nouveaux propriétaires. (on y trouve aujourd'hui 30 ifs, en haie, en ivaie et en topiaire)
Sur cet extrait de l'Atlas Trudaine (1745-1764) nous apercevons également la ferme du hameau du Mesnilatte (Mentatte) avec des quatre anciennes mares que nous avons découvert dont un très beau bâtiment agricole très bien restauré.
Extrait de l'Atlas des routes de France - atlas de Trudaine : Généralité de Rouen Cotes : CP/F/14/8502, planche 33
Portion de route proche du hameau de "La-Marche" jusqu'à "Yvetot" et au-delà.
Auteurs : Trudaine, Daniel-Charles (1703-1769) Cote ENSA : CARTO : CD 36 Atlas des routes de France, réunissant plus de 3000 planches manuscrites et aquarellées classées en 62 volumes. - Conservé aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, conservées (sous la cote CP/14/8443 0 8507)
« L’if des villages, des cimetières et des jardins.[9] La valeur sacrée et symbolique comme les propriétés simplement biologiques de l’if expliquent sa localisation urbaine ou villageoise. […] il faut revenir aux vieilles traditions antiques qui voyaient en l’if le symbole du renouveau et la survie de l’âme. […] l’if peut indiquer les limites d’un domaine seigneurial ou abbatial ; mais pas dans la cour d’une ferme ? […]En 1663, alors que Colbert allait devenir ministre, un édit ordonna de planter un if auprès de toute maison en construction. Pour l’if […] Tenus de se plier aux ordres[10], les paysans ne le firent pas sans rechigner mais, l’arbre planté, il n’était plus question de l’abattre, même si ces lois, quelques siècles plus tard, devaient tomber en désuétude. »
Poursuivant l’évocation de cet arbre légendaire mais aujourd’hui menacé, je propose de rapporter ce que Martine Pioline m’a confié.
Mme Pioline[11] a été « Inspectrice des sites et paysages » à la DREAL Normandie - Service régional décentralisé du Ministère de l’Ecologie. Elle s’est occupée de l’instruction et du suivi des demandes de protections de paysage et de la gestion de ces paysages protégés. C’est dans ce cadre qu’elle s’est intéressée aux arbres en général. Au cours de sa carrière, Martine Pioline a pu réaliser avec deux architectes-paysagistes parisiens, l’inventaire des parcs et jardins de l’Eure et la Seine-Maritime.
Retraitée, aujourd’hui elle consacre une partie de son temps libre, pour le compte de l’IEJP -Institut Européen des Jardins et des Paysages, basé à Bénouville dans le Calvados-, et de l’APJN -Association des Parcs et Jardins de Normandie (Eure et Seine-Maritime) – à la réactualisation et la poursuite de cet inventaire avec une équipe de volontaires. « [12]En Normandie l'if fait partie de notre patrimoine immatériel culturel et cultuel.
L'origine du mot provient parait-il du nom donné au dieu gaulois Ivos.
L'if est présent sur une bonne partie de la planète à l'exception des zones arides et désertiques. En France, la Bretagne et la Normandie sont des terres d’accueil de l’if. Le climat et le sol sont propices à son implantation et à son évolution.
Apparu il y a environ 120 millions d’années, l’if a une grande longévité pouvant atteindre 4000 ans comme celui d’Autriche, 3000 ans pour un sujet en Angleterre, et 2000 ans pour des sujets en France, dont ceux de La Haye de Routot, 1500 ans.
Utilisé dès la préhistoire, le bois d'if servait à la confection des outils, ou comme pilotis des cités lacustres.
Connu pour ses diverses qualités, de l’Antiquité au Moyen-âge on fabriquait des boucliers, des arcs, des lances et des flèches enduites du poison de ses graines.
Cet arsenal de guerre permit aux anglais de gagner les batailles de Crécy et d'Azincourt. Décrit par Théophraste, philosophe et botaniste au 4e siècle au 3 e siècle avant notre ère, déjà cité dans la littérature de Virgile et de Pline l’ancien au 1er siècle après J-C. Depuis longtemps sa toxicité et sa nocivité fut attestée.
Il a été implanté pour deux raisons : sa toxicité qui permettait jadis d’éloigner les animaux d’élevage des cimetières, alors souvent enherbés et plantés de pommiers, et pour son pouvoir, réel ou supposé, de purification de l’atmosphère.
L’if est un arbre multi millénaire.
Il n’a pas toujours été introduit lors de la construction des églises mais les a plutôt précédées.
Selon les cultures et les civilisations la mythologie renseigne sur ses symboles.
Dans la mythologie grecque l'if représente les divinités du monde souterrain qui remontaient sur terre pour accomplir des malédictions.
Dans la mythologie celtique, l'if est l'arbre sacré des druides, il symbolise la mort, accompagne et veille sur les défunts. La couronne d'if que portaient certains prêtres signifiait l'immortalité ; l'if défie la mort, il la nie.
Pour les chrétiens, l'if est le symbole du lien entre ciel et terre ce qui explique sa présence près des églises ou dans les cimetières.
Dans les parcs et jardins, en horticulture, l’if est utilisé en topiaire et pour la réalisation de broderies. Aujourd'hui, son usage dans la fabrication de médicament (molécules de Taxol et Taxotère) vont permettre de ralentir, voire de stopper la progression de cellules cancéreuses. Seule la graine contenue dans la baie rouge n'est pas consommable car extrêmement toxique. »
L’if en haie
« L’if, sans doute, est, de tous les arbres, le plus docile. Il possède, ainsi qu’on l’a vu, la propriété de redonner vie et vigueur à des bourgeons de la base si l’on coupe l’extrémité de ses rameaux. On peut donc réaliser des haies de grande taille, de deux mètres ou plus, très touffues sur toute leur hauteur. »[13]
L’if en topiaire
« La topiaire connut au XVIIe siècle une grande faveur encore. Le Nôtre, jardinier du roi, et ses disciples utilisaient ces décorations vertes pour agrémenter les parterres géométriques et les allées qui ordonnaient l’espace parfaitement et rigoureusement maîtrisé »[14]
Désormais on sait maintenant que beaucoup de noms d’endroits portent l’if dans leur patronyme comme dans le Calvados ; Condé sur Ifs, Ifs dans le Calvados ou comme dans l’Orne - les Yveteaux - ; en Seine-Maritime : Yvetot, Mont-de-l’If, Saint-Martin-de l’If, Tourville les ifs ; Saint-Pierre-des-Ifs dans l’Eure ; Yvetot-bocage anciennement Yvetot dans le Cotentin qui abrite plusieurs ifs dont le fameux if du cimetière qui fut abattu mais remplacé par un jeune if. A la fin de la grande guerre, pour éviter la confusion entre les deux [Yvetot], le Département de la Manche décida d'appeler cette commune proche de Valognes - Yvetot-Bocage - et d’après les recherches de Jacques Brosse et de Robert Bourdu d’autres cités ont rejoint cette liste à ma grande surprise comme Evreux, York en Angleterre, Yvignac-la-Tour, Yffiniac en Bretagne et d’autres cités sur d’autres continents.
La Chapelle du Fay en 1924, monument classé en 1928
On voit des branches de l'if du cimetière
Notice complète
Titre : [Chapelle du Fay à Sainte-Marie-des-Champs]Auteur : Maillard, Marcel (1899-1977). Photographe. Ancien possesseur
Date d'édition : 1924Sujet : Chapelles -- Seine-Maritime (France)
Sujet : Sainte-Marie-des-Champs (Seine-Maritime)
Notice de recueil : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45786117g
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb458908269
Type : image fixe
Type : photographie
Format : 1 photographie négative : négatif sur film ; 7 x 4,5 cm
Format : image/jpeg
Format : Nombre total de vues : 1
Description : Donateur : Manneville, Philippe (1937-2012).
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Droits : Consultable en ligneIdentifiant : ark:/12148/btv1b105877424Source : Bibliothèque municipale du Havre, MM/F 015.1Conservation numérique : Bibliothèque nationale de FranceDate de mise en ligne : 27/01/2021
L'église a été consacrée au 13e siècle
L'abandon de l'église est datée à 1857
Le Classement de la Chapelle du Fay aux Monuments Historiques date de 1928
les débuts de la restauration de la chapelle daten de septembre 2021
Voici plusieurs de mes images prises avant les travaux de restauration en 2012 le 2 décembre.
Ancienne église de Sainte Marie des Champs du 13e siècle au quartier du Fay et son if de cimetière dont le tronc est dégagé de ses branches du bas du tronc ce qui lui donne une autre allure plus altière
"La chapelle du Fay, aussi appelée chapelle Sainte-Marie, est un édifice religieux catholique situé à Sainte-Marie-des-Champs, en Normandie. Construite au XIIIe siècle, elle est aujourd’hui classée au titre des monuments historiques depuis 1928. L’édifice actuel correspond au chœur de l’ancienne église, témoignant de son importance historique et architecturale dans la région.
La chapelle a été consacrée le 26 septembre 1264 par Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, marquant ainsi son ancrage dans l’histoire religieuse locale. Au XVIIe siècle, Antoine Corneille, oncle du célèbre dramaturge Pierre Corneille, en fut le curé, ajoutant une dimension littéraire à son patrimoine. Son classement officiel en 1928 a permis de préserver ce vestige médiéval.
Située rue du Vieux-Sainte-Marie, la chapelle est aujourd’hui propriété de la commune. Bien que son usage actuel (visites, location, etc.) ne soit pas précisé dans les sources, son statut de monument historique en fait un lieu emblématique du patrimoine normand. Les données disponibles proviennent principalement de Wikipedia, Monumentum et des archives départementales de Seine-Maritime"
in : https://museedupatrimoine.fr/chapelle-du-fay-seine-maritime/17442.html
Extrait FRAD076_12Fi_00 extraits 12Fi_002 et 004 Plan terrier de la seigneurie de Baons le Comte 1780 ADSM 76, Carkif, la Breme, bout de Bien, Mesniltatte et hameau de l'eglise de Ste Marie
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Extrait FRAD076_12Fi_00 extraits 12Fi_002 et 004 Plan terrier de la seigneurie de Baons le Comte 1780 ADSM 76, hameau du Grand Fay et Hameau du Petit Fay
Cet article sera complété et enrichi par d'autres archives concernant la commune.
Carkif
"En 1051, Guillaume le Conquérant confirma une donation faite au monastère de Saint-Wandrille par trois chevaliers normands. Toustain, l'un d'eux, cédait « auprès d'Yvetot, un manoir avec le territoire de Carclif et la terre de Corbérerie. Si l'on pouvait établir que ce Toustain était seigneur d'Yvetot, comme il avait besoin de la confirmation du duc de Normandie pour valider son acte de donation, on en conclurait légitimement que sa seigneurie n'était pas indépendante mais il ne devait pas être seigneur d'Yvetot."
in : Mémoires de l'Académie des sciences, agriculture, commerce, belles-lettres et arts du département de la Somme, Académie des sciences, lettres et arts (Amiens). Auteur du texte Éditeur : [s.n.] (Amiens), Date d'édition : 1886 - in : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4454495/f415.image.r=Manoir%20du%20Fay%20Yvetot?rk=386268;0
Gautier II, seigneur d'Yvetot, écuyer, puis chevalier, paraît dans divers actes de 1221 à environ 1250 Richard II, son fils, chevalier, dans des actes de 1252 et 1275 ; Jean d'Yvetot, chevalier, donne en 1287 aux religieux de Saint-Wandrille un excroissement de terre autour de leur grange d'Yvetot. Jean II, son fils, est fait chevalier en 1313 par le roi Philippe le Bel auparavant, en 1307, une sentence des assises de Maulévrier condamne « noble homme Jehan d'Yvetot, escuier », à fournir le service d'un chevalier en l'ost de Foix pour l'abbaye de Saint-Wandrille, à cause du fief de Carclif, qu'elle lui avait fiéffé.
In : Titre : Annuaire du Conseil héraldique de France, Conseil héraldique de France (Paris), 1888, Contributeur : Poli, Oscar de
Carckif aujourd'hui dont le nom dérivé de Carquelay a été transplanté au quartier le Carquelay situé entre l'ancien bourg et le Mesnitat
Aujourd'hui Carkif ancien a été rebaptisé quartier Mézerville non loin du lieu-dit Bois Ouf par lequel on peut aller admirer le plus ancien if de Sainte-Mzrie des Champs au temps où cette terre était reliée au fief du Mont Asselin.
En 1745, le quartier s'appelait selon Trudaine, le hameau de Meserville
Carclif hameau de la paroisse de Sainte Marie des Champs décrit par Beaucousin selon le terrier du Roy d'Yvetot en 1566, Se situait selon le plAn actuel au carrefour de la rue du Docteur Richard avec la rue Traversière eT la rue des Arpents se prolongeant sur lE territoire actuel d'Yvetot par la rue du Bois Ouf. La mare a disparu.
Comme quoi le découpage de 1807 à 1810 a modifié la topographie des deux communes. Mézerville a pris le dessus sur Carkif d'après le plan de la Seigneurie de Baons le Comte couvrant en partie de la paroisse de Sainte Marie des Champs de l'époque avant la Révolution française.
A suivre l'ancien fief du Mont-Asselin dont les terres se trouvent aujourd'hui à la fois sur la commune de Sainte Marie des Champs et sur celle d'Yvetot.
Il n'en a pas toujours été ainsi dans le passé avant la Révolution française.
En rouge l'ancien chemin de Yvetot à Rouen venant de la rue du Viuex-Moulin vers Ecalles-Alix
En bleu lea probables anciennes limites de Sainte-Marie-des Champs avec St Clair sur les Monts et Ecalles-Alix, paroisses de la Principauté d'Yvetot.
En vert les limites de l'ancienne paroisse et commune de Saint-Clair-sur-les Monts avec les paroisses d'Yvetot, Ste Marie des Champs et Ecalles-Alix de l'ancienne Principauté d'Yvetot.
En rose l'actuelle limite de Sainte Marie des Champs avec Ecalles-Alix et la commune d'Yvetot.
L'if noté en étoile verte serait un des plus anciens ifs de la Principauté d'Yvetot à la rencontre de trois anciennes paroisses de la Principauté d'Yvetot.
L'if indiqué appartient aux terres de la ferme du manoir du Mont-Asselin sur la commine de Sainte Marie-des-Champs et aujourdhui à la limite des trois communes actuelles de Ecalles-Alix, St Clair sur les Montes et Yvetot Mont-Asselin Varenchel.
1494, fief du Mont-Asselin
Paroisses de Sainte-Marie-des-Champs et d’Yvetot du royaume d’Yvetot
L’histoire de cette récente commune de Sainte Marie des Champs a longtemps été associée à Yvetot.
La paroisse de Sainte Marie des Champs fut longtemps rattachée à la principauté d’Yvetot. Devenue commune à la disparition de la principauté en 1790 ses contours ont varié selon les époques jusqu’au découpage le plus récent, se délestant d’une partie du Fay (1811) et de Loumare (1829) au profit de ses communes voisines (Yvetot et Ecalles-Alix).
pour rappel via Dico-Topo : Mont-Asselin (Le) Ad Montem Ascelini (sans date) ; Ad montem Asselini (fin xii e siècle) ; Le fieu du Mont-Asselin (18-3-1423) ; Jambon. du Mont-Asselin (1425) ; Jambon. du Mont-Asselin (29-7-1437) ; Montasselin (25-2-1563) ; Mont-Asselin (13-4-1669) ; À la hauteur. d'Yvetot, 1/4 de fief nommé Mont-Asselin (1503) ; Sr de Mont Asselin (1614) ; Mont-Asselin (1715) ; Le Mont Asselin ou Chaisné ( XIX e siècle) ; Mont-Asselin (1953) ; Le Mont-Asselin 76 Yvetot Yvetot
Hameau, communes d' Yvetot et de Sainte-Marie-des-Champs
Le tracé de la voie royale[1] au milieu du 18e siècle traversant la Brême situe le Mont-Asselin.
[1] La voie royale qui fut percée de 1752 à 1779 selon l’atlas Trudaine est devenue ensuite route nationale. En 1959, peu avant le lieu-dit « La Fourche », la nationale 29 rejoignait la R.N.13 bis reliant Le Havre à Vernon passant du plateau de Caux à la Vallée de la Seine à partir de Rouen suivant le tracé de la voie royale Le Havre-Rouen. Sur le territoire de Sainte Marie des Champs cette voie fut nommée R.N.182 puis R.N.14, R.N.13 bis et enfin R.N.15 jusqu’à son déclassement en D.6015 en 2005-2006.
Pour se rendre d’Yvetot à Rouen le chemin passait au vieux moulin puis à Saint-Clair (Mezerville) pour rejoindre par le fond de val d’Ecalles-Alix avant de rejoindre l’église puis le bois de Sap.
Le manoir du Mont Asselin qui subsiste encore aujourd’hui s’adossait à l’amorce du coteau de val-au-Cesne faisant la limite entre la paroisse d’Écalles-Alix et Sainte Marie des Champs en amont et Yvetot en aval du manoir.
On peut penser que le colombier inscrit au plan terrier de 1494 se trouvait sur un ilot au milieu de la mare au centre d’une masure close. On peut supposer qu’il ait disparu après la Révolution ou qu’il ait été remplacé dans la ferme du Mont Asselin située quasiment en bordure de rocade coté Yvetot. Ce colombier est encore en place mais ne figurait pas sur l’atlas Trudaine à cette époque.
Concernant les jardins nommés dans la masure, il est aisé d’observer, à partir d’une photographie satellite comme celles proposées par IGN, l’empreinte et le tracé des parcelles des jardins qui existaient à cette époque, que l’on peut observer précisément sur l’Atlas Trudaine.
Ce manoir est situé aujourd’hui sur la commune de Sainte-Marie des Champs, une des quatre anciennes paroisses de la principauté d’Yvetot.
Dans la cour exposée sud-ouest parallèle au fond du val est planté de pommiers (verger) de part et d’autre d’une double allée d’arbres[2] du chemin allant vers la Marche traversant le domaine puis allant vers le hameau de Loumare à mi coteau.
D’est en ouest une masure close vient s’adosser à la masure close afin de dessiner l’équivalent d’un trapèze sur lequel vient s’emboiter la masure close de l’autre côté de l’actuelle rue du Mont-Asselin dans lequel se trouve un colombier.
Même si le reste du hameau décrit selon le terrier de 1566 n’est peut-être pas conforme à l’atlas Trudaine il l’est encore moins vis-à-vis des contours d’aujourd’hui, car la récente rocade sud l’a transpercé un peu dans sa partie ouest.
[1]Pierre Molkhou, concepteur et éditeur de « Histoire et Municipalités » fut chargé par le conseil municipal de la commune de Sainte-Marie-des-Champs pour relater l’histoire du village des samaritains. In : Sainte-Marie-Des-Champs, Seine-Maritime, l’affirmation d’une identité, Pierre Molkhou, 2013.
[2]L’équivalent d’un mail, c’est-à-dire 900 mètres
Cette courte introduction rapportée dans le Courrier Cauchois est pertinente me donne l'occasion de rappeler la définition de Leopold Delisle qu'il en donne dans son ouvrage Etudes sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Normandie au moyen-âge, Editeur H. Champion, Paris, 1903
La masure au moyen-âge
" La masure (en latin "mansura, "masura", "masagium) , "mesagium", "masnagium", etc... n'était point une tenure particulière. C'était plutôt l'indication de l'habitation du paysan avec ses dépendances, de sorte qu'une masure pouvait être tenue aussi bien en vavassorie qu'en bordage. On appelait surfait tout ce qui s'élevait sur la masure.[...] A côté de la masure doivent être signalés le clausage, synomyme de masure, le cottage, qui indique quelquefois la tenure d'un jardin, ainsi que le courtillage ; la croûte dont le nom est resté attaché à un grand nombre de nos champs, l'ouche et le pourpris, espèces de cour.[...]
Contexte des défrichements qui ont permis l'édification de masures qui regroupées en hameaux se sont agrégés au fil de temps en village (paroisse)
Le Mont-Asselin,
le fief du manoir du Mont Asselin
avec
son pourpris, sa cour plantée, son verger,
son parc de chasse - garenne -
et ses abords
d'hier à aujourd'hui.
D'après l'Atlas Trudaine, le plan Napoléonien, la carte d'Etat Major de 1866, d'une vue aérienne IGNF- cliché n°3 du 25 11 1970 et du cliché n°1683 24 07 2012 secteur du Mont Asselin, orienté en haut de chaque image vis à vis de la voie royale, puis de la nationale 15 et récemment de la D6015,
Beaucousin signale le Mont-Asselin sous Jacques Chenu en 1495. : " 7 janvier 1495 - Aveux de Guillaume Gombault, sieur du Mont-Asselin, et d'autres tenanciers."Ce qu'il rapportera dans sa traduction du terrier de la Principauté d'Yvetot.
Il est décrit ainsi en 1566 vis à vis d'un texte de 1494-1495 (Aveux) :
De noble homme Jacques Chenu escuyer Seigneur et prince d’Yvetot, (…) Guillaume Gombault tient et avoue à tenir en son fief et seigneurie d’Yvetot un huitième de fief noble nommé le fief du Mont-Asselin, a moulin, jardins, court, usage, justice, juridiction, maisons, manoir, coullombier (…) et terres labourables et non labourables (…)
Masure du fief
Le dénombrement porte
1 - la masure contenant 7 acres[1] & demye vergée[2] bornée D.C. le chemin tendant à la marche D.C. le chemin tendant au Goullet, et des deux bouts des deux rues du Mont Asselin (…) ;
14 - une pièce de 1 acre 6 perches , soit au total 32 acres
En outre de ces terres non fieffées, le Seigneur du Mont asselin avait fieffé : 1 - Jehan Dubreuil : 2 acres de terre ; 2 - Matin Gramar : ½ acre 20 perches ; 3 - Jehan Le Roy : 11 acres ; 4 - Henri Guislot 4 acres en trois pièces de chacune ; 5 - Jehan Vion 9 pièces contenant 14 acres 2 vergées ; 6 - Jehan Lebas : 4 pièces contenant 5 acres ½ ; 7 - Jehan Vion : 8 acres 2 vergées ; 8 - Loys Gnessier : 1 acre 1 vergée ; 9 - Robert Lefevre : 1 acre 5 vergées ; 10 – Bachelet : 6 acres.
Le domaine non fieffe se comporte de 31 acres 2 vergées 27 perches, le domaine fieffé 60 acres 3 vergées 2 perches soit un total de la contenance du fief 92 acres 2 vergés 12 perches
Ces soixante acres (…) rapportant (…) chaque année, ceci résulte d’un aveu[4] & dénombrement fourni à Martin Dubellay et à Isabeau Chenu sa femme.
Aveux rendus au Seigneur d’Yvetot par les sieurs de Mont Asselin, 7 janvier 1494, aveu de Guillaume Gombault, escuyer bourgeois de Rouen
[1] Quelques auteurs font acre du masculin ; entre autres Vauban : La mesure de la province de Normandie est l'acre. Cet acre est composé de 160 perches carrées, et la perche de 22 pieds carrés (22 pieds en carré, c'est-à-dire 484 pieds carrés) ; mais les pieds sont différents ; la mesure la plus commune les fait d'onze pouces, et le pouce de douze lignes, Dîme, 46.
[4] Aveux rendus au Seigneur d’Yvetot par les sieurs de Mont Asselin, 7 janvier 1494, aveu de Guillaume Gombault, escuyer bourgeois de Rouen
Le plan terrier de 1566 vient confirmer la description de l’aveu de 1494 à propos des limites de la paroisse de Sainte-Marie-des-Champs avec celle d’Yvetot. Si l’Atlas Trudaine du 18e siècle ne fixe pas les limites des paroisses, le plan du début du 19e siècle montre que le Mont-Asselin est divisé et partagé sur les deux paroisses, délimité aujourd’hui par les rues du Mont-Asselin et la rue Varenchel
Noble homme Jehan Gombault, sieur du Mont-Asselin
Noble homme Jehan Gombault, Sr du Mont-Asselin tient un huit de fief noble, nommé de Mont Asselin en domaine fieffé et non fieffé a court, usage, justice basse et juridiction, manoir, maisons, coulombier (…) hommes, hommages, admendres, forfaitures rentes en deniers, corvées, grains, oeufes, oyseaux, relliefs, traiziesmes tout les aultres droitures franchises et libertés appartenant et apprendant a telle quallitte et noblesse du fief appartenant. (…) le premier pour d’aoust mil cinq centz cinquante quatre
Item le dit Gombault tient de ma Dame troys pièces de terre assises en la dite paroisse d’Yvetot
La premiere contenant neuf vergées ou envyron en closage[1] jouxte d’ung costé le chemyn du Roy notre sire, costé et d’ung boult au dit seigneur tendant & d’autre bout Jehan Nion (…)
La deuxième pièce contenant sept vergées ou envyron jouxte d’ung costé & d’ung bout au dit Seigneur tenant sept vergées ou envyron jouxte d’ung costé & d’ung bout au dit seigneur tenant, d’autre costé et d’aultre bout de dit Nion (…)
La troisième pièce contenant sept vergées bournée d’ung costé et d’ung bout au dit seigneur tenant, d’autre costé et d’autre bout au dit Nion (…)
Le fief du Mont-Asselin comme d’autres fiefs de la principauté d’Yvetot est constitué de masure close, de pièce[2] en closage, de réseantise, de piece tenant ensemble en closage ainsi plantée et édiffiée d’une maison manente, fosses, arbres et plantes,
En 1566 : masure close, de pièce[2b] en closage, de réseantise, de piece tenant ensemble en closage ainsi plantée et édiffiée d’une maison manente, fosses, arbres et plantes
Pour mieux comprendre ce que la "masure close" sous entendrai, l’étude d’André Vigarié est très intéressant vis-à-vis du rapport qu’il a pu établir entre l’influence possible des invasions vikings se sédentarisant sur les hauts plateaux du pays de Caux, battus par les vents dominants d’ouest.
« André Vigarié[3] dans ses études sur la masure cauchoise. On sait qu'elle représente le plus beau type de maison à cour ouverte, c'est à dire constituée de bâtiments dispersés au sein d'une pâture complantée de pommiers et close d'un fossé doublé d'un talus planté de hêtres.[...] un tel habitat fait étroitement corps avec le milieu nature. Tous les matériaux se trouvent sur place. Le bois des colombages vient des taillis voisins, le chaume des récoltes céréalières (blé surtout) du plateau cauchois, le limon argileux du torchis ou des briques de la cheminée recouvre l'ensemble du plateau et, lorsqu'il est absent, il laisse apparaître l'argile à silex sous-jacente ; la craie du solin est également omniprésente au flanc des vallées. Tous ces matériaux sont remarquablement isothermes et imperméables à la pluie lorsque les techniques traditionnelles sont fidèlement respectées : élimination de la mousse, entretien sur le faîtage d'une bande d'iris. La structure dissociée la rend bien adaptée à l'économie rurale variée Pays de Caux : céréaliculture, élevage bovin et porcin, pommiers à cidre. » […] « Enfin, et ce n’est pas là le trait le moins passionnant du cas cauchois, le faitage d’iris est très spécifique de la région. […] la tradition affirme que l’iris était la fleur sacrée des Calètes – peuple gaulois du Pays de Caux – associée aux divinités agraires. »
Les masures
Le clos-masure dans l'Histoire : l'exemple d'Ermenouville, Didier Bouillon, Etudes normandes, Année 2008 57-3, pp. 63-70, Fait partie d'un numéro thématique : Patrimoine végétal
"Les exploitations rurales du pays de Caux sont connues aujourd'hui sous le nom de «cours-masures » ou «clos-masures », termes empruntés aux géographes, que les habitants n'emploient pas eux-mêmes, utilisant les termes masure ou cour.
Le mot masure n'apparaît dans aucun dictionnaire courant autrement que sous l'entrée désignant une petite maison misérable, vétusté ou délabrée. Le Trésor de la langue française, tout en notant son caractère régional, la définit soit comme «Habitation rurale ; ensemble de bâtiments d'une exploitation agricole », soit comme un «Herbage clos planté de pommiers ou de fruitiers entourant les bâtiments de la ferme ».
Ces définitions ne peuvent être acceptées. Les baux de fermage spécifient pratiquement toujours s'il s'agit d'une masure «édifiée d'une maison » et/ou «édifiée de bâtiments agricoles ». De même, l'«herbage clos planté de pommiers ou de fruitiers entourant les bâtiments de la ferme » correspond très exactement à ce que les Cauchois appellent encore aujourd'hui une cour. Pour notre part, nous nous référerons ici à l'article Masures de la Coutume de Normandie.( D. Houard, 1780-1783 : III-267.)
«La Coutume réformée, article 271, entend par ce mot ce que la Coutume ancienne appelloit ménages ; c'est-à-dire ce qui comprend les bâtiments , le clos , la cour & le jardin ».
Cette acception fait de la cour un des éléments constitutifs de la masure que nous définirons donc comme l'espace clos qui entoure la maison d'habitation, et où les divers bâtiments de la ferme (écurie, étable, bergerie, charretterie, four) sont répartis.[...]
Les plantations d'arbres de haut jet, le plus souvent en deux rangées, sur un talus (le fossé ) d'environ 1,80 m de hauteur constituent, sans doute la caractéristique la plus connue des masures du pays de Caux. Vu de la plaine, le village ressemble plus à un bois qu'à une agglomération de maisons. Souvent renforcés, dans les parties exposées au vents dominants, d'un ou plusieurs alignements d'arbres au pied des talus, ces rideaux avaient pour fonction essentielle de protéger des intempéries les pommiers (au Moyen Age, ces plantations sont exigées par le bailleur en même temps que celles des arbres fruitiers) et l'ensemble des activités de la ferme, tout en assurant la fourniture du bois d'oeuvre (pour le propriétaire) et de chauffage pour le fermier qui gardait pour lui le fruit de l'élagage.
Il est probable que jusqu'au milieu du XIXe siècle, le chêne a constitué l'espèce dominante, en association avec l'orme, le frêne et le hêtre, plus rarement le châtaignier. Bois d'oeuvre par excellence, il fournissait les matériaux taillés par les charpentiers pour édifier les bâtiments. Aujourd'hui, le hêtre lui a été massivement substitué, comme susceptible d'un meilleur enracinement dans le talus qui lui sert de base. Mais les inventaires du patrimoine arboré que nous avons pu consulter pour le XIXe siècle montrent une grande diversité des espèces sur le même talus, (y compris certaines essences aujourd'hui absentes, comme les résineux), des âges très variables sur le même talus qui contrastent avec les beaux alignements réguliers d'aujourd'hui, et des «trous » fréquents dans ces alignements dus aux coupes effectuées à l'occasion de la construction ou-réparation des bâtiments.
On retiendra surtout une gestion collective de ce patrimoine : les propriétaires se réservaient souvent dans les baux une partie du produit de l'élagage ; les bois nécessaires à l'entretien des bâtiments d'une ferme pouvaient être pris sur les talus d'une autre ferme.
Nous désignons ici par cour l'espace enherbé constituant de la masure, enclos par les fossés, parfois encore planté de pommiers et poiriers, et sur lequel se distribuent les bâtiments agricoles et le jardin. De forme légèrement bombée, la cour était striée de petits canaux destinés à drainer les eaux de ruissellement vers les fossés en périphérie ; ces derniers, servant de collecteurs, se dirigeaient vers la mare située à un point bas du terrain, le plus souvent à proximité immédiate de la maison."
Voilà ce que rapporte le Trésor de la Langue française : def. masure
Région. (Pays de Caux)
1. Habitation rurale; ensemble de bâtiments d'une exploitation agricole. Les préoccupations d'arboriculture et d'élevage se font sentir dans la ferme-masure caractéristique du pays de Caux. Elle se distribue en bâtiments séparés, mais tous compris dans l'enceinte rectangulaire (VIDAL DE LA BL., Princ. géogr. hum., 1921, p.180).
2. Herbage clos planté de pommiers ou d'autres arbres fruitiers entourant les bâtiments de la ferme. Le régisseur aida Bouvard et Pécuchet à franchir un échalier, et ils traversèrent deux masures, où des vaches ruminaient sous les pommiers (FLAUB., Bouvard, t.1, 1880, p.27):
2. Jusqu'à nos jours, c'est dans ces gains successifs que tient toute l'histoire du pays de Caux. Ainsi se sont multipliées les fermes entourées de leurs vergers ou masures [it. ds le texte], d'où le fermier surveille son bétail, et que flanquent des fossés, ou levées de terres garnies de hêtres.
VIDAL DE LA BL., Tabl. géogr., 1908, p.175.
In : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=1420504020;
Ménages ; masure et masure cauchoise ; cour-masure ; et clos-masure !
Ce qui est décrit par les historiens géographes ce sont la masure cauchoise et la cour masure. Quant à l'invention du clos masure, elle date de 1968 par deux architectes Warnier et Garofalo : Comme nous l'avons décrit dans a locution « clos-masure » est née à Yvetot : Louis Lecomte nous explique que cette locution a été employée dans le titre du diplôme soutenu par Bertrand Warnier et Yolande Garofalo en octobre 1967 à l'École des beaux-arts de Paris pour l’obtention du titre d'architecte DPLG : "Le clos-masure du Verger", in 003-part-1-chapitre-1-histoire-du-patrimoine-vegetal-d-yvetot-1021-2021-de-1021-à-la-revolution-francaise
Concernant la la cour masure, avant le clos masure on évoquait la singularité de cet endroit, de nombreuses fois décrit par ailleurs au 19e siècle et au 20e siècle.
Cette locution cour-masure est apparue 100 ans avant qu'une autre la supplante depuis 1968. On parle toujours du même contenu.
L’usage du mot démarre en 1866 avec un premier pic en 1868, un autre principal en 1932, un moindre en 1954 et 62, puis en déclin depuis 1968 avec l’apparition de la locution clos-masure. In : https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/cour-masure
Ce qui en attestent sont les journaux qui dans leur rubrique immobilières publient des publicité et actes de vente de terrains, domaines, maison, masures et cour-masure dès 1868.
Citons aussi cet extrait issu de Seine-Maritime, Les documents de France, , Editions Alépée, 1970, chapitre "le pays de Caux" Raymond Mensire, page 30 :
La "cour-masure" toujours verte d'herbe grasse, est entourée de "fossés" qui sont de hauts talus où s'alignent des rangées d'arbres, hêtre surtout, destinés à la protéger contre les vents. Elle est plantée de pommiers parmi lesquels se dispersent les "batimennts" ruraux : maison du fermier, écuries, étables, bergeries, porcheries, charreterie, granges, pressoir, cellier, isolés les uns des autres, bâtis en "galandage" avec poutrelles apparentes, et naguère encore couverts en chaume. Seul le "four" a presque disparu.[...] Parfois, un massif pigeonnier, circulaire ou hexagonal, marque l'emplacement d'un fief ou d'une vavassorie noble.
Les villages ne sont, pour la plupart, que des groupements de ces cours de ferme autour du "carreau" [...]
Daniel Fauvel nous signale ceci : "On se trouve donc, dans cette région de champs ouverts, au centre d’un ancien système agraire qui a perdu sa signification, mais qui la conserve suffisamment pour servir de référence, avec les avantages agricoles que la cour masure pouvait tirer de ces talus-fossés. On comprend alors que Maupassant, dont toute la jeunesse espiègle s’est passée dans un petit château de Grainville-Ymauville, entre les marchés bien cauchois de Fauville et de Goderville, jouant et vivant avec les enfants du village, ait dépeint, devenu adulte, avec une précision touchante, les fossés-talus de son enfance et rendu leur curieuse atmosphère. * M. Fauvel, préparant actuellement une thèse d’histoire et de démographie sur son canton natal de Goderville et le connaissant fort bien, m’a rapporté que son père, journalier agricole, durant la période d’hiver après les battages était souvent sollicité pour réparer les talus-fossés. A sa connaissance, il n en a fait qu’un seul à Ecrainville et encore à la demande d’un propriétaire mécontent de ce que l’un de ses prédécesseurs ait fait abattre deux des quatre côtés du fossé de sa cour masure et le lui a fait refaire avant 1939, pour avoir une cour plus équilibrée et plus logique. Il n’est pas rare dans cette commune de voir des chaumières entourées d’une cour d’une trentaine d’ares, avec un talus-fossé planté, mais surtout celles construites avant 1789. En général, ce sont les fermes grandes ou petites et surtout les grands domaines qui étaient entourés d’un fossé planté." in : Fossés cauchois et normands, André Dubuc, p. 183-196,
in : https://books.openedition.org/purh/12407?lang=fr -
Pour rappel : Au 19e siecle et 20e siècle sont utilisés les termes : masure cauchoise et cour-masure puis clos-masure
Clos-masure et cour-masure n'étant pas au dictionnaire de la langue française, il se peut que pour cette raison que le dossier d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO n'est pas abouti car à mon humble avis : Ce qui est défini et inscrit au dictionnaire peut être reconnu au plan international.
in : Paris-Normandie : 12 septembre 2023 on peut lire :
"Patrimoine mondial de l’Unesco : les clos-masures du pays de Caux n’ont pas convaincu
Depuis 2013, en vue de protéger durablement ce patrimoine rural, le Département de Seine-Maritime avait entrepris une démarche pour faire inscrire les clos-masures au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais le parcours s’est interrompu en France."
C'est Camille Corot qui a peint ce qui peut être attribué à une "masure" à Bois-Guillaume en 1822 - maison couverte de chaume entourée de pommiers et ceinturée d'arbres - Boisguillaume étant une commune du Caux-Rouen.
Flaubert utilisait "masure" au 19e siècle.
Masures : sens provincial, la cour plantée entourant la maison d’habitation et les batiments agricoles d’un cultivateur. « On appelle masures en Normandie, les terrains en campagne, enclos de haies, fossés ou murs, en nature d’herbage et ordinairement plantées d’arbres fruitiers ». (Journal des arrêts des cours royales de Rouen et de Caen, t. VII, 1827, p. 41). in : https://books.openedition.org/purh/12407?lang=fr -
Aujourd'hui les cauchois utilisent cour-masure et clos-masure et poursuivent malgré tout leur protection.
Autre remarque : il est possible également que le dossier de candidature d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO n'ait pas été retenu du fait que les contours du pays de Caux ne soient pas véritablement délimités et trop variables comme on a pu l'étudier précédemment dans le chapitre : https://yvetotpatrimoinevegetal.over-blog.com/2021/01/003-part-i-chapitre-1-l-histoire-du-patrimoine-vegetal-d-yvetot-1021-2021-de-1021-a-la-revolution-francaise-reflexion-sur-l-evolutio
Rappel : Les définitions d'une cour-masure, d'un clos-masure, d'une masure cauchoise n'existent pas au dictionnaire de la langue française. Seuls le Littré et le Larousse évoquent une dimension régionale à propos de "Masure"
Littré : "Nom, en Normandie, de l'enclos, ou verger, ou herbage planté d'arbres fruitiers, dans lequel sont situés les bâtiments de la ferme,"
Larousse : "Maison rurale traditionnelle du pays de Caux, composée de plusieurs bâtiments d'habitation et d'exploitation dispersés dans un prés clos de haies et planté de pommiers."
[1]Closage, nm (klô-za-j'). En Normandie, petit verger entouré de haies, avec ou sans habitation. [H. Moisy, Noms de famille normands, p. 100] in : http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/closage/13811
[3] In : André Vigarié : « Recherche d’une explication de la maison cauchoise. » Norois, 1969, 63 et 63 bis, pp.491-501. « Les énigmes de la maison cauchoise. » Annales de Normandie, XXI, 2, juin 1971, pp.137-151. In : Jean-Robert Pitte, Histoire du paysage français, Le sacré : De la Préhistoire au 15ème siècle, chapitre : Le paysage bâti des campagnes médiévales, Editions Tallandier, Paris, 1983, 142-143
Extrait de l'Atlas Trudaine des routes de France - Yvetot à Alvimare - Trudaine, Charles Daniel - 1745- 1780- Cote ENSA - CARTO - CD 37
Attardons-nous sur le plan de situation de l’ensemble paysager qui constitue le fief du Mont-Asselin de 1494, confirmé par le plan terrier de 1566.
Pas à pas à l’aide de l’étude ralisée par Xavier Pagazani[1] et de l’Atlas Trudaine[2], nous allons analyser ce fief qui décrit fidèlement le patrimoine naturel et végétal du Mont-Asselin de la principauté d’Yvetot.
Sans ces deux supports documentaires il m’aurait été impossible d’imaginer ce qu’étaient les autres fiefs à cette époque puisque la plupart d’entre-eux existaient aussi comme on peut l’observer sur le plan terrier de 1566 et visibles grâce au plan général de l’Atlas Trudaine.
En premier lieu pour se figurer le fief du Mont Asselin dont la masure close abritait le manoir, demeure noble du seigneur , partant du tracé futur de la voie royale d’est en ouest il faut visualiser au 2/3 la grande alleé ou sente[3] bordée d’arbre, l’équivalent d’un mail (900 mètres) orientée perpendiculairement avant de bifurquer obliquement vers le hameau de Loumare.
Cet axe est remarquable pour accéder au manoir est borné vers le manoir par une succession de parcelles boisées entrecoupées d’allées d’agrément surplobant un vaste verger planté de pommiers. Deux autres accès sont complémentaires, traversant le hameau du Mont-Asselin par le chemin mitoyen des paroisses de Sainte-Marie-des-champs et d’Yvetot, chemin qui existe encore aujourd’hui que l’on nomme « rue du Mont-Asselin » et rue Varenchel faisant le tour d’un clos masure sur lequel subsiste un colombier[4] en son centre.
L’axe du chemin du Mont-Asselin vers Sainte Marie des Champs (la Brême) arrive à une fourche qui en face distribue la cour masure de Varenchel surplombant le vallon, à droite, contournant la cour-masure, le chemin vire d’abord sur la gauche pour descendre directement en fond de val pour suivre encore sur la gauche le fond du val et prendre encore sur la gauche pour rejoindre le bout du mail vers l’entrée du manoir.
Le Pourpris du Manoir
« Pourpris[5] : c’est tout ce qu’un bourg, ou un fief, ou un manoir comprend tant en maisons, masures, que jardinages. » « [6]Le manoir est à la fois une exploitation agricole, le siège d’un domaine noble, et une résidence permanente ou temporaire »
Le pourpris du manoir est bornée par des fossés[7] et talus plantés la séparant de la ferme voisine dite de Varenchel : on discerne le manoir flanqué de deux ailes afin de former une cour ouverte semi-ouverte. Le terrain est sur un des versants du fond du val au Cesne. Deux jardins clos adossés de chaque coté des ailes manoir complètent l’ensemble architectural du manoir sur lequel s’emboitent deux dépendances. Plus haut dans la cour masure à gauche se trouve probablement une grange alignée à la mare dans laquelle en son milieu se touve un colombier édifié sur une motte ou îlot. Dans leur prolongement une étable termine cette diagonale.
Au 2 / 3 de la cour deux granges sont alignées avec le manoir sur l’autre diagonale. Sur leur droite près de l’accès à la sente de la ferme dite Varenchel une autre mare borne les deux cour-masure. En fond de cour derrière une autre petite mare circulaire un autre bâtiment agricole annonçant un terrain en entonnoir jusqu’au bout du chemin du Mont-Asselin vers le chemin Varenchel ceinturant la masure close tout en longueur.
L’enclos central du hameau du Mont-Asselin constitué de trois pièces de terre plantées et édifiées dont les talus sont plantés se présentent ainsi est divisé :
La première portion de droite possède trois mares dont une en son centre à côté de la masure. Cinq bâtiments ceinturent la masure en bordure des fossés. Dans l’autre portion vers le manoir une petite cour fermée et plantée d’arbres ferme l’angle droit du chemin du Mont-Asselin, le reste semble être une pièce de terre labourable.
La pièce de terre ou se trouve une ferme est mitoyenne avec la pièce de terre du manoir d’un côté dont sur une portion une sente les sépare en haut du vallon.
De l’autre elle est bornée par deux pièces de terre labourable dont une ou un double alignement d’arbres la sillonne au sommet du vallon, parallèle à l’autre double alignement d’arbres desservant une autre masure close divisée en trois pièces de terre dont deux en closage possédant chacune un bâtiment agricole.
Cette masure close dite de Varenchel mitoyenne avec celle du manoir du Mont-Asselin possède une maison et quatre bâtiments agricoles dont probablement une longue étable et un bâtiment perpendiculaire à la maison principale qui subsistent encore aujourd’hui.
Sur le chemin du Mont-Asselin vers la brême, de l’autre côté du double alignement d’arbres d’une longueur d’environ 300 mètres une cour masure se divise en trois pièces de terre ceinturées et plantés ou est édifié sur deux d’entre elles unnpetit bâtiement agricole et dans la cour-masure principale un logis principal et trois dépendances.
De cette masure close dernièrement décrite en allant vers l’autre coté du closage central du hameau du Mont-Asselin, une petite masure close borde le closage central sur la largeur avant que de l’autre coté sur sa longueur d’une dizaine de petites cour-masure édifiées de maisons et de bâtiments agricoles se succèdent jusqu’au fond du hameau bordé par un vallon communiquant avec le fond du val au Cesne.
Toutes ces pièces de terre closes et plantées le sont de fruitiers dont essentiellement de pommiers mais aussi de poiriers (poirier de coq).
Ce fief du Mont Asselin adossé au vallon du Mont-Asselin est à la fois boisé, ponctué de pièces de terre labourable et d’une véritable mosaïque végétale dans laquelle s’inscrustent éléments architecturaux, closages, mares, chemins et sentes.
Ce paysage rural est abondament décrit et commenté par Xavier Pagazani décrivant la demeure noble en Haute Normandie (1450-1600).
Cette étude pertinente est une aubaine pour interpréter l’Atlas Trudaine[8], outil et support dont s’est habilement servie l’auteur.[9]
L’examen du patrimoine végétal du manoir du Mont-Asselin peut amplement s’appuyer sur des constatations de l’auteur prenant les exemples d’ Auffay, Beuzeville-la-Grenier et Caumare et Caltot :
« dans grand nombre de manoirs de Haute-Normandie, principalement dans le pays de Caux, la clôture est constituée de talus plantés d’arbres, qu’on appelle « fossés » dans la province.(…). Cette solution a l’avantage de mettre l’enclos et ses bâtiments à l’abri des vents dominants. La nature végétale de ce type d’enceinte rend difficile, voire impossible, toute datation en l’absence de fouilles, mais pour nombre de manoirs, l’examen des bâtiments situés à proximité de talus et parallèles à eux n’a pas révélé les arrachements qu’aurait laissés la destruction de murs d’enceinte. On peut donc légitimement penser que ces manoirs étaient clos dès l’origine par des talus plantés. L’utilisation d’arbres de haute futaie, pour protéger les arbres fruitiers de la parcelle répond à la nécessité d’abriter les enclos des vents dominants dans le pays de Caux, comme c’est aussi le cas dans certains terroirs de Basse-Normandie. La cour seigneuriale ou la basse-cour de nombreux manoirs était en effet plantée d’arbres fruitiers, en général des pommiers, comme l’attestent l’Atlas de Trudaine (…) et des photographies anciennes. On notera cependant que ce type de clôture caractérise le plus souvent des manoirs d’importance secondaire. (…) »
La description du domaine fieffé et des pieces non fieffeés du Mont-Asselin énonce d’autres apsects susceptibles d’illustrer d’autres éléments de ce patrimoine végétal qu’il convient ici d’explorer : moulin, jardins, maisons, manoir, colombier et terres labourables et non labourables, éléments caractéristiques pouvant nous aider à identifier la nature de ce patrimoine, les uns concourant aux autres.
Les jardins et la cour plantée
Prenons l’évocation des jardins, peu d’études en Normandie hormis, le récent ouvrage de Xaxier Pagazani, ont été consacrées aux jardins des demeures nobles de cette période sinon celles qui décrivent ceux des grands domaines. Une des plus anciennes rapportées par Pagazani concernent l’organisation de l’agriculture en France est celle d’Olivier de Serre[10] succédant à la pensée de Charles Estienne[11] publiée en 1564 dont la philosophie prônait le maintien dans l’ignorance des cultivateurs diamétralement contraire à celle de Bernard Palissy[12], génie de son siècle. Dans une énième réédition au 19e siècle, Henri C. Grégoire[13] dans son essai fait l’état des lieux des connaissances tout en citant ces auteurs, nous renseigne sur l’état de l’agriculture en France à propos de la vigne en pays de Caux, à propos du cidre en Normandie et notamment en Cotentin et bien d’autres sujets qui seront évoqués dans cette histoire.
Le fief du Mont-Asselin correspond bien aux descriptions faites par Xavier Pazagani car dit-il dans le paragraphe suivant que les manoirs n’échappent pas même à cette époque à la valeur qu’accordaient les seigneurs au bénéfice d’un jardin dans leur domaine. Leur usage et leur utilité dépendant de la grandeur du domaine, de l’usufruit et de sa rentabilité puisque celle-ci est évaluée dans les aveux consignés de cette époque. Il affirme que pour produire une analyse fine du patrimoine végétal (jardins) le recours aux plans terriers est indispensable autant que de se référer si nécessaire à l’Atlas de Trudaine dès l’instant ou cet Atlas couvre le secteur géographique en question ce qui est le cas pour la quasi-totalité du territoire du royaume d’Yvetot à l’exclusion d’une partie des fiefs de Taillanville et du Verger ainsi que de l’autre côté vers le Fay et le Grand Fay dont il est question dans l’examen du plan terrier de 1566 transcris par Beaucousin au 19e siècle.
« [14]Pas de château sans jardin », écrit Jean Guillaume [15]. L’affirmation pourrait valoir aussi pour le manoir, même si l’on ne s’est guère interrogé jusqu’ici sur cet aspect de la petite maison noble. Seuls Nicolas Gautier pour le Perche, Marie-Hélène Since pour la Basse-Normandie et Marie-Eugène Héraud pour la Vendée ont étudié les jardins du XVIe siècle, mais sans analyser leur rapport avec la demeure. Il faut dire que contrairement aux châteaux qui disposent des célèbres dessins et gravures de Du Cerceau, les manoirs sont rarement documentés sur ce point. Pour mener cette enquête, on possède peu d’éléments en dehors de l’analyse cartographique et topographique : lecture des cadastres anciens, antérieurs aux grands remembrements du XXe siècle, repérage des structures en terre encore en place (fossés, talus, fausses-braies, mottes féodales) et examen archéologique des structures maçonnées (logis seigneurial, dépendances et murs de clôture). Pour certains manoirs, il existe de plus quelques plans antérieurs au cadastre dit napoléonien (plans terriers, plans de vallée, Atlas de Trudaine), des descriptions de visiteurs et des photographies aériennes de l’IGN. »
Pour comprendre la notion de jardin que l’aveu de 1494 vient désigner, il faut interroger les pratiques et les usages multiples de cette fin du 15e siècle. Là encore l’ouvrage « La demeure noble en Haute-Normandie , 1450-1600 » est riche de renseignements même si l’auteur n’a pu pour diverses raisons s’appuyer sur la totalité des domaines en Haute-Normandie et en principauté d’Yvetot en particulier.
Sans cette étude il serait hasardeux de se risquer à interpréter ce que cette notion pourrait recouvrir. Son enquête révèle plusieurs fonctions de ces dits jardins que ces espaces soient dissociés ou non du dissociés manoir pour ce qui nous intéresse avec le fief du Mont-Asselin.
«[16] Pour comprendre l’histoire du jardin de la petite demeure noble en Haute-Normandie, il convient d’abord de distinguer les maisons des champs de notables vivant en ville, les résidences campagnardes de gentilshommes vivant à la cour une partie de l’année et les manoirs a priori plus simples de nobles vivant du seul revenu de leur terre (…). Il faut également distinguer les divers espaces clos réservés au seigneur autour du logis : jardin potager et jardin d’agrément, cour à préau et cour plantée d’arbres, pré entouré d’arbres, verger, garenne, parc de chasse, le jardin, au sens strict, n’étant pas toujours le lieu d’agrément privilégié de la maison noble. »
Il ajoute dans un autre paragraphe :
«[17] Pour les manoirs les moins importants qui constituent la majorité des domaines nobles haut-normands, tels Anquetierville, Héronchelles, Caltot et Beuzeville-la-Guérard, le jardin, de petites dimensions et le plus souvent éloigné du logis, paraît être, sans contestation possible, un jardin nourricier. »
Examinons ensemble ces jardins qui sont des jardins nourriciers et des jardins un jardin nourriciers (potager) et en même temps un potager.
Extrait de l'Atlas Trudaine des routes de France - Yvetot à Alvimare - Trudaine, Charles Daniel - 1745- 1780- Cote ENSA - CARTO - CD 37
Les jardins nord dont l’enceinte a une forme rectangulaire, sont enclos et attenants à l’aile nord du manoir ce qui laisse supposer que l’accès au jardin se fasse de l’intérieur du manoir ou de l’intérieur de la cour à l’ouest. Il sont divisés en trois parcelles entourées d’une allée périphérique et d’une allée centrale longitulinale et d’une courte allée perpendiculaire séparant les deux plus petites parcelles aux dimensions inégales.
Les jardins ouest dont l’enceinte a une forme carrée , a une superficie un quart plus grande comportant deux parcelles rectangulaires dont une est moins longue du fait qu’un des murs d’enceinte soit un mur d’une dépendance du manoir. Ce carré de jardin est enclos et attenant à l’aile sud du manoir ce qui laisse supposer que l’accès au jardin se fasse de l’intérieur du manoir ou de l’intérieur de la cour orientée à l’ouest. Il sont divisés en deux parcelles inégales entourées d’une allée périphérique et d’une allée centrale longitulinale.
[2]'Atlas Trudaine des routes de France - Yvetot à Alvimare - Trudaine, Charles Daniel - 1745- 1780- Cote ENSA - CARTO - CD 37
[3] Cette sente allait du Mont-Asselin au hameau de Loumare telle décrite sur le plan terrier de la principauté en 1566.
[4] Le colombier situé sur la ferme Burel n’existait pas en 1767 en revanche celui de 1494 se trouve dans la cour masure en contrebas au-dessus du manoir, sur un ilot d’une des mares.
[5]Michel Houard, Dictionnaire analytique, historique, étymologique, critique et interprétatif de la coutume de Normandie, t. 3 (1780), Rouen, 1782, p. 512. In : La demeure noble en Haute-Normandie , 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 1 Chapitre 5. Le pourpris du manoir
[6]La demeure noble en Haute-Normandie , 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 1 Chapitre 5. Le pourpris du manoir
[7]« (…) dans grand nombre de manoirs de Haute-Normandie, principalement dans le pays de Caux, la clôture est constituée de talus plantés d’arbres, qu’on appelle « fossés » dans la province. Cette solution a l’avantage de mettre l’enclos et ses bâtiments à l’abri des vents dominants». In : La demeure noble en Haute-Normandie , 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 3 Chapitre 5. Le pourpris du manoir.
[8] In : Cote des documents originaux conservés aux Centre historique des Archives nationales à Paris : F/14/*8502 Les atlas des routes de France dits atlas de Trudaine constituent une collection unique et homogène de soixante-deux volumes totalisant plus de 3 000 planches manuscrites soigneusement aquarellées. Réalisés entre 1745 et 1780 sur ordre de Charles Daniel Trudaine, administrateur des Ponts et Chaussées, ils comportent les routes faites ou à faire (et leurs abords immédiats) dans les vingt-deux généralités des pays d'élections régies par des intendants. Les pays d'états (Bourgogne, Provence, Languedoc et Bretagne) ainsi que les pays d'imposition (régions frontalières conquises sous Louis XIV) sont exclus de cette couverture cartographique, sauf la généralité de Metz (trois atlas) et le Haut-Cambrésis (trois atlas aussi). Ces atlas forment une documentation précieuse et très recherchée sur les paysages français du XVIIIe siècle
[9] Dans la Fig. 88, à la même époque que le manoir du Mont-Asselin, il prend exemple de Caltot, à Bolbec (Seine-Maritime) Xavier Pagazini localise les principaux bâtiments du manoir sur fond d’Atlas de Trudaine, route de Rouen au Havre. AN, CP F/14 bis*/8502, pl. 36. A : maison noble (bâtie après 1491). B : grange et pressoir (après 1491). C : colombier (bâti vers 1520). D : châtelet et dépendances (vers 1520). In : La demeure noble en Haute-Normandie , 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, paragraphe 3, chapitre 5, Le pourpris du manoir
[10] In : Serres O. de, Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs, Paris, 1600. Olivier de Serre a conservé durant plusieurs siècles une Hora grâce son l'influence sur la pensée agronomique française.
[11] L'Agriculture et maison rustique de M. Charles Estienne Docteur en Médecine, 1564.
[12] Créateur des jardins de Troissereux dans l’Oise près de Beauvais conçoit selon la Recette véritable (1563) « le jardin délectable » au 16e siècle. Sa pensée peut d’illustrer ainsi "Je ferai un autant beau jardin qu'il en fut jamais sous le ciel, hormis le jardin de Paradis Terrestre." C’est en herborisant dans ce domaine unique que j’ai compris son art novateur annonçant un siècle plus tard la conception des jardins dits « anglais » Plus tard a Troissereux furent acclimatés une dizaine de cyprès-chauve rapportés d’Amérique du nord au 18e siécle par La Fayette dans l’Hermione alors que dans le même temps ceux transplantés au domaine de Versailles périclitèrent.
[13]Essai historique sur l'état de l'agriculture en Europe, au XVIe siècle, par le c. Grégoire, Grégoire, Henri (1750-1831), Éditeur : impr. de Mme Huzard (Paris) in : Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs d’Olivier de Serres, seigneur du Pradel, La maison rustique, nouvelle édition conforme au texte, augmentée de notes et d’un vocabulaire, publiée par la société d’agriculture du département de la Seine, Tome I., à Paris, de l’Imprimerie et dans la Librairie de Madame Huzard, imprimeur de la Société d’Agriculture du Département de la Seine, rue de l’Eperon, an 1804.
[14] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 1 Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[15] In : Guillaume J., « Le jardin mis en ordre. Jardin et château en France du XVe au XVIIe siècle », in J. Guillaume (dir.), Architecture, jardin, paysage…, op. cit., p. 103-136 , in : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 1 Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[16] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 2 Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[17] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 5 Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes
La cour plantée d’arbres se situe au-delà du manoir et des jardins dans laquelle se touvent le colombier et les autres bâtiments agricoles. A s’y méprendre cet espace pourrait ressembler à un verger à la différence près que le verger n’est qu’un closage où ne sont plantés que des fruitiers.
«[1] L’utilisation d’arbres de haute futaie, pour protéger les arbres fruitiers de la parcelle répond à la nécessité d’abriter les enclos des vents dominants dans le pays de Caux. (…) La cour seigneuriale ou la basse-cour de nombreux manoirs était en effet plantée d’arbres fruitiers, en général des pommiers, comme l’attestent l’Atlas de Trudaine (…) On notera cependant que ce type de clôture caractérise le plus souvent des manoirs d’importance secondaire »
« Des aveux des XVIe et XVIIe siècles, l’Atlas de Trudaine du XVIIIe, de nombreux plans cadastraux anciens du début du XIXe et des photographies du début du siècle dernier présentent les cours des manoirs normands plantées d’arbres fruitiers. Ces cours vertes, qui ressemblent fort à des vergers, ne doivent pas nous égarer : elles répondent sûrement moins à la volonté d’agrémenter le manoir (qu’il ne faut cependant pas exclure) qu’à celle de rentabiliser un terrain, qui, on l’a vu, pouvait être très étendu[2]. Car la cour est avant tout, dans une majorité de manoirs, l’enclos où se trouvent réunis les bâtiments utilitaires : une basse-cour au sol boueux, où circulent charrettes, serviteurs et animaux de la ferme. »
Le pré entouré d’arbres
Prenons l’évocation du pré entouré d’arbres, il complète les fonctions du domaine. Sa fonction est intimement liée aux fonctions agricoles et le plus souvent il s’agit d’un simple pré entouré d’arbres que l’on nommait également ou « salles de verdure »[3]
Extrait de l'Atlas Trudaine des routes de France - Yvetot à Alvimare - Trudaine, Charles Daniel - 1745- 1780- Cote ENSA - CARTO - CD 37
Deux prés à la grandeur distincte sont accolés en périphérie des cours plantées comme il est possible de le distinguer sur cette portion du domaine.
[1] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 2 Chapitre 5. Le pourpris du manoir.
[2] Sur l’étendue de la cour du manoir, voir p. 152-156. In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 64, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[3] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 51, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
Le parc de chasse et le verger
Prenons l’évocation du parc de chasse et d’agrément.
En toutes saisons le seigneur avait nécessité d’un parc pour y puiser autant des ressources indispensables à l’entretien de son domaine, de ses bâtiments et demeures que pour y giboyer.
« On sait à quel point la forêt était précieuse « pour la provision d’une bonne maison », à la fois pour le chauffage, les réparations, les constructions, et pour parquer les animaux.[1] »
Mais son usage le plus important pour la noblesse était d’offrir « la délectation de la chasse et le profit des bestes sauvaiges qu’on y prend[2] ».
« Les parcs avaient une autre fonction, tout aussi récréative pour le seigneur qui pouvait s’y promener en noble compagnie et y trouver le « plaisir des ombrages, et l’agréable séjour dessous les arbres en toutes saisons, mesme en hyver parans les froidures[3]».
Examinons ensemble le domaine boisé d’après la description qu’en fait l’Atlas Trudaine qui illustre l’agencement particulier et spécifique de ce fief.
L’ensemble illustré sur le plan Trudaine montre un type de petit parc de 1 à 15 hectares correspond aux normes décrites par Xavier Pagazani. Le découpage des parcelles boisées à côté du jardin et du verger laisse à penser que ce parc était à la fois destiné à la promenade, autant que certains espaces pouvaient être plus utilitaires pouvant servir de garenne pour le petit gibier :
« [4]Les premiers, (…) sont situés à côté du jardin ou du verger seigneurial, et laissent à penser qu’ils étaient avant tout un lieu de promenade : un « bois d’agrément » ou un « bosquet » (percé d’allées[5])(…) Mais certains espaces boisés, plus utilitaires, devaient également servir de garenne pour le petit gibier destiné à la vente ou à la table du seigneur[6]
Le verger, situé entre le parc boisé et le manoir
Extrait de l'Atlas Trudaine des routes de France - Yvetot à Alvimare - Trudaine, Charles Daniel - 1745- 1780- Cote ENSA - CARTO - CD 37
[1] Voir p. 134-135. in : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 53, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[2] Serres O. de, Le théâtre d’agriculture…, op. cit., septiesme lieu, chap. VII, p. 1156. In in : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600, Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 53, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[3]Loc. cit. In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 53, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[4] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 53, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
[5]comme le précisent parfois les plans terriers et les cadastres anciens : in : Par exemple : AD Seine-Maritime, 3 PP 368, matrice cadastrale du Mesnil-Lieubray (Normanville), sec (...)
[6] Estienne C. et Liébault J., L’agriculture et maison rustique…, op. cit., livre VI, chap. 21, f° 230 (...) in : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 54, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 54, Chapitre 8. Les lieux des plaisirs seigneuriaux : jardins, prés, parcs, vergers et garennes.
Le Colombier
Prenons l’évocation des colombiers
Le colombier est déjà connu à l’époque romaine sous le vocable de pigeonnier, en Normandie , permis d’être édifié par tous au XIII, la noblesse s’accapare de ce patrimoine à son dépend, il est intégré dans la Coutume de Normandie de 1583 en terme de droit de colombier.
« [1]S’il est vrai d’affirmer qu’en Normandie « le droit de bâtir colombier à pied et d’en jouir a toujours été tenu et réputé droit seigneurial (…) de sorte qu’il n’est loisible à personne de bâtir colombier sinon sur fief de haubert »[2], cette constatation est indiscutable au XVIème siècle depuis fort longtemps. »
Dans le pays de Caux, le colombier[3] est situé au centre de la masure close (clos-masure). Il est soit cylindrique soit polygonal ou carré. Sans s’attarder sur son architecture qui varie selon sa forme, il a pu être couvert de chaume, tuile plate et end=fin d’ardoises, bine plus tard.
« Du fait de la division des fiefs, le nombre des colombiers ne cesse de croître. Les premiers à en souffrir sont les paysans qui voient fondre des nuées de pigeons sur leurs semailles et leurs moissons. C’est à qui se mettra à semer le dernier pour éviter d’être pillé ! Ce sont ces préoccupations qui ressortent des cahiers de doléances au point de faire du droit de colombierl’un des premiers privilèges abolis dans la nuit du 4 août 1789. »[4]
Il n’était pas rare que les paysans tuaient les pigeons ravageurs ruinant parfois les terres toutefois sous la menace d’amendes ou de courts emprisonnements.
« Le plus souvent, le colombier est isolé dans l’enclos du manoir. (…) Dans le cas de manoirs à enclos multiples, le fait que l’on ait placé le colombier dans la basse-cour plutôt que dans la cour suggère que l’utilité agricole du bâtiment (l’élevage de pigeons pour l’alimentation et l’utilisation des déjections pour l’engrais) prévaut sur sa valeur symbolique. Celle-ci n’est cependant pas occultée pour autant puisque, quel que soit le nombre des enclos des manoirs, le colombier se voit de loin. (…) rares sont les exemples où le colombier n’est pas mis en valeur par une situation ou un traitement architectural particulier : soigneusement maçonné, en brique et pierre ou en pierre, il est généralement couvert d’ardoises, et souvent décoré de motifs polychromes obtenus par l’agencement de différents matériaux en parement (silex, pierre, brique et brique vernissée) et de motifs sculptés (moulures au bandeau horizontal médian et à l’ébrasement de la porte). (…) Enfin, on notera une caractéristique singulière qui se vérifie pour tous les édifices : la porte du colombier est toujours percée du côté du logis seigneurial. Il est vrai que les pigeons étaient exclusivement destinés à la table du seigneur. »[5]
D’après le Terrier de 1566, dans la principauté on peut dénombrer plusieurs colombiers à pied. Celui-ci était le plus prestigieux et le plus noble des colombiers, réservés aux pigeons.
« Les colombiers à pied[6] sont d’ailleurs les plus nombreux, les plus imposants, surtout dans les châteaux, manoirs, et abbayes du Pays de Caux,là où se trouvaient les plus grandes plaines céréalières. »
Dans son étude Serge Rouverand a recensé les colombiers du Canton d’Yvetot en decrivant ceux d’Allouville-Bellefosse, Baons-le-Comte, Bois-Himont, Ecreteville-les-Baons sans évoquer celui du clos-masure de Varenchel rue du Mont-Asselin.
Le colombier du Manoir du Mont-Asselin serait le premier recensé et trancris par l’historien Beaucousin les aveux rendus au Seigneur d’Yvetot par les sieurs de Mont Asselin, 7 janvier 1494, aveu de Guillaume Gombault, escuyer bourgeois de Rouen. Toutefois depuis la Révolution, il n’exise plus à l’endroit que l’Atlas Trudaine désigne. En revanche il sera peut-être remplacé plus tard par celui se trouvant dans la masure close de Varenchel qui selon la carte Etat-major de 1820-1866 y figurait. En revanche l’Atlas Trudaine de 1767 ne l’indiquait pas.
Extrait de l'Atlas Trudaine des routes de France - Yvetot à Alvimare - Trudaine, Charles Daniel - 1745- 1780- Cote ENSA - CARTO - CD 37
[1] In : Colombiers en Seine-Maritime, Normandie – Paysages.Architecture.Traditions, Serge Rouverand, Editions petit à petit, Darnétal, 2003, p.9.
[2] Terrien, Commentaires de droit civil tant public que privé au Duché de Normandie, 1554. In : Colombiers en Seine-Maritime, Normandie – Paysages.Architecture.Traditions, Serge Rouverand, Editions petit à petit, Darnétal, 2003, p.9.
[3] « En Normandie, on emploie le terme de colombier lorsqu’il s’agit d’une construction seigneuriale. Colombier vient du latin classique colombus continué en coulon, le pigeon classique. In : Le pays de Caux, vie et patrimoine, 3e édition augmentée, Patrick Lebourgeois, Editions des Falaises, Rouen, 2015, p.68.
[4] In : Le pays de Caux, vie et patrimoine, 3e édition augmentée, Patrick Lebourgeois, Editions des Falaises, Rouen, 2015, p.69 .
[5]In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 41, Chapitre 5. Le pourpris du manoir.
[6] In : Colombiers en Seine-Maritime, Normandie – Paysages. Architecture.Traditions, Serge Rouverand, Editions petit à petit, Darnétal, 2003, p.9.
Examinons ensemble celui décrit par l’aveu de 1494.
Comme on peut l’interpréter sur l’Atlas Trudaine (fig.) le colombier semble être positionné sur un îlot d’une petite mare circulaire sur l’emplacement actuel du chemin d’accès à la maison de ferme (ancien manoir).
Si son existence est avérée en 1764 en revanche elle ne l’est plus sur la carte[1] d’Etat-major de (1820-1866).
L’Atlas Trudaine nous aurait permis d’imaginer la situation du manoir de Taillanville à Saint-Clair sur les Monts, se trouvant à l’extérieur du faisceau que figure l’Atlas Trudaine, il n’est pas envisageable de se le représenter tout comme le manoir du Verger se situant au-delà du hameau de Réfigny et le manoir de Rétimare situé entre le hameau de Mezerville et le hameau du Verger
De même si nous pouvons observer selon l’Atlas Trudaine d’autres fiefs, l’absence d’aveux ne nous permet pas de les identifier comme pour le manoir du Mont-Asselin.
[1] Carte Etat-majour (1820-1866), section Yvetot, le Mont-Asselin, in : https://remonterletemps.ign.fr/comparer.
Le Mont-Asselin au temps de Henri IV au temps du règne de MARTIN III du Bellay.
" Henri IV, qui ne connaissait qu'imparfaitement ces dispositions, rencontra les ennemis aux abords d'Yvetot. Il avait quitté Fontaine-le-Bourg et s'avançait en suivant, au moins avec une partie de ses troupes, l'ancien chemin de Rouen qui, passant au sud de l'église d'Ecalles-Alix, traversait les hameaux du Mont-Asselinet de Mézerville, et arrivait à Yvetot par le vieux moulin. Il parvint en vue du bourg le lundi 27, et, dès le soir de ce jour, il y eut quelques escarmouches qui ne donnèrent aucun résultat, les ligueurs ne voulant pas se découvrir, et restant à l'abri des haies et des cours. Néanmoins le sieur de Contenan s'était avancé, pour reconnaître l'armée royale, jusqu'à la petite éminence sur laquelle s'élevait le moulin, sa troupe."
Hameau de LOUMARE
Loumare Chemin qui va des Baons à Lommare (1411) ; Sente qui maisne du Valhouart vers Loumare (1422) ; Quemin qui mène de Lonnemare (?) à Yvetot (19-11-1420) ; Chemin de Lommare aux Bans le Comte (14-3-1458) ; Jambon. de Loumaré à Yvetot (19-11-1554) ; Jambon. de Loumaré ; Loumars (1715) ; Loumars (1757) ; Loumaré (1767) ; Loumaré (1953)
Loumars (1715) ; Loumars (1757) Selon Trudaine
Loumare au 18e siècle fut coupé dans sa partie Est
Si on considère que 'une partie de Loumare a été cédée à Ecalles-Alix à l'occasion du redécoupage (1807-1810) on peut imaginer que la plupart du hameau se trouvait dans la paroisse de Sainte Marie des Champs.
Loumare au 19e siàècle au temps ou ce hameau a été coupé en deux par la Voie ferrée (1840 à 1848)
Un siècle plus tard le hameau de Loumare est toujours couvert de pommiers - 1947 IGN Remonter le Temps
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En 1963 les vergers sont toujours couverts de pommiers
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En 1973 commence le déclin irreversible des vergers
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en 1985 quelques closages se disloquent avec la dispartion de diverses haies et apparition de la pépinière Neveu, de même lma ferme des Gall se modernise sur Ecalles-Alix
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en 1989, peu d'évolution
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En 1994 le hameau se disloque avec des zones de moins en moins plantées
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En 1997 ont commencé les grand travaux aux abords de Loumare du côté de la commune d'Ecalles-Alix et de l'autre côté la pépinière
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En 1999, le rond -point de la Fourche est achevé et du coté nord la pépinière Neveu
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En 2003, les pommiers sont de moins en moins nombreux.
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en 2008, la zone d'activité du rond point de la Fourche s'étoffe
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En 2014, la zone de culture de la pépinière Nevau est quasiment réduite et le hangard de stockage de pommes de terre est construit
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En 2014, aucune modification en cours
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en 2025, la société de transport s'agrandit à proximité du rond-point, tout comme le hangar de stockage à pommes de terre et de même à la ferme Gall
Le hameau de Loumare a évolué d'un espace agricole et horticole à une zone d'activité partagée avec la traditon agraire de cet environnement.
A suivre... l'évolution du hameau du Bout de Bien
d'un hameau rural au nouveau coeur de ville et de l'activité commerciale
Entre 1745 et 1764 le Boutbains, percée de la voie royale Paris-Le Havre
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Entre 1820 et 1848, percée de la voie ferrée Paris-Le Havre
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En 1947 le Bout de Bien reste un habitat de type rural, dont les habitats sont entourés de vergers et de pommiers. La Nationale 13bis est plantée d'arbres de la Fourche à la Bascule comme on peut les voir sur la carte postale ancienne ci-dessous
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En 1955, déjà on contate la disparition de pommiers dans les cours
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En 1963, peu de changement notable, on constate l'ombre portée des arbres de la Nationale de la Fourche à la Bascule.
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En 1973, apparition de la zone industrielle qui loge parrallèlement la Nationale. Les arbres ont été abattus le long de la Nationale de la Fourche à la Bascule.
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En 1985, le centre commercial Hyper U s'installe, Linex et les premiers lotissements au sud de la Nationale
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En 1989, peu de changement sauf sur la Zoneindustrielle
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En 1994, l'emprise commerciale et artisanale progresse vers la Fourche, rive sud
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En 1997, de nouvelles voies s'ouvrent au sud de la Nationale
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En 1999, la zone industrielle et artisane s'étoffe d'années en année
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En 2003, les implantations artisanales et commerciales s'étoffent
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En 2008, peu d'évolution
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En 2014, l'extension de la zone d'activité s'étend vers le Mont-Asselin - Mézerville
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En 2015, le nouveau centre commercial rive nord de la Nationale s'installe
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en 2025 l'emprise bâtie occupe les 2/3 de la surface de l'ancien hameau du Boutbains
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Au Grand Fay, paroisse de Sainte Marie des Champs
Ce colombier carré existe encore sans son toit de chaume.
Notice complète
Type : photographie
Format : 1 photographie négative : négatif sur verre au gélatino-bromure d'argent ; 9 x 6,5 cm
Description : Donateur : Manneville, Philippe (1937-2012).
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Titre :
[Ferme Delaune au Grand Fay, à Sainte-Marie-des-Champs (Yvetot ?)] : [colombier carré]
Auteur :
Maillard, Marcel (1899-1977). Photographe. Ancien possesseur
Date d'édition :
1936
Sujet :
Pigeonniers
Sujet : Sainte-Marie-des-Champs
(Yvetot ?) (Seine-Maritime)
Notice du catalogue :
Notice de recueil : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45786117g
Titre : Guide élémentaire et pratique pour la fabrication du cidre et du poiré et la culture du pommier à cidre : à l'usage des cultivateurs et des personnes qui veulent elles-mêmes fabriquer leur cidre / par P.-J. Lefèvre,...
Ce guide cite deux pommes cultivée à Sainte Marie des Champs en 1889 : pomme Martin Fessard et pomme Précoce David
in : https://www.rotomagus.fr/ark:/12148/bpt6k148313r/f201.image.r=Sainte%20Marie%20des%20Champs?rk=171674;4
(à développer)
M. Vacossin présente plusieurs séries de silex néolithiques
provenant des environs d’Yvetot, particulièrement des territoires
d’Yvetot, Ste-Marie-des-Champs, St-Clair-sur-Monts, Ecretteville-
les-Baons, Touffreville, Louvetot. Tous ces territoires sont à l’alti
tude moyenne de 154 mètres.
in :
Titre : Bulletin de la Société géologique de Normandie
Auteur : Société géologique de Normandie et des amis du Muséum du Havre. Auteur du texte
Extrait de la vue aérienne prise en 1947 le 15 SEPTEMBRE - IGN REMONTER LE TEMPS Saint-LAURENT-en-Caux
Fragments d'Histoires de la commune de Saint-Laurent-en Caux - Pays de Caux par Pascal Levaillant
L'histoire de Saint-Laurent-en-Caux reste assez discrète aujourd'hui mais force est de constater que depuis avril 2026, elle a fait l'objet d'une présentation par Jean-Claude Guillebert, fervent défenseur du patrimoine et de l'histoire de la commune qui a été le guide d'une balade à travers le village cauchois à cette occasion organisée par l’association pour la protection du patrimoine de Doudeville.
Aujourd'hui la commune est administrée par Mme Agnès Laloi depuis 2020.
Le nom des habitants se nomment les Saint-Laurentais et les Saint-Laurentaises : 708 hab. (2023 en évolution de −8,17 % par rapport à 2017)
L'Altitude minimale est de 95 m et son altitude maximale est de 156 m
Sa Superficie est de 6,46 km2
Jean-Claude Guillebert a évoqué le passé de la commune et de Charles Angrand et il a montré au public les vestiges de l'ancien château dont il reste des empreintes très discrètes à son endroit. C'est sur l'emprise les terres de cet endroit qu'une portion de la voie actuelle Yerville/ Fontaine-le Dun s'est créée. L'ancienne voie passait avant cela par l'actuelle rue des Forges et rue de la Briqueterie, vers la mer.
L'autre axe traversant de part en part le bourg, ancien chef de lieu de canton partait et part encore en direction de Luneray-Bacqueville d'un côté et vers Doudeville et Yvetot de l'autre.
Le Village est constutué de trois hameaux dont celui de Caltot, de Coquéréaumont et enfin de celui du Mesnil. Heudegrain.
Sur sa partie ouest, la rue de la Forge sépare Saint-Laurent-en-Caux de Reuville, la commune voisine sur laquelle se situe encore l'ancienne ferme-auberge qui aurait été jadis un relais.
Actuellement sur le Net, vous lirez peu de choses sur l'histoire de Saint-Laurent.
Préparant une balade patrimoniale à Saint-Laurent ce samedi 1er août 2026 sur les pas de Bourvil reliée à la thématique gastronomie cauchoise, j'ai rassemblé différents éléments afin de constituer un début de récit à disposition des habitants de cette commune et des publics s'y rendant.
Origines toponymiques
Saint-Laurent-en-Caux, SEINE-MARITIME (76), Canton de DOUDEVILLE
Le site Dico Topo nous rapporte ceci 25 formes anciennes
- Rog. de Sancto Laurencio et filius ejus Adam , avant sept. 1155 (Le Cacheux-Longueville, 9)
- Volonté. de Sancto Laurentio , avant 1189 (Le Cacheux-Longueville, 43, 47)
- Symon filius Willelmi de Sancto Laurentio , XII e siècle (Le Cacheux-Longueville, 84)
- G. Lipart unum quarterium apud Sanctum Laurencium ; Simon de Sancto Laurencio dimidium feodum ibidem… , vers 1210 (H. Fr. XXIII, 644)
- Ecc. Sancti Laurentii à Caleto Minori, Symun de Sancto Laurentio mil. patronus , vers 1240 (H. Fr. XXIII, 304)
- N. de Sancto Laurencio… ad ecclesiam Sancti Laurencii à Caleto , 1248
- En etc. Sancti Laurencii à Caleto , 1257 (Bonnin, 15, 302)
- Presb. Sancti Laurencii à Caleto , 1277 (Delisle Cart. n. 888)
- Saint Laurent , 1319 (Arch. S.-M. G 3267)
- Église de Saint-Laurent en Caux , 1323 (Arch. S.-M. G 7 p. 409)
- Sanctus Laurencius, patr. A. de Saint Laurens , 1337
- Saint Laurent , 1431 (Longnon 32, 90)
- Saint Laurent en Caux- sgrie à Adam de Saint Laurent , 1360-1362 (Arch. S.-M. tab. Rouen reg. 1 f. 174)
- N. de Saint Laurent , 1394 (Arch. S.-M. tab. Rouen reg. 6 f. 104)
- Un fief de Saint Laurens de la Vieucourt , 1397 (Arch. S.-M. tab. Rouen reg. 8 f. 4 v.)
- Saint Laurent-en-Caux , 1465 (Arch. S.-M. G 1684)
- Le sgr. de Saint-Laurent , 1503 (Beaucousin 95 — Comté de Longueville)
- 1/2 fief noble nommé le fief de la Motte assis aud. lieu de Sainct Laurens tenu du comte de Longuevi… , 1503 ( Ib. 110, vic. d'Arques, sergent de Brachy)
- Id , 1587 (Arch. S.-M. E fds Tancarville — Dén.)
- Fief de Saint Laurent anc. la Motte et la Viécour, 1/2 fief , 1723 (Arch. S.-M. II B 422)Le rattachement de la Normandie au royaume de France a eu lieu en 1204, à la suite de la confiscation des fiefs de Jean sans Terre et de la conquête militaire du duché par le roi de France [ Philippe II Auguste
- Saint Laurent en Caux , 1714 (Arch. S.-M. G 738)
- Saint Laurent en Caux , 1715 (Frémont)
- Saint Laurent , 1757 (Cassini)
- Saint-Laurent-en-Caux , 1953 (Nom.)
- Saint-Laurent-en-Caux , 1957 (IGN)
In : https://dicotopo.cths.fr/places/P40157324
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La première trace toponymique date de 1155 ce qui situe ce village au temps de la période anglo-normande, avant que celui-ci soit rattaché un demi-siècle plus tard au Royaume de France sous Philippe Auguste en 1204 à la suite de la confiscation des fiefs de Jean sans Terre et de la conquête militaire du duché par le roi de France [ Philippe II Auguste ].
Concernant le hameau de Caltot, il comporte 14 formes anciennes : de G. de Caletot (1150) à la forme actuelle de Caltot
- G. de Caletot , vers 1150 (Adigard des Gautries, Nomina, 400)
- G. Caletot , 1156-1161 (Rec. Henri II, I, 308 ; II, 423)
Voler. de Caletot pro terra de Caletot quintam partem feodi , vers 1210 (H. Fr. XXIII, 640)
- Ric. Caletot unum feodum ibidem (à Saint Laurent) ; unum feodum apud Caletot et apud Saane… , (H. Fr. XXIII, 643)
- 1/8 fief de Caletot , 1421-1422 (Arch. S.-M., tab. Rouen reg. 20 f. 259)
- Fief de Calletot , 14-2-1423 (Arch. S.-M., tab. Rouen)
- Plein fief de h. nommé le fief de Calletot assis aud. lieu de Saint-Laurent et ès environs de la bar… ,
- Demi fief nommé le fief de Calletot tenu du comte de Longueville , (Beaucousin 95, comté et serg. de Longueville ; III, vic. d'Arques, serg. de Brachy)
- Calletot , 1566 (Fiquet, I, 273)
- Calletot, fief assis à Rouelles et Saint-Laurent , 1599
au fief à Saint Laurent , 1613 (Arch. S.-M., C 2799 - aveu de Longueville)
- Caltot , 1715 (Frémont)
- Caltot , 1953 (Nom.)
- Caltot et Plaine et Bois de Caltot , 1957 (IGN)
In : https://dicotopo.cths.fr/places/P21931457
Le Hameau de Caletot précéda le toponyme de Saint-Laurent-en-Caux.
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Concernant le hameau de Coqueréaumont, il comporte 2 formes anciennes :
Concernant le hameau de Mesnil Heudegrain, il comporte 12 formes anciennes :
- Le Mesnil-Heudegrin , 28-2-1420 (Arch. S.-M. Tab. Rouen)
- Le Mesnil-Heudegrain , 1501 (Arch. S.-M. B-Echiquier)
- 1/8 de fief nommé le fief du Mesnil-Heudegrin , 1503 (Beaucousin, 110 vic. d'Arques, serg. de Brachy)
- Mesnil-Heudegran , 1665 (Arch. S.-M. 10 H)
- Le Mesnil-Heudegrain , 1723 (Arch. S.-M. II B 422)
- Le Mesnil , 1715 (Frémont)
- Le Ménil Heudegrein , 1757 (Cassini)
- Le Mesnil , 1876 (Tougard Yvetot, 157)
- Le Mesnil-Heudegrain , 1893 (EM)
- Le Mesnil-Heudegrain , 1946 (Bottin)
- Mesnil-Hameau , 1957 (Nom.)
- Le Mesnil, Plaine du Mesnil , 1957 (IGN)
https://dicotopo.cths.fr/places/P88396403
Par conséquent, la plus ancienne trace toponymique de Saint-Laurent-en-Caux se situerai au hameau de Caltot (1150) d'après le Dictionnaire topographique de la France qui recense les noms de lieux attestés sur le territoire français ainsi que les formes anciennes (latines et autres).
Sur les cartes topographiques de la commune il est cité le Bois de Caltot la Garenne ; le Bois Culé ; le Haut de Prétot ; Le Mesnil ; Caltot ; Coqueréaumont ; la Mare des Champs, Saint-Laurent-en-Caux et la plaine de Caltot.
1832
Situation de la commune de Saint-Laurent en 1832 carte Etat-Major de la France - Géoportail IGN ASP MAA OFB Région Normandie
Saint-Laurent-en-Caux - Section B Coqueréaumont et Caltot
Cote :3P3_2901
Date :s.d.
Type de cadastre :Napoléonien
Observation :1/2500
Ancienne commune :Saint-Laurent-en-Caux
Saint-Laurent-en-Caux - Section C Le Mesnil
Cote :3P3_2902
Date :s.d.
Type de cadastre :Napoléonien
Observation :1/2500
Ancienne commune :Saint-Laurent-en-Caux
A cette époque on pouvait dénombrer 12 mares réparties dans le bourg et les hameaux.
Les communes limitrophes de Saint-Laurent-en-Caux sont :
Reuville, Gonnetot, Saâne-Saint-Just,
Prétot-Vicquemare, Le Torp-Mesnil
""Sancto Laurencio" est cité en 1155. Existence au 11ème d'un manoir seigneurial auprès duquel fut construite l'église. Deux chapelles seigneuriales au début 14ème. 1 277 habitants au 19ème."
In : https://www.geneacaux.fr/communes/paroisses/SAINT-LAURENT-EN-CAUX-517
Le dernier château de Saint-Laurent-en-Caux se situait jadis entre la rue de la Briqueterie, le carreau et à l'est de la route de Luneray dans l'axe de la route de Fontaine-le-Dun.
On sait peu de choses sur ce domaine et nous ne disposons pas à l'heure actuelle des vues,, des croquis ou des lithographies de cet ancien château. Il ne reste quasiment plus rien comme temoin de cet ancien domaine sauf le plan napoléonien qui le situe sur la commune.
Saint-Laurent-en-Caux - Tableau d'assemblage
Cote :3P3_2899
Date :s.d.
Type de cadastre :Napoléonien
Observation :1/10000
Ancienne commune :Saint-Laurent-en-Caux
Comme vous le constaterez, le domaine du château se situait en haut du plan napoléonien où nous pouvons remarquer le bois en étoile et l'emplacement de la mare et des bâtiments autour.
Ce Château aurait appartenu à la fameuse famille Malherbe comme certains documents le montrent.
MALHERBE et Sain-Laurent-en-Caux
"maison des plus anciennes de Normaudie, issue d'un seigneur danois, prouvé par un extrait de Vincentius, rapporté par Duchêne (his-toire de Normandie), et par saint Odon. Cet extrait, en latin, est attesté par feu M. Bignon, bibliothécaire du roi, par lettre du 29 juillet 1767. Les Malherbe, nobles de nom et d'armes, ont été de toutes les expéditions d'outremer.
Le baron de la Haye Malherbe, accompagna, en 1034, Robert, Ier. du nom, duc de Normandie, dans son pèlerinage de'la Terre-Sainte. Raoul de Malherbe, chevalier, seigneur et baron de la Haye-Malherbe, fut du nombre des principaux seigneurs qui aidèrent, en 1066, le duc Guillaume, dans la conquête de l'Angleterre. Jean de Malherbe, chevalier, seigneur de Saint- Aignan-le-Malherbe, est compris parmi les chevaliers bannerets, qui furent, en 1066, à l'expédition de la Terre-Sainte, et, en 1099, à la prise de Jérusalem. Du mariage de ce dernier est sorti un fils, qui donna naissance à un enfant, aussi nommé Jean de Malherbe, né en 1200. Celui-ci s'étant également marié, et ses enfants et petits-enfants ayant eu des descendants, il en est issu, en 1555, le poëte François de Malherbe, dit Saint-Aignan; la postérité duquel, ou celle de ses collatéraux, à donné naissance à messire Laurent-François de Malherbe Saint-Aignan, dit de Fresnay, chevalier, seigneur et patron de Notre-Dame de Fresnay, Réveillon, Abbeville, etc.; en son vivant, lieutenant des méréchaux de France, à Falaise, (persécuté et incarcéré pendant la révolution pour la cause du roi). De ce dernier sont issus: 10. Jean - François - Pierre de de Malherbe, dit de Fresnay, encore existant (âgé de soixante-treize ans), ancien chevau-léger de la garde du roi Louis XV, demeurant à Falaise (ayant failli mourir victime de la révolution); 2º. Pierre-Alexandre de Malherbe, dit de Réveillon, en son vivant, lieutenant des maréchaux de France, à Rouen; colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, seigneur et patron de Saint-Laurent en Caux, Braquemont, Caltot, Mesnil-Eudegrain, le Boisle., Boisbaril, Buifalaise, etc., décédé émigré; 3º. Joseph de Malherbe, de son vivant, vicaire- 8 DICTIONNAIRE UNIVERSEL général au diocèse de Séez. ( Il avait été forcé de s'expatrier par les circonstances de la révolution).
De Jean-François-Pierre de Malherbe, sont sortis : 1º. Louis - Pierre- Auguste de Malherbe, dit Saint-Aignan, lieutenant dans la garde nationale de Falaise; lequel s'y est toujours comporté avec le dévouement et le zèle d'un véritable serviteur du roi; 2º. Joseph - Auguste, chevalier de Malherbe, maire de Goulet (Orne), a servi dans l'armée royale de basse Normandie, sous les ordres de M. de Frotté. De Pierre-Alexandre de Malherbe, sont issus : 1°. Alexandre - François de Malherbe, dit de Saint-Laurent, ancien capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, maire d'Abbeville (Calvados), émigré rentré; 2º. Laurent - Joseph - François, chevalier de Malherbe. Armes: D'hermine, à six roses de gueules."
Saint-Laurent d'hier à aujourd'hui par le prisme des vues aériennes que propose IGN Remonter le temps
Au temps des pommiers et des vergers : 1832
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Au temps des pommiers et des vergers : 1947
Si nous observons bien cette vue de 1947, autour du bourg ce ne sont que des vergers plantés de pommiers et poiriers au temps où l'on faisait encore du cidre et que cette boisson était la principale boisson alimentaire ; Gros cidre et boisson ordinaire ainsi que le cidre bouché. Peu d'évolution entre 1832 et 1947 sauf à distinguer la route nouvellement tracée de Yerville à Fontaine-le-Dun qui traverse le village.
Saint-Laurent au temps des foires et du marché hebdomadaire
Le bourg de Saint-Laurent-en-Caux en 1897 accueillait quatre foires : le 25 avril ; le 19 juin ; le 19 août ; le 20 octobre de chaque année.
La fête patronale se tenait le dimanche le plus rapproché du 10 août comme la fête du village qui va se tenir le dimanche 9 aôut 2026.
Le jour du marché était le dimanche.
A cette époque Saint-Laurent-en-Caux comptait un boucher ; 3 boulangers ; 2 bourreliers ; 10 cafetiers ; un marchand de charbon ; une chappellerie ; un charcutier, un charpentier; un charron ; 4 marchands de chaussures ; 2 coiffeurs ; un cordier; 4 couturières ; un couvreur ; deux commerces de draps et nouveautés ; 4 épiciers ; un fondeur de suif et fabricant de chandelles, un commerce de faïence et verrerie,; 3 grainetiers ; deux horlogerd; deux hôtels ( Hamel et Cavelan) ; un jardinier; un maçon ; deux maréchaux ; 4 menuisiers ; une mercerie ; 3 commercces de Modes ; un papetier et un peintre ; 2 quincailliers ; 2 tabac ; 3 tailleurs ; 3 commerces de vins et spiritueux ; et les principaux agriculteurs se nommaient Dubaupan, Frebourg, Bouclon, Rondel, Louvet, Bonvoisin et Morin.
In : Archives de la famille de Louis Lapert (auteur et journaliste au Courrier Cauchois), Almanach du Roy d'Yvetot, Annuaire de la ville d'Yvetot et des cantons dont celui de Doudeville, 1897.
Selon les Archives Départementales de la Seine-Inférieure,
il faut compter les tisserands qui ne sont pas comptabilisés comme Mme Burette née Boutécanne.
In : ADSM 76 - Etat Civil
Emplacement de l'ancienne fontaine du carreau de Saint-Laurent-en-Caux
Ci-dessus, vue aerienne montrant la fontaine
Deux vues aériennes du "carreau de Saint-Laurent-en-Caux avant les années 1950
A cette époque la mairie se logeait à l'étage des halles couvertes, d'autres halles qui servait notamment au grain ont été détruites par la suite. AZntérieurement une hallette couverte a figuré dans le paysage.
Au temps des carioles tirées par un cheval. On voit la façade (deux étages) à gauche de la hallette, de la Boulangerie Beaufils où Bourvil fut mitron.
à Saint-Laurent
Le pignon des halles et la hallette
Au temps de la mare du centre-bourg "carreau"
Emplacement de l'ancienne mare
En 1807 on comptait 12 mars dans le bourg et ses hameaux
Peu avant, en 1912, à Saint-Laurent en Caux il y avait deux boulangers : Paon et Beaufils (veuve)
*
Bourvil au temps de son activité de mitron à Saint-Laurent-en-Caux
Ce que l'on sait aujourd'hui
"En 1953, dans une interview, le chanteur et comédien cauchois Bourvil confiait : "Le piston m'a sorti du pétrin". Une phrase à prendre au sens figuré… comme au sens propre puisque, dans sa jeunesse, André Raimbourg a été mitron, apprenti boulanger à Saint-Laurent-en-Caux. En effet, le...
Mitron à 17 ans dans la boulangerie de Monsieur Beaufils à Saint-Laurent-en-Caux, il devient boulanger à Rouen en 1936. En 1937, il a la révélation, lorsqu'il assiste au spectacle de son idole Fernandel au cirque de Rouen. Il est décidé à devenir artiste.
Saint- Laurent-en-Caux - N'étant pas féru des travaux de la ferme, André décide d'apprendre le métier de boulanger et travaille comme mitron à la boulangerie Beaufils, place Jacques Loutel.
Son premier maître sera un boulanger de Fontaine-le-Dun, auprès de qui on l’a mis en apprentissage. Son patron lui apprend à faire le pain, certes, mais aussi à jouer du cornet à piston"
Bourvil, brillant élève, quitte pourtant l’école pour devenir garçon boulanger dans une bourgade
"Après avoir obtenu son certificat d’études avec mention « très bien » en 1931, André entame des études pour devenir instituteur. Mais il supporte mal la discipline stricte du pensionnat de Doudeville et retourne dans sa famille deux ans plus tard. À 17 ans, il devient mitron dans une bourgade proche de Bourville. Il intègre la fanfare de Fontaine-le-Dun, où il joue de l’harmonica, de l’accordéon et du cornet à piston. C’est lors d’un bal de la fanfare qu’il rencontre Jeanne, son unique amour, qu’il épousera en 1943."
Sa vocation s’est précisée tout particulièrement à Rouen où il est venu travailler comme mitron, en 1936, chez Raymond et Solange Aubé, boulangers rive gauche, à l’angle des rues Louis-Blanc et Masseot-Abaquesne.
Cependant, André Raimbourg a gardé les pieds sur terre. Il n’a pas vingt ans, Jeanne n’en a que dix-sept, et il décide de se doter d’une situation stable : il revient à Bourville pour s’y établir comme boulanger. Mais comme la clientèle ne vient pas assez vite remplir sa boutique, il prend rapidement une autre décision. Il ferme sa boulangerie et, devançant l’appel, va s’engager pour trois ans dans la musique du 2e régiment d’infanterie, à Paris. Il profite de ses jours de permission pour jouer dans les guinguettes de la banlieue parisienne et pour tenter sa chance dans les « crochets » radiophoniques qui, à l’époque, permettaient aux amateurs de se faire connaitre, et, le cas échéant, d’attirer l’attention sur leur talent.
Souvenirs au Bois-Martel à Fécamp : « Bourvil se régalait de langue de bœuf ! »
"L’association Les Amis de Bourvil a répondu à l’invitation du Bois-Martel et a présenté une rétrospective de l’illustre personnage aux résidants. Deux de ses représentants, infatigables collectionneurs de documents, Gérard Fras et Laurent Lenormand, le vice-président, ont montré des affiches, projeté des photos de films, fait écouter des titres de l’acteur-chanteur.
Dans l’assistance, une résidante semblait particulièrement émue. Et pour cause ! Bourvil, Paulette Duval l’a rencontré à plusieurs reprises, elle le connaissait bien. Dans les années 50, la jeune fille de Grainville-la-Teinturière travaillait comme cuisinière dans le café-restaurant de Marie-Clémence Neveu, où le comédien prenait régulièrement ses repas. « Elle était la fille de Joseph Raimbourg, frère d’André, père de Bourvil. Donc sa cousine. Bien sûr, j’étais derrière les fourneaux et lui dans la salle avec sa mère, puis plus tard avec sa femme, mais je le voyais et lui parlais. » : « Bourvil était extrêmement gentil. Et, de plus, il rigolait tout le temps. Je me rappelle que, lorsqu’il venait manger, il choisissait presque toujours son plat préféré, la langue de bœuf à la sauce piquante. Il s’en régalait. »
Bâtiments ruraux remarquables photographiés entre 1930 et 1936 à Saint-Laurent par M Maillard, documents iconographiques conservés à la BNF (Bibliothèque Nationale de France)
Notice complète
Titre : [Ferme Alexandre à Saint-Laurent-en-Caux] :
Format : 1 photographie négative : négatif sur film ; 7 x 4,5 cm
Format : image/jpeg
Format : Nombre total de vues : 1
Description : Donateur : Manneville, Philippe (1937-2012). Donateur
Description : Donateur : Manneville, Philippe (1937-2012)
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/btv1b105887663
Source : Bibliothèque municipale du Havre, MM/F 152.4
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/01/2021
Lors de la balade patrimoniale à Saint-Laurent le 1 août 2026, j'ai fait découvrier à Mme Leforestier, fille de M. et Mme Alexandre le pigeonnier carré. Mme Leforestier n'a connu que l'usage de ce bâtiment que le famille Alexandre avait transformé et poulailler à leur époque.
Derrière on aperçoit leur ancien four à pain qui a été détruit par la suite au début des années 1970, ainsi qu'une grange et le chenil.
Archéologie d'un site :
1947, IGN Remonter le Temps
Identifiant de la mission2 : 1709-0061
Identifiant du cliché : IGNF_PVA_1-0__1947-09-15__C1709-0061_1947_F1709-2109_0251
Numéro : 251
Date de prise de vue : 1947-09-15
1957
Identifiant de la mission2 : 1709-0041
Identifiant du cliché : IGNF_PVA_1-0__1957-03-31__C1709-0041_1957_F1709-1909_0084
Numéro :84
Date de prise de vue : 1957-03-31
1973
Identifiant de la mission 2 :2007-0041
Identifiant du cliché :IGNF_PVA_1-0__1973-06-07__C2007-0041_1973_FR2433_0737Identifiant de la mission2 :2007-0041
Identifiant du cliché :IGNF_PVA_1-0__1973-06-07__C2007-0041_1973_FR2433_0737
Numéro :737
Date de prise de vue : 1973-06-07
le four à pain n'est plus
Plus tard la grange et le chenil seront démolis.
Histoire et patrimoine. Les colombiers, éléments clé de notre paysage cauchois
"Les colombiers de la pointe de Caux sont un trésor en voie de disparition. Petit à petit, ils s’effritent autant dans les fermes que dans nos mémoires. Ils étaient pourtant l’apanage de grands seigneurs dans nos contrées. Quelques rappels pour se les remémorer.
Par la rédaction
Publié: 2 Juillet 2022
Le saviez-vous?
Quelle est la différence entre un pigeonnier et un colombier ? En 1751, l’Encyclopédie définit le colombier comme « l’endroit où l’on tient des pigeons ». Selon Violet le Duc, c’est « un bâtiment destiné à contenir des troupes de pigeons et à leur permettre de pondre et de couver leurs œufs à l’abri des intempéries ». De nos jours, les dictionnaires donnent la même définition pour les deux noms. Cependant, en 1956, Henri Bénac note : « Le pigeonnier est tantôt un petit bâtiment à l’écart de la maison, une grande cage au sommet d’une perche ou un simple grenier au sommet de la maison. Le colombier est un bâtiment toujours important autrefois en forme de tour ronde ou carrée. »
Au détour d’un chemin certains colombiers se dressent encore dans toute leur splendeur. Quand d’autres affichent les affres du temps, la décrépitude, l’abandon. Et pourtant, ils signifiaient beaucoup plus qu’un simple refuge pour pigeons.
Époque romaine
Au temps des romains déjà, on pouvait posséder pigeons et colombiers sans réelles contraintes, tant au niveau du nombre de volatiles qu’à celui de la forme de leur habitat. Le Moyen Âge instituera les premières règles en matière d’élevage et de détention des pigeons. Selon Christine d’Aboville dans « Les colombiers du Bec de Caux » : « Dans la coutume de Normandie, la possession d’un colombier était l’apanage des propriétaires de fiefs au même titre que le four, le moulin banal, la possibilité d’avoir garenne ouverte, le droit de chasser et de pêcher ». Mais rien de précis quant au nombre de pigeons détenus, qui pouvait aller jusqu’à 3 000, tout et autant que le territoire s’y prêtât.
Pourquoi posséder un colombier ?
Symboliquement, posséder un colombier plaçait son propriétaire du côté des nantis. Tout seigneur se devait d’en posséder un au-dessus de la porte duquel il faisait graver ses armoiries. Dans l’enceinte même des abbayes, on trouvait des colombiers, preuve que les abbés avaient le statut de seigneurs féodaux. Le colombier était aussi gage de nourriture. En cas de besoin, il suffisait de se nourrir des pigeons, d’autant plus que leur capacité de reproduction est importante et rapide. Enfin, leur fiente, aussi appelée colombine, fournissait un excellent engrais. Un seul pigeon peut en produire jusqu’à trois kilos par an ! Inutile de préciser cependant la méfiance des paysans face aux volatiles voleurs de semences. Et gare à celui qui tuait un pigeon, c’était interdit ! La Révolution mettra un terme au privilège du droit de colombier, laissant alors chacun libre d’en construire un chez lui, ce que peu feront. Les colombiers encore existants ont pour la plupart été construits au XVIIIe siècle ou avant.
Quid des colombiers de la Pointe de Caux ?
Il en resterait environ six cents (Voir « Les colombiers du Pays de Caux » de Sabine Derouard). Beaucoup sont ronds (Cauville-sur-Mer, Jardins familiaux du Colmoulins, d’autres de forme carrée, octogonale (Saint-Martin-du Manoir) ou hexagonale (Gonfreville-l’Orcher). D’un diamètre moyen de sept à huit mètres pour une hauteur de huit à neuf mètres, ils étaient bâtis dans l’enceinte des clos-masures, près de la mare ou du chemin d’accès à l’habitation. Leur décoration varie selon l’harmonie des jeux de couleurs entre les différentes teintes de silex et de pierre. En Pointe de Caux, les plus courants datent du XVIe, début XVIIe siècle, construits en silex noir et pierre blanche comme à Rolleville (édifié en 1584) ou à la Bouteillerie au parc de Rouelle (datant de 1631).
Un peu plus récents sont ceux qui incluent des briques comme au hameau d’Emfrayette à Fontaine-la-Mallet. Au Valaine, près d’Étretat, le colombier, octogonal, alterne bandes de silex noir, briques et pierres blanches et daterait de 1714. Très souvent les colombiers possèdent un larmier, cordon de pierres qui entoure tout l’édifice en sa partie centrale. Il empêchait les rongeurs de grimper autant qu’il protégeait les murs des eaux de ruissellement ! Si la plupart affichaient les armoiries du propriétaire au-dessus de leur porte, pour la majorité d’entre eux, elles ont été martelées et ont donc disparu. Selon les cas, le colombier était à l’usage unique des pigeons, c’est le colombier à pied, ou séparé en deux parties. La supérieure servait aux pigeons, l’inférieure à stocker du matériel, abriter du bétail ou comme poulailler. Il est alors dit « d’étage ».
Lucarnes d’envol
Les pigeons accédaient au colombier le plus souvent via deux ouvertures orientées en fonction des vents dominants, au sud et à l’est et placées sous ou sur le toit, ce sont les trous ou lucarnes d’envol. Fermés le soir, on les ouvrait au lever du jour. Anciennement couverts en chaume, la plupart des colombiers arborent aujourd’hui une toiture en ardoise.
À l’intérieur se trouvent les nids des pigeons, les « boulins », sur plusieurs rangées. Une échelle pivotante permettait d’y accéder. Certains colombiers possédaient plusieurs milliers de boulins comme la Bouteillerie et ses 2 784 emplacements."
Dossier préparé par Pascal Levaillant, artiste auteur, botaniste et historien du pays de Caux,
1 aout 2026
Bâtiments ruraux remarquables photographiés entre 1930 et 1936 à Saint-Laurent par M Maillard, documents iconographiques conservés à la BNF (Bibliothèque Nationale de France)
Notice complète
Titre : ferme du Mesnil Hedegrain porte charretière et pietonne 1936
À Saint-Laurent-en-Caux, les participants ont embarqué pour une escapade mêlant patrimoine, gastronomie et savoir-faire locaux.
Une belle immersion dans l'histoire et les saveurs du Pays de Caux, rythmée par les anecdotes de Pascale Levaillant et ponctuée de belles découvertes gourmandes.
Une visite proposée par Plateau de Caux Tourisme, pour (re)découvrir toute la richesse de notre terroir.
le pâté de poires de coq et de fisée selon la recette du pays de Bray et celle de ma mère car jadis la poire de fisée se cueillait jusqu'à Doudeville et de même pour la poire de Coq venant du Marais Vernier et du pays de Caux.
Goût incomparable. c'est notre dessert préféré à Mme Leforestier et à moi-même.
Les célébrités artistiques de Saint-Laurent-en-Caux
Le pionnier de la photographie Louis Cyrus Macaire y est né en 1807 où bien y aurait déclaré à sa naissance...
Charles Angrand est un peintre néo-impressionniste né en 1854 et mort en 1926- Saint-Laurent-en-Caux est le village du Pays de Caux où il a vécu et peint une partie de ses œuvres.
a habité la commune de 1896 à 1913. Il y peignit le rideau de la salle des fêtes dès le début de l'année 1900. L'inauguration se fit le 25 novembre de cette même année. Roulé et rangé dans le grenier de la mairie au début de la Seconde Guerre mondiale, l'œuvre disparut à la fin de celle-ci.
L'exposition sur Charles Angrand à Yvetot se tient au Musée municipal (Musée des Ivoires) du 6 juin au 30 août 2026. Elle met en valeur le centenaire de la mort de cet artiste post-impressionniste originaire du Pays de Caux à travers une dizaine de grands pastels et dessins
à Saint-Laurent
à Rouen
Musée des Beaux-Arts de Rouen à travers l'exposition « Sous la pluie. Peindre, vivre et rêver », où son œuvre Le Pont de pierre à Rouen (1881) est présentée.
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André Martin (photographe)(1928-1999) y est né. il a contribué à Botanica, photographies de végétaux aux XIXe et XXe siècles.
deux photographies d'André Martin
pour en savoir plus sur ce grand photgraphe français né à Saint-Laurent-en-Caux. Ses parents tenaient un garage, il fit ses études au lycée Corneille à Rouen.
https://myphototek.com/biographie
https://myphototek.com/oeuvre
En prolongement de cette escapade gourmande, nous reviendrons sur l'activité cidricole locale, sur les masures cauchoises, sur le colombier et la mare cauchoise.
à suivre...
La mare
Nous en avons compté près de 12 mares dont une à proximité de l'ancien château
La treizième mare fut celle du "carreau", aménagée au 19e siècle n'a pas survécu à l'évolution du bourg au 20e siècle comme le montrent les cartes postales anciennes.
La pluie, l’eau de pluie est nécessaire à retenir mais elle reste impropre dans la mare. Seule les sources au pied du plateau coté Seine ou côté Manche sont des compléments à l’usage de l’humain.
"Ces pluies dites de relief au pays de Caux varient d’un endroit à l’autre selon les inclinaisons du plateau vers la Seine et vers le Vexin. Paradoxalement les eaux sont peu retenues du fait que le sous-sol est calcaire. Néanmoins les cauchois - « les pucheux » - ont canalisé les eaux de pluie pour remplir des puits, des citernes et des mares sur les argiles leur permettant non pas de la consommer mais de la conserver pour divers usages (bétails, eau pour le cidre, incendie…). C’est bien après la seconde guerre mondiale que l’eau est arrivée dans les ménages au pays de Caux." [Couvret 1954]
La Mare était cruciale au pays de Caux, à plus d'un titre.
« Le pressoir était installé dans la cour d’une petite ferme proche, sous un appentis, à quinze pas de la mare. […] Il y fallait de l’eau de mare, la pluie même du ciel tombée sur l’herbe et se faufilant, clairette, par toutes les rigoles des chemins pour se décanter à l’ombre des arbres dans sa large cuve d’argile. » [Le Povremoyne, 1954]
"Nous désignons ici par cour l'espace enherbé constituant de la masure, enclos par les fossés, parfois encore planté de pommiers et poiriers, et sur lequel se distribuent les bâtiments agricoles et le jardin. De forme légèrement bombée, la cour était striée de petits canaux destinés à drainer les eaux de ruissellement vers les fossés en périphérie ; ces derniers, servant de collecteurs, se dirigeaient vers la mare située à un point bas du terrain, le plus souvent à proximité immédiate de la maison." Didier Bouillon, Etudes normandes, Année 2008
« […] à cause du sous-sol calcaire il est difficile de retenir l’eau sur le plateau. Pendant des siècles, la mare a assuré les besoins nécessaires à l’alimentation des hommes et des animaux ainsi qu’à la lessive »
L’eau de pluie ne pouvait être canalisée sur les toits traditionnels de chaume, les habitants du pays de Caux ont dû attendre l’arrivée de l’ardoise et des gouttières au 19e siècle pour y parvenir et ainsi créer des citernes.
Au 19e et 20e siècles, bon nombre de mares ont été rebouchées ou condamnées en raison de l'apparition des citernes alimentées par les gouttières des maisons car avant cela les maisons étaient couvertes de chaume et ne pouvaient retenir l'eau. Au 20e siècle les adductions d'eau ont apporté dans les ménages l'eau au robinet et principalement à partir du mitan du 20e siècle. C'est aussi à cette époque que l'on a moins produit de cidre et la mare a été jugée moins utile.
Cependant la mare collecatit les eaux comme les fossés ce qui permettait de réguler les pluies parfois diluviennes ou continues.
Ainsi plus tard Saint-Laurent a aménagé une mare en contrebas du village pour recueillir les surplus d'eau.
Combien reste-t-il de mare à Saint Laurent aujourd'hui?
Pour illustrer le cycle de l'eau à Saint-Laurent-en-Caux, nous pouvons comptabiliser 3 mares dont deux route de Veules et la troisième au bout du Chemin des hêtres ; un chateau d'eau sur la route de Bacqueville et une station d'épuration à Caltot.
Retenir l'eau et la canaliser permet de moins inonder les champs de culture dans les vallons et creux de la plaine, de moins inonder les rues cavées lorqu'il y a du relief dans les villages d'autant que des fossés-talus ont pu disparaitre à certains endroits, à l'endroit d'anciennes masures cauchoises (clos-masures).
Le colombier et/ou le pigeonnier
Le colombier de Saint Laurent a été vraisemblablement édifié avant la révolution française. Tous n'ont pas été détruits à la révolution d'autant que à cet endroit il avait une ferme qu'on acquis au début du 20e siècle la famille Alexandre. Sur le plan napoléonien, ce pigeonnier figure à l'endroit actuel.
En a -t-il existé ailleurs dans le bourg ou les hameaux ? difficile à dire car de 1930 à 1936, le photographe Maillard, arpentant le pays de Caux et la Seine Inférieure n'a vu que celui-ci à Saint-laurent-en-Caux. Il en a répertorié d'autres mais hors de cette commune comme par exemple à Reuville.
ce que désigne l'académie française
Le pigeonnier : Bâtiment ou partie de bâtiment servant à loger les pigeons domestiques. Un pigeonnier carré. La tour d’un pigeonnier. Les pigeonniers des manoirs normands. Marque de domaine :histoire. Droit de pigeonnier, droit féodal qu’avaient certains propriétaires roturiers d’aménager un pigeonnier sous les combles ou de construire un pigeonnier de bois indépendant, alors que le colombier maçonné était réservé à la noblesse.
In : https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9P2357
I. COLOMBIER
nom masculin
Étymologie :xiie siècle. Du latincolumbarium, dérivé de columba, « pigeon ».
Petite construction ronde ou carrée destinée à abriter des pigeons domestiques.Un colombier bien garni.Peupler un colombier.L’échelle, les boulins d’un colombier.Colombier militaire,où l’on élevait autrefois des pigeons destinés à transmettre des messages.Un colombier à pied,garni de trous du haut en bas.
La cour plantée d’arbres se situe au-delà du manoir et des jardins dans laquelle se touvent le colombier et les autres bâtiments agricoles.
Le Colombier
Prenons l’évocation des colombiers
Le colombier est déjà connu à l’époque romaine sous le vocable de pigeonnier, en Normandie , permis d’être édifié par tous au XIII, la noblesse s’accapare de ce patrimoine à son dépend, il est intégré dans la Coutume de Normandie de 1583 en terme de droit de colombier.
« [1]S’il est vrai d’affirmer qu’en Normandie « le droit de bâtir colombier à pied et d’en jouir a toujours été tenu et réputé droit seigneurial (…) de sorte qu’il n’est loisible à personne de bâtir colombier sinon sur fief de haubert »[2], cette constatation est indiscutable au XVIème siècle depuis fort longtemps. »
Dans le pays de Caux, le colombier[3] est situé au centre de la masure close (clos-masure). Il est soit cylindrique soit polygonal ou carré. Sans s’attarder sur son architecture qui varie selon sa forme, il a pu être couvert de chaume, tuile plate et end=fin d’ardoises, bien plus tard.
« Du fait de la division des fiefs, le nombre des colombiers ne cesse de croître. Les premiers à en souffrir sont les paysans qui voient fondre des nuées de pigeons sur leurs semailles et leurs moissons. C’est à qui se mettra à semer le dernier pour éviter d’être pillé ! Ce sont ces préoccupations qui ressortent des cahiers de doléances au point de faire du droit de colombierl’un des premiers privilèges abolis dans la nuit du 4 août 1789. »[4]
Il n’était pas rare que les paysans tuaient les pigeons ravageurs ruinant parfois les terres toutefois sous la menace d’amendes ou de courts emprisonnements.
« Le plus souvent, le colombier est isolé dans l’enclos du manoir. (…) Dans le cas de manoirs à enclos multiples, le fait que l’on ait placé le colombier dans la basse-cour plutôt que dans la cour suggère que l’utilité agricole du bâtiment (l’élevage de pigeons pour l’alimentation et l’utilisation des déjections pour l’engrais) prévaut sur sa valeur symbolique. Celle-ci n’est cependant pas occultée pour autant puisque, quel que soit le nombre des enclos des manoirs, le colombier se voit de loin. (…) rares sont les exemples où le colombier n’est pas mis en valeur par une situation ou un traitement architectural particulier : soigneusement maçonné, en brique et pierre ou en pierre, il est généralement couvert d’ardoises, et souvent décoré de motifs polychromes obtenus par l’agencement de différents matériaux en parement (silex, pierre, brique et brique vernissée) et de motifs sculptés (moulures au bandeau horizontal médian et à l’ébrasement de la porte). (…) Enfin, on notera une caractéristique singulière qui se vérifie pour tous les édifices : la porte du colombier est toujours percée du côté du logis seigneurial. Il est vrai que les pigeons étaient exclusivement destinés à la table du seigneur. »[5]
[1] In : Colombiers en Seine-Maritime, Normandie – Paysages.Architecture.Traditions, Serge Rouverand, Editions petit à petit, Darnétal, 2003, p.9.
[2] Terrien, Commentaires de droit civil tant public que privé au Duché de Normandie, 1554. In : Colombiers en Seine-Maritime, Normandie – Paysages.Architecture.Traditions, Serge Rouverand, Editions petit à petit, Darnétal, 2003, p.9.
[3] « En Normandie, on emploie le terme de colombier lorsqu’il s’agit d’une construction seigneuriale. Colombier vient du latin classique colombus continué en coulon, le pigeon classique. In : Le pays de Caux, vie et patrimoine, 3e édition augmentée, Patrick Lebourgeois, Editions des Falaises, Rouen, 2015, p.68.
[4] In : Le pays de Caux, vie et patrimoine, 3e édition augmentée, Patrick Lebourgeois, Editions des Falaises, Rouen, 2015, p.69 .
[5] In : La demeure noble en Haute-Normandie, 1450-1600 , Xavier Pagazani, Renaissance, Presses universitaires François-Rabelais, 2014, Paragraphe 41, Chapitre 5. Le pourpris du manoir.
Les masures cauchoises et le cidre
(construction en cours du chapitre)
Suite à la lecture de nombreux ouvrages consacré au pays de Caux, j'ai beaucoup appris sur la nature de la masure cauchoise que l'on a nommé cour-masure au 19e siècle puis clos-masure au 20e siècle.
Jusqu'au 19e siècle
La Seine-Inférieure a toujours eu une vision claire et précise de ce que fut la masure cauchoise au moins jusqu'au début du 20e siècle
« Le département de la Seine-Inférieure comprend deux principales régions agricoles le pays de Caux et le pays de Bray. Le pays de Caux, de beaucoup le plus important, est formé de l'arrondissement du Havre de la plus grande partie de l'arrondissement d'Yvetot et d'une partie des arrondissements du Dieppe et de Rouen ; son étendue approche de 341.000 hectares. C'est un vaste plateau irrégulier et ondulé, découpé par des vallées étroites et profondes, constitué par une épaisse couche d'argile reposant sur de fortes assises de craie. Les pommiers sont cantonnés dans les herbages enclos de levées de terre couronnées d'arbres ; on donne à ces champs le nom de « masures ». En raison de la variabilité de la composition des vergers, M. Brioux a examiné la répartition des variétés dans les principaux centres du pays cauchois. [1] »
Au mitan du 19e siècle - une invention de notaire : pour mieux vendre la masure cauchoise on l'a nommée cour-masure
Cependant avec l'apparition de la locution cour-masure en 1866, les cauchois ont fini par adapoter progressivement la locution au détriment du mot masure qui s'est maintenu durant presque un millénaire. milieu du 19e siècle est apparue la cour-masure
Au mitan du 20e sècle - une invention d'architectes : pour faire évoluer foncièrement la cour-masure on l'a baptisée clos-masure (locution qui n'est pas au Dictionnaire de la langue française)
Clos-masures du pays de Caux[2] c‘est aussi le titre qui a été repris dans la plaquette publiée en 1970 par le Conseil Général de la Seine-Maritime. Cette locution s'est peu à peu imposée pour désigner la cour masure cauchoise dans son organisation spécifique.
« C’est au cours de la préparation de ce diplôme que le mot « clos-masure » est né spontanément sous la plume de Yolande Garofalo. Les titres successifs en témoignent : au fil des ébauches, la résidence s’appelle tantôt « Clos du Verger », tantôt « Manoir du Verger », jusqu’à ce qu’apparaisse l’intitulé sous lequel le projet sera finalement défendu devant le jury de l’Ecole des beaux-arts de Paris en octobre 1967 : « Clos-masure du Verger » ». [3]
[2]Y. Garofalo et B. Warnier, architectes D.P.L.G., Clos-masures du pays de Caux, Mission d'études de la Basse-Seine, s.d. [1970] In : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clos-masure
Avant l'invention de la locutionclos-masure en 1968, la masure était l’espace par excellence dédié au verger, aux pommiers. André Vigarié nous offre une des plus belles descriptions de ladite masure cauchoise dont Jean-Robert Pitte nous fait l’éloge dans son Histoire du paysage français. [Pitte, 1983]
« André Vigarié - dans ses études sur la masure cauchoise. On sait qu'elle représente le plus beau type de maison à cour ouverte, c'est à dire constituée de bâtiments dispersés au sein d'une pâture complantée de pommiers et close d'un fossé doublé d'un talus planté de hêtres. [...] La structure dissociée la rend bien adaptée à l'économie rurale variée Pays de Caux : céréaliculture, élevage bovin et porcin, pommiers à cidre. […] ce type de maison se rencontre tout au long des littoraux qui vont des Pays Baltes et du Jutland à la Normandie et au Devonshire […] cette aire d’extension est celle de la civilisation noroise des 10e et 11e siècles. » [Vigarié, 1969, Pitte, 1983]
André Vigarié en 1969, au moment même que l'expression clos-masure est apparue, a remis la masure cauchoise au centre du pays de Caux.
Masure, clausage et closage
Ce dispositif semble être le prolongement d’anciens habitats ruraux de la Tène finale/Haut Empire que des archéologues ont découvert suite à des fouilles du siècle dernier lors des chantiers routiers et autoroutiers de l’A 29 ou de rocades de ville colle sur le plateau nord de Rouen comme celles décrites par Philippe Fajon sur lesquelles nous reviendrons en citant plus tard quelques-unes de ses conclusions.
Avant cela nous pouvons citer quelques extraits de ses recherches sur l’exploitation agricole antique du pays de Caux et comme préambule à la masure.
Philippe Fajon décrit l’agriculteur : « au sens de « celui qui gère l'espace agricole autour de son siège d'exploitation par une forme de maîtrise foncière » est autonome dans ses décisions d'affectation du sol. L'agriculteur crée le paysage autour de sa ferme en façonnant les espaces sur lesquels il travaille. »
Il évoque une relation de continuité semble exister en ce sens et constate des cas d'enclos attribués à une activité agricole dominante.
L'enclos dit-il « semble être effectivement le critère commun qui traverse le temps pour ces exploitations ex : Saint-Antoine-la-Forêt "Le Clos Pestel" (Ladureau, 1995) ou Grémonville "Le Bois Thillant" (Rougier, 1995); Bolbec "Les Maréchaux" et "Les Maréchaux sud" ; Saint-Valéry-en-Caux "Ancien centre mobilisateur 39" ; Eslettes "Le Manoir Bosquet" ; Saint- Romain-de-Colbosc "Contournement ouest" ; 15 - Bois-Guillaume "Contournement…[…] présentent des enclos dans leur forme élémentaire (fig. 2). Sur d'autres sites comme Etaimpuis "La Briquetterie" (Blancquaert & Herment, 1995), Veauville-les- Baons "RD 37", Baons-le-Comte "Les Baons" (Blanquaert & Desfosses, 1997), […] on constate la continuité stricte qui existe entre les éléments fossoyés formant enclos à la fin de l'Âge du Fer et les systèmes parcellaires qui se développent sur les mêmes sites selon l'organisation établie antérieurement […] avec ces exemples, cet article nous fait constater la marque laissée par l'agriculture gauloise puis gallo-romaine dans notre paysage. Nous n'avons pas cherché ici à modéliser mais simplement à proposer une suite d'observations visant à répondre à la question de l'opportunisme des choix d'implantations des fermes antiques. »[Fajon, 2003]
Commençons par examiner ce lieu, cet espace agricole singulier selon la définition que donne Léopold Delisle à la masure au moyen-âge
" La masure (en latin "mansura, "masura", "masagium) , "mesagium", "masnagium", etc... n'était point une tenure particulière. C'était plutôt l'indication de l'habitation du paysan avec ses dépendances, de sorte qu'une masure pouvait être tenue aussi bien en vavassorie qu'en bordage. On appelait surfait tout ce qui s'élevait sur la masure. [...] A côté de la masure doivent être signalés le clausage, synomyme de masure, le cottage, qui indique quelquefois la tenure d'un jardin, ainsi que le courtillage ; la croûte dont le nom est resté attaché à un grand nombre de nos champs, l'ouche et le pourpris, espèces de cour. [...] »
A masure il faut entendre le synonyme cour que le corps notarial a cherché à changer en 1866par la locution cour-masure, locution qui elle-même a été remplacé par un couple d’architecte en 1968 la transformant en clos-masure, autre locution, qui ne sont pas ni l’une, ni l’autre pour autant au dictionnaire de la langue française.
Dans le cœur des cauchois, la cour masure, la masure ou la cour sont encore la référence que le clos-masure ne remplacera jamais véritablement d’autant que leur mutation en espaces immobiliers vient déprécier leur fonction initiale mais faut-il rappeler qu’au 19e siècle bon nombre de parisiens ou de rouennais ont fait des vavassories et de manoirs une résidence secondaire ce qui explique l’introduction de la cour-masure dans les annonces immobilières en 1866 par le corps notarial local voire national.
« Masures : sens provincial, la cour plantée entourant la maison d’habitation et les batiments agricoles d’un cultivateur. « On appelle masures en Normandie, les terrains en campagne, enclos de haies, fossés ou murs, en nature d’herbage et ordinairement plantées d’arbres fruitiers ». (Journal des arrêts des cours royales de Rouen et de Caen, t. VII, 1827, p. 41).»
Et si c'était pour cette raison lexicale que la locution[1] « clos-masure » identifiée à propos du dossier d'inscription du "clos-masure" au Patrimoine mondial de l'UNESCO n'ait pas été retenu ! possible d'autant que j'ai trouvé la preuve qu'en pays de Bray les enclos de talus et fossés plantés d’arbre (futaie) ont existé avant d'être remplacés par des enclos de haies. Oui, c'est avéré ! en dépit des apparences d'aujourd'hui.
[1]Préférence du mot à locution : Franz Josef Hausmann formule une critique cinglante de l’état actuel de la phraséographie, dont la carence est d’autant plus patente pour le locuteur étranger. Les dictionnaires non spécialisés privilégient le mot : les locutions, lorsqu’elles sont présentes, y sont mal traitées, telles les collocations qui, sémasiologie oblige, ne donnent pas les collocatifs à l’article de la base, là où on serait justement amené à les chercher.
Seuls le Littré, le Larousse et le Trésor de la langue française cible le mot du vocabulaire français dans son acception dimension régionale : Littré : « Nom, en Normandie, de l'enclos, ou verger, ou herbage planté d'arbres fruitiers, dans lequel sont situés les bâtiments de la ferme »
Larousse : « Maison rurale traditionnelle du pays de Caux, composée de plusieurs bâtiments d'habitation et d'exploitation dispersés dans un pré clos de haies et planté de pommiers. »
Voilà ce que rapporte le Trésor de la Langue française : « Définition masure - Région. (Pays de Caux)
1. Habitation rurale ; ensemble de bâtiments d'une exploitation agricole. Les préoccupations d'arboriculture et d'élevage se font sentir dans la ferme-masure caractéristique du pays de Caux. Elle se distribue en bâtiments séparés, mais tous compris dans l'enceinte rectangulaire (VIDAL DE LA BL., Princ. géogr. hum., 1921, p.180).
2. Herbage clos planté de pommiersou d'autres arbres fruitiers entourant les bâtiments de la ferme. Le régisseur aida Bouvard et Pécuchet à franchir un échalier, et ils traversèrent deux masures, où des vaches ruminaient sous les pommiers (FLAUB., Bouvard, t.1, 1880, p.27).
3. Jusqu'à nos jours, c'est dans ces gains successifs que tient toute l'histoire du pays de Caux. Ainsi se sont multipliées les fermes entourées de leurs vergers ou masures [it. ds le texte], d'où le fermier surveille son bétail, et que flanquent des fossés, ou levées de terres garnies de hêtres. »
La masure, l’espace par excellence dédié au verger, aux pommiers. André Vigarié nous offre une des plus belles descriptions de ladite masure Cauchoise dont Jean-Robert Pitte nous fait l’éloge dans son Histoire du paysage français. [Pitte, 1983]
« André Vigarié - dans ses études sur la masure cauchoise. On sait qu'elle représente le plus beau type de maison à cour ouverte, c'est à dire constituée de bâtiments dispersés au sein d'une pâture complantée de pommiers et close d'un fossé doublé d'un talus planté de hêtres. [...] La structure dissociée la rend bien adaptée à l'économie rurale variée Pays de Caux : céréaliculture, élevage bovin et porcin, pommiers à cidre. […] ce type de maison se rencontre tout au long des littoraux qui vont des Pays Baltes et du Jutland à la Normandie et au Devonshire […] cette aire d’extension best celle de la civilisation noroise des 10e et 11e siècles. » [Vigarié, 1969, Pitte, 1983]
A la masure il convient d’associer le mot « cour ».
"Les exploitations rurales du pays de Caux sont connues aujourd'hui sous le nom de « cours-masures » ou « clos-masures », termes empruntés aux géographes, que les habitants n'emploient pas eux-mêmes, utilisant les termes masure ou cour. » [Bouillon, 2008]
Cet auteur apporte quelques précisions qui pourront éclairer le lecteur :
« De même, « l’herbage » clos planté de pommiers ou de fruitiers entourant les bâtiments de la ferme » correspond très exactement à ce que les Cauchois appellent encore aujourd'hui une cour. Pour notre part, nous nous référerons ici à l'article Masures de la Coutume de Normandie. [D. Houard, 1780-1783] « La Coutume réformée, article 271, entend par ce mot ce que la Coutume ancienne appelloit ménages ; c'est-à-dire ce qui comprend les bâtiments, le clos, la cour & le jardin ». Cette acception fait de la cour un des éléments constitutifs de la masure que nous définirons donc comme l'espace clos qui entoure la maison d'habitation, et où les divers bâtiments de la ferme (écurie, étable, bergerie, charretterie, four) sont répartis. » [Bouillon, 2008]
Faut-il enfin définir cette cour comme « L’espace clos qui entoure la maison d’habitation et où les divers bâtiments de la ferme (écurie, étable bergerie, charretterie, four) sont repartis » ou autrement dit « cour-masure, expression encore utilisée par les notaires pour désigner une maison avec un peu de terrain. Autrefois aucune maison n’était vendue sans un jardin. » [Bouchard-Le Scour, 1981]. Enfin ce mot est choisi pour désigner une fois de plus cet espace cauchois : « Dans le pays de Caux, la cour, revêt l’ampleur de la richesse, la rigueur des tracés réalisés pour les siècles, le bien-être de l’abri parfaitement protégé des vents de la plaine, la beauté du végétal savamment ordonné, hêtres, pommiers, herbe. » [Frémont, 1981]
A propos de l'apparition des masures et des cours, Michel Lerond apporte des éclairages sur les raisons qui les ont constituées d’autant plus intéressantes qu’au 13e siècle in ne parle pas encore du pommier en son sein :
« Il serait difficile et imprudent d’être affirmatif sur la genèse des cours et de la situer précisément dans le temps. […] Sans doute cette structure paysagère s’est-elle mise en place très progressivement, un élément fondamental étant sa dispersion. Celle-ci est due à la facilité de retenir une réserve d’eau, la mare, sur le sol argileux ; cette réserve étant indispensable du fait de la rareté des rivières. Vers les 12e et 13e siècles une exploitation comporte certainement un ensemble de champs autour d’un bloc maison-abri du bétail. La progression démographique fait éclater les familles et crée de nouveaux « feux » auquel l’élevage ovin apporte la matière première à un artisanat rural naissant. […] Dès la fin du 13e siècle, les clairières se sont agrandies pour faire place à de vastes champs ponctués d’enclos à moutons. […] Les défrichements ayant pris une grande ampleur, le bois[1] devient une matière plus rare et sa vente s’organise. C’est sans doute à partir de ce moment que les paysans ont cherché à assumer leur propre production de bois en plantant des arbres autour de l’enclos à moutons, protégeant les animaux et l’habitation des vents forts. » [Lerond, 1978]
[1] Droit d'usage concédé, à l'origine, de la propre volonté du seigneur à une communauté d'habitants, l'autorisant à se servir du bois pour se chauffer. La plupart des coutumes limitent le droit de l'usager au bois mort, ou au bois vif des essences inférieures de la forêt. L'affouage peut aussi être le produit de la forêt de la communauté, destiné au chauffage est délivré aux habitants. La forêt, qui fournit l'affouage, s'appelle souvent la fourasse. Le mot "affouage" date du XIIIe siècle et vient du verbe d'ancien français "affouer" = chauffer, lui même du latin "affocare". In : foret.chambaran.free.fr
Quant à Sion, il évoque la masure à propos du pommier et du cidre, ce qui introduit le pommier dans la cour et la masure au mitan du 15e siècle: « C’est à la fin du 15e siècle, lors de l’œuvre de restauration qui suivit le départ Anglais et la pacification du plat pays, que le pommier fut cultivé dans le pays de Caux et dans le Vexin. De grands propriétaires, comme l’archevêque de Rouen, obligèrent alors leurs fermiers de planter les entes, souvent achetées dans le Roumois, après avoir essartésol et l'avoir « déroché » s’il était nécessaire. Le verger était établidans une partie de la masure, souvent dans le jardin, près de la grange ; parfois, « afin de rompre les vents qui pourraient grever ou abattre les dits pommiers », […]. C’est peut-être de cette époque que date l’aspect typique des fermescauchoises, avec les grands arbres qui surmontent leurs « fossés ». Parfois aussi, le verger excédait les limites de l’ancien jardin et l’on enclosait des champs voisins. La masure s’agrandissait, et l’extension de la culture du pommier correspond’ peut-être à un développement des prairies. […]. Si l’usage du cidre se généralisa vers le 16e siècle dans la Normandie orientale, c’est que la fabrication de la cervoise avait l'inconvénient d’absorber une partie importante des céréales récoltées.» [Sion, 1909]
Ainsi localement pour désigner ce qui est nommé comme étant ménages, masure, cour, cour-masure d’hier ou clos-masure d’aujourd’hui, la masure cauchoise au 15e siècle fut idéale pour y accueillir ces pommiers comme elle l’a été à la fin de la Guerre de Cent Ans.
Samedi 11 juillet 2026, je vous invite à Anvéville pour une balade sous le signe du lin, du tissage, de l'architecture vernaculaire et à la fin du parcours seront servies des gourmandises cauchoises à base de lin et de cidre.
Le Plateau de Caux Tourisme présente
Balade gourmande, au pays du lin
Samedi 11 juillet de 14h00 à 16h00
Anvéville
Le Plateau de Caux tourisme organise cette sortie dans un village où on peut encore observer de nombreuses traces vernaculaires de son activité autour du textile, du lin puis du coton. Ce village possède un des bâtiments emblématiques de l'activité textile : le séchoir à lin.
Ce témoin architectural faisait office de l'activité de blanchiment des écheveaux et de l'après mise en teinture lors de leur séchage.
Vous découvrirez de nombreuses verrines qui se comptent par dizaines car elles servait à produire une légère clarté dans la pièce du "cacheux" tout en préservant la blancheur du fil de lin blanchi qui servait de fll de chaîne au métier à tisser sur lequel venait le fil de trame de lin puis plus tard le fil de coton.
Alors qu'Harcanville incarne le tissage des cotonnades, Anvéville est un des villages emblématiques des métiers de fileuses, de bobineuses et de tisserands.
C'est de cela que jevous conterai.
Munissez-vous d'un chapeau, ombrelle, gourde d'eau et de bonnes chaussures pour déambuler sous le soleil et bien entendu à l'ombre des hêtraies.
Inscrivez-vous dans la rubrique escapade gourmande organisée par le Plateau de Caux Tourisme.
La balade se terminera par une dégustation de produits à base de lin, pour un petit goût du patrimoine local.
présente trois conférences à la fête "Sauve ta pomme"
à Brémontier-Merval le samedi 15 novembre 2025
Comme chaque 3éme samedi de novembre, l’association du domaine de Merval, le lycée du pays de Bray et la ferme du domaine de Merval ont le plaisir de vous inviter à :
Conférences dans l'ancienne salle à manger du château :
Conférences de Pascal Levaillant, artiste et historien de la pomme
à 14h00 : sur les pépiniers et arboriculteurs de Rouen : sauvetage des pommes et poires de table au 19e siècle 1835 à 1860.
à 15h00 : sur les pépiniers du pays de Caux pommes à cidre et à deux fins de 1860 à 1913
à 16h00 : sur les meilleures variétés du pays de Bray citées en 1921. Variétés évoquées : Amer blanc ; Croix de Bouelles ; Vieux Roquet ; Rouge-Bruyère ; Jaunet de Gournay ; Rouge de Landel ; Quentin ; Canonville ; Carnette ; Janvier vert ; Verte-Belle ; Orgueil-blanc ; Bramtot ; Amère de Berthecourt ; Binet rouge ; Binet violet ; Reinette salée ; Pomme de Cave; double bon pommier et Beurrière en les situant dans les trois saisons
et, dans le château :
Foire aux vins des lycées
Plus de 40 références à déguster : l’excellence des terroirs Français !
Exposition de plus de 400 variétés de pommes dans le pigeonnier du château.
Une restauration avec repas chaud préparé par notre cuistot et nos élèves ! Produits locaux à l’honneur ! Sur réservation par mail à:foireauxvins@lyceedupaysdebray.fr).
Visite libre de la Foire aux vins des lycées viticoles publics. Plus de 40 références de vins de toutes régions…L’excellence des lycées agricoles au rendez-vous !
Le Paris-Normandie annonce "Sauve ta pomme" à Brémontier Merval:
Extraits de l'article paru ce vendredi 14 Novembre 2025 à 17h30 Par Anne BOUCHET
"Par ici la sortie : en apprendre toujours plus avec Sauve ta pomme à Brémontier-Merval
Le Domaine de Merval organise sa traditionnelle journée Sauve ta pomme samedi 15 novembre 2025. Plus qu’une fête sur ce fruit emblématique, c’est un rendez-vous pour défendre une production locale brayonne.
es fêtes de la pomme, ce n’est pas ce qui manque en Normandie, à l’automne. Dans le pays de Bray, il y a unrendez-vous traditionnelque je vous conseille de ne pas manquer samedi 15 novembre 2025, c’est Sauve ta pomme au Domaine de Merval.
La pomme et les pratiques durables
Plus qu’une « simple » fête autour de ce fruit emblématique de la région, c’est une journée dédiée à la défense d’un terroir, organisée par l’association du Domaine de Mervalet le lycée du pays de Bray.« On s’oriente plus sur le durable,explique François Juguet, son créateur.On ne veut pas être trop dans la démonstration avec des tonnes de pommes à presser par exemple… Ce qui nous intéresse, c’est de promouvoir nos variétés locales anciennes, mais aussi tout le tissu associatif et engagé autour de l’environnement en pays de Bray. »
Évidemment, la pomme sera à l’honneur, grâce au verger conservatoire qu’on pourra visiter et à l’exposition de plus de 400 variétés différentes, dans le pigeonnier du château. C’est ni plus ni moins que la plus importante exposition permanente de pommes en Normandie. Dans le four à pain, pour les gourmands, on fera cuire des tartes aux pommes. L’historien de la pomme, Pascal Levaillant, donnera même trois conférences sur ce fruit.[...]
L'ancienne salle à manger du château servira de lieu de conférences pour Pascal Levaillant, artiste et historien de la pomme. À 14 h : sur les ...
L’ancienne salle à manger du château servira de lieu de conférences pour Pascal Levaillant, artiste et historien de la pomme.
À 14 h : sur les pépiniéristes et arboriculteurs de Rouen : sauvetage des pommes et poires de table au 19e siècle.
À 15 h : sur les pépinières du pays de Caux pommes à cidre de 1860 à 1913.
À 16 h : sur les meilleuresvariétés du pays de Bray citées en 1921 variétés évoquées : Amer blanc ; Croix de Bouelles ; Vieux Roquet ; Rouge-Bruyère ; Jaunet de Gournay ; Rouge de Landel ; Quentin ; Canonville ; Carnette ; Janvier vert ; Verte-Belle ; Orgueil-blanc ; Bramtot ; Amère de Berthecourt ; Binet rouge ; Binet violet ; Reinette salée ; Pomme de Cave ; double bon pommier et Beurrière en les situant dans les trois saisons.
Le retour en 2025 par Pascal Levaillant, normand de souche et savoyard de coeur
Les pis de la tarine mauriennaise, les trois mamelles de la Savoie
et sa goutte de lait
Remerciements à ma tante Georgette qui a vécu à Cognin-Chambéry de 1952 à 2024 ;
au site "Classer les aiguilles d'Arves au patrimoine mondial de l'Humanité" ;
à Isabelle Balmain Giroux, pour son aquarelle qui a été exposée au centre hospitalier de Saint-Jean-de-Maurienne en 2025 ;
à Patrick Levaillant pour son aquarelle ;
à Olivier pour son dessin ;
à Chloée et Salomé et Olivier pour leurs images ;
à l'apport des cartes postales anciennes
Là où est née ma passion pour la botanique, le bois flotté des rivières et des torrents, pour la sculpture à l'Opinel, pour le minéral et pour l'herbier.
1968 et 1969 furent les deux années consécutives durant lesquelles j'ai séjourné en août au pied des Aiguilles d'Arves
Savoie - Maurienne - Vallée de l'Arvan - Montrond.
De 1958 à 1967, je suis venu dès mon plus jeune âge passer des vacances d'été avec mes parents à Chambéry, d'abord à Chaloz, puis au hameau tout près de Chaloz avant de monter plus haut à Saint-Sulpice au hameau du Fresney à partir de 1973.
Dès l'année 1968 où avec ma tante Georgette nous séjournions avec mes frères et soeurs dans des chalets d'alpage comme aux chalets de Montplat qui à cette époque n'étaient pas entourés d'arbres et d'arbustes et sans accès de chemin carrossable ce qu'il l'est désormais.
Est-ce le réchauffement climatique qui produit cela depuis plusieurs décennies ?
La petite fruitière et sa grange sont toujours là en 2025, restaurées et surement habités l'été comme l'indique cette belle restauration.
Ci-dessous les deux chalets. Les duvets prennent l'air ainsi que "nos sacs à viande" entre la grange où nous dormions. A droite la petite fruitière où nous faisions la cuisine sur bruleur de réchaud à gaz.
En 1968, les planches de la grange laissaient passer le brouillard à travers notre abri de fortune, sans eau, ni electricité.
Seuls les abords de Montplat ont changé où poussent alentour, sapins, alisiers, bouleaux, saules ou aulnes.
En 1968, nous étions six frères et soeurs (Blandine, Pierre, Martine, Patrick, Marie-Frédérique et moi-même), à grimper dans les alpages dès que nous avions atteint l'âge de 10 ans. Le petit dernier restait avec mes parents à Chaloup puis au Fresney.
Mes ainés avaient déjà séjourné à Cruet-La Thuile ; Bonneval-la Duis (1964) ; (sorties des aines à la Galoppe en 1965) ; Valloire - les Rochilles (1966) ; Les Allues (1967).
C'est donc à mes dix ans révolus qu'en août 1968 j'ai rejoint les alpages à Montrond au pied des Aiguilles d’Arves avec mes frères et soeurs encadrés par Tante "Zine".
En 1968, j’ai commencé mon premier herbier que j’ai continué d’alimenter avec les fleurs des Alpes en Haute Maurienne et en Haute Tarentaise les années suivantes à Jarrier (1970) ; Bonneval-l'Ecot (1971 et 1972) aux chalets de Trièves ; Peisey ; Montvalezan-La Rosière (1973 et 1975) ; Valloire (1974) de 1970 à 1977 ...
En effet pendant une quinzaine de jours notre tante "Zine", infirmière à Cognin-Chambéry (nos parents trouvant que nous avions goût pour la nature [lire à la fin la fameuse histoire de Jeannot Lapin] et les grands espaces nous confiaient à notre tante dès l’âge de nos 10 ans) nous emmenait séjourner dans des chalets d’alpage en haute montagne de la Maurienne, de la Tarentaise.
Ce fut à Montrond à St-Sorlin-d’Arves-Albiez (deux années de suite) à Jarrier au chalet du Sapey (une seule année), à Bonneval-sur-Arc au chalet de Trièves au bord du chemin pédestre de la Duis, chalets au-dessus du dernier hameau de l’Ecot (deux années) ; à la Rosière de Mont Valezan… autant de destinations et de vacances exceptionnelles que nous vivions là dans des espaces vierges à l’époque, loin de la foule à près de 2000 m d’altitude. Seuls les randonneurs rompaient notre quiètude. Nous étions loin des schémas de confort de la civilisation. Nous montions à dos d’homme nos vivres pour la dizaine de jours qui s’achevait toujours avant le 15 août.
Nous montions des couronnes de pain ; des pains grillés ; de la Ricoré ; du beurre que nous conservions dans une boite hermétique plongée dans l'eau du torrent ; du chocolat en poudre ; des pâtes ; du riz ; de la sauce tomate en tube ; du lait concentré en tube ; des fruits secs (dattes, figues, abricots secs, pruneaux secs, chocolat à croquer, pâtes de fruits) ; du pain d'épice ; un gros jambon sec comme viande ; des boites de conserve comme petits pois, haricots verts...pommes de terre ; Tomme de Savoie, Reblochon, confitures... Sur place nous achetions le lait à l'étable des alpages, du fromage frais de chèvre ou de brebis ou de vache.... ainsi nous vivions quasiment en autarcie durant une dizaine de jours à 7.
Mon plaisir était de préparer un café crême avec une cuillère de "Ricoré" que je mélangeais avec un tout petit peu d'eau et une cuillère de sucre en poudre. En trourant une à 2 mn, le précipité devenait plus clair, moins foncé et dès que j'ajoutais l'eau chaude, cela provoquait une réaction dont l'effet approchait à s'y méprendre au café crême.
En 1968, le chalet grange et la fruitière ne sont pas entourés d'arbres et d'abustes.
2025
Aquarelle d'Isabelle Balmain Giroux
® Chalets de Montplat et les aiguilles d'Arves
avec son aimable autorisation
Après cela nous sommes allés à Jarrier, Bonneval et La Rosière
D'après nos archives familiales provenant en partie de tante "Zine", Mme Clochet (ci-dessus) était la propriétaire des chalets de la Duis à Bonneval-sur-Arc, au lieudit de Trièves, au dessus du hameau de l'Ecot, chalet en pierre et toit de lauze que ma tante lui louait car elle ou sa famille vivait dans le secteur des tournées de ma tante infirmière sur Cognin, le Biolay, Vimines, Saint-Sulpice, Bissy, La Motte-Servolex. Ce fut le cas également pour les "Picton" du hameau de Bégon à Bissy qui lui ont loué un chalet à Jarrier. Pour Montrond, je me souviens avoir accompagné ma tante chercher les clefs du chalet à Montrond ou à Saint-Jean-d'Arves. Pour Monrond Albiez, je cherche encore qui avait de la famille à Cognin-Chambéry que soignait Tante Georgette et qui lui avait louée ce chalet de Montplat. Un correspond savoyard vient de m'informer que ces deux chalets ont appartenu à cette période à la famille Balmain de Montrond.
Ma tante connaissait beaucoup de monde, elle était fière d'ailleurs d'avoir dans sa clientèle l'écrivain de Bissy Henri Bordeaux qu'elle a soigné. Lors des tournées que je faisais en sa compagnie, elle me montrait souvent l'endroit de ses attaches savoyardes sur Bissy près de Cognin au début de sa carrière savoyarde à partie de 1952.
Henry Bordeaux est inhumé avec son épouse née Odile Gabet (1878-1954) au cimetière de Cognin (près de Chambéry sur la route de Lyon) dont le collègeporte son nom. Il est notamment le père de la romancière et historienne Paule Henry-Bordeaux.
Lors de nos séjours alpestres, nous suivions les caprices de la météo soit pour nous reposer et dès le beau temps retrouvé nous repartions dès 4h00-5h00 du matin à l’assaut des sommets proches ou dépassant les 3000m. Lors de nos ascensions j’aimais croiser choucas, marmottes, chamois... Nous marchions à la lumière des premières lueurs et parfois à l'aide de nos lampes électriques. Départ à l'aube, retour au plus tard au chalet vers 13h00 soit 3 à 4 heurres de montée et presque moitié moins pour le descente.
Ci-dessous " Zine" prenant la photo avec son instamatic Kodak (prise de vue) et nous six.
Je regarde la carte IGN du somment du Mont Falcon avec notamment mon frère Patrick
En 1968, j'écrivis que je constatais la beauté et la splendeur des gentianes, les sources au pied des aiguilles d'Arves. Nous sommes tous montés au Mont Falcon d'où le panorama des Aiguilles est fabuleux.
En 1969, je suis monté aux alpages avec ma tante Georgette et ma soeur "Mimi" , mes frères et soeurs ainées prenaient le train de Chambéry à Saint-Jean de Maurienne. Cette année là prenant de l'assurance, je montais souvent au sommet du Montplat pour contempler les sommets environnants et le chalet en contrebas.
j'ai observé les fleurs suivantes : Véraire blanc ; alchémille vulgaire ; carline à tige courte ; peytite astrance ; anémone des Alpes ; renouée vivipare ; cresson des rochers ; saxifrage à feuilles rondes ; dryade à 8 pétales ; achilée musquée ; oxytropide champêtre ; plantain des Alpes ; gentiane jaune ; gentiane des neiges ; saxifrage faux-aïzoon ; trèfle brun : benoîte des montagnes ; arnica ; crépide dorée ; joubarbe aranéeuse ; pédiculaire verticillée ; esparcette des Alpes ; rhododendron ferrufgineux ; orchis globuleux ; renoncule glaciaire ; oeillet des rocheers ; vergerette des Alpes ; aster des Alpes ; pensée des Alpes ; panicaut des Alpes ; campanule de Scheuchzer ; centaurée des montagnes ; raiponce ...
Tableau floral montagnard
Dès le retour de la course, nous profitions pour farnienter, faire la lessive, préparer le repas du soir avant de rejoindre en soirée la bergerie et l'étable d'alpage de la Motte à 2179 m d'altitude.
Je consacrais la plupart de mon temps à vaquer à mes activités préférées en solitaire ou avec mes frères et soeurs (construction de barrages, dessins).
Les Aiguilles d'Arves et moi-même vu de la grange du Montplat
En solitaire je me consacrais à l’étude des plantes et des fleurs de montagne, à m'entrainer à la machine à écrire et lire.
En séquence dactylograhie au chalet grange où nous dormions, ci-dessous. Quand le brouillard montait en altitude, il passait à travers les lattes et les planches de la grange.
On voit le lumogaz. Nous avions des toilettes sèches à l'exterieur des deux chalets et l'eau du torrent pour s'hydrateret se désaltérer. Idem pour la vaisselle faite au torrent. La toilette corporelle se faisait là aussi.
Coin lecture préféré de Mimi, lisant sous la clarté de la seule ouverture de la grange
Mimi prépare la tambouille un midi, c'était à tour de rôle, y compris pour la vaisselle
Pendant ce temps Patrick joue de la guitare
Au torrent vers la Motte
Ci-dessus repas au lumogaz dans la grange
Ainsi chaque été je peaufinais mon herbier qui hélas a disparu lors d'un déménagement.
C’est donc dans ces pâturages et prairies d’alpage que je cueillais les fleurs des montagnes et des feuilles des plantes des Alpes : j’herborisais sans le savoir. Je les identifiais grâce au livre que m'avait offert ma tante "Fleurs des Alpes " et également "Comment faire un herbier"
Pascal dans le gazon floral alpin
Concours de dessin avec comme motif les deux chalets, la botanique... moi et ma soeur "Mimi"
Je pressais la tige, les feuilles et le bouquet floral entre des feuilles cartonnées entre deux planches de bois qui sous la pression des vis s’aplatissaient et séchaient parfaitement au fil du temps.
Puis je collais ces spécimens dans un grand cahier tout en cherchant à identifier le nom de ces espèces végétales.
C’est ainsi qu’à partir de l’âge de 10 ans j’ai commencé mon premier herbier, en 1968 au pied des Aiguilles d'Arves, à Montrond aux chalets de Montplat sous la bergerie du "coin du boeuf" perché à plus de 2000 m que nous visitions ces deux années. Le berger gardait là-haut un troupeau de 200 moutons au col du Gros Crey.
Nos promenades et randonnées nous conduisaient au pied des Aiguilles d'Arves et ses zones humides où nous pouvions admirer les gentianes bleues; vers le pied des Aiguilles de la Saussaz ; au col du Gros Crey, au Mont Falcon, au Mont Plat, vers Albiez... au mieux un jour sur deux et selon la météo parfois capricieuse qui un jour vers Albiez le Jeune nous fit nous perdre dans le brouillard et grâce au sens de l'orientation de Patrick, nous retrouvâmes le chemin du retour.
Sur le faux-plat d'alpage la vision du troupeau était solaire, avec en toile de fond les Aiguilles d'Arves, le Mont Falcon, le Gros Crey et la vallée de la Maurienne, le chatelard, Jarrier et Saint Jean de Maurienne.
Pascal et Patrick au chalet d'alpage du berger gardant ses 3200 moutons, au pied du Mont Falcon
A l'étable de la Motte, la fermière et sa fille nous vendaient le lait et des fromages frais disponibles.
Ma tante Georgette "Zine" m'a invité à fumer mes premières gauloises bleues - à mon âge: c'est incroyable... que je fumais en chemin. (dire qu'elle était infirmière!) Qu'en dirions-nous aujourd'hui !
Après ça j'ai fumé pendant 40 années jusqu'en 2008.
Les ainés emportaient leurs guitares et nous chantions à la veillée avec elles les chansons de l'époque (Nino Ferrer, Graeme Allwright, Moustaki, léonard Cohen, Bob Dylan, Hugues Auffray ...)
La fermière Mme Falcon logeait avec sa fille à la Motte à la saison estivale en 1968. En 1969 elle transmis le flambeau à son fils et à sa fille, ce que ma soeur Mimi m'a confié récemment.
Ces séjours étaient novateurs et complètement décalés, loin des locations conventionnelles de type "tout confort".
Pour le retour à Cognin, Bissy ou Saint-Sulpice, nos parents venaient nous rechercher avec l'Ariane, ma tante prenait à l'aller et retour sa 2 CV.
Patrick jouant de la guitare à la grange de Montplat où nous dormions sur un lit de paille mais dans un sac à viande et dans un duvet
Coin favori de Patrick au fond e la grange, côté couchage
Ci-dessous, retour aux chalets en rtevenant des chalets de la Motte
Un peu plus tard ... En 1978, non loin des Aiguilles au col du Galibier avec vue sur la Meije
En 1977 je fais mon service militaire au 13e BCA de Chambéry en tant que chasseur alpin, sur ma demande faite auprès du député de la 10e du 76 Roger Fossé. Un mois plus tard je reçois l'avis favorable d'affectation signée de la main du ministre Yvon Bourges sous Raymond Barre.
en Savoie j'ai gravi le col de la Bessanese, le col des Audros, la belle Plinier, le raeau d'Aussois à plus de 3000 m ; le rocher de la Grande Paré, le col de la Masse, la pointe de Couloureuse en été, le col des Rochilles en Hiver ; le Fort de la Redoute, le lac du Retour, le Roc Noir en été par 2 fois , tous à plus de 2000 m d'altitude ; le Granier en hivernal, la pointe de la Galoppaz, la Crois du Nivolet par les echelles, le plateau du Revard, le col de l'Alpette en hivernal ; j'ai skié à Valloire, aux Sept Laux, à la Féclaz, à Chamonix pistes du Brévent, aux Houches, sur la piste du slalom spécial du Kandahar à Chamonix que nous damions avec nos spatules de ski, à Aussois...
Ecole d'escalade à Aussois, à Saint-Cassin... et entrainement personnel de l'ascension du Granier de Chambéry au Col, plusieurs fois, du Col du Galibier et du Télégraphe de Saint-Michel de Maurienne jusqu'au somment du Galibier lorsque je séjounait à Valloire (je transportais mon vélo spécial offert par ma tante Georgette dans le Marmont), montée à plusieurs reprises du col des Prés, du Col de l'Epine à vélo pour me maintenir en forme.
J'étais aussi chef louveteau à la base scout de Chambéry (sur les Monts) avec deux amies en étude à Chambéry mais venues de Sens. (il me prêtaient leur appartement quand elles remontaient passer des congés à Sens).
Les chasseurs alpins au début du 20e siècle en Haute-Maurienne
Ma mère me voyant en soldat me diait que j'avais une grande ressemblance avec mon grand-père Jules Mabille habillé en soldat à la guerre 14-18.
La chapelle de Montrond peinte par Patrick, mon frère en 2008
Côté Valloire, ce fut la découverte des Aiguilles en avril 1967 avec ma soeur Blandine et mon frère Pierre où nous montions à Plan Lachat faire du ski hors piste ( pes premiers chausses de ski alpin) avant d'y revenir en 1977-1978, comme chasseur-alpin du 13e BCA à Chambéry pour monter à peau de phoque au col des Rochilles et pour y skier en slalom du sommet du Crey du Quart. Nous logions à côté des chalets de l'UCPA en janvier 1978.
Pascal à Plan-Lachat en 1967 au niveau du virage menant au col du galibier sous les Rochilles. J'y suis revenu avec le 13e BCA ski - peau de phoque - en janvier 1978
Stalactite, glace à l'eau à disposition à Valloire - Plan-Lachat en 1967
Ma tante Georgette toujours très chic, elle aimait porté du Balmain qu'elle achetait à Chambéry. Balmain Pierre fut un grand coutourier français originaire et natif de Saint-Jean-de-Maurienne. Son grand père était colporteur à Saint-Sorlin d'Arves. Ses cendres ont été dispersées, lit-on, à sa mort dans la combe de l'Arves.
Merci à ma tante Georgette de Chambéry sans qui cela ne serait jamais arrivé.
Georgette Levaillant, née en 1924 s'est installée après guerre à Chambéry après ses études d'infirmière à Lyon. Elle avait son cabinet à Cognin, voisine et collègue du Docteur Liégeon, avenue de Lyon, un des fondateurs du Parc National de la Vanoise marié à la petite fille de Charles Flahault (le celèbre botaniste de la fin du 19e siècle et président de la société internatiobnale de botanique au début du 20e siècle.
Paul Liégeon fut président du conseil d'administration du Parc national de la Vanoise dans les années 1980. Son ambition fut dans les années 1960 de sauver la bouquetin, espèce en voie de disparition car trop chassé. Paul Liégeon était paradoxalement chasseur.
Cognin est connu pour son usine Coutellerie Opinel (L'usine de Chambéry-Cognin installée par Joseph Opinel en 1917 et reconstruite en 1926). Ma tante m'avait fait visiter l'usine et le bureau du directeur qui affichait accroché au mur de son bureau un énorme Opinel long au moins de 2 à 3 m (avec mes yeux d'enfant d'alors !)
et vis à vis de Robert Badinter
https://www.francebleu.fr › ... › Savoie › Infos › Société
7 oct. 2018 — Robert Badinter, ancien garde des sceaux, à qui on doit l'abolition de la peine de mort en France, n'oubliera jamais sa vie à Cognin en Savoie.
Qui était Charles Flahault :
Natif du nord de la France, Charles Flahault connaîtra ses lettres de noblesse dans le sud, à Montpellier.
Elève brillant, Charles Flahault s’installe à Paris pour parfaire ses connaissances, à l’époque où « Paris est le centre d’une magnifique floraison de savants, de philosophes et d’artistes »*.
Devenu jardinier au Jardin des plantes de Paris après l’obtention de son baccalauréat en 1872, il rejoint en 1874 la Sorbonne et le laboratoire du botaniste Philippe Van Tieghem, originaire de Bailleul comme lui, biologiste et éminent mycologue.
S’orientant vers la biologie végétale, Charles Flahault se diplôme dans ce domaine, passe en 1876 une licence en sciences naturelles et devient préparateur de botanique à la faculté des sciences de Paris.
Suivent ensuite plusieurs missions dans des pays nordiques (Norvège, Suède (photo : voyage à Upsala), Finlande – Laponie), puis un passage en Angleterre. Ces premiers voyages dans les pays scandinaves laisseront à Flahault un souvenir indélébile et « le goût de la géographie botanique ».
Fondateur en 1890 de l’Institut de botanique de Montpellier, il continue ses études au travers de nouvelles missions en terres du nord, comme au Danemark en 1890 mais aussi, plus proche de nous et jusqu’en 1893, les Pyrénées espagnoles, la Belgique, la Hollande.
A savoir : Dès les années 1880, la IIIe République entreprend une profonde réforme des universités françaises et crée des instituts réunissant les chercheurs et enseignants ayant affaire à une même discipline. À Montpellier, Flahault est missionné pour créer cinq instituts prévus dans cette ville (botanique, chimie, géologie, physique, zoologie)
Vice-président du premier congrès international de botanique organisé à Paris en 1900, « président des débats du congrès de Vienne en 1905, au cours duquel ont été rédigées les Règles internationales de Nomenclature botanique » **, il retourne dans les Pyrénées espagnoles, les préalpes de Provence*, visite le Tyrol, la Bavière et les Baléares… et finit son itinérance en Ligurie en 1908, en Allemagne, au Danemark en 1913, et dans les Alpes vaudoises, en 14.
« L’œuvre de Flahault a accompli une véritable rénovation de la botanique » *
Souhaitant la préservation des espaces sauvages, le reboisement est l’objet de ses préoccupations.
Il participe ainsi activement au projet visant à redonner vie à la garrigue, mais aussi au Mont Aigoual, un massif surexploité pendant des générations.
in : https://www.uzessentiel.com/blog/portraits/charles-flahault-le-botaniste-qui-redonna-vie-au-mont-aigoual.html
La véritable histoire de Jeannot Lapin
"Jeannot Lapin naquit à l'âge de 7 ans, ses parents, ses amis trouvant qu'il avait du goût pour la peinture, décidèrent de l'envoyer à la montagne étudier la nature. Il observait les oiseaux, les paillons et surtout les fleurs. Mais un jour, Jeannot Lapin eut faim. Il vit une auberge. TOC, TOC, TOC, bonjour monsieur l'aubergiste, qu'avez-vous de bon à manger ? J'ai du pain, j'ai du fromage, j'ai des oeufs... Des oeufs, hum, c'est bon ça ! Donnez m'en quatre. Mais Jeannot n'avait pas de quoi payer. Alors l'aubergiste le prit, le tua et sur sa tombe, on inscrivit : Jeannot Lapin naquit à l'âge de septs ans ..."
Avant de reprendre la voiture, nous avons vu des taupinières car la taupe peut vivre jusqu'a 2000 m d'altitude.
J'ai prélevé un peu de cette magnifique terre de taupinière pour la réduire plus tard en poudre une fois déshydratée et tamisée pour copmléter mes flacons de "Terres de France".
Chalet d'alpage
je vous invite à découvrir ce magnifique lien sur chanin https://chanin.net/author/chanin/
Jadis en Arves, on se chauffait avec la bouse comme il est rappelé dans la vie sur l'alpage à lire sur le site "chanin.net"
A ce propos, j'ai réussi à en savoir davantage sur ce grebon savoyard car sur les balcons des chalets de Bonneval, ces grebons étaient stockés à cet endroit comme en téoignent des iamges que j'ai prise en 1980 :
" En Rhône-Alpes, Haute-Maurienne, Savoie, le grebon ( avec l'autorisation donnée par J.P. Digard en 2020)
En 1974, J.P. Digard[2] signale l’usage du grebon à Bonneval-sur-Arc en Haute-Vallée de la Maurienne. Le fumier offrait aux habitants de ce village située à 1800 m et à 2000 m pour son hameau de l’Ecot, deux usages différents et deux destinations distinctes :
« Le premier est utilisé pour la fumure des champs et des prés. Les vaches n’ayant pas de litière de paille, il est constitué des excréments bruts. Lors du nettoyage de l’étable, il est transporté dehors et entassé devant la maison à l’aide de la cévéya (civière), sorte de caisse munie de brancards et portée par deux hommes », avant d’être transporté en altitude et âtre répandu dans les prés. Cette pratique s’est arrêtée dit J.P. Digard dans les années 1970 et a permis de transférer cet engrais aux autres villages en aval dès lors qu’il se chargeaient de le transporter par leurs propres moyens.
Le second est utilisé comme mode de combustible : « Les bergeries, elles, ne sont curées qu’une ou deux fois par an. Le reste du temps, on se contente de jeter un peu de paille sur la litière souillée. Le mélange de paille et d’excréments ainsi formé est tassé per le piétinement des moutons. Il finit par constituer une masse extrêmement compacte et dense que les Bonnevalains découpent à la bêche ou au taille-foin en briquettes de 20 à 25 cm de côté sur une dizaine de centimètres de hauteur. Ces briquettes (grebons) sont mises à sécher sur les balcons des maisons pendant plusieurs mois et constituent ensuite, pour l’hiver, un combustible très apprécié des Bonnevalains. Les chèvres, attachées, à un point fixe ne fournissent pas le piétinement indispensable à la fabrication des grebons qui étaient aussi fabriqués avec la bouse de vache.
Lors de mes séjours d’été à Bonneval, en 1971 et 1972, nous passions, mes cinq frères et sœurs, encadrés par ma tante Georgette, infirmière à Cognin près de Chambéry, une quinzaine de jours dans un des chalets de Trièves situé au-dessus du hameau de l’Ecot, où nous allions acheter le lait de chèvre. J’ai remarqué au village les grebons installés sur les balcons. Dans les années 80, je suis revenu à Bonneval. J’en ai profité pour prendre quelques photos, intrigué par cette tradition bonnevalaine. Lors d’un récent séjour en Savoie en 2020, j’en ai profité pour monter à Bonneval-sur-Arc afin de m’en procurer grâce à la gentillesse de Gabriel Blanc qui en possédait encore provenant d’un déstockage venant d’un chalet appartenant à sa mère.
Travaillant le grebon pour intégrer cette ressource dans une de mes œuvres, à la manière de Rousseau et de sa pervenche (j’évoque la pervenche de Rousseau ou la grive de Chateaubriand comme la madeleine de Proust) je me suis remémoré des instants heureux à l’odeur dégagée par cette ressource délicatement tranchée pour ensuite la tailler et la coller pour réaliser une mosaïque contemporaine."
Le grebon savoyard de Bonneval-sur-Arc stocké sur des rebords de pseudo balcons le savoyard n'était pas imposé ce qui aurait été le cas s'il avait reposé à terre au rez-de-chaussé. De plus au premier étage le grebon était en partie protégé des intempéries sous le auvent savoyard.
Je vous rassure tout de suite, approchez votre nez au ras de l'oeuvre, le grebon savoyard ne sent rien car bien déshydratée la briquette ne dégage plus d'odeur.
Avec un peu d'humour et d'auto-dérision je dirais que c'est une oeuvre de (5 lettres) pour rester poli.
Ce projet de (5 lettres) m'a beaucoup amusé, faut-il vous l'avouer.
Cette oeuvre a été exposée à une biennale de mosaïque en France : c'est chic.
Version de l'histoire de Jeannot qu'on se racontait dans les alpages
La véritable histoire de Jeannot Lapin
"Jeannot Lapin naquit à l'âge de 7 ans, ses parents, ses amis trouvant qu'il avait du goût pour la peinture, décidèrent de l'envoyer à la montagne étudier la nature. Il observait les oiseaux, les paillons et surtout les fleurs. Mais un jour, Jeannot Lapin eut faim. Il vit une auberge. TOC, TOC, TOC, bonjour monsieur l'aubergiste, qu'avez-vous de bon à manger ? J'ai du pain, j'ai du fromage, j'ai des oeufs... Des oeufs, hum, c'est bon ça ! Donnez m'en quatre. Mais Jeannot n'avait pas de quoi payer. Alors l'aubergiste le prit, le tua et sur sa tombe, on inscrivit : Jeannot Lapin naquit à l'âge de septs ans ..."
Quelques vues des environs des Aiguilles d'Arves, cimes emblématiques de la Savoie
Dans le cadre de mes chroniques des Secrets du plateau de Caux de l'année 2025 par Pascal Levaillant et de la thématique Clos-masure, Ouvre-toi : une excursion spéciale clos-masure va se tenir le samedi 18 octobre 2025 à Carville-Pot-de-Fer, la Mare-aux-Pommes.
CARVILLE-POT-DE-FER
Clos-Masure...Ouvre-Toi ! La Mare Aux Pommes
Le samedi 18 octobre 2025 de 14h30 à 16h00
Visite commentée en compagnie de Pascal Levaillant, venez découvrir comment les clos-maures ont joué un rôle clef dans l’introduction de la culture de la pomme et la production de cidre dans le Pays de Caux.
Vous verrez l'herbier contemporain du verger et des fruits de pressoir.
"je vous raconterai l'histoire du clos-masure de la fin du 20e siècle, de la cour-masure de la fin du 19e siècle et de la masure depuis le Moyen-Age, des premiers talus-fossés de l'Antiquité gallo-romaine car la forêt déboisée progressivement a laissé place à la "plaine", et à ses masures closes de talus plantés pour y loger l'habitat et les bâtiments agricoles, pour conserver des espaces clos où s'organisait leur théâtre d'agriculture.
Je vous raconterai le contexte spatial de la masure, ses fossés, la mare, les hautes futaies, les bâtiments de la ferme, le verger...et l'histoire du cidre du pays de Caux depuis la fin de la Guerre de Cent Ans et en cet endroit dédié notamment au jus de pomme, au cidre bouché et au cidre blanc."
Citrouille, potiron ou betterave fourragère ou sucrière pour les illuminations du 31 octobre...en pays de Caux !
En pays de Caux la tradition des betteraves creusées et illuminées avaient cours bien avant que les américains nous innondent de leurs fameuses citrouilles creusées et illuminées qui ont finalement détrôné nos betteraves fourragères anglo-normandes et du nord-est de la France (presque définitivement au début du 21e siècle).
C'est sans compter sur l'Alsace qui revisite cette tradition germanique s'étant propagée également en pays de Caux - comme le rapportent les études consultées - chez nous par les peuples anglo-saxons et norois suite probablement aux raids dits barbares ou germaniques depuis le 4e siècle.
Les grands bretons et les irlandais auraient répandus en Bretagne la tradition des gros navets creusés et illuminés au 31 octobre comme nous rappelle les exploitants de la ferme d'Epaville, en pointe de Caux.
Intrigué par une animation prévue à la fin du mois d'Octobre organisée à la ferme d'Epaville, je me suis interrogé sur le retour d'une tradition intégrant des betteraves sucrières cultivées dans leur exploitation.
Retour de tradition en pays de Caux des betteraves creusées et illuminées
en forme de tête de mort comme celle creusée ci-dessus par mes soins.
La betterave fourragère pour les lumières du 31 octobre.
Tradition cauchoise depuis le 5e siècle apportée par les "Germains" comme le rapporte Sébastien Günther, voir la carte ci-dessous, éditée par ses soins.
"Deux heures d’atelier à la ferme pendant lesquelles vous serez immergés dans la maison d’autrefois pour y évoquer les origines de la fête d’Halloween. Vous irez ensuite sous le hangar près du bois afin de réaliser en famille votre lanterne d’Halloween à partir de betteraves sucrières. Ce sera l’occasion d’aborder le thème des cultures, de la betterave, des circuits courts et du sucre…
Pour que la visite soit encore plus mémorable, venez déguisés !
À partir de 4 ans – accompagné d’un adulte
Sur réservation uniquement : ferme-epaville.com rubrique découvrir et s’amuser, ferme de découverte"
in : https://www.lehavre-etretat-tourisme.com/fr/fiche/montivilliers/atelier-halloween--les-betteraves-sucrieres_TFOFMANOR076V523K7C/
La tradition des betteraves fourragères creusées et illuminées en pays de Normandie viendrait d'Alsace et du nord et l'est restée longtemps notamment dans le pays de Caux jusqu'à ce qu'elle soit supplantée et délaissée au profit des citrouilles après-guerre.
Cette proposition insolite avec des betteraves sucrières à la ferme d'Epaville m'a remémorré un fait qui dans les années 1980, m'avait été rapporté par "Mémé Dudu" âgée de plus de 80 ans, elle-même originaire d'Hautôt-le-Vatois, avant qu'elle s'installe avec son mari à Alvimare en 1925 - A leur retraite elle quitta Alvimare pour Yvetot, à la toute fin des années 1960.
Vers la fin des années 1980, c'est à cette période qu'elle me le raconta, évoquant des souvenirs autour d'une tasse de tisane à la mauve : dans le pays de Caux il y avait une tradition des betteraves fourragères creusées et illuminées, tradition vécue au temps où elle habitait Alvimare àpartir des années 1925, son mari exerçant le métier de bourrelier spécialisé en aménagement de cariole à chevaux.
Elle me racontait que des betteraves était creusées pour y loger de petites bougies le soir du 31 octobre au moment de la Toussaint.
C'est la seule personne cauchoise qui m'a conté cela. Elle m'a confié cela - comme elle me racontait bien d'autres souvenirs - car à la vue des citrouilles et potirons allumés au 31 octobre à Halloween, elle rigolait bien de voir tout ce nouveau folkore sachant qu'elle me disait qu'on inventait rien de nouveau asteu. Elle déplorait que la tradition des betteraves fourragères, creusées et éclairées par des bougies avait malheureusement disparu au profit des potirons et citrouilles.
Les betteraves choisiés pour laeur grande dimension étaient creusées par la base pour qu'elle trouve une assise stable, pour mettre la bougie à l'interieur ou creusées latéralement selon leur taille et volume.
Ces betteraves étaient placées au bord de la nationale Rouen-Le Havre à Alvimare.
Recherchant des informations tout azimut, lisant un article de Simone Morgenthaler sur cette tradition alsacienne je me suis dit que cette tradition raontée par la mémé "Dudu" venait peut-être finalement de l'est de la France !
N'étant plus le seul cauchois à évoquer cette supposée tradition, j'ai cherché à me documenter davantage.
Voici ma synthèse :
" L'article fort bien documenté de Simone Morgenthaler, rappelle une ancienne tradition alsacienne de betteraves fourragères creusées en forme de crânes, appelées «Totekëpf ou « ùskelischti Dìrlìpse » », qui étaient illuminées par des bougies et placées sur les rebords de fenêtres pour créer une atmosphère étrange. Cette coutume, aujourd'hui disparue, a été remplacée outre-Atlantique par celle des citrouilles, popularisée par Halloween.
Simone Morgenthaler, en cherchant à raviver cette tradition en Alsace, a découvert grâce à Sébastien Günther, spécialiste de l'histoire mérovingienne, que cette pratique n'était pas tellement d'origine celtique mais plutôt germanique.
Sébastien Günther apporte des éclaircissements sur les « Rünbengeister » (esprits dans les navets) qui étaient répandus dans les régions germanophones (Allemagne, Autriche, Suisse, etc.) et dans certaines zones comme les îles britanniques, avant d'être adaptées en citrouilles en Amérique pour Halloween. Günther souligne que cette tradition est absente des territoires celtiques et correspond davantage à l'aire culturelle germanique. Il explique que les Germains, arrivés en Alsace vers 406, ont conservé leurs traditions tout en vivant en parallèle des populations celto-romaines, déjà influencées par Rome et le christianisme.
Une carte montre que cette coutume était présente dans les régions germanophones et absente de l'ancienne Gaule, sauf dans des zones comme l'Alsace, la Moselle et les Flandres françaises. En effet sur la carte de Sébastien Günther transmise par Simone Morgenthaler, elle indique les cercles rouges où les betteraves taillées existent ou ont existé. On se rend bien compte dit-elle qu’il semble y avoir un lien avec les régions germanophones, et de son absence de l’ancienne Gaule. Ce que je peux remarquer à ce titre c’est le cercle situé entre le Cotentin et le pays de Caux (les calètes de la Gaule Belgica), hormis l’Alsace et la Moselle qui a été tantôt prussienne, allemande et française) et hormis les Flandres françaises de l’ancienne Gaule Belgica, la France n’a pas eu depuis cette tradition des betteraves fourragères creusées.
A ce propos et dans ce contexte socio culturel et historique je rapporte une anecdote mentionnant le dire d’une octogénaire du pays de Caux, en Normandie. Elle évoquait une tradition similaire de lumières le 31 octobre. C’est ainsi que durant près de 40 ans, cherchant d’autres témoignages cauchois suggérant une influence culturelle ancestrale, j’ai découvert cette histoire racontée par Simone Morgenthaler traduisant la trace d’une influence germanique plutôt que celte en Normandie du pays de Caux au Bessin.
Ainsi en dépit des idées reçues la tradition des betteraves creusées est une coutume germanique ancienne, quoique proche mais très distincte des pratiques celtiques, qui a influencé les célébrations modernes d'Halloween. Elle témoigne des interactions culturelles entre Germains et Celto-Romains dans l'histoire européenne y compris en pays de Caux de l’ancienne Gaule Belgica puis romaine qui subirent les raids (invasions ou migrations) dites « barbares » ou « germaniques », depuis la fin du 3e siècle.
Pour prolonger la lecture vous pouvez consulter le lien suivant de cet ouvrage : HISTOIRE DES INSTITUTIONS POLITIQUES DE L'ANCIENNE France - L'INVASION GERMANIQUE – LE ROYAUME DES FRANCS PAR NUMA DENIS FUSTEL DE COULANGES - Membre de l'Institut (Académie des Sciences morales) - Professeur d'histoire en Sorbonne PARIS - HACHETTE - 1922
In : https://mediterranee-antique.fr/Fichiers_PdF/DEF/Fustel%20de%20Coulanges/HPIAF_2_Inv_Germ.pdf
Et découvrirt l’article numérique de Simone Morgenthaler
In -https://www.simonemorgenthaler.com/lorigine-des-betteraves-creusees-en-crane-et-eclaires-dune-bougie-2/"
Voir carte d'implantation de la tradition où l'on voit un cercle sur le pays de Caux, entre pays de Caux et pays Bessin.
Ces éléments établis, et croyant au départ cette histoire véritable racontée par Mémé Dudu mais jamais entendue par ailleurs, je crois maintenant qu'il faille la faire connaître aux cauchois et aux normands - selon la carte de Sébastien Günther.
- Est-ce à voir avec cette tradition perdue, faut-il encore rappeler que beaucoup d'Alsaciens ont quitté l'Alsace à différentes périodes de notre histoire commune y compris à vouloir rejoindre l'Amérique par le port du Havre entre 1815 et 1870 pour tenter de rejoindre NewYork :
Si l’on considère la période dans son ensemble, il est incontestable que les Alsaciens, les mosellans majoritairement, s’embarquaient au Havre. Ils feront quelques exceptions à cette règle. Ces exceptions sont datées, nettement circonscrites dans le temps comme nous le rapporte Nicole Fouché dans un ouvrage publié avec le concours du Conseil régional d'Alsace et du Conseil scientifique de l'Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) en 2020.
In : https://books.openedition.org/psorbonne/49333
Les Alsaciens en pays de Caux : Cette migration via Le Havre a peut-être laissé à quai des alsaciens en pays de Caux et alentour avec leurs traditions : il est vrai qu'en pays de Caux beaucoup de fêtes villageoises au 20e siècle se célébraient autour d'une bonne choucroute. A Yvetot dans les années 60, par exemple, la charcuterie Deneuve vendait grandement de la bonne choucroute parmi ses produits dits de Charcuterie fine, Cuisine et Spécialités rue Pasteur (souvenir, souvenir) et sur Rouen, Bonsecours, le Havre, beaucoup d'établisssements alsaciens dispensaient la culture alsacienne (soirée bière et soirée choucroute). N'assiste-t-on pas encore dans des fêtes villageoises à la fameuse "soirée choucroute" en pays de Caux, en pays d'Auge...
Nous pourrons regarder autrement une tradition oubliée mais qui pourrait renaître comme le tente - à partir de la betterave sucrière - la ferme d'Epaville et qui sait si elle pourrait renaitre avec la véritable betterave fourragère en pays de Caux.
In : https://www.simonemorgenthaler.com/lorigine-des-betteraves-creusees-en-crane-et-eclaires-dune-bougie-2/"
Remerciements à Simone Morgenthaler, à Sébastien Günther, pour leurs archives et leurs témoignages, et à "Mémé Dudu" de m'avoir conté cette histoire du temps jadis en pays de Caux et de rétablir une vérité d'haloween dont l'origine ne serait pas américaine mais européenne : "Rendre à César, ce qui lui appartient" N'est-il pas !