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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 15:08
Crédit © Corblin-Levaillant 2022 - Tous droits de reproduction interdite sans l’accord des artistes auteurs

Crédit © Corblin-Levaillant 2022 - Tous droits de reproduction interdite sans l’accord des artistes auteurs

 

 

About me, by myself, septembre [2022]

Les chemins de traverse de mon enfance : les routes de fruits au rythme des sai2sons
 
Pendant les vacances familiales  d'août en Savoie , je passais  mon temps à la cueillette des prunes, des  pêches de vigne et des noisettes, à Chaloup, Bégon, à Bissy, à Saint-Sulpice, hameaux et villages sur la route du col de l'Epine de Cognin à  Novalaise - lac d'Aiguebelette.

On en cueillait aux alentours en cachette ces fruits au délicieux goût du fruit défendu, c'est à dire le délice du fruit sucré de la Savoie près de Chambéry.

Au petit matin je cueillais des "petits rosés" des herbages où paissaient les vaches.

On aidait Jean Paul Auger à la moisson et nous l'aidions aussi à rentrer le foin dans ses granges de Chaloup-Bégon.
On rangeait les bottes de paille ou de foin sur la remorque de son petit tracteur rouge. Parfois je tenais le volant du tracteur pour suivre les rails de foin coupés, étendus et secs.

A la période des confitures, début septembre, en allant aux mûres - c’est-à-dire à la cueillette des mûres - nous nous arrêtions souvent à Grémonville, rue du champ des batailles, sur la route d’Etoutteville à la sortie du village.
On empruntait souvent l’ancienne voie romaine de Rouen à Saint-Valery-en-Caux.
La voie romaine comme on l’appelait était bordée de talus et de haies et de ronces qui produisaient en abondance des fruits rouges prêts à cueillir pour en faire des confitures.
Quand on allait aux mûres d’Hautot-Saint-Sulpice on passait par Anvéville, puis par Etoutteville, Grémonville, Doudeville et Routes…
Nous rendions visites à nos oncles et tantes, Thérèse, Adrien, Jean et Germaine
C’était notre route des fruits.
On avait un circuit court qui partait du Nouveau Monde à Hautot Saint Sulpice pour rejoindre les fonds et les coteaux d’Anvéville, puis d'Etoutteville avant de revenir à Hautot Saint Sulpice.

Pour les pommes et les poires, nous avions à demeure des pommes à couteau mais pour les pommes à cidre nous allions les ramasser à Etoutteville dans les cours de notre tante Thérèse que nous appelions avec beaucoup d’affection « tata golden » et dans la cour de la ferme de Bernard et Monique, nos cousins. Nous ramassions les pommes à la loue : on en donnait la moitié aux propriétaires et le reste était livré par notre cousin en tracteur. Nous lochions les pommes avec des gaules, nous secouions les grosses branches qui tombaient d’un seul coup sur l’herbe. Je me souviens du bruit mate de leur tombée sur l’herbe haute. Nous en prenions sur la tête avant de tout mettre dans des « pouches » ou dans des sacs plastiques à engrais qui même rincés sentaient la chimie. Nous en ramassions plus d'une centaine de rasières et mon père en faisait livrer  près de 70 rasières de Etoutteville à Yvetot. 

Les pommes pourries servaient à des bagarres dans la cour : il y avait le clan des pommes « su» - les méchants -  et le clan des pommes douces – les gentils. Selon, on se traitait de soit pommes « su » ou de pommes douces.

Fin octobre c'était le temps des poires de coq dont les poiriers à cette époque étaient encore  abondants. 
C'était le fruit de l'hiver par excellence car cuit au jus  il donnait un fruit savoureux et bien plus quand il était cuit dans le vin.
 
Ma mère faisait aussi des douillons de poires de coq, - fruit cuit égoutté enveloppé d'une pâte brisée et cuit au four.
La poire de coq cuite au jus a la peau plissée. Nous disions  alors qu'elles étaient coties et au goût, unique  proche de la poire fisée du pays de Bray.

 Dans les années  60 et 70, en novembre nos repas étaient constitués de potage, de hareng mariné ou grillé au feu de cheminée avec une pomme de terre cuite à la peau avec une noisette de beurre demi-sel  et en dessert la poire de coq au jus.

En novembre les rasières arrivaient à Yvetot et la "presse" venait les brasser. Ca sentait le jus de pomme dans la rue Pierre Jean de Béranger à Yvetot

A Noël on buvait le cidre nouveau.

Pour le cidre il fallait attendre un peu. 
 
Mon père pesait le cidre. Il était mis en bouteille quand le jus était à maturité et suffisamment alcoolisé, c’était la corvée d’une centaine de bouteilles à remplir, à mettre les bouchons et les fils de fer autour du bouchon en liège avant d'embouteiller au bouchon  en plastique, dans le sous-sol de la cave.

On nettoyait les bouteilles et on les rinçait avant la mise en bouteille.

La fin de l’automne et le début de l’hiver étaient rythmés par ces  immuables rituels saisonniers jusqu'au  jour où  les vieux poiriers ont été abattus un a un et non remplacés.

A Hautot Saint Sulpice n’ayant pas l’eau potable et une seule citerne d'eau impropre à la consommation, mon père gardait un tonneau  de « boisson » qui  à la fin de l'hiver donnait une cidre aigrelet. Nous allions également à Héricourt en Caux chercher de l’eau à la source à la sortie du bourg en direction de Grainville-la-Teinturière.
 

ABOUT Pascal Levaillant, by Anne Cauquelin [2021]

“It is in this Normandy bathed in light, with vaporous, opalescent mists, and changing patches of color that Pascal Levaillant collects the material and the mode of his new project. […]
It is a quieter, quieter, respectful action that meadows and orchards call for; picking, collection, close to contemplation; slow, patient practice, modulated by the seasons. […]
It is these gestures of deposition and archiving that Levaillant chooses, thus constituting an authentic reliquary. […] veneration leads him to respect, and the abundance of harvests to fertile patience. His model would be to be found in the old man of Taranto, described by Virgil in the Georgics, this peasant who calmly cultivates his rural plot day after day and whose temporal rhythm is that of "Festina Lente".
            
Festina lente (Hurry up slowly)
This is the princeps motto of the gardener. Pascal Levaillant's contemporary herbaria respond perfectly to this injunction. […] Everything comes in its time, they seem to say, and our patience accompanies them. […] Pascal Levaillant's celebrations and offerings are odes to "natural nature". A nature as described by Mikel Dufrenne, under the name of naturing nature, thus distinguishing it from naturated nature, that which, having gone through increasingly industrial treatments, is transformed even into its genetic capital.
The gardener, the landscape designer, the poet or the painter are close to this naturing nature; they capture life, of what grows flourishes and dies, in short the phusis of the ancients, good housekeeper, thrifty and giving to each according to need.
However, this naturing nature likes to remain hidden, or at least does not show itself clearly. It gives itself to be perceived little by little and without assurance of success. Approaching it requires patience, skill and persistence.
Many contemporary artists are currently attempting a biosensitive approach, either by denouncing the exploitation of natural products by the agri-food industries, a kind of planetary transgenics as Pat Badani does with his project "Al grano", or by purifying or purifying the artistic process itself, thus aiming for the little, the almost nothing, or, in the extreme, the void. Without saying it, it seems that this is the trend that Pascal Levaillant is following. »

Extrait du texte d’Anne Cauquelin pour Pascal Levaillant, Anne Cauquelin est l’auteure de L'invention du paysage. Paris, PUF, 2000, 180 p. (« Quadrige »). Et: Le site et le paysage. Paris, PUF, 2002, 194 p. (« Quadrige »). et de Petit traité du jardin ordinaire, Payot et rivages, 2005.

 

Norman artist, I live today in the Rouen Normandy metropolis in Canteleu in the country of Flaubert (Croisset) after having lived in Yvetot (Seine-Maritime) from 1964 to 2022.
Born in Rouen, I spent my early years in Hautot-St-Sulpice in the heart of the Pays de Caux.
Mosaicist, sculptor, visual artist, artist-botanist, I have been an explorer of biodiversity, a gatherer-gleaner since my early youth. I have accumulated, collected and then recycled resources from plants, algae, minerals and animals since 2004.
Following the discovery of the industrial wasteland of Briare (enamels, glass tesserae, pearls…), I devote myself to the art of mosaic, to sculpture on driftwood, in particular by the “champlevé” technique.

Simultaneously I have been composing several contemporary herbaria since 2008 presented in the form of a nomadic garden (land art), an inert collection outside a cabinet of curiosities, extended into my Petri dishes. These herbaria are from the third generation of herbaria after those engraved and drawn, after those installed in paper in the 16th century: there are aromatic plants, tinctorial plants, technical and/or industrial plants, medicinal plants, food plants and more recently orchard plants (fruits from the press)...

The cairn (Artistic Construction Incorporating Natural Rocks),
the assembly of driftwood and boat wood complete the river work.

My main recent exhibitions:
Recently at the Parc Urbain des Bruyères, Hazebrouck, at the gardens of the Saint Georges Abbey, at the Maison du Parc du Perche,  at the birthplace of Jean-François Millet, at Couvin in Belgium and soon at the international mosaic meetings in Chartres 2022.
I installed my collections in the cabinet of curiosities of the Château de la Roche-Guyon, 2020.
In 2022, I exhibit in the departments of Loire, Nord, Calvados, Manche and Seine-Maritime, in Belgium and Eure-et-Loir.
I participated in the International Mosaic Meetings from 2008 to 2022 in Chartres, those of Hazebrouck from 2013 to 2021.

I have already exhibited in Rouen, Paris, Cachan, Le Havre, Hazebrouck, Saint-Etienne, Dijon, Honfleur, Chartres,
Exeter, Dieppe, Bernay, Elbeuf, Vascœuil, Plouguerneau, Les Andelys, Lillebonne, Yvetot, Nocé, Harcourt, La Hague, Sainte-Mère-l' Eglise, Domfront,… since 2006.

"The man is nothing, the work – everything"
Gustave Flaubert,
Correspondence, Letters to George Sand.

 

 

I developed my taste for botany and plants from an early age. At the age of 11, I started my first floral herbarium in Haute-Maurienne in 1968, followed by a herbarium of leaves in the Montagne Noire in 1980. My plant harvest intensified through contact with heritage sites or remarkable natural sites to become the material of my artistic palette in volume, color and perfumes. The Luxembourg gardens in Paris, the Charmettes in Chambéry, the gardens of Chaumont sur Loire, the park of the ruins of Jumièges, and other landscape sites: the island of Tati hou, the meadows of Alençon, the hills of the Gironde, the towpaths of the Seine valley, the Lot, the Rhône, the Rhine…

With Roselyne Corblin


              Since 2022, I have been co-constructing my herbaria with Roselyne Corblin:
“As a teacher, Roselyne supervised many artistic creation projects, in the context of exhibitions of student work until 2018.
Over time Roselyne has sometimes accompanied Pascal in his herborisations, in the preparation of plants, in the installation of his exhibitions, in his workshops and events with various audiences.
Specialized educator by training and artist-botanist, Pascal has developed his art since 2011 through the disciplines of plant mosaic, plant art, environmental art and land art.
              Our common taste for nature was decisive in immersing ourselves in the natural environments of the coast as well as of the Seine valley or those in the forest. Both retired, we have decided to combine our practices both in the creation, in the preparation of plants and the animation of workshops of artistic practices.
We have become gatherers, gleaners, explorers of biodiversity. During our wanderings on the coast from Zuydcoote to Seignosse and the banks of the rivers, from Hazebrouck to Strasbourg and from Grenoble to Cahors, we collected plant and mineral resources and shells presented in Petri dishes, flasks and sieves. »
"My orchard herbarium is a nomadic garden without humus, without roots. It combines botany, literature, pomology, horticulture, poetry, art and heritage in the footsteps of great authors: ROUSSEAU, FLAUBERT, THOREAU, SAND, MAUPASSANT and scholars and authors for knowledge, this nourishment essential to our lives: BIRLOUEZ, CAUQUELIN , CHAUVET, COMBORNAC, RUAS, HAUCHECORNE, TRUELLE, LEGRAND… Those that I read with attention that nourished and inspired me”
Collecting, drying, ventilating, sifting, preserving, fruits, seeds, pods, pods, scales, lichens, petals, stems... my herbarium is constantly in search, in evolution, in change of register, movement (festina slow) which tells of few things in life.
I build it thanks to the use of the sieve, ideal tool for sifting, of the dehydrator, ideal machine or under the effect of the rays of the sun and to get rid of the organic parasites of these raw vegetable materials.

 

 

Crédit © Corblin-Levaillant 2022 - Tous droits de reproduction interdite sans l’accord des artistes auteurs

© Daniel Heyse Le Verger Manoir du Fay 15 mai 2020

© Daniel Heyse Le Verger Manoir du Fay 15 mai 2020

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