Les boissons alimentaires servies dans les Hospices et les Hôpitaux de Rouen, jusqu'à l'arrivée de l'eau minérale dès 1955.
Peu de Bois-Guillaumais connaissent ce chapitre et cette histoire reliant les Hospices et les Hôpitaux de Rouen (Hôtel-Dieu) à jadis la paroisse de Boisguillaume qui séparée de son hameau de Bihorel devint en 1892 la commune de Bois-Guillaume.
Peu de Bois-Guillaumais et de d'habitants de Bihorel (jadis attaché au Boisguillaume), savent qu'on y cultivait la pomme depuis le 14e siècle et même peut-être encore avant sous la tutelle de l'abbaye de Saint-Ouen.
Peu de Bois-Guillaumais savent qu'un verger actuel à Bois-Guillaume appartient au CHU et nommé ainsi, que Corot découvrit en arpentant la commune. C'est Corot qui a peint pour la première fois dans la peinture dite "moderne", pré-impressionniste un verger et de surcroit au Boisguillaume.
Peu de Bois-Guillaumais savent que 7 autres personnages ont fait la célébrité internationale de Bois-Guillaume et de son hameau Bihorel au 19e siècle dont Prévost, Godard, Boisbunel et Vilaire : tous quatre illustres maîtres semeurs, pépiniers et arboriculteurs attachés au Boisguillaume et/ou Bihorel...et quatre autres dont Ponchy (le beurre), Ternisien à la fin du 19e siècle, Godard Pierre, le frère de François Godard au 19e siècle pour les fraises qui étaient exportées en Angleterre chez la reine Victoria [...] au temps de M. Ternisien.
Ce n'est par hasard que la cité de l'Agriculture de Bois-Guillaume s'est insatallée sur les anciens vergers de Bois-Guillaume comme les archives de l'IGN le démontrent.
Ce n'est pas par hasard que Fernand Bazerque a été sollicité par la ville de Bois-Guillaume pour créer le verger conservatoire de la rue de la Haie, que je vous invite à venir visiter prochainement à Bois-Guillaume le dimanche 5 octobre en ma compagnie.
(s'inscrire auprès de la mairie de Bois-Guillaume).
C'est cette histoire que je vais commencer à vous raconter loin de toute la littérature de la fin du 20e siècle ou du début du 21e siècle connue à ce jour.
Remerciements à Mme Marie Mabille, Maire-adjointe de Bois-Guillaume, à la ville de Bois-Guillaume et aux Espaces Verts de Bois-Guillaume, à Mme Mirjol du CHU de Bois-Guillaume, au Groupe d'Histoire des Hôpitaux de Rouen représentés par Mme Guyard et M. Parenty qui m'ont nourri de leurs archives du GHHR ... aux auteurs du 19e et 20e siècles dont Eugène Noël ; Jean Labèche (1892) ; Alfred Robaut ; Étienne Moreau-Nélaton ; Georges Dubosc ;
à la ville de Bihorel, à la Bibliohèque de Bihorel, au Groupe d’Histoire et d’Études de Bihorel (GHEB) représenté par Philippe Le Compte, groupe qui "s’est créé en 1968 sous l’impulsion d’une enseignante, Madame Sueur, d’un artisan maître-verrier, Monsieur Legrand et de l’Abbé Denhez, vicaire de la Paroisse. L’Abbé Denhez avait reçu du Comte de Beaunay des baux de fermage sur des terres bihorellaises ayant appartenues aux moines de Saint-Ouen, ainsi qu’un plan terrier datant de 1792. L’envie d’exploiter ces documents fut à l’origine de la création du Groupe. Après quelques années d’existence informelle, des statuts ont été déposés en 1974 avec pour objet la recherche de coutumes écrites et parlées, de documents historiques et la conservation du patrimoine naturel et artistique.d'Histoire de Bihorel"
et enfin les auteurs de Bois-Guillaume en images, ouvrage qui fut édité par la ville de Bois-Guillaume en 2003.
Le premier épisode est dédié aux vergers du CHU et au peintre camille Corot et à son guide M. Sennegon. Cet article va s'enrichir au fur et à mesure grâce aux nombreuses archives glanées à Bois-Guillaume, à Bihorel (ancien hameau de Bois-Guillaume) aux archives nationales, régionales, départementales et locales...
Au début du 17e siècle, le cidre rentre comme nouvelle boisson alimentaire à l'Hôpital et aux Hospices de Rouen parmi les autres boissons : ( vin et cervoise et eau de source si celle-ci est accessible ! )
Le rôle du cidre dans les Hospices de Rouen - Histoire de l'alimentation dans les Hôpitaux de Rouen - Du Moyen-Âge à aujourd’hui.
"Entre bienfaits, santé et alcoolisme", le cidre fut pendant des siècles une des boissons potables et hygiéniques servies dans la chambre des malades ou au réfectoire.
Le cidre fut donc une des boissons alimentaires des hôpitaux et des Hospices en Seine-Inférieure.
Jadis les hôpitaux vivaient le plus possible en autarcie. Le patrimoine foncier lié à l’alimentation occupait une place importante car les 28 fermes et les 1430 hectares de biens ruraux en Seine-Maritime représentaient un important revenu. Ces fermes étaient notamment situées à : le Grand et Petit Aulnay ; à Héricourt-en-Caux ; à Yémanville, à Amfreville-les-Champs ; à Beaumont ; à Criquetot-sur-Ouville ; à Colmare ; à Saint-Paër ; à Montville ; à Mesnil-Esnard ; à Houppeville ; à Bois-Guillaume/Bihorel (la Grande et la Petite Madeleine depuis le 16e siècle) ; à Bois-Guillaume (manoir du Colombier ou ferme du Colombier depuis le 17e siècle) et d’autres terres à Vernon (ferme de la Madeleine).
L’Hôtel-Dieu et l’Hospice Général bénéficiaient notamment d’un pressoir mais aussi d’une brasserie, d’une cave pour les boissons. Un plan de 1624 localise notamment l’abri réservé au « Marchand de cidre ».
« Le vin, la bière, le cidre, et l'eau-de- vie sont distribués selon les besoins des malades. Il sera donné à chaque malade convalescent, du petit cidre ou de la bière pour la boisson ordinaire et à la fin de chaque repas, un bon verre de vin pour lui rétablir les forces, d'après l'ordre du médecin, le quel verre de vin ne sera donné par une des Religieuses de chaque salle qu'au moment de le boire. On peut s'étonner de trouver dans les prescriptions aux malades de l'alcool. Le vin agit sur les humeurs malsaines, il fait partie des substances « régénérantes ». Il faudra attendre la lutte contre l'alcoolisme pour transformer les comportements et ce n'est qu'en 1955 que l'eau minérale remplacera le vin lors des repas. » [Liliane Régent, 2007]
En effet, après la Guerre de Cent-Ans et la paix retrouvée, les pommiers sont plantés massivement à l'abri des fossés dans les masures du pays de Caux. Charles Brioux délimitera l’aire géographique du cidre du pays de Caux entre 1909 et 1913 dont Bois-Guillaume fera partie.
Ainsi pendant plusieurs siècles les pommes et le cidre furent acheminés des 28 fermes de ce vaste patrimoine foncier ce qui contribuera à fournir régulièrement une boisson potable et hygiénique aux usagers des Hôpitaux.
Le verger actuel longeant la rue Girot à Bois-Guillaume a été planté entre le mitan du 19e siècle et 1937 car les cartes IGN et les vues aériennes d'IGN attestent que la moitié de cette parcelle de plusieurs hectares était déjà plantée et qu'au fil du temps le verger était à renouveler à la fin des années 1990 puis penser puis grâce à un partenariat avec une association locale il a été replanté en grande partie en 2000 comme les vues aériennes IGN Remonter le Temps l’attestent.
Lui faisant face, celui de la ferme du Colombier a quasiment disparu en 1976.
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Ce vaste espace de biodiversité témoigne encore aujourd’hui de ce volet alimentaire et de l’activité cidricole des Hôpitaux de Rouen d’hier au Boisguillaume comprenant le hameau de Bihorel (ferme de la Petite et Grande Madeleine) et le Colombier à aujourd’hui à Bois-Guillaume le Colombier et le verger du CHU.
Texte conçu en août 2025 par Pascal Levaillant, artiste botaniste d’après les archives du Groupe d’Histoire du CHU et les textes de Liliane Régent. (CTHS - Groupe d'Histoire des Hôpitaux de Rouen (GHHR))
Le verger du CHU nommé - la Grande Route <1971
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A suivre ... Qu'en était-il dans les établissements Havrais et Dieppois ?
L'enquête se poursuit.
Le lien entre l'Hotel-Dieu et la Madeleine de Boisguillaume
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Vis à vis des anciennes fermes de la Grande et Petite Madeleine et du Colombier
De l’Hôtel-Dieu de la Madeleine à la Madeleine des Champs à Boisguillaume, hameau de Bihorel
Le Paris-Normandie dans la Liberté normande le 22 mars 1946 informe ses lecteurs qu’il existait jadis un hôtel-Dieu près de la cathédrale : « Avant son transfèrement au Lieu-de-Santé en 1758, l’Hôtel-Dieu se trouvait dans le quartier de la cathédrale. Il se tenait du côté de l’ancienne place de la Calende et sur cette petite rue de la Madeleine qui nous avons connu jusqu’au 9 juin 1940… C’était l’Hôtel-Dieu de la Madeleine. »
« L’Hôtel-Dieu fut le grand établissement hospitalier rouennais du moyen-âge. Il prit ce nom d’Hôtel-Dieu de la Madeleine du 12e siècle. Il acquit, bien entendu, d’importantes propriétés et l’une des plus anciennes lui fut offerte par Roger de Beaumont en 1185. C’était « la terre du Boisguillaume appelée vulgairement la Madeleine des Champs ». Cette terre, Roger de Beaumont l’avait reçue, en récompense d’un service, de Briance du Boisguillaume. Et Henry, comte d’Eu, lui en avait confirmé le privilège. La Madeleine des Champs modifiait un peu sa dénomination et devint la Grande et la Petite Madeleine, fermes qui furent toujours d’un grand rapport pour l’Hôtel-Dieu de Rouen. (Notons en passant qu’à Petit-Quevilly, par exemple, l’Hôtel-Dieu possédait aussi les fermes du Petit et du Grand Aulnay, où plus tard, au 16e siècle, furent ouverts des lieux d’évent pour les pestiférés.)
Cette vieille ferme est exploitée depuis 1933 par un sujet belge, le comte Dumonceau de Bergendal. […] [Roger Parment, 1946]
Le manoir au Bois-Guillaume dit le Colombier
« Un manoir de 80 acres, situé au Bois guillaume fut acquis à Bihorel (avant 1 ?98 par l’abbaye de Sainte-Catherine et payé avec le prix des biens que cette abbaye venait de vendre en Angleterre à la fin du 16e siècle. Ce manoir devint par échange la propriété de l’Hôtel-Dieu de Rouen, qui en jouit depuis. Ce manoir est sur la route un peu avant le chemin conduisant à l’église on le nomme le Colombier, il est bien conservé se trouve sur la route de Rouen à Neufchâtel, n°8, au 4e kilomètre. L’ensemble de cette construction de pierre, devenue une ferme, semble avoir été une habitation du 13e siècle, remaniée depuis le 17e siècle. Le pignon, les cheminées, les deux portes d’entrée e=ont encore beaucoup de caractère. [Bibl. Rouen Coll. P Baudry, Don 1926 in : Bibliothèque Patrimoniale Villon, Rouen]
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Ailleurs que dans les Hospices
Un ancien pressoir et grenier à pommes de l'ancienne ferme de la Vielle à Bois-Guillaume au carrefour du chemin de la Bretèque avec l'avenue des Canadiens quasiment à l'endroit de L'Ecole de Commerce Rouen - ESG
Ce pressoir a été démonté et remonté ailleurs
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Batiment à usage de pressoir à cidre encore debout en 1971, ancienne ferme de la Vielle - Bois-Guillaume - Paris Normandie du 17-01-1971
Plan de situation de l'ancienne ferme la Vielle : source Bibliothèque Patrimoniale Villon de Rouen d'après un plan ancien de Bois-Guillaume
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Le pressoir de la ferme de la Vielle ( Au niveau de l'alignement simple de 4 arbres et son aire dégagée devant son pignon) - numéro 29 le 28 08 1961 mission 1810-0071 Bois-Guillaume
Plantons le décor d'hier
à aujourd'hui
Bois-Guillaume et son hameau de Bihorel
Théâtre d'Agriculture
On plantait des pommiers déjà au 14e siècle au Boisguillaume et bien avant le Théâtre d'Agriculture d'Olivier de Serres, bien avant les conseils de Julien le Paulmier pour la vigne et la pomme à cidre ou l'abbé LeGendre d'Hénouville, pour la culture de la vigne et la taille des fruitiers (pommiers, poiriers et cognassiers)
Le Clergé et les abbayes prélevaient déjà la dîme sur les pommiers et la boisson de pomme (cidre : vin de pomme)
Localement en Seine-Maritime (jadis Seine-Inféroeure) on peut retenir la pomme : De Richard (1000) découverte par Richard 1er duc de Normandie deux générations avant Guillaume le Conquérant ; la pomme De Bosc et de Bosquet (1200) ; De Montigny (1300) ; De Charles Estienne, 1540 ; ainsi que la pomme Cœur de Bœuf, 1200.
"On plantait sur le plateau de Caux des pommes de table à Pissy (Pissy-Pôville) en 1371), au Boisguillaume en 1372." [Leroy, 1867-1879].
Leroy s'est servi des travaux et des cahiers de pomologie de Nicolas Joseph Prévost de BoisGuillaume, pour éditer son dictionnaire de pomologie française à la fin du 19e siècle.
Montigny, Canteleu, Pissy, Boisguillaume étaient des centres de production depuis au moins le 14e siècle sous la tutelle des grandes abbayes comme celle de Saint-Georges de Boscherville ou de l'abbaye Saint-Ouen.
Une coutume très curieuse au 15e siècle – et qui s’est encore maintenue en Normandie, - témoignant elle aussi du prix fort cher des pommiers, était le bail à louage d’arbres déterminés dans les vergers. Cette pratique avait lieu principalement auprès de Rouen, à Boisguillaume, au Mont-Saint-Aignan, à Duclair, à Saint-Jean-du-Cardonnay et surtout au Val-de-la-Haye. »» [Dubosc, 1932]
Avant de découvrir comment se présentait ce fameux village de Bois-Guillaume, nommé jadis Boisguillaume où poussait la vigne et surtout les pommes ?
Les vergers du CHU, rue Girot à Bois-Guillaume
Bois-Guillaume haut lieu d'Agriculture
des moines de Saint-Ouen aux semeurs et horticulteurs
Bois-Guillaumais
La ferme du Colombier aurait été crées en 1040 par Arlette de Falaise pour son fils Guillaume( le bâtard) devenu le Conquérant. Plusieurs fois remaniée, elle devint la propriété des hospices de Rouen en 1698.
Eugène Noël nous apporte ue autre dimension qui nous laisse penser qu'il pourrait s'agir d'une légende. C'est Gabrielle Sueur et Alfred Morel qui le citent : " C'est dans le village de Bois-Guillaume que se plaisit Guillaume de Normandie, bien plus qu'à son château de Rouen, il y livrait aux plaisirs de la chasse... mais ce rendez-vous de chasse ne doit pas être confondu avec le Manoir devenu Ferme du Colombier."
in : Du Bois-Guillaume d'hier au Bihorel d'aujourd'hui du Groupe d'Histoire et d'2tudes de Bihorel
Gabriel Sueur et Alfred Morel rapportent que d'après l'abbé Cochet ce domaine daterait du 13e siècle et qu'il entra dans le domaine de l'Hôtel-Dieu le 5 août 1698. Il est toujours la propriété des Hospices.
Tout ceci nous laisse penser qu'il subsiste un doute ou une confusion entre un fameux Guillaume le Conquérant et un des seigneurs de Bois-Guillaume!!!
il ne reste du manoir du Colombier qu'une partie du mur, route de Neufchâtel qui fut conservée comme témoin de la ferme du Colombier figurant sur l'archive de 1820 que vous pouvez consulter ci-dessous.
Nombreuses étaient les mares dans les vergers et les prairies.
La ferme de la Grande Madeleine et la Petite Madeleine au hameau de Bihorel ont appartenues aussi aux Hospices de Rouen. une des fermes possédaient un pressoir et s'y trouvaient des vergers.
Dans le hameau de Bihorel qui était jusqu'au 18 avril 1892 dans la paroisse puis la commune de Bois-Guillaume, après la Révolution, des terres importantes s'y trouvaient qui avait appartenues aux moines de Saint-Ouen. Parlant de la ferme de la Grande Madeleine, ce fut Robert de Bois-Guillaume avant de partir aux Croisades. qui la céda le 9 décembre 1269 aux Hospices de Rouen ce qui est écrit sur un des piliers de l'entrée de la Grande Madelein, ce qui est rapporté par Gabriel Sueur et Alfred Morel.
Ce n'est qu'à partir de 1929 qu'elle fut achetée et cédée à une société Immmobilaière et Agricole comme le rappelle Gabriel Lesueur et Alfred Morel dans leur ouvrage en 1991.
Le pressoir de la ferme de la Petite Madeleine, jadis situé au du hameau de Bihorel de Boisguillaume, aujourd'hui démonté
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Cidrerie de la Grande Madeleine, hameau de Bihorel au temps de Boisguillaume
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Camille Corot arpentait souvent la campagne de Bois-Guillaume et de Chez M. Sennegon, avec la perspective de l'église, il a croqué en 1807 et peint en 1822 très certainement le premier paysage de la peinture moderne française : un verger du pays de Caux à Bois-Guillaume, dans la commune de Bois-Guillaume dans la perspective de l'église du porche d'une ferme de Bois-Guillaume. C'était à l'époque où le père de Camille Corot avait envoyé son fils en pension étudier à Rouen au Lycée Corneille. Manifestement peu enclin aux études comme le souhaitait son père il pris le goût de la peinture en arpentant la nature de Bois-Guillaume.
voici trois tableaux de Camille Corot aux alentours de la rue de la Haie et de la rue Herbeuse, vers l'église ; dans la ferme de M. Sennegon ; la plaine vers la forêt verte, vue de l'actuelle rue Dair.
Bois-Guillaume, jadis un paysage agricole exceptionnel qu'a su observer et admirer Camille Corot.
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La plaine de Bois-Guillaume par Camille Corot, au loin la Forêt Verte et en premier plan des herbages avec des pommiers
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Ces mêmes herbages aujourd'hui, vus de la rue Dair, sans les fruitiers disparus.
Autre tableau de Camille Corot
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Tableau de la ferme de M. Sennegon qui aujourd"hui possède encore son chaume comme celle de la rue de la Haie, non loin de la rue du Hamel.
Ce tableau de 1822, croqué en 1807, fut rétrospectivement la "madeleine de Proust" ou la "pervence de Rousseau" lui rappelant des jours heureux au côté de M. Sennegon car il conserva toute sa vie ce tableau dans sa chambre.
Le troisème tableau figurant Bois-Guillaume est ce dernier :
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Porche d'entrée d'une ferme de Bois-Guillaume soit du côté de la rue Hamel, en direction de l'église du village ou de la rue Herbeuse en direction de l'église. Tableau de Camille Corot du premier quart du 19e siècle vu du porche d'une ferme dont le porche orienté vers l'église correspond à l'orientation de la rue Hamel vers l'église. Coror aimait arpenter la campagne avec M. Sennegon qui préférait s'adonner à la promenade en campagne à Boisguillaume qu'à la ville.
Le premier plan derrière la prairie figure un verger au Bois-Guillaume.
Camille Corot, Bois-Guillaume
Dans le "Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts (Rouen)" en 1922 il était noté ceci : " Il faut bien dire que Corot dépaysé, déraciné, Coror Parisien de la rue du Bac, s'ennuyait fort dans cet austère lycée de Rouen qui tenait alors de la caserne et du couvent. Il avait la nostalgie de sa famille, de ses soeurs, de Paris, du pavé des quais de la Seine qui n'est pas la même à Rouen qu'à Paris, de l'aspect du Louvre qui déployait sa noble architecture devant ses yeux d'enfant. Ses études durent se ressentir alors un peu de son esprit... Il avait cependfant un brave corresponadnt à Rouen, un M. Sennegon, que nos vieux annauaires qualifient, vers 1830, de rentier et dont la femme avait été une des modistes les plus connues de Rouen. Lors du séjour de Corot à Rouen, le ménage Sennegon habitait au n° 90 de la rue Beauvoisine, à peu près en face du débouché de la rue Beffroi...."
[...]
"Il y avait encore des coins sauvages et délicieux, dans le vallon de Bihorel, dans le chemin des Cottes, vers les coteaux du Val de la Jatte ou sur la côte de Beaurepaire et, plus loin, dans les sentes herbeuses et les rues bordées de haies de Boisguillaume, qui menaient jusqu'à la Forêt Verte. Le père Sennegon le plus souvent prenait le jeune Camille Corot comme compagnon de ses promenades solitaires. Quand on était fatigué, on s'asseyait silencieusement sur l'herbe. On assistait au déclin de la lumière, au lent coucher de soleil, reflété dans le miroir de la Seine et aux premières heures crépusculaires.
Ce charme des endroits déserts, ce mystère de la lumière quand elle s'éveille chassant les brumes matinales, ou quand elle s'évanouit dans les pourpres du couchant, c'est ce qui a imprégné de poésie exquise l'âme enfantine de Corot.
Tous son génie est né de ces promenades avec le père Sennegon dans la banlieue rouennaise !
A d'autres heures, Corot se rendait dans une propriété que la famille Sennegon possédait à Boisguillaume, et qui devait se trouver à l'extrémité de la rue herbeuse. C'était une petite ferme normande, donnant sur la campagne, coiffée d'un haut toit de chaume, surmonté lui-meê de deux cheminées de briques. Sur le pignon, sous le "cul de geai", comme on dit en patois normand, se dressait l'escalier extérieur menant aux greniers à foin. Autour, s'étendait le verger ; les pommiers en fleurs y abritaient une mare où venait barboter les canards...[...] Si je vous décris aussi clairement le petit domaine des Sennegon, où le collégien passa souvent de forts bons dimanches, c'est que Corot en a fait, dans sa jeunesse, deux petites toiles charmantes. C'est aussi parce qu'il a reproduit l'entrée campagnarde, avec ses deux courts piliers de briques, s'encadrant entre des haies d'épines. C'est parce qu'il a peint là, toute la grande Plaine de Boisguillaume, jalonnée par des rangées de pommiers et où pointe, à l'horizon, le clocher de l'église de la Trinité. Ce sera même sa plus ancienne toile, qu'il conservera par devers lui, au-dessus de son lit, comme un souvenir précieux." [Dubosc, 1922]
in : Discours de réception de M. Georges Dubosc: Corot à Rouen - Précis analytique des travaux de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, Académie des sciences, belles-lettres et arts (Rouen). Auteur du texte, Éditeur : Impr. de P. Periaux (Rouen), Date d'édition : 1922, Notice du catalogue http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437660f
Voici le descriptif de quatre tableaux de Camille Corot :
N° 1
Août 1822. — LA PLAINE A BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN.
0,24 X 0,32 Cachet vente Corot.
C'est une des première études de Corot, qui a tracé de sa main la mention : « Août 1822, d'après nature ».
Vente posthume Corot (N° 227), 200 fr., a M. Durand-Ruel. — Collection Doria. — Vente 11 mars 1892 (N° Il), 400 fr. - Photographie Ch. Desavary (1).
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N° 2
1822. - BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN - UNE PORTE FLANQUÉE DE DEUX PILIERS.
0,24 X 0,32 Cachet vente Corot.
C'est l'entrée (vue prise de l'intérieur) de la propriété de M. Sennegon, le correspondant de Corot quand il était élève au lycée de Rouen. C'est une des études auxquelles Corot tenait le plus, comme souvenir de ses années de début.
Vente posthume Corot (N° 230), 210 fr., à M. Lebas. - Photographie Ch. Desavary.
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N° 12
1823-24. - CHAUMIÈRES A BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN.
0,32X0,43 Cachet vente Corot.
A gauche les grands arbres qui accompagnent les toits de chaume laissent apercevoir
l'entrée de la propriété de M. Sennegon, l'ancien correspondant de Corot quand il
était au lycée de Rouen. C'est là que, écolier, il passait ses vacances.
Vente posthume Corot (N° 244) 500 fr., à M. Jules Chamouillet. Photographie Ch. Desavary.
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N° 13
Vers 1822-24. — CHAUMIÈRES A BOIS-GUILLAUME, PRÈS ROUEN.
0,24X0,32
C'est le même motif, un peu plus développé, que le N° 12.
Vente 1er avril 1889 (N° 20) 140 fr., à M. Michel.
Dessin par M. Alfred Robaut.
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In : Titre : L'oeuvre de Corot : catalogue raisonné et illustré. Précédé de L'histoire de Corot et de ses oeuvres. Tome 2 / par Alfred Robaut ; par Étienne Moreau-Nélaton, Éditeur : H. Floury (Paris), Date d'édition : 1905
Contributeur : Corot, Camille (1796-1875). Illustrateur, Sujet : Corot, Camille (1796-1875), Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31224164r
Le verger du CHU (Des hospices et de l'Hôtel Dieu) en 1820 : un seul verger, celui de la ferme du Colombier. Le Mont Fortin appartenait à l'Hôtel Dieu comme une archive le montre.
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200 ans nous séparent d'aujourd'hui
à la pointe et carrefour de la rue de la Haie avec la rue Girot, seul le verger de la ferme du Colombier est planté.
Archive 12Fi035/2 - Plan de la ferme du colombier située à Bois-Guillaume et appartenant aux hospices de Rouen - 1820 - Auteur(s) : Pochon F.C., arpenteur ADSM 76
Le verger du CHU en 1832 : un seul verger, celui du Colombier
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Seul le verger de la ferme du Colombier était planté
La parcelle du verger actuel était en labour.
Le verger du CHU en 1937, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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On voit sur cette parcelle que le verger n'est planté qu'en direction du Mont Fortin soit plus de 400 pommiers à cidre
Le stade n'a pas encore été déssiné.
Au niveau du carrefour, se trouve le verger de la ferme du Colombier
Le verger du CHU en 1944, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le verger de la ferme du Colombier est clairssemé, celui de la rue Girot est encore bien dense.
Le verger du CHU en 1955, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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A noter que depuis 1944, une partie de la parcelle non plantée a accueilli des jardins ouvriers qui subsistent depuis le seconde guerre mondiale, à la pointe du carrefour de la rue Girot
Le verger du CHU en 1965, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le verger de la ferme du Colombier se clairsseme, celui de la rue Girot est encore bien dense et on peut constater la fin des jardins ouvriers au niveau de la pointe et du carrefour.
Le verger du CHU en 1965, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le verger de la ferme du Colombier est stable celui de la rue Girot est stable.
Le verger du CHU en 1977, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le verger de la ferme du Colombier a disparu et dans celui de la rue Girot, le nombre de pommiers diminue.
Le verger du CHU en 1986, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le stade est créé , les pommiers sont moins nombreux : 60 /400; et deux habitations empietent sur la percelle du verger.
Le verger du CHU en 1991, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le verger ne compte plus que 47 pommiers
Le verger du CHU en 1995, rue Girot
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Le verger ne compte plus que 17 pommiers
Le verger du CHU en 1999, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Absence de pommiers dans la parcelle
C'est à cette période que par manque d'informations plus précises il est difficile d'expliquer la mue de ce verger. Toutefois un témoin de cette époque me rapporte en quelques mots ce contexte : "une association de riverains du Mont Fortin, s'ést créée, appuyée par une autre association des plateaux nord et de riverains du verger pour défendre l'idée que ce verger puisse renaître d'où un partenariat avec le CHU qui a permis la replantation quasi complète du verger du CHU" à partir de l'année 2000 comme en témoignent ces vues aériennes."
et quelques années plus tard le verger conservatoire de la rue de la Haie, crée par la municipalité de l'époque, a été une nouvelle initiative en faveur des pommiers de Bois-Guillaume jadis tapissant la commune.
Le verger du CHU en 2000, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Le verger se prépare à sa nouvelle peau
Le verger du CHU en 2002, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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On aperçoit que des pommiers sont replantés
Le verger du CHU en 2008, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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On aperçoit que des pommiers sont replantés
Voyons de plus près avec les archives de Mme Mabille datant de 2007
Le verger du CHU en 2014, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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On aperçoit que des pommiers sont replantés
Le verger du CHU en 2015, rue Girot
© IGN REMONTER LE TEMPS
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Etat des lieux
Le verger du CHU en 2025, rue Girot
© Géoportail
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La croissance est disparate et la vigueur des arbres fruitiers varie.
Voyons de plus près avec les archives de Pascal Levaillant au 12 mai 2025
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Le verger du CHU, un des deux poumons verts de Bois-Guillaume.
Georges Dubosc rapporte enfin ce propos de Corot (à la fin de sa vie) à propos de Bois-Guillaume :
Jusqu'à ses derniers jours à Ville-d'Avray, où il habitait avec sa soeur Mme Sennegon, qui devait mourir avant lui, il garda le souvenir de ses années de jeunesse. « Il y a certaines odeurs, disait-il, qui me remettent toujours en mémoire tel ou tel paysage. Ainsi, au printemps, je sens le parfum des noisetiers, mon imagination me porte à Boisguillaume près de Rouen, où j'ai passé mon enfance et s'enfonce dans les forêts embaumées où j'allais, le dimanche, ramasser les morilles ! »
Corot est comme Rousseau, Chateubriand et Flaubert qui avant Proust ont témoigné par l'émotion des sens le souvenir mémoriel et heureux.
et si c'était Homère le premier de tous :
extrait de l'Iliade et l'Odyssée
L'Odyssée – Scène 17 : L'arc d'Ulysse
« Écoutez-moi, hommes qui m'avez fait la cour –
prétexte pour tenir des festins sans arrêt, d'un bout de
l'année à l'autre dans cette maison. Voici le grand arc
d'Ulysse. Quiconque pourra le tendre et faire passer une
flèche à travers les trous de ces douze haches, avec lui
j'irai, et je quitterai cette maison qui renferme pour moi tant
de souvenirs heureux. »
En littérature française...
Rousseau en premier avec la pervenche : la vue
Chateaubriand avec le chant de la grive : l'ouie
Emma Bovary par la plume de Flaubert, la tabatière (odeur) dans son écrin de soie (le toucher)
Corot : le parfum des noisetiers : l'odeur
Proust et la madeleine : le geste et goût
Comme quoi Proust n'a rien inventé sauf à évoquer le souvenir heureux par le goût.
C'est important de rendre à César ce qui est à César, comme il est de rappeller le passé agricole et pictural exceptionnel de Bois-Guillaume et de son jadis hameau Bihorel